Veille Libre et communs en formation
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Innovation Pédagogique
Un article, sous licence CC by sa, repris du site de l'éveilleur, espace web de l'université de Sherbrooke une publication sous licence variable
Depuis 2019, l'Université de Sherbrooke est associée au mouvement l'éducation ouverte grâce à sa participation active au sein de la fabriqueREL. Il s'agit d'un projet interétablissement en enseignement supérieur qui a comme mission d'accompagner dans la création de ressources éducatives libres (REL) disciplinaires francophones de qualité. Encore cette année, il est possible pour les personnes enseignantes en enseignement supérieur de soumettre un projet de création ou d'adaptation de REL.
Pour être admissible, le projet doit s'inscrire dans l'une des deux catégories suivantes :
- Catégorie 1 – Manuel (entre 10 000 $ et 15 000 $)
- Catégorie 2 – Notes de cours (entre 5 000 $ et 10 000 $)
– Accédez au guide et formulaires pour soumettre un projet. Date limite : lundi 11 mars 2024 à midi
L'UdeS et les REL : une ouverture naturelle depuis 2019
La communauté UdeS s'est, depuis le début, montrée interessée aux REL et très ouverte aux partages des ressources d'enseignement. Plusieurs projets de REL qui ont été produits par des personnes enseignantes en collaboration avec la fabriqueREL :
- La démarche entrepreneuriale : Qui suis-je, Où vais-je, Comment y aller ?, Jean Bibeau, École de gestion, 2022-2023 (en cours de complétion), CC BY-NC.
- Modélisation et analyse spatiale dans R. Philippe Apparicio, Département de géomatique appliquée, 2023 (en cours de complétion), CC BY.
- Manuel d'autoformation en lien avec une approche culturelle de l'enseignement au primaire, Mélanie Champoux, Faculté d'éducation, 2023 (en cours de complétion), CC BY-SA.
- Calcul multivariable :Une approche libre, Juan-Carlos Bustamante, Département de mathématiques, 2022, CC BY-NC-SA.
- Être humain : Rencontre et accompagnement, Marjorie Désormeaux-Moreau, École de réadaptation, 2021, CC BY et CC BY-NC-SA (les balados).
- Valoriser les données pour soutenir la réussite scolaire, Daniel Chamberland-Tremblay, École de Gestion, 2021, CC BY-NC-SA.
- Banque ouverte d'activités d'analyse d'images de télédétection et de sorties terrain autoguidées, Amélie Fréchette, Département de géomatique appliquée, 2021, CC BY-NC.
- Simulation de développement modulaire : jeu vidéo rétro, Marie-Flavie Auclair-Fortier, Département informatique, 2020, CC BY-NC.
- Module de mise en forme sur les intégrales, Virginie Charette, Département de mathématiques, 2020, CC BY-SA.
- Série de 13 manuels de physique, David Sénéchal, Claude Bourbonnais, André-Marie-Tremblay, Département de physique, 2020, CC BY-NC.
Sources :
– fabriqueREL. (s.d.). https://fabriquerel.org/
[Extrait d'un post LinkedIn]
Grandes Ecoles : la politique des petits pas ne suffira pas !
💡 Depuis mars 2023, nous travaillons avec une équipe d'étudiants motivés à la création d'un master interdisciplinaire en "Politiques de l'urgence écologique". Un projet inédit en France, qui devait rassembler 8 écoles lyonnaises, des dizaines d'étudiants et enseignants, qui avait pour vocation de casser les murs entre les disciplines pour espérer faire bouger le monde de l'enseignement supérieur.
❌ Verdict : ce projet n'aboutira pas, nos écoles ayant préféré une option moins difficile à mettre en place, un DIU (pour Diplôme Inter-Universitaire, formation plus courte et dont le diplôme n'est pas reconnu par l'Etat). Or, les formations sur les transitions existent partout, mais sont très rarement accréditées et, souvent, n'adressent pas le problème de manière globale. La demande des étudiants, de plus en plus partagée, de masters adressant frontalement la question de l'urgence écologique, est motivée par la nécessité de former des décideurs et décideuses aux compétences reconnues, qui sauront impulser des dynamiques de changement dans tous les milieux professionnels dans lesquels ils seront amenés à travailler.
🗣 Aujourd'hui, nous lançons une bouteille à la mer, en publiant notre travail de ces 6 derniers mois pour que les écoles et universités puissent s'en saisir.
Maquette pédagogique, présentation des objectifs, budget, grille de compétences : tout est là. Ces documents ne sont pas parfaits, mais ils ont l'avantage d'exister.
🏛 Nos formations ne peuvent plus se permettre de rester aveugles et sourdes aux grandes transformations qui nous attendent. La "politique des petits pas", bien que compréhensible et légitime, nous amène droit dans le mur - à peine moins vite que l'inaction.
Aux étudiants, aux enseignants, à tous ceux qui souhaitent que l'enseignement supérieur bouge : contactez vos écoles et saisissez-vous de ce type d'initiative.
Comme cela est rappelé dans le document ci-dessous :
"Nous sommes étudiants au XXIe siècle. Notre génération est appelée à gérer un monde qui part à la dérive, et nous ne sommes pas formés à le faire."
Malgré tout, et en l'absence de réaction suffisante de la part de nos décideurs, nous devons continuer d'imaginer, d'impulser et de défendre la nécessité d'une bascule.
La proposition de Mastee interdisciplinaire sur l'urgence écologique
Pour le Collège des Hautes Études Lyon Science[s]
extrait du document en pièce jointe à l'article
Sur les objectifs pédagogiques
Ce master, généraliste et professionnalisant, doit permettre aux étudiants :
- D'approfondir leurs connaissances dans les domaines les plus critiques à la compréhension de l'urgence écologique, de ses origines et de ses solutions ; intégrant des enseignements en sciences humaines et sociales, en sciences expérimentales, en sciences de l'ingénieur, en droit et en management, et permettant l'obtention d'une vision systémique globale ;
- De se doter de compétences concrètes visant la mise en oeuvre de politiques de redirection écologique ambitieuses dans des milieux professionnels variés ;
- De développer leur esprit d'initiative et la volonté d'être utile plus qu'important, afin de former une nouvelle génération de diplômés qui sauront prendre en main les défis du siècle.
Sur le contenu
Pour rappel : le Shift Project recommande au minimum 165 h d'enseignement théorique pour adresser correctement la seule problématique énergie-climat. Or cette formation a pour objectif d'aller plus loin, en étendant le champ des enseignements pour donner une vision systémique et pluridisciplinaire des enjeux de l'urgence écologique. La proposition de maquette pédagogique (voir annexe A1) additionne les heures de cours théoriques et pratiques, qui permettent aux étudiants d'appréhender l'aspect concret des transitions, et repose sur une base de 650 h de cours en 2 ans.
La 1ere année de master est pensée comme année d'études interdisciplinaire axée sur la compréhension des enjeux écologiques et l'analyse des constats alarmants dans tous les domaines de la société.
La 2e année s'axerait quant à elle sur une mise en mouvement des étudiants et l'utilisation des connaissances acquises en 1ere année pour développer la capacité à impulser le changement, via de nombreux cours-projets et des méthodes pédagogiques innovantes.
A noter qu'il nous semble essentiel, pour les étudiants du CHEL[s] qui n'auront pas eu l'opportunité d'entrer dans cette formation en M1, de permettre l'admission directe en M2, sous réserve d'avoir les prérequis nécessaires pour compenser l'absence de la première année de cours.
Sur l'aspect fonctionnel
S'agissant des locaux, il est proposé que les étudiants suivant ce master aient cours chaque semestre dans une école différente du CHEL[s]. Cela afin de préserver une certaine stabilité dans la mise en place des enseignements tout en permettant aux différentes écoles de mutualiser leurs équipements.
– Certaines écoles ayant plus d'espace à mettre à disposition, le dialogue doit s'engager pour arriver au meilleur compromis.
S'agissant des cours, les enseignements proposés dans la maquette pédagogique sont des cours créés spécifiquement pour cette formation et nécessiteront donc certains enseignements dédiés.
L'organisation proposée du master est la suivante :
1. Tronc commun : cours magistraux interdisciplinaires évoluant autour de 4 grandes thématiques : Constats scientifiques / Economie / Politique / Société et culture.
2. Cas pratiques : cours opérationnels et professionnalisants, faisant appel à des intervenants extérieurs.
3. Projets transversaux (M2) : cours-projets semestriels dont la thématique est à choisir par les étudiants parmi une liste prédéfinie, avec l'objectif d'aborder l'aspect le plus concret de leur apprentissage via des partenariats avec des professionnels
Convaincu qu'une veille rendue publique peut servir à d'autres et qu'elle ne peut que s'enrichir si son écriture est ouverte à des contributions, je cherchais vainement depuis quelques années un outil simple d'usage qui le facilite.
Voici une courte présentation d'une solution collaborative qui permet de publier une référence d'un simple clic sur un marque page de son navigateur et ses premières mises en oeuvre dans l'environnement Yeswiki des Riposte Créative.
Les difficultés d'une veille partagée
Mes premières publications de veille remontent au début des années 2000 quand élu au numérique à Brest, j'ai voulu donner à voir les textes (articles, interviews, diaporamas...) produits autour de la politique publique du numérique à Brest. Dans une approche de coopération ouverte, il me semble important de rendre public, de "donner à voir" ce qui est réalisé, surtout lorsque c'est financé avec de l'argent public [1].

