Suite des articles autour de la coopération

Coopérations

Face à l'urgence de la crise climatique, il est nécessaire de prendre en compte la transition écologique dans les formations. Nous n'avons pas le temps de développer en silos nos contenus pédagogiques. La coopération ouverte peut faire gagner un temps précieux.

Voici un webinaire qui présente un outil libre et convivial facilitant la coopération ouverte en formation.

Le webinaire qui a réuni 34 personnes vendredi, mis en ligne

"Des contenus ouverts à la coopération en formation : l'apport du gestionnaire de formation (lms) de yesWiki"

- la vidéo : https://youtu.be/75DxnwMMa88
- la prise de notes collaborative en séance : https://lite1.infini.fr/p/coopcontenu

Comme l'an dernier nous démarrons notre série de webinaires de Riposte Créative Pédagogique sous le signe de la coopération ouverte avec Laurent Marsault.

Si des initiatives comme les MOOC, les universités thématiques ou les blogs d'enseignants ont permis de mettre à disposition des contenus pédagogiques, la coopération ouverte en co-production, en réutilisation par des enseignants ou formateurs de structures différentes est peu courante.

La plate forme Yeswiki, (utilisée notamment dans les Riposte Créative) propose aujourd'hui un gestionnaire de contenus (LMS) conçu pour faciliter la coopération ouverte en formation que nous allons présenter à travers quelques interviews d'acteurs impliqués.

Cette plate forme de gestion de contenus orientée "coopération ouverte" est notamment utilisée par l'université des Colibris et les parcours des jardiniers du nous.

.Cette démarche s'inscrit dans la réponse à l'urgence de la prise en compte des transitions écologiques dans l'enseignement supérieur et en formation des adultes.

Nous vous invitons ce vendredi 1er octobre à 17 heures à venir
- échanger autour de la question de la coopération ouverte en formation,
- à découvrir et pratiquer la plateforme [YesWiki, outil convivial et libre encourageant la coopération et la réutilisation de contenus pédagogiques.


Pour vous inscrire et recevoir le lien du Webinaire, merci de remplir ce petit formulaire.


Dans l'esprit de l'outil convivial (1), la plate-forme Yeswiki permet une implication de toute personne intéressées, une ouverture au delà du groupe restreint, qui donne à voir et relie.

De par sa conception centrée sur la coopération ouverte (2) l'outil permet la réutilisation de fonctionnalités d'un espace à l'autre telles que la duplication de bases de données (formulaires et contenus) et plus généralement facilite la création d'un espace collaboratif en s'inspirant des espaces existants comme le montre par exemple Riposte Créative Gironde. Les idées des uns servent aux autres comme les cercles apprentissage initiées avec le CNFPT et repris dans d'autres Ripostes.

Ces espaces collaboratifs en coopération ouverte, en réponse à la crise du Covid, augmentent le pouvoir d'agir. Il expérimentent aussi un fonctionnement en archipel et font vivre de nouveaux communs.

Les articles sur cet environnement

- Des contenus ouverts à la coopération ouverte en formation, réponse aux urgences de la transition écologique par Michel Briand sur le blog Coopérations
- Gatien Bataille, animateur de la formation à la coopération : Cooptic belgique. et organisateur des rencontres Co-construire.
- Jeremy Dufraisse co-développeur du gestionnaire de contenus de Yeswiki
- Laurent Marseault, le partage sincère, du temps pour l'essentiel (à venir)
- Florian Schmitt, développeur du LMS et accompagnateur de son usage par les Colibris (à venir)

Quelques textes en liens


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Une vidéo pédagogique reprise du de la chaîne de Jean Michel Cornu, une publication sous licence CC by sa

Vous passez votre temps à courir après vos membres… sans arriver à les rattraper ? Il existe des méthodes pour que votre groupe se développe naturellement avec des membres qui sâ€â„¢impliquent et même lancent des initiatives.


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Un article repris du blog "Techniques innovantes pour l'enseignement supérieur" (TIPES) de Jean Marie Gilliot, une publication sous licence CC by

Dans le monde de l'enseignement, mais aussi dans le monde professionnel, la compétence est devenue la notion centrale, que ce soit pour : (i) définir des objectifs de formation ou de cours, (ii) valider l'atteinte de ces objectifs des évaluations, (iii) se positionner, (iv) définir ses forces et ses intérêts, (iv) faire le point sur sa progression, (iv) s'orienter, (v) se présenter, (vi) définir un métier, un poste, (vii) gérer les ressources humaines d'une entreprise, (vii) construire un plan de formation…

Actuellement, la gestion des compétences se fait de manière très manuelle, locale, et isolée. La définition des objectifs se fait par formation. Les enseignants construisent leurs cours et leurs critères d'évaluation. Les personnes peuvent gérer leur portfolio et leurs bilans de compétences de manière manuelle et construire leurs CV. Elles peuvent remplir des questionnaires sur des sites d'orientation. Les recruteurs reçoivent et analysent des CV. Et tout cela de manière étanche. Cela amène à des définitions et à des déclarations qui ne sont pas toujours très compatibles.

Et pourtant, toutes ces étapes sont les multiples facettes de personnes, qui apprennent, se développent, s'engagent, travaillent. Des personnes à qui on demande de faire la saisie de telles informations à chaque étape. A contrario, des personnes dont de telles données sont parfois gérées et transmises sans qu'elles en aient pleine conscience.

La gestion des compétences est donc un cas emblématique de gestion de données personnelles, ou il y a de vrais intérêts à permettre un partage de données pour proposer des services intéressants, dans lequel il y a de vraies questions d'éthique puisque les compétences couvrent de nombreuses facettes des personnalités, et dans lequel des usages qui posent question existent déjà (qui pourrait faire une cartographie de tous les usages d'une entreprise comme LinkedIn ?)

Une particularité des compétences par rapport à d'autres données personnelles est que les personnes ont vocation à être actrice de l'évolution de ces données, à la fois parce qu'elles peuvent en déclarer, se donner des objectifs qui évolueront, parce qu'elles peuvent négocier ou prouver de manière diverse leur acquisition, mais aussi parce que ces données ont vocation à leur permettre de réfléchir sur leurs parcours futurs ou actuels (de formation, de vie), et que la personne a aujourd'hui le choix de ce qu'elle met en avant. Nous sommes plus dans une démarche de construction que de demande de correction ou d'oubli de données sur un site. La gestion de ces données de compétences doit donc pouvoir être contrôlée par les personnes elles-mêmes.

La question de la circulation des compétences entre différents sites a commencé. L'initiative européenne « Erasmus Without Papers » qui vise à faciliter les échanges d'étudiants entre universités européenne, doit permettre de transmettre entre universités ces compétences.

Des groupes de travail se mettent en place, pour construire un écosystème « éducation et compétences » dans le cadre de Gaia-X (projet européen pour la construction d'écosystème numériques ouverts, transparents et sûrs). Un premier groupe s'est ainsi constitué au niveau français sous la houlette du MENJS et du Cigref. SkillsData est quant l lui un groupe constitué dans le cadre de l'initiative myData (qui promeut la place de la personne dans l'utilisation de ses données) réfléchit au niveau européen.

Le développement de tels espaces de données permet d'imaginer des interconnexions de services existants (un service d'orientation récupérant un livret scolaire, un service de recrutement qui propose des emplois adaptés, …), de promouvoir des partenariats, de définir les questions de droits, de promouvoir les questions éthiques liées au niveau d'une filière, et donc potentiellement la confiance dans les services proposés. Bref, cela est structurant pour une filière, et l'éducation/le développement professionnel est donc identifié comme tel. Cela doit également permettre de mettre à disposition de tous des communs, comme des jeux de données utiles pour concevoir et tester des algorithmes innovants (par exemple un recueil de voix pour développer des assistants vocaux).

D'un point de vue de l'enseignement, il devient possible d'imaginer de faire circuler facilement les résultats d'apprentissages entre différentes activités (récupérer les résultats d'un MOOC dans une formation par exemple), ou de proposer des activités en fonction des besoins (exprimés, identifiés) des apprenants (étudiants, élèves, formation continue …).

D'un point de vue de la recherche, il y a des enjeux sur la définition de bons modèles de compétences, qui permettent l'articulation entre les différents besoins, et les différentes interprétations. l'accès à des données anonymisées qualifiées, l'analyse et le développement de nouvelles pratiques et de nouveaux environnements d'apprentissage, sans doute plus ouverts.