Le développement de wiki-brest, carnets d'écritures collaboratives au pays de Brest en utilisant la plate-forme médiawiki m'a alors fait utiliser cet outil pour publier une trace de l'action publique appuyé par une compétence interne au service "internet et démocratie locale' de la ville sur cet outil et un hébergement associatif chez le chaton brestois Infini.
Différentes collectes ont alors été développées sur un espace dédié "wiki-a-brest" :
- autour des projets menés comme : Cartes ouvertes au pays de Brest, les Recettes libres, "code source" de nos innovations sociales
- ou pour donner à voir comme les sites participatifs au pays de Brest ou clic-a-brest pour les sites proposant un flux RSS...
Cette écriture en médiawiki était ouverte à tous (via wiki-brest en particulier) mais elle demande un effort : aller à la bonne page pour écrire, l'éditer, ajouter "à la main" le texte et le lien associé.
Comme nous n'avons pas appris à documenter nos projets et initiatives et encore moins les projets semblables des autres, inciter à partager une référence a toujours demandé un certain volontarisme et cette écriture publique s'est naturellement arrêtée sur cet espace quand j'ai terminé mon mandat électif.
Dans une même logique nous avons aussi développé un espace collaboratif plus large Intercoop réseau des réseaux francophones autour des transitions, de la coopération, de l'intelligence collective et des pratiques collaboratives autour des communs numériques, ou autour des pratiques collaboratives.
Cette veille publique a connu une belle audience avec plus d'un million de pages vues et m'a motivé à poursuivre dans une veille publique.
Intercoop, est né aux Etés Tic de Bretagne en 2007 dans le prolongement du groupe IC-Fing, du Forum des usages coopératifs, des ateliers sur la coopération d'Autrans et des rencontres Moustic
Des bibliothèques de liens ont aussi été mises en oeuvre après un développement médiawiki (merci Fred) telle une liste de 500 sites francophones sous Creative Commons. Beaucoup de ces répertoires n'ont pas survécu à un changement de version PHP et au départ de la personne compétente du service (c'était un peu technique). [2]
J'ai aussi essayé des outils de gestion de flux RSS comme Netvibes mais il était difficile d'en faire un outil collaboratif. La collecte avec ce type d'outil est par ailleurs peu sélective sur les contenus et limitée aux sites ayant un flux RSS.
Le tournant des Riposte Créative
C'est la crise du Covid qui m'a fait pratiquer l'outil Yeswiki où, avec Laurent Marseault, nous avons mis en oeuvre Riposte Creative Territoriale pour un collectif animé par la Direction de l'innovation du CNFPT.
Plusieurs articles de ce blog présentent la dynamique collaborative facilitée par cet outil convivial. [3]. Et ces dernières années les usages de cet outil libre se sont largement développés dans le monde associatif et de la transition. [4]
Dans l'esprit de cet espace ouvert en écriture sans contrôle préalable plusieurs autres espaces ont été développés tels
- Riposte Créative Bretagne initié avec Benoît Vallauri qui référence aujourd'hui 800 initiatives en solidarité (en réponse à la crise du Covid) puis autour de l'innovation sociale, des communs, du climat et de la transition
- Riposte Créative Pédagogique initié avec Jean Marie Gilliot qui a cherché à mutualiser les réponses dans l'enseignement supérieur aux situations de confinement ouis s'est lui aussi élargi aux réponses à la crise climatique et plus récemment à l'arrivée des IA génératives.
Habitué aux sites contributifs outillés par spip, (tels Innovation pédagogique et transition et a-brest ou Bretagne-Créative basés sur l'écriture d'articles, j'y ai découvert une forme d'écriture plus facile d'accès sous forme de fiches renseignées à l'aide de petits formulaires indexés par des mots-clés.
Ces deux modes d'écriture sont complémentaires comme le montrent notamment les aller-retour via les flux RSS entre site spip d'Innovation pédagogique et transition et Yeswiki de Riposte Créative Pédagogique.
La découverte du référencement par marque page
C'est au détour d'une question posée sur le Forum Yeswiki que Fred Renier de Supago Florac m'a fait découvrir son tutoriel " bookmarklet veille partagée " permettant d'installer un marque page actif qui entre la référence d'un lien web et son titre d'un simple clic.
Enfin il devient facile de réaliser une veille sur un sujet, réutilisable par d'autres et ouverte aux contributions. Et surtout cela se fait d'un simple clic au fil de vos lectures dés lors que le bouton associé à la veille est glissé dans vos marque page.
Vous pouvez en voir une mise en oeuvre sur les veilles
dans Riposte créative pédagogique
- IA génératives en formation
- Numérique acceptable
- Libres et communs en formation
- Robustesse vs performance dans un monde incertain
- Conventions citoyennes en Bretagne
- Climat et transition en Bretagne
dans Octet, Observatoire critique des transformations en éducation et formation des adultes
- Octet
Dans cette phase d'expérimentation après avoir été séduit par la facilité d'usage et la simplicité d'installation (compter 10mn si on on est un peu familier d'un yes wiki) cela m'intéresserait d'échanger avec d'autres utilisateurs sur des retours d'usage d'une veille partagée.
Pour ma part, ayant du temps étant retraité, je mets un peu d'énergie pour donner à voir les initiatives en transition (les centaines de fiche de Riposte Créative Bretagne ou de Riposte Créative Pédagogique et cette veille me semble un complément utile pour afficher des liens que j'ai trouvé intéressants et qui peuvent être utiles à d'autres. C'est aussi le pari à vérifier qu'une veille collaborative est plus riche et demande moins d'effort qu'une addition de veilles individuelles menées en parallèle chacun.e de son côté.
Les étapes pour installer une veille partagée
Je reprends ici sous forme de texte la démo du tutoriel de Fred Renier que je vous recommande vivement. Cet écrit me sert de pense bête dans mes installations de veilles partagées.
- il vous faut initier une base de donnée dans votre yeswiki (en étant connecté comme admin)
- en ajoutant un "bookmarklet" via le constructeur graphique
- en éditant une instance de votre base il apparait comme "saisir une fiche" que vous glissez dans votre barre de marque page
- dans une page qui servira à afficher les liens partagés, vous ajoutez un composant "bouton"
- vous copier le code javascipt copié du marque page (via modifier le marque page)
- vous éditez le bouton en remplaçant le champ lien par ce code
- il ne reste plus qu'à ajouter le composant éditer la base pour afficher les résultats de la veille
- j'ai aussi modifié le nom du marque page pour qu'il soit plus intuitif d'usage comme "veille IA"
Bien sur pour que cela fonctionne, il vous faut cliquer sur ce marque page sur quelques pages jugées intéressantes.
NB : Dans mes veilles sur IA génératives en formation et conventions citoyennes en Bretagne j'ai rajouté quelques listes de mots clé pour faciliter l'accès aux ressources référencées.
Merci de vos retours
[1] voir à ce sujet Premier pas vers une gouvernance contributive, Retour d'expérience sur une politique publique du numérique à Brest
[2] il y aurait un travail de récupération à faire à partir des archives d'internet archivz
[3] voir notamment Pourquoi utiliser un outil convivial (yeswiki) pour faciliter la coopération ouverte ? à l'expérience des Riposte Créative
[4] voir par exemple la page "Ils utilisent YesWiki"
Durant la crise du Covid la direction innovation publique du CNFPT (Centre National de la Formation Publique Territoriale) a utilisé un espace collaboratif ouvert : Riposte Créative Territoriale pour poursuivre ses activités durant le confinement. Pendant deux ans, quelques dizaines de personnes ont ainsi développé un espace dans un esprit de communs, en participation ouverte, où tout ce qui était produit était public et rendu réutilisable par une licence Creative Commons. Une étude menée à travers 13 interviews a permis d'expliciter ce que recouvrait pour les participants actifs à Riposte Créative Territoriale cette pratique des communs. Communiqués lors d'un colloque ESREA à Milan (Sanojca Briand, 2022), les résultats de cette étude proposent une grille en dix niveaux pour décrire l'appropriation des communs. Cet article présente cette grille, pour la rendre accessible et réutilisable lorsqu'il s'agit d'évaluer un niveau d'engagement dans la participation aux communs. L'écrit s'appuie sur le texte de la communication parue dans les actes du colloque "New seeds for a world to come : policies, practices and lives in adult education and learning"
Cette grille est maintenant utilisée dans une nouvelle étude auprès d'une communauté d'agents du service public "Utilo", autour de la facilitation. le projet Utilo Tilab laboratoire d'innovation publique d'intérêt général commun. Cette nouvelle étude interroge "en quoi la pratique des communs peux être facteur d'émancipation au travail".
Résultat d'une étude auprès des acteurs de Riposte Créative Territoriale durant le confinement et la crise du Covid
La notion de communs est définie par trois caractéristiques interdépendantes : «
(1) une ressource en accès partagé ;
(2) un système de droits et d'obligations (un faisceau de droits) qui précise les modalités de l'accès et du partage des bénéfices associés entre les ayants-droit et enfin
(3) l'existence d'une structure de gouvernance qui veille au respect des droits et à la garantie de la reproduction à long terme de la ressource » (Coriat, 2017, p. 267). [1]
Michel Briand : Pourrais tu te présenter en quelques mots ?
ES : Je m'appelle Elzbieta Sanojca, je suis maître de conférence en sciences de l'éducation à l'université de Rennes 2. Je m'intéresse à la formation des adultes et en particulier à la manière dont les adultes apprennent. Cela concerne non seulement les formes formelles d'apprentissage (formation continue par exemple), mais aussi et surtout les formes non formelles voire informelles d'apprentissage, par l'activité de travail par exemple, l'engagement dans des collectifs professionnel ou citoyen etc...
Dans les différents contextes où l'apprentissage peut se produire, je m'intéresse en particulier à la dynamique collaborative qui conduit à la co-construction des savoirs. Mes travaux actuels s'inscrivent en continuité de ma recherche doctorale (Sanojca, 2018) qui portait sur l'analyse des compétences collaboratives et leur développement en formation des adultes. [2]