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Du 22 Novembre 2021 au 09 septembre 2022

1er session de la formation-action certifiante pour les facilitateurs et porteurs de tiers-lieux.

Au programme, 20 jours de formation sur 10 mois ET 3 socles de compétences répartis en 14 modules :

  • Élaborer et développer un projet stratégique de tiers lieux.
  • Piloter l'activité de la structure dans ses dimensions économiques et juridiques.
  • Établir une dynamique de coopération et communiquer de façon adaptée.

Les ➕ : une immersion dans les tiers-lieux, la mise en réseau des acteurs et une approche pédagogique basée sur la méthodologie de projet et l'apprentissage par la coopération, du tutorat.

Information sur notre site internet : bretagnetierslieux.bzh
Contact administratif : formation@tierslieux.net
Contact pédagogique : bretagnetierslieux@gmail.com


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un article repris du site du campus de la transition, une publication sous licence CC by sa

Du 26 au 31 juillet ,le Campus de la Transition a co-organisé et accueilli cette 3ième édition de la SALT. Comme pour les deux premières éditions, l'événement était co-organisé par le groupe “Créer les alternatives” du réseau des Ingénieur·es Engagé·es ainsi que l'association OseOns (Our Shared Energies – Our Network Solutions).

Le choix du Campus n'était pas anodin, et faisait écho à la démarche low-tech menée par les habitant·es depuis plus d'un an (projet ORFEE). Une belle occasion de permettre pour le Campus d'aller plus loin notamment dans l'aspect pratique de fabrication et de test de prototypes de “basse technologie”.

Alors c'est quoi une démarche low-tech ? Si la question a été débattue par les participants, elle mérite tout de même un minimum de définition pour la plupart des néophytes. Une démarche low-tech, c'est autant une approche technique qu'une philosophie de vie (Retour sur la SALT 2020). Et c'est en partant de cette approche que les organisateur·ices ont construit un parcours sur 3 objectifs forts : dispenser une formation théorique et pratique sur des projets concrets, utiles et durables pour les humains et l'environnement ; répondre aux besoins locaux du lieu d'accueil ; vivre une expérience sociale riche, avec un groupe aux origines socio-culturelles variées, dans un esprit de partage, d'entraide et de bienveillance.

Et pour ce qui est du résultat technique c'est une belle production en quelques jours :

  • Fabrication d'un système de douche solaire avec cabine et panneau solaire thermique, réalisés majoritairement à partir de matériaux de récupération. La société EclowTech – à laquelle le Campus louait déjà deux panneaux et deux cabines depuis le mois de mai – est revenue pour animer un atelier de fabrication d'un troisième jeu.
Douches solaires
  • Fabrication d'une machine à énergie musculaire à pédale possiblement multifonction, accompagnée par l'association Chemins de Faire. La première – et pour l'instant unique – fonction a été ciblée pour la cuisine du Campus : permettre de monter les blancs d'œufs en neige pour des grosses quantités, et sans énergie électrique !
Batteur à pédale
  • Fabrication de fours solaires à caisson, avec l'accompagnement de l'association Inti Energies Solidaires : au total, six fours ont été fabriqués, dont deux qui viennent compléter temporairement les trois déjà présents au Campus depuis le mois de juin. De quoi faire de belles et régulières expérimentations solaires !
Fours solaires
  • Suite à l'animation d'un atelier théorique approfondi, l'association PicoJoule a accompagné la réalisation d'une micro unité de méthanisation, générant du biogaz et permettant d'allumer une lampe à gaz de manière ponctuelle. Sur les photos ci-dessous, on peut observer l'évolution du remplissage du ballon un mois après la mise en place du système. Cette maquette pédagogique est un premier pas vers une éventuelle unité de méthanisation pour générer du gaz de cuisine à partir des déchets verts du compost et ceux des toilettes sèches.
Biodigesteur

Enfin, deux autres systèmes techniques ont été fabriqués en ateliers :

Si la semaine était assurément très portée sur la technique, les machines ne furent pas les seules à carburer. La philosophie de la low tech c'est aussi cette philosophie de l'écoute, de l'échange respectueux des idées et des différences et de la construction collective de pensée. S'appuyant sur le cadre de sécurité posé en début de semaine rappelant la non performance individuelle, le risque du stéréotype de genre et les bases de l'écoute active, des temps de débats formels ou informels ont nourris chacun au-delà des simples découvertes techniques. Des questions de fond furent abordées comme s'interroger sur sa définition des low-tech, la place de la technique dans son quotidien ou encore quelle place pour ces technologies à l'échelle individuelle, collective/citoyenne, industrielle, voire entrepreneuriale ?

Assemblée SALT

Enfin, dans un objectif d'ouverture au territoire, la semaine s'est terminée par une journée découverte le samedi 31 juillet, pendant laquelle les participant·es ont pu présenter au public leurs réalisations et partager leur expérience de la semaine.

Et si nous devions faire un bilan de cette semaine joyeuse, deux points remonteraient fortement : le plaisir de l'ensemble des personnes qui ont partagé cette semaine, et un bel équipement pour le Campus, à charge pour les résident·es de poursuivre l'aventure de ces expérimentations.

Article co-rédigé par Florent Husson, organisateur de la SALT.

La SALT est un événement qui a vocation à se diffuser partout en France, et l'équipe d'organisation 2021 est motivée pour accompagner cet essaimage. Pour toutes questions relatives à l'événement, vous pouvez contacter l'équipe à l'adresse salt@ingenieurs-engages.org.


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Un article repris du blog Coopérations de Michel Briand, une publication sous licence CC by sa

Voici le second d'une série d'articles autour du développement de la coopération ouverte en formation d'adultes et dans l'enseignement supérieur facilitée par le systéme de gestion de contenus de formation (LMS) récemment mis en oeuvre autour de l'outil collaboratif Yeswiki.
- Une interview de Jeremy Fraisse co-développeur du gestionnaire de contenus de Yeswiki
Et à venir une présentation le 27 septembre de cet outil dans le cadre des webinaires de Riposte Créative Pédagogique.

voir aussi l'article introductif de ce dossier

- extrait -

Si des initiatives comme les MOOC, les universités thématiques ou les blogs d'enseignants ont permis de mettre à disposition des contenus pédagogiques, la coopération ouverte en co-production, en réutilisation par des enseignants ou formateurs de structures différentes est peu courante.

L'outil Yeswiki, (utilisé notamment dans les Riposte Créative) propose aujourd'hui un gestionnaire de contenus (LMS) conçu pour faciliter la coopération ouverte en formation que nous allons présenter à travers quelques interviews d'acteurs impliqués.

Une démarche qui s'inscrit dans la réponse à l'urgence de la prise en compte des transitions écologiques dans l'enseignement supérieur et en formation des adultes.


Bonjour,jeremy, pourrais tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour,

Je suis un passionné de développement web, tombé il y a un an dans la marmite de Yeswiki.

Convaincu par l'écologie et le faire ensemble, j'ai fait partie des Colibris Lorient et de fil en aiguille, j'ai rencontré la communauté YesWiki.

Peux tu rappeler ce qu'est yes wiki ?

YesWik est un logiciel pour les serveurs d'internet facile à installer, même par les novices et qui permet de proposer facilement du contenu des informations, partager des évènements sur un calendrier au sein d'une communauté. On peut aussi s'en servir pour faire sa propre page internet comme c'est le cas avec Wordpress ou Joomla.

Pour quoi développer des fonctionnalités de formation sur yes wiki ?

Sur le marché des outils de formation en ligne, il y a beaucoup d'outils payants, quelques outils open-sources et complets mais il existe peu de solutions simples, légère et open source facilitant le partage des cours entre formateurs et installable en un clic.
C'est le cas du module de formation de YesWiki dit LMS - Learning Management system.

En plus, développer cette fonctionnalité m'a permis d'aider à la mise en place des sites l'utilisant et qui mettent en oeuvre les valeurs de partage et d'écologie qui me sont chères.

Qu'est ce que permet de faire ce LMS ?

LMS, module de formation de YesWiki, propose un environnement de contenu pédagogique facilement accessible avec la possibilité pour l'apprenant de suivre sa progression. C'est un outil permettant de faire ce qu'on appelle des MOOC - Massive Open Online Course ou COOC - Corporate Online Open Course.

Il permet de créer des activités, les ranger dans des modules et des cours.