MB : Peux-tu présenter l'étude réalisée autour de Riposte Créative Territoriale Créative et de la pratique des communs à cette occasion ?
ES : C'est une étude qui porte sur le collectif qui, au sein de la direction Innovation du CNFPT (Centre National de la Formation Publique Territoriale), a ouvert un espace collaboratif nommé Riposte Créative Territoriale, en réponse à la crise du Covid-19 [3].
Si les personnes impliquées dans cette dynamique ont été auparavant sensibilisées aux pratiques de l'innovation publique, cette nouvelle expérience de Riposte a fait apparaître un éléments particulièrement intéressant : ces collectifs apprenants ad hoc ont tenu à affirmer une valeur particulière attribuée à à la dynamique d'apprentissage et aux ressources produites collectivement (les connaissances). Le terme de « communs » en référence aux travaux d'Elionor Ostrom a été choisi par les acteurs des Ripostes pour designer cette valeur.
C'est par le choix de ce terme qu'apparaît le lien avec mes précédents travaux : je rappelle rapidement que " avoir le souci des communs " est le troisième pivot [4] des compétences collaboratives que j'ai identifié dans ma thèse [5].
La notion de communs est importante dans la dynamique de collaboration. Avoir ce souci des communs peut renforcer la durabilité d'efforts collectifs pour travailler sur le projet. Cela se produit, lorsque les collectifs se questionnent sur la nature de ce qui est collectivement produit et en plus lui confèrent la valeur de communs par exemple par l'attribution d'une licence de partage telle les « Creative Commons ».
Ce qui m'a paru intéressant de questionner dans le cas de Riposte est de savoir :
en quoi cette forme de valorisation des productions issues des apprentissages en communs (les connaissances) fait naître de nouvelles pistes pour penser la formation des adultes aujourd'hui ?
MB : Quelles étaient les personnes concernées par ces entretiens ?
ES : Riposte Créative Territoriale (RCT) est un espace collaboratif créé de manière spontanée en réponse à la crise du COVID et concerne des acteurs de l'innovation territoriale proches de la direction innovation du CNFPT.
Durant les 18 mois de fonctionnement que cette enquête prend en compte, trois phases se sont succédées :
- une réaction au choc du 1er confinement avec un fonctionnement en groupes de travail (mars-juin 2020) ;
- un temps de pérennisation, avec l'élargissement à des agents de collectivités territoriales sur des problématiques identifiées par les acteurs RCT (ex : « nouveau rôle du manager public » ou « implanter le collaboratif dans nos structures ») (automne-hiver 2020) ;
- un temps de ré-institutionnalisation avec la mise en place de modalités de formation en « cercles apprenants » (au printemps 2021).
Les personnes qui ont participé à cette dynamique du dispositif « Riposte » sont des personnes qui pour beaucoup se connaissaient déjà avant puisque qu'elles ont participé aux activités de cette direction, notamment aux Universités de l'innovation publique qui existaient depuis trois à quatre ans avant la crise. Pour cette étude nous avons sélectionné les acteurs les plus impliqués dans la dynamique de « Riposte », soit treize personnes interviewées par entretien compréhensif [6].
MB Qu'est- ce que les entretiens t'ont permis de comprendre ?
ES : Pour répondre à cette question, il faut préciser le cadrage théorique auquel l'analyse des données se réfère. Il s'agit de la théorie de l'activité d'Yrjö Engeström (Engeström, 2010) qui soutient, entre autres, que la transformation de l'activité s'appuie sur un nouveau concept qui se forme dans un mouvement allant de l'abstrait vers le concret. Sous cet angle il s'agit de comprendre comment le concept de communs influence les changements de pratiques des professionnels dans leur contexte de travail, une fois l'expérience d'apprentissage collectif passée.
Au final, les entretiens m'ont permis de dégager plusieurs étapes de maturité dans la prise en compte du concept de communs dans la conscience ou/et dans les pratiques des personnes interviewées. C'est le résultat principal de cette étude : établir un cheminement des conscientisations du concept de communs qui s'effectue dans un double mouvement :
- interne, lié à une une prise de conscience progressive du sens du concept ;
- externe : un moment où les personnes commencent à agir de manière visible, au nom du concept particulier, ici, donc, les communs.
La grille de compréhension
La figure qui suit catégorise les moments signifiants de la formalisation du concept de « communs » à partir de la description des activités professionnelles réalisées par les enquêtés, avant, pendant ou après l'expérience de RCT. Chaque catégorie s'accompagne des exemples de verbes d'actions estimés les plus explicites pour comprendre le sens attribué à la catégorie choisie.
– En premier « Etre exposé à sans intention particulière » :
Les personnes sont prises dans un mouvement sans une intention personnelle clairement formulée ; elles sont en quelque sort exposées aux usages d'un concept qui ne fait pas partie de leur culture. L'expérience vécue est positive « je me sentais bien dans ce paysage des personnes ou dans cet environnement des personnes qui parlaient des communs » (comme le disent les interviewés) ; c'est probablement une condition pour que le souhait d'approfondissement apparaisse.
– En second « Agir en conscience mais sans poser les mots justes » :
C'est un autre cas de figure : on peut faire des communs sans le savoir. C'est d'ailleurs la situation de la plupart des « commoneurs », tels la grande majorité des 20 000 acteurs des jardins partagés en Bretagne qui pratiquent les communs en actes [7]. Dans le cas de RCT, quelques dizaines de personnes ont contribué occasionnellement à la dynamique sans pour autant avoir conscience de participer à un commun.
au départ du dispositif RCT, pour beaucoup de participants la notion de communs a été introduite par les deux animateurs du projet. « le terme de communs est d'emblée affiché pour rendre compte de la manière de fonctionner du collectif : “Ces communautés de pratiques ouvertes sont animées dans une logique de communs comme une modalité de fonctionnement de communs attribuée aux productions collectives. Cela se traduit par les règles de fonctionnement (« accords de groupe ») proposées et discutées par les acteurs de la communauté : (1) toute personne peut contribuer ; (2) tous les échanges, notes de réunions, sont publiés et restent accessibles y compris aux non participants ; (3) à ces productions sont attribuées une licence qui les protège comme communs (Creative Commons by sa).
Toutefois, ce terme de communs est consenti plus qu'il n'est choisi au moment de la création de RCT. Il fait consensus puisque sa compréhension est chargée d'ambiguïtés surtout pour les acteurs du service public qui l'associent avec la notion d'intérêt général et parfois même l'utilisent en synonyme de « mise en commun ».
– Les étapes suivantes, sont elles liées à une prise de conscience progressive « Prendre conscience la faire émerger » :
- en sédimentation lente :
Vivre des situations qui interpellent. Cela se produit dans un mouvement de l'inconscient vers l'intentionnel, sans pour autant que le croisement avec un concept ait eu lieu. En participant à l'espace de RCT où tout ce qui est produit est mis en ligne, donc partagé avec les autres, chacun peut contribuer et publier directement sans passer par une validation de sa hiérarchie. Beaucoup de personnes sont interpellées par ce mode de fonctionnement qui n'est pas habituel dans leur organisation.
- par interpellation, étonnement
Cela se passe par la découverte : « tiens, quelqu'un parle de communs et ça nous fascine. » Elle peut s'accompagner de l'effet « wouahou », un enchantement qui surgit lorsqu'un événement fort se produit imposant sinon une remise en cause, toit au moins un arrêt réflexif et un examen d'un fonctionnement habituel « oui, ça me parle ; c'est quelque chose auquel j'aimerais bien m'intéresser ».
A partir de ce moment du processus, l'attention d'une personne s'éveille et la formation d'un concept devient plus intentionnelle, car dorénavant dotée d'un nom.
– L'étape plus avancée de l'appropriation d'un concept (ici : les communs) serait « poser les mots pour soi » :
« Formaliser pour soi », « prendre les mots des autres » sont des expressions qui témoignent cette prise de conscience. Si, nous l'avons dit, au début de RCT seuls les concepteurs de l'espace faisaient clairement référence au terme de communs, les entretiens montrent qu'avec l'expérience de RCT, la compréhension de ce concept s'affine et s'harmonise. Elle rentre dans le vocabulaire des participants : neuf interviewés sur treize emploient ce mot pour définir RCT.
– Puis « fertiliser le terreau » :
Vient ensuite cette étape d'enrichissement ou comme l'exprime certains de « cultiver le terreau » de ce nouveau concept. Cela peut prendre des formes très diverses, par exemple lire des textes sur les communs, échanger avec des personnes actrices des communs, etc...
Les verbes associés à ses formes d'activités sont : « cultiver la passion », « maintenir le questionnement », « aller butiner », « observer ». Il reste à noter que cette phase de fertilisation du terrain peut être extrêmement longue.
– « Vouloir changer », « vouloir externaliser » :
C'est un moment décisif pour passer à l'action. Il est comparable à ce que l'on désigne par la conversion des opportunités vers les choix effectifs (Sen 1984/2008). Les expressions collectés dans nos données qui illustrent cette phase sont : « changer ses représentations, « être intimement convaincu », « avoir un concept à disposition », « vouloir accompagner son changement », « vouloir intéresser les autres parce ce que sa vision a changé ». A partir de ce moment, et si des conditions externes convergent, un passage à l'action peut avoir lieu.
– « Effet bascule » :
C'est la prise de conscience mise en actes qui fait bascule. J'appelle ça « un point bascule » puisqu'il existe clairement un « avant » et un « après » dans la manière d'agir des acteurs concernés. Cela s'exprime par une phrase telle que : « Non, là, je ne peux plus faire comme avant. ».
Cet effet de bascule, dans le cas des Ripostes, était assez facile à identifier, puisque qu'il s'est produit dans un moment de crise entendu au sens large comme étant une période difficile, traversée par un individu, par un groupe et qui entraîne une recomposition et transformation du système qui n'est plus opérant. La crise peut donc faire basculer l'intention vers l'action mais la forme de l'action choisie dépend d mate la maturité du concept qui oriente la structuration d'un nouveau système de l'activité.