Il est possible pour les formateurs, de suivre la participation à chaque module ou d'étaler dans le temps l'accès à chaque module.

Dans l'esprit d'un outil convivial, ce gestionnaire de contenus en formation (LMS) facilite la réutilisation de contenus, pourrais tu expliquer ce choix ?

LMS est une extension de YesWiki. Le moteur YesWiki permet de très facilement partager les contenus en quelques clics.

L'utilisation de LMS profite aussi de cette fonctionnalité et permet ainsi de facilement créer un cours, une formation au contenu adapté pour les apprenants en picorant le contenu accessible ouvertement à partir d'autres cours.

Que pourrait être une coopération ouverte en matière de formation ?

Une coopération ouverte en matière de formation pourrait utiliser un module LMS pour proposer les cours sur les YesWiki de chaque structure avec la possibilité de récupérer les cours ou des morceaux de cours des autres YesWiki pour constituer un nouveau cours personnalisé.

Y a-t-il déjà de premiers exemples pour l'illustrer ?

Il y a déjà de nombreux exemples :
- l'université des Colibris depuis 2021 : MOOC Transition intérieure (plusieurs milliers d'apprenants) : https://colibris-universite.org/formation/mooc-transition-interieure,

MOOC numérique éthique au printemps 2021
- les jardins du nous : c'est leur moteur de formation en ligne. https://www.jardiniersdunous.org/?PagePrincipale

A ce titre, les jardins du Nous font partie des initiateurs du projet et ont tout de suite partagé les développements ouverts au sein de la communauté. Nous y retrouvons les apports d'Adrien Cheype.

L'université des Colibris est l'autre grand porteur de cette extension avec le financement de plusieurs fonctionnalités développées fin 2020 et en 2021. Nous y retrouvons Florian Schmitt pour le suivi et déploiement technique.

D'autres structures l'utilisent mais il n'y a pas de liste officielle de ces sites qui le découvre.


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Un articlerepris du blog de vidéo pédagogiqiues de Jean Michel Cornu, une publication sous licence CC by sa

On passe trop souvent son temps à courir après les participants. Ils n'ont pas le temps de participer et on n'a pas le temps de leur courir après… Comment faciliter l'engagement pour avoir un groupe durable ?


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un texte bilan de Daniel Mathieu

Une longue histoire, déjà...

Le 14 décembre 1999, la préfecture de l'Hérault accusait réception de la demande de création de l'association Tela Botanica. Créateur, quelques années auparavant, du site Internet et du bulletin de la Société Botanique du Vaucluse, je découvrais les capacités de ce nouveau média pour communiquer au-delà du cercle de proximité trop restreint des associations naturalistes locales.

En m'appuyant sur les travaux d'Edgar Morin (La Méthode), Jean-Louis Lemoigne (Théorie du Système Général) et de Jean-Michel Penalva (méthode Sagace [1]) je disposais des éléments théoriques pour aborder la conception d'une organisation nouvelle, fondée sur une approche systémique des réseaux d'acteurs. L'objectif était de créer du lien entre les botanistes à l'échelle de la francophonie, quel que soit leur niveau de compétence, leur activité ou leur situation géographique, et de les inviter à partager leurs pratiques et leurs savoirs de façon organisée.

Profitant d'un détachement professionnel de plusieurs années à l'ANVAR [2] j'avais eu l'opportunité d'acquérir une bonne formation en gestion de projet (propriété intellectuelle, gestion du personnel, comptabilité). Détaché à Montpellier, je rencontrai alors, par l'entremise des Ecologistes de l'Euzière, deux passionnés de botanique : Joël Mathez (1940-2018), professeur à l'université et conservateur de l'herbier de Montpellier, devenu mon mentor, et James Molina, responsable de l'antenne montpelliéraine du Conservatoire botanique méditerranéen de Porquerolles. Leur faisant part de mon idée de créer un réseau des botanistes francophones, ils me permirent d'élargir le cercle des compétences susceptibles d'accompagner ce projet avec notamment la rencontre de Bernard Descoings, alors président de la Société Botanique de France, de René Delpech (1922-2012) également membre de la SBF, de François Breton et Pierre Sellenet, de la Garance voyageuse, de Michel Chauvet chercheur à l'INRA...