– « Construire son nouveau système d'activité » :
A ce stade, la personne commence à justifier l'envie de faire autrement son métier : « depuis toujours, j'ai considéré qu'il faut que je fasse mon métier de telle manière ; là, je ne peux pas faire autrement. » Cette volonté de changement - s'exprime de différentes manières : s'investir, expliciter aux autres, faire converger le « déjà-là ».
Le changement implique la construction d'un nouveau système d'activité. Dans les données collectées, les expressions sont nombreuses pour décrire ce changement : « se donner un espace d'autorisation », « faire des petites touches », « se connecter au concret » ou « structurer le nouveau processus », « formaliser », « expliciter le sens »...
C'est une première étape d'ancrage dans la réalité. Dans le cas de RCT, le nouveau systéme d'apprentissage que les personnes ont commencé à concevoir correspond à un nouveau dispositif de formation, les cercles d'apprentissage [8].
– « Légitimer dans son environnement de travail » :
C'est une forme plus implantée de la transformation. Elle se traduit par les verbes d'action tels que : « légitimer l'action », « se connecter aux autres semblables », « modéliser, connecter la recherche », « expliciter la démarche aux autres ». Non seulement on produit des transformations par petites touches de ses activités, mais on commence à diffuser ces comportements dans la culture de sa structure. Dans cette étape, la constitution d'alliances est nécessaire pour établir un rapport de force favorable et pour garantir une durabilité du système d'activité naissant.
– Et la dernière étape, « connecter aux enjeux de société »
est la plus mature de l'appropriation d'un concept de communs que nous avons identifié dans les données collectées (présente seulement pour une personne interviewée). A ce niveau, il s'agit d'un élargissement du périmètre d'actions possibles : le désir de transformation s'ancre dans l'environnement de vie, au-delà de l'espace d''activité professionnelle. L'engagement dans cette logique de communs s'exprime en connexion aux enjeux de société et s'illustre par la construction d'un réseau de partenaires et associatif, l'implication dans une dynamique de territoire.
MB Merci de cette présentation de la grille d'appropriation du concept de communs. Quelle suite pour ce champ d'études de la transformation professionnelle et personnelle ?
ES : Cette étude a mis en exergue le processus de transformation à partir d'une appropriation d'un concept de communs : nécessairement long et en partie invisible. La linéarité de l'échelle est indicative car, en réalité la progression dépend de nombreux facteurs externes ou internes (les aléas de la vie quotidienne ou bien les conditions du contexte professionnel plus ou moins favorables, ou encore les dispositions des personnes à percevoir et intégrer ce qui s'offre à elles comme une ressource utile).
C'est un outil d'appréciation d'un cheminement d'une transformation des pratiques à partir d'un concept de communs, évalué sur la base de ce qui est, ou pas « déjà-là » dans la conscience des personnes.
Pour la suite nous voudrions approfondir la compréhension des transformations des pratiques dans des environnements professionnels qui découlent d'une pratique de productions de communs. Ce faisant, nous voudrions vérifier la thèse de Pharo (2022), qui considère que le désir de rétablir une part de communs dans la vie sociale équivaut à une forme renouvelée d'émancipation. Selon lui, agir au nom des communs permet de créer des espaces intermédiaires d'équilibre ; cela en contrepoids des logiques marchandes et de la recherche de performance.
Il pourrait être intéressant de questionner la robustesse des transformations prenant appui sur les communs : en quoi les communs produisent de manière effective des changements dans les organisations ? Mais aussi, quelle est la force émancipatrice des communs au sein de collectifs de travail ? C'est d'ailleurs l'axe de travaux conduits actuellement avec un spécialiste du sujet d'émancipation Jérome Eneau.
Cette nouvelle étude s'effectue à partir du projet Utilo [9], décrite par des personnes qui y sont engagées au sein d'une communauté d'acteurs de l'innovation publique territoriale. Ces acteurs se rencontrent dans un espace de tiers-lieu de l'innovation territoriale le « Tilab » qui est un laboratoire d'innovation publique porté par la Région et les services de l'état en région Bretagne. Nous souhaitons décrire ce processus d'émancipation qui prend appui sur la participation aux communs : de quoi on se libère ? pour aller vers où ?
Bibliographie
Coriat, B. (2017). Communs, l'approche économique. Dans, M. Cornue, F. Orsi, J. Rochfeld (dir.) Dictionnaire des biens communs (p. 266- 269). PUF
Engeström, Y. (2010). Activity Theory And Learning At Work. Dans M. Malloch, L. Cairns, K. Evans, & B. O'Connor, The SAGE Handbook of Workplace Learning (p. 86-104). Sage publications.
Pharo, P. (2020). Éloge des communs. Presses Universitaires de France.
Sanojca, E. (2018). Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride. Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. Rennes, Université Rennes 2. (en ligne sur : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01709910)
Sanojca, E. Briand, M. (2022). The ‘commons' as a new value in adult learning. Proceedings of the 10th ESREA Triennial European Research Conference. University of Milano Bicocca, September 29 – October 2 2022, Milano, Italy (sous presse).
Sen , A (1984/2008) Capability and Well-Being. Dans D. M. Hausman (ed.) Phe philosophy of economics : an anthology (pp. 270-293). Cambridge University Press
[1] les phrases mises en citation sont extraites de la traduction de l'article (Sanojca, E. Briand, M. , 2022)
[2] Voir à ce sujet l'article :
"Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride." qui présente quelques résultats de la thèse qui "cherche à identifier les compétences à développer pour travailler plus facilement avec les autres avec un éclairage sur ces capacités d'agir, appelées par convenance « compétences collaboratives », ainsi que les modes opératoires de leur développement en formation". (Sanojca 2018)
[3] En réponse à la crise du Covid-19, le labo du CNFPT a lancé la "Riposte créative territoriale" dès mars 2020, à l'initiative de membres de la communauté de l'innovation publique territoriale (retrouvez l'appel initial). L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ? Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. » extrait de la présentation de la génèse en ligne.
[4] « L'état d'esprit collaboratif », « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer, dans Innovation pédagogique et transition, mars 2018.
[5] Sanojca, E. (2018). Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride. Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. Rennes, Université Rennes 2.
(en ligne sur : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01709910 ).
Cette étude s'inscrit dans dans l'intérêt que je porte aux processus de coopération que je divise en trois temps :
- le premier, préalable à la coopération, concerne les caractéristiques individuelles des personnes ;
- le second sur le processus lui-même : comment les personnes font pour travailler ensemble ;
- et enfin comment s'élabore le produit collectif et quelle est la relation à ce produit collectivement réalisé.
[6] Dans une visée compréhensive, l'enquête relève d'une démarche qualitative et s'appuie sur deux sources de données :
- les treize entretiens compréhensifs (Kaufmann, 2011) où la sélection des interviewés prenait en compte le critère d'implication dans RCT (les plus actifs). Cela représente 7 femmes et 6 hommes, majoritairement cadres de la fonction publique (85 %), acteurs du réseau de l'innovation publique territoriale, avec une expérience de 2 à 3 ans minimum (77%).
- dans une moindre mesure, les données textuelles à partir des productions des groupes impliqués dans la dynamique de RCT.
[7] avec pour chaque jardin une gouvernance particulière adaptée au contexte de leur jardin voir à ce sujet Vert le jardin.
[8] les cercles proposés viseront à s'ouvrir au paradigme de l'apprenance en multipliant les espaces ouverts, collectifs, réflexifs, expérientiels, fondés sur l'autonomie des apprenants pour favoriser leurs apprentissages à l'intérieur et à l'extérieur de leurs espaces dédiés.
Ces cercles viseront donc à répondre aux attentes des participants en proposant une opportunité de transformation à partir de leur expérience professionnelle. Ils seront donc des espaces apprenants mais aussi capacitants (Cf. Monique Castillo, Christian Batal et Solveig Oudet) dans la mesure où ils contribueront au développent du pouvoir d'agir des participants.
Extrait de la page de présentation des cercles sur RCT
[9] Comment animer une communauté d'entraide et susciter l'intelligence collective pour concevoir ou faire avancer un projet ? Quelles sont les méthodes et pratiques sur lesquelles on peut compter pour animer un atelier coopératif, mener une démarche participative dans son ensemble, ou encore aider à la mise en place d'un projet de co-conception ?
Voici les questions que se sont posés les pionniers de la communauté UTILO. Ce groupe de 25 agents publics venant de 14 administrations et collectivités différentes ont alors créé collectivement le guide UTILO.
extrait de la page de présentation du projet
Nantes Université s'investit pleinement dans l'Éducation Ouverte et ce, à travers la feuille de route stratégique adoptée en novembre 2022.
C'est dans ce contexte, que nous organisons, en juin, 3 ateliers dédiés aux RELs, au sein de Nantes Université, en collaboration avec le Centre de Développement Pédagogique et les Bibliothèques Universitaires :
- Le 6 juin de 17h à 18h ” Les RELs pour quoi faire ? “, à la Halle 6 Ouest (île de Nantes). Sur la base de cartes inspirantes, cet atelier vise à réfléchir ensemble aux raisons pour lesquelles on veut faire des RELs.
- Le 15 juin de 11h30 à 12h30 “Je crée ma REL” Cet atelier vise à vous initier à la création d'une REL en réutilisant des éléments existants et en y adossant une licence.
- Le 27 juin de 12h à 13h30 “Je crée ma REL”, au Lab BU Sciences, Campus Lombarderie à Nantes. Cet atelier vise à vous initier à la création d'une REL en réutilisant des éléments existants et en y adossant une licence.

Vous êtes personnel de Nantes Université ? Cet atelier est gratuit et ouvert. Toutes les informations et lien d'inscription ici.
Sauf indication contraire, l'ensemble des contenus de ce site https://chaireunescorelia.univ-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
la chaire Unesco REL -IA
Cet article est une traduction en français d’un billet original publié par Alan Levine dans le cadre du podcast OEG Voices. Cette version est proposée avec son accord, incluant les liens et images d’origine. Traduction réalisée avec l’aide de DeepL. Le contenu est partagé conformément à la licence Creative Commons indiquée dans la version originale.
par Alan Levine, Open Education Global _ le 8 avril 2026
Tous nos épisodes sont spéciaux, mais celui-ci l’est encore plus, car il a été enregistré le jour même de la publication de l’article coécrit par Virginia Rodés et Regina Motz, Entre ouverture et responsabilité : comment faire bon usage des ressources éducatives libres, dans le cadre de la série « Sharing is a Challenge » consacrée au défi du « détournement ».

Cette collaboration multilingue et multi-auteurs a publié un nouvel article quatre jours par semaine en mars 2026, dans le cadre de la Semaine de l’éducation ouverte.

Se sont joints à nous pour cette conversation le chef de file du projet, Colin de la Higuera, titulaire de la chaire UNESCO RELIA, ainsi que sa collègue de Nantes Université, Lucie Grasset, qui faisait partie de l’équipe ayant coordonné cet effort complexe, et la codirectrice exécutive d’OEGlobal, Marcela Morales — qui a rédigé le premier article de la série sur le défi de la légitimité.
Colin et Lucie ont évoqué le pourquoi et le comment du projet, qui a donné lieu à un total de 17 articles en 6 langues, rédigés par 30 co-auteur·ices issu·es de 15 pays et publiés sur trois sites web. OEGlobal a par ailleurs mis en place une plateforme sur le site de l’Open Education Week qui utilise les flux de tous les sites pour répertorier de manière dynamique les articles au fur et à mesure de leur publication, ainsi que des fils de discussion toujours ouverts à vos commentaires sur OEG Connect.
Virginia a expliqué qu’elle et Regina avaient réorienté la question de l’« abus » vers l’ouverture et la responsabilité. Cette approche découle des recherches et de la pratique de Virginia auprès du corps enseignant, qui ont mis en évidence les obstacles à l’appropriation. Elle a également été influencée par sa réflexion approfondie dans le cadre de ses recherches actuelles sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’éducation ouverte, et sur la manière dont l’éthique doit être abordée non seulement individuellement, mais aussi de manière systémique. Son article pour la série est présenté de manière humaine, sous la forme d’une conversation entre deux personnes enseignantes partageant une motivation commune pour l’éducation ouverte, mais ayant des perspectives différentes sur le rôle de la responsabilité. Pourtant, elles parviennent finalement à un terrain d’entente et de compréhension.