Commençait alors à se constituer un petit groupe de proximité intéressé par ce projet, bientôt complété par un autre personnage marquant, Frédéric Melki, directeur de la toute jeune société d'études BIOTOPE. Je n'oublie pas non plus mon adhésion de cœur et de pratique à l'association des Ecologistes de l'Euzière et la rencontre avec son fondateur, Benoît Garrone, qui procéderont à mon éducation naturaliste. Communauté de proximité à la fois suffisamment motivée et éclectique pour créer quelque chose d'original et de pertinent dans le monde de la botanique.

Il n'en fallait pas plus pour commencer à rédiger les statuts originaux d'une structure associative locale, mais dont les participants seraient mondialement répartis et communiqueraient en langue française par Internet. Association dont l'éthique reposerait sur le libre partage des connaissances et le travail collaboratif (dont Jean Michel Cornu et Michel Briand étaient des inspirateurs), en bref une communauté épistémique comme la dénommera Serge Proulx, sociologue à l'UQAM [3] au Québec qui nous accompagnera sur le plan méthodologique. Un challenge au début de ces années 2000, alors que la botanique francophone n'avait alors aucune présence sur Internet !

Le pilotage de l'association serait assuré par un conseil d'administration limité à quatre entités, dont trois personnes morales : la Société botanique de France, la Garance voyageuse et la société Biotope, et une personne physique, moi-même, qui en assurerai la présidence jusqu'en 2021. En 2007 sera créé un Conseil Scientifique et Technique missionné pour conseiller, orienter, critiquer les projets animés par Tela Botanica.

Sur le plan opérationnel le projet consisterait principalement à créer un site Internet permettant de rendre accessible à l'échelle de la francophonie, et de façon libre et gratuite trois dispositifs principaux :

  • un espace de dialogue et d'échange sous forme de forums ou de listes de discussion permettant de faire émerger des projets collaboratifs,
  • une base de données botaniques articulée autour d'un index taxonomique permettant d'agréger tous types de données fournis par les membres du réseau,
  • un outil partagé de collecte d'observations de terrain permettant de relever et de cartographier la répartition des plantes.

En 2005, le dispositif sera complété par une lettre d'actualités permettant de faire circuler l'information entre les botanistes et d'informer la francophonie des nouveaux projets, des emplois, des publications, des congrès, etc. Elle totalise aujourd'hui plus de 40.000 abonnés...

Pour cela, il fallait disposer des moyens techniques pour lancer ces dispositifs… Tout d'abord des locaux. Ils ont été mis à notre disposition gracieusement par le Lycée agricole d'Agropolis (aujourd'hui Lycée Frédéric Bazille-Agropolis) avec l'accompagnement bienveillant de ses animateurs socio-culturels. Les premiers financements nous ont été accordés de façon spontanée par les entreprises Yves Rocher et les jardineries Botanic, séduites par notre projet. Agropolis International nous offrait d'héberger notre serveur informatique et nous permettait d'utiliser le réseau Internet RENATER [4]. Nous avions les instruments pour démarrer notre activité, restait à trouver les personnes compétentes pour jouer la partition...

C'est grâce au dispositif “emplois jeunes” mis en place par le gouvernement Jospin que nous avons pu créer notre premier emploi financé à 100% sur la base du SMIC pendant 4 ans. Le Réseau des botanistes francophones (dont le nom Tela, la toile en latin, est l'équivalent du Web en anglais, nous a été suggéré par Pierre Texier (1927-2010), latiniste et ami avignonnais) était lancé. C'était en l'an 2000 !
Depuis, de nombreux salariés se sont succédé au sein d'une équipe très dynamique, aux compétences multiples, qui constitue le moteur sans lequel Tela Botanica n'existerait pas. Trop nombreux, je ne peux évidemment pas tous les énumérer, aussi je me contenterai de mentionner les trois directrices qui ont assuré le pilotage de cette équipe avec beaucoup de talents : Annabelle Mengin (2007-2008 ), Elise Mouysset (2008-2012 ) et Christel VIGNAU (2012-2021).

S'il est fort aujourd'hui de 55 000 personnes inscrites, les débuts de Tela Botanica n'en n'ont pas moins été difficiles. Plusieurs institutions pensaient que Tela pouvait les concurrencer. Il a fallu du temps pour qu'elles comprennent que Tela apportait en fait de nouvelles fonctionnalités et leur serait ainsi complémentaire.
Mais bientôt cette initiative rencontra des adeptes très motivés, notamment autour de la constitution de l'index synonymique et taxonomique de la flore de France sur la base des travaux initiaux de Michel Kerguélen (1928-1999). Repris par Benoît Bock sous l'œil vigilant de Valéry Malécot et des membres de la liste de discussion ISFF, cet index deviendra, non sans difficultés, la source du référentiel TAXREF diffusé plus tard par le MNHN.

La mise en place du groupe de travail très actif sur la phytosociologie (synusiale et intégrée) autour de Philippe Julve, avec ses tableaux CATMINAT, fournissait une source de données importante et en accès libre aux phytosociologues, source de données qui sera à l'origine du site eVeg créé plus tard par Stéphane Delplanque. Philippe Julve est aussi le créateur de la table des valences écologiques des plantes de métropole et de la cartographie botanique des départements. Mentionnons pour finir la liste des noms vernaculaires de Jean-François Léger et Pierre SEBA (en 2017 pour les noms grecs) qui permettent de nommer les plantes de façon plus populaire que sous leur nom scientifique. Données qui seront ensuite consultées par David Mercier pour son projet en cours d'attribuer sur des bases rationnelles, un nom français normalisé à l'ensemble des taxons de la flore de France métropolitaine.
Cheville ouvrière de l'Université pour la numérisation des types de l'herbier de Montpellier, Tela Botanica prend sa place en 2005 dans le projet de la fondation Andrew Mellon (USA) de mise à disposition d'images en haute définition aux botanistes du monde entier. L'extension de ce projet au Maroc nous a permis de lier des relations d'amicale collaboration avec Jalal El Oualidi et Mohamed Fennane de l'Institut Scientifique de l'Université Mohammed V de Rabat.

En quelques années, Tela Botanica est ainsi devenu un site de référence avec la mise à disposition de données sur la flore (observations, nomenclature, cartes, noms populaires, et illustrations du projet eFlore) auxquelles chacun pouvait contribuer, un réseau social entre les botanistes et une instance de dialogue entre professionnels et amateurs, entre spécialistes et débutants. La capacité d'animation de Tela permet ainsi à plusieurs projets de recherche de trouver les moyens de collecter des données et de diffuser leurs travaux.

Les actualités hebdomadaires, produites en grande partie par les membres du réseau, deviennent rapidement le moyen incontournable de s'informer et/ou faire connaître les publications francophones en rapport avec la botanique, les projets et les initiatives en cours, les offres d'emploi, les activités de terrain, les conférences, etc.

Ainsi, en une dizaine d'années avec une croissance régulière de ses effectifs (salariés, membres inscrits, administrateurs), Tela Botanica avait validé son titre anticipé de Réseau des botanistes francophones…

Depuis, Tela Botanica poursuit son chemin en participant à des projets de recherche (pensons au projet Floris'Tic qui a permis l'évolution du très populaire Pl@ntNet mobile), des projets collaboratifs et d'animation qui font son actualité grâce à une équipe salariée très dynamique.

Tela Botanica déploie également, depuis 2015 et de façon très remarquée, son projet de diffusion de la connaissance botanique auprès d'un très large public avec sa plateforme MOOC Tela Formation qui totalise à ce jour près de 130 000 apprenants.

Mais je ne détaillerai pas plus avant cette actualité que tout un chacun peut suivre au jour le jour et qui est résumée dans nos comptes rendus annuels.
De cette brève histoire initiale de Tela Botanica, il me reste à me présenter. Né en 1950 dans une famille de paysans et de viticulteurs du Haut Beaujolais, j'ai acquis une formation d'ingénieur en chimie à l'Ecole centrale de Paris. J'ai œuvré les trois quarts de ma vie professionnelle au Commissariat à l'Energie Atomique à mettre au point des installations pour le retraitement et le stockage des déchets nucléaires. En 2000, je me mets en disponibilité un jour par semaine pour assurer le lancement du projet Tela Botanica, une reconversion improbable en prévision de la retraite...
Après 21 ans à la présidence de cette belle association qui depuis s'est fortement ancrée dans le paysage régional et national, je passe la main à plus jeune que moi pour accompagner Tela Botanica dans ses nouveaux défis…

Daniel Mathieu, août 2021
dmathieu@tela-botanica.org


Bibliographie relative à la création et l'histoire de Tela Botanica

Ouvrages généraux
CORNU, J.-M., 2004. La coopération, nouvelles approches. Jean-Michel CORNU.
MORIN, E., 1997. La Méthode. 1. La Nature de la Nature, Essais. ed. SEUIL, 400 p.
Le MOIGNE, J.-L., 1977. La théorie du système général. Théorie de la modélisation. PUF.