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Dans cet épisode
À titre d’information : dans un souci d’expérimentation et dans un esprit de transparence, cette série de notes d’émission a été générée uniquement par l’IA « Underlord» dans l’éditeur Descript que nous utilisons pour produire OEGlobal Voices.
OE Global Voices #97: Le partage est un défi — Utilisation abusive, responsabilité et travail derrière une série mondiale sur les REL
L’animateur Alan Levine réunit Colin de la Higuera, Lucie Grasset, Virginia Rodes et la codirectrice exécutive d’OE Global, Marcela Morales, pour discuter de la série d’articles « Le partage est un défi » publiée à l’occasion de la Semaine de l’éducation ouverte et coordonnée par Colin avec le soutien de Lucie et d’une équipe de Nantes Université. Colin explique que la série est née d’une réorientation des ateliers sur les REL autour du « partage » et de l’identification des obstacles qui rendent le partage plus difficile aujourd’hui, notamment l’IA. Lucie décrit le processus de production : collecte d’articles auprès de 27 auteur·ices, révision, traduction (notamment via DeepL avec relecture), publication sur trois blogs WordPress, diffusion d’une newsletter quotidienne et publication croisée sur OEG Connect. Virginia aborde son article sur le « détournement », recadré sous l’angle de l’ouverture et de la responsabilité face aux préoccupations liées à l’IA générative, à la gouvernance, à la qualité, à la représentation, à l’enfermement des plateformes et à la provenance. Marcela établit un lien entre la responsabilité et la légitimité, ainsi que le besoin de la communauté en conseils pratiques.
- 00:00 Musique d’introduction et citations marquantes
- 00:43 Accueil et contexte du podcast
- 01:58 Présentation des invités
- 05:39 Pourquoi le partage est un défi
- 07:27 Recrutement des auteurs et choix des sujets
- 09:11 Les coulisses de la publication quotidienne
- 12:21 Fils de discussion et premiers retours
- 15:33 Virginia sur l’utilisation abusive et la responsabilité
- 19:13 Format de la conversation et exemples
- 26:51 Quand légitimité rime avec responsabilité
- 29:27 Maturité des pratiques de partage
- 32:28 Ce qui nous attend
- 36:57 Loisirs et côté humain
- 41:38 Retraite et défis de l’enseignement de l’IA
- 43:03 Générique de fin et conclusion
(fin des notes de l’émission générées par l’IA)
Liens et citations supplémentaires pour l’épisode 97
Nous avons donc continué à travailler dans cette optique en nous disant : « D’accord, peut-être que le partage est un mot intéressant. Nous pouvons l’utiliser sans avoir à expliquer les cinq R, l’UNESCO et tout le reste. » Et c’est vrai. C’est un mot qui trouve un écho très fort auprès des enseignants – il est difficile de trouver un enseignant qui ne soit pas là pour autre chose que le partage. Ils sont tous là pour le partage.
C’est donc de là que ça vient. Puis, petit à petit, nous avons compris que, même si ça semblait bien, c’était beaucoup plus difficile que nous le pensions, et qu’il y avait en quelque sorte des obstacles au partage. Nous avons alors simplement dressé la liste de ces obstacles et nous nous sommes lancés.
Colin de la Higuera
- 23 bonnes raisons d’opter pour l’éducation ouverte (2025)
- Partager… Nos défis pour 2026
- Partager… 16 défis pour 2026 (plateforme pour la Semaine de l’éducation ouverte)
- Récapitulatif de « Partager est un défi »
- « Partager est un défi » : la série touche à sa fin, le partage continue
- DeepL (utilisé pour la traduction)
Et c’est ainsi que la responsabilité apparaît dans la lutte contre les abus. Ce n’est pas seulement un problème d’éthique lorsque l’on utilise des contenus développés par d’autres personnes. Il y a désormais un nouvel acteur dans le paysage : l’IA, principalement l’IA générative, qui participe aux adaptations.
C’est l’un des aspects pour lesquels je considère que la perspective individuelle de l’éthique doit être transférée vers la responsabilité, non seulement en tant que responsabilité individuelle, mais surtout en tant que problème de gouvernance, de responsabilité et de pression.
Virginia Rodés
- Entre ouverture et responsabilité : comment bien utiliser les ressources éducatives libres par Virginia Rodés & Regina Motz
- Déclaration de Dubaï sur les ressources éducatives libres (REL) (UNESCO)
- Mate (boisson) (Wikipédia)
- Nantes Université Fabrique REL
- Fabrique REL Québec
- De l’obligation à la reconnaissance dans l’éducation ouverte par Luc Massou
- Comment les auteurs peuvent rendre leurs REL « découvrables » par Benedetta Calonaci & Alessandra Gammino
- Come gli Autori possono far « scoprire » le proprie REL (original en italien)
- Utilité : avons-nous encore besoin des REL à l’ère de l’IA ? par Fawzi Baroud & Mitja Jermol
- Ressources éducatives libres : le partage prend-il vraiment du temps ? par Sophie Depoterre, José-Miguel Escobar-Zuniga, Paul Lyonnaz & Nadia Villeneuve
- Au-delà du prestige : qui détient le savoir dans l’éducation ouverte ? – La légitimité comme obstacle au partage par Marcela Morales
La musique sous licence libre de cet épisode est un morceau intitulé Share Your Project de TimTaj, partagé sous une licence Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 International License. Comme la plupart des musiques de nos podcasts, elle a été trouvée sur Free Music Archive(voir notre playlist FMA complète).
La photo du lieu où se trouve l’équipe à l’origine de la série « Sharing is a Challenge » à Nantes, en France, utilisée comme arrière-plan dans l’image de couverture de cet épisode, est une photo de Nantes, Sud Ouest publiée sur Flickr par Arnaud Abélard et partagée sous une licence Creative Commons (BY-NC-SA 2.0).
Publié par Open Education Global, le podcast OEG Voices présente, sous forme de conversation, une perspective internationale sur l’éducation ouverte à travers la voix de praticiens. Vous souhaitez partager votre point de vue ou suggérer un futur invité ou sujet ? Contactez-nous à l’adresse podcast@oeglobal.org.
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Licence
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Après un début d’année quelque peu perturbé – neige et tempête ayant entrainé l’annulation d’une séance ainsi que d’une sortie début janvier – les activités du projet CHAMS ont rapidement repris leur rythme au collège Anne Frank. Les élèves poursuivent leur exploration de l’intelligence artificielle, tout en développant leur esprit critique et leur compréhension des enjeux scientifiques et sociétaux qui l’entourent.
Comprendre l’IA par le jeu : découvrir le machine learning avec le jeu de Nim
Pour aborder les principes du machine learning avec les élèves, une séance a été consacrée au jeu de Nim. Souvenez-vous, en décembre dernier, les élèves avaient créé des jeux de Nim imprimés en 3D.
À travers ce jeu de stratégie aux règles simples, ils ont exploré comment une machine peut apprendre à identifier des stratégies gagnantes à partir d’exemples et de répétitions. Guidés par Colin de la Higuera, ils ont ainsi découvert de manière concrète certains mécanismes fondamentaux de l’apprentissage automatique, tout en développant leur raisonnement logique et leur capacité à formuler des hypothèses.

Plonger dans l’histoire de l’IA avec Calculating Empires
La séance qui a suivi, (en rattrapage de la visite annulée le 8 janvier de l’exposition « Dans les plis des cartes » au Lieu Unique) a permis d’aborder, sur ordinateurs, la frise interactive Calculating Empires, réalisée par Kate Crawford. Cette œuvre propose une exploration visuelle et critique de l’histoire des technologies et de leurs liens avec les dynamiques politiques, économiques et sociales. Via un support de médiation créé par la Chaire, les élèves ont été invités à parcourir cette ressource en ligne afin d’observer, questionner et analyser les différentes étapes qui ont conduit à l’émergence de l’intelligence artificielle contemporaine. Une manière d’inscrire l’IA dans une histoire longue, bien au-delà des outils numériques qu’ils utilisent aujourd’hui.
De la donnée à l’analyse : exploiter les résultats du sondage sur les usages de l’IA
Dans la continuité des séances précédentes, les élèves ont travaillé sur les résultats du sondage mené au sein du collège autour des usages de l’intelligence artificielle. En amont, une séance de mathématiques leur avait permis de consolider des notions essentielles : proportions, organisation des données et choix de représentations graphiques. Ils ont ensuite mobilisé ces acquis pour analyser les données à l’aide d’un tableur, notamment grâce à la fonction NB.SI, et produire des diagrammes mettant en évidence des liens possibles entre genre, niveau de classe, temps d’écran ou encore usages et perceptions de l’IA générative.




Séance dédiée à la création de graphiques sur les résultats du sondage IA. Photo Julie Baron Licence CC BY
Les graphiques réalisés donneront lieu à la création d’affiches, qui seront présentées au sein du collège en fin d’année, prolongeant ainsi la réflexion au-delà de la classe.
Une immersion dans le monde de la recherche à Nantes
Dans le cadre de la Nuit Blanche des Chercheur⸱es 2026, le groupe CHAMS a participé à une matinée de mini-conférences au Stereolux.

Nuit Blanche des Chercheur⸱es 2026. Photo Julie Baron Licence CC BY
Parmi les interventions, la conférence d’Alexandre Bruckert intitulée « IA : problème de vision » a particulièrement retenu notre attention : comment une IA “perçoit-elle” une image ? Pourquoi l’IA ne « voit » pas comme nous ? Nous avons compris, notamment, qu’un modèle voit uniquement des pixels et qu’il a besoin de milliers voire millions d’exemples pour s’entrainer à reconnaître une image sans commettre d’erreur. Ces questions et explications ont fait écho aux thématiques explorées en classe cette année.
À travers des formats courts et accessibles, les élèves ont pu découvrir des travaux de recherche contemporains. Une expérience concrète pour mieux comprendre les enjeux actuels de la recherche et ouvrir leurs perspectives sur les sciences.
Femmes et sciences : questionner les représentations
Une séquence a ensuite été consacrée aux femmes dans les sciences, avec pour objectif de questionner les représentations encore largement associées aux métiers scientifiques. À partir d’un corpus documentaire préparé par la Chaire — mêlant ressources issues de la recherche, lectures et supports de médiation — les élèves ont analysé différentes figures féminines et discuté des stéréotypes persistants. Ils ont notamment travaillé sur des portraits de scientifiques méconnues du grand public telles qu’Hypatie d’Alexandrie ou Katherine Johnson, mais aussi sur des objets culturels et contemporains : les noms de 72 femmes scientifique gravés sur la Tour Eiffel, des récits comme celui de Nina Hadis Amini, ou encore l’impact de figures médiatiques à travers l’« effet Scully » et un article récent de Sciences et vie junior. Ces supports ont permis d’ouvrir la discussion sur la place des femmes dans les sciences, hier et aujourd’hui.





Affiches créées par les élèves sur le thème « role models féminins » – Photos Julie Baron Licence CC BY
Un moment marquant est venu prolonger ces réflexions avec la visite surprise de Patricia Serrano-Alvarado. Sa rencontre avec les élèves a offert un éclairage concret sur les parcours scientifiques contemporains, contribuant à rendre ces trajectoires plus visibles et accessibles.