Travaux relatifs à Tela Botanica

HEATON, L., MILLERAND, F., CRESPEL, E., PROULX, S., 2011. La réactualisation de la contribution des amateurs à la botanique. Le collectif en ligne Tela Botanica. Terrains & travaux, ENS Cachan 1, 155–173.

MATHEZ, J., MALECOT, V., 2005. Les échantillons “types” des herbiers.
MATHIEU, D., MOUYSSET, E., CORNU, J.-M., 2011. Organisation et pilotage d'une association en charge d'un réseau collaboratif : l'exemple de Tela Botanica.

MATHIEU, D., 2017a. Intégrer les données de réseaux amateurs. Espaces naturels 32.

MATHIEU, D., 2017b. La fiabilité des données collaboratives. Revue Espaces naturels ATEN.

MATHIEU, D., 2014a. Tela Botanica élargit son action à l'échelle internationale.

MATHIEU, D., 2014b. Vous avez dit référentiel ? Quésaco ?

MATHIEU, D., 2002. Les réseaux coopératifs - L'expérience de Tela Botanica. Analyse du fonctionnement après trois années d'activités.

MATHIEU, D., MATHEZ, J., MALECOT, V., MERCIER, D., BOCK, B., 2019. Les référentiels en botanique. Notions de base permettant de comprendre comment sont constitués les référentiels et comment sont organisées ceux de Tela Botanica.

MATHIEU, D., BOCK, B., MALÉCOT, V., n.d. Historique du référentiel nomenclatural de la flore de France de 1993 à 2008.

MATHIEU, D., DURECU, M., MERCIER, D., MATHEZ, J., CHAUVET, M., 2015. Guide de nomenclature des noms normalisés en français pour les plantes trachéophytes de France métropolitaine. Code NFN Version 2.4 - novembre 2014. J. Bot. Soc. Bot. France 70.

MATHIEU, D., MOUYSSET, E., PICARD, M., ROCHE, V., 2012. Sciences participatives : dynamique des réseaux d'observateurs.

MILLERAND, F., HEATON, L., PROULX, S., 2011. Émergence d'une communauté épistémique : création et partage du savoir botanique en réseau. Connexions : communication numérique et lien social, Presses universitaires de Namur.

PROULX, S., 2015. Tela Botanica, une communauté épistémique. Dictionnaire des communs 3.

PROULX, S., 2014 « Usages ‘participatifs' du Web social », conférence publique, Institut Méditerranéen de Recherches Avancées (IMéRA), Aix-Marseille Université, Marseille, 25 septembre 2014.

PROULX, S., 2010. Hybrid Organisational Innovation : The Case of Tela Botanica. Presented at the Association of Internet Researchers (AoIR 2010), Gothenburg, Australie.

PROULX, S., MATHIEU, D., 2017. Du réseau numérique au réseau de communautés épistémiques : Tela Botanica, le collectif francophone des botanistes. Dialogue entre le fondateur et un sociologue.

Enquête menée sur les botanistes de France. Sous l'égide de la Société Botanique de France en coopération avec Tela Botanica et La Garance Voyageuse, 2006.


[1] méthode Sagace : méthode matricielle permettant de représenter un système complexe, une organisation par exemple, pour en présenter les composantes et le fonctionnement.

[2] ANVAR : Agence nationale pour la valorisation de la recherche aujourd'hui dénommé OSEO ANVAR

[3] UQAM : Université du Québec à Montréal

[4] RENATER : Le REseau NAtional de Télécommunications pour la technologie, l'Enseignement et la Recherche est le réseau de télécommunications français reliant les différents établissements d'enseignement et de recherche en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer. Il a été créé en 1993


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