Questions préparées par les élèves pour la visite de Patricia Serrano-Alvarado au collège Anne Frank de Saint-Herblain le 10 mars 2026. Photo Julie Baron Licence CC BY
Diffuser et partager : le projet CHAMS au cœur des dynamiques éducatives
Dans le prolongement de ces actions, le projet CHAMS a été présenté lors d’une session de formation menée auprès de professeurs principaux de collèges et de psychologues de l’Éducation Nationale, consacrée à la thématique « filles et sciences ». La matinée a débuté par une intervention des inspecteurs et inspectrices sur les thématiques de l’orientation des filles en filières scientifiques et technologiques et plus généralement en lycée technologique ; résultats des filles – du premier degré à la sortie du lycée – en mathématiques et en sciences ; égalité filles garçons. Le second temps, un marché de connaissances, a permis de partager les expérimentations menées sur le terrain par des partenaires et personnes inspirantes.
Cette dynamique s’inscrit plus largement dans les priorités académiques, comme en témoigne la mise en lumière des classes CHAMS dans un article de l’Académie de Nantes, qui les positionne au cœur du projet « Filles et maths » porté par l’inspection. La valorisation du travail des élèves et des personnes enseignantes, notamment à travers une vidéo dédiée, souligne l’importance de ces initiatives pour encourager l’égalité des parcours et susciter des vocations scientifiques.
Pour conclure, la Chaire UNESCO RELIA réaffirme son engagement : accompagner les communautés éducatives pour comprendre, questionner et construire ensemble des futurs de l’éducation éclairés, inclusifs et responsables face aux transformations liées à l’intelligence artificielle. De mon côté, je poursuis cette exploration aux côtés des équipes pédagogiques et des élèves, le projet CHAMS constituant un terrain d’expérimentation pour faire évoluer nos pratiques.
Julie Baron, pour la Chaire UNESCO RELIA
Licence
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Article mis à jour le 13/04/2026

Dans le prolongement du webinaire inaugural de la série, qui a permis de poser un premier cadre scientifique et d’ouvrir des perspectives autour de l’éducation ouverte, cette deuxième séance propose d’entrer au cœur des pratiques de recherche.
L’intervention a porté sur les travaux menés par le Cren (Centre de Recherche en Éducation de Nantes) dans le cadre du GTnum Forges – projet de recherche-action financé par la Direction du Numérique Éducatif du Ministère de l’Éducation Nationale depuis 2023.
En mobilisant un ancrage théorique en Sciences de l’Information et de la Communication, il s’agit de questionner les dynamiques et les tensions à l’œuvre autour des communs numériques éducatifs dans l’enseignement secondaire. Le Gtnum propose pour cela une approche guidée par les pratiques et les logiques d’acteurs.
Enfin, Les personnes intervenantes ont présenté un travail de recherche doctorale, débuté en novembre 2025, visant à enrichir et à élargir cette première approche.
Cliquer ici pour voir ou revoir le webinaire :

Pour accéder à la présentation des personnes intervenantes : https://filesender.renater.fr/?s=download&token=c6e31471-be15-491a-9802-015ba18045fb

Raphaëlle Crétin-Pirolli, enseignante-chercheure en Sciences de l’Information et de la Communication à Le Mans Université – de Laval, membre du Cren (Centre de Recherche en Éducation de Nantes)
Ses travaux portent sur les usages et les pratiques du numérique en éducation, la médiation des savoirs dans des contextes professionnels et la conception continue d’outils numériques pour l’éducation et la formation.
Site institutionnel labo : https://cren.univ-nantes.fr/presentation/theme-1-conception-de-formation-et-mediation-par-le-numerique

Bastian Donval, Doctorant de première année en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université du Mans
Bastian Donval est titulaire d’un master en Sciences de l’Éducation et de la Formation, formé en ingénierie pédagogique. Doctorant de première année en Sciences de l’Information et de la Communication à l’Université du Mans et rattaché au Centre de Recherche en Éducation de Nantes. Étudie les communs numériques éducatifs dans l’enseignement primaire et secondaire français.
Webinaire animé par Colin de la Higuera et Lucie Grasset.
Informations pratiques
- Date : mercredi 1 avril 2026
- Horaire : 16h – 17h (CEST- heure de Paris) (vérifier ici l’heure correspondante dans votre fuseau horaire)
- Format : webinaire en ligne
Lien inscription à la série : https://framaforms.org/inscription-webinaire-de-recherche-en-education-ouverte-francophonie-1769009108
Contact : Lucie.grasset@univ-nantes.fr

Pour découvrir l’ensemble de la démarche, la programmation et les replays à venir, consulter la page dédiée aux Webinaires de recherche en éducation ouverte
Licence
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31 mars. Le mois de l’éducation ouverte touche à sa fin. Nous avons décidé d’en profiter goulûment, jusqu’à la toute fin.
Merci aux contributrices et contributeurs. Les 14 auteurs et 16 autrices de 15 pays ont écrit 17 articles dans 6 langues… Des aller-retours productifs nous ont permis d’échanger avec elles et eux. Parfois c’est entre auteur.es que les conversations et débats ont eu lieu.
Merci aussi à celles et ceux que nous avons mis à contribution. Pour nous aider à traduire, pour mieux diffuser. Pour gérer des aspects techniques, parfois aussi juridiques. En particulier, Javiera Atenas et Victor González Catalayud pour les versions espagnoles et Mary Lavissière pour les complexités de la traduction des termes juridiques au français.
Il faut surtout dire que derrière le “nous” se cachent Solenn Gillouard pour le blog d’UNOE, Erwan Louërat pour le blog d’EUniWell et Lucie Grasset pour le blog de la Chaire RELIA.
Chacun de ses blogs a sa propre politique éditoriale, mais ils partagent tous les trois un grand intérêt pour le sujet. Nous avons choisi de publier cette année en français sur le blog RELIA et dans les différentes langues disponibles sur les blogs multilingues d’UNOE et de EUniWell. Mais pour une opération de cette importante, il a été essentiel de travailler en équipe et de pouvoir se secourir quand nécessaire.
Merci enfin à Ahmed Galai qui nous a fait l’honneur d’ouvrir la série avec un article poétique sur le fort lien avec le partage que tout enseignant.e a. Un prix Nobel pour donner le la !
Quelques éléments techniques
L’objectif de publier chaque article dans au moins trois langues a été atteint. De façon systématique, avec l’aide de l’IA (DeepL pro) nous avons obtenu des versions de travail en anglais, français et espagnol. Nous avons ensuite pu bénéficier de lectures attentives de la part des un·es et des autres. Cela reste cependant un exercice périlleux : dans certains cas, les termes techniques retenus (et en particulier les termes juridiques) pourraient encore être améliorés.
Nous avons bien entendu été attentif·ves à la question des licences des images. En choisissant systématiquement des images libres de droit. A ce titre, nous souhaitons également remercier la plateforme The Greats – Fine Acts ainsi que les artistes qui y partagent leurs œuvres sous licence CC BY-NC-SA, et qui nous ont permis d’illustrer chacun des articles de cette série.
Et nous avons aussi eu à gérer la question des images générées par IA. En suivant le pertinent avis de Rory McGreal (voir l’article sur la légalité), ces images doivent être considérées comme étant dans le domaine public. Mais nous n’avons pas osé franchir systématiquement le Rubicon d’y apposer une licence CC0.
Qu’avons-nous appris ?
En réalité, nous avons surtout été conforté·es par la pertinence de notre modèle. Comme l’an dernier, nous avons invité un grand nombre d’expertes et experts à enchérir lorsque la liste des thèmes serait partagée. Et comme l’an dernier, les thèmes -qui étaient des obstacles- sont “partis” très vite. La possibilité de partager l’écriture avec des auteur·es qui ne se connaissaient pas forcément a donné lieu à des collaborations trans océaniques.
Nos ami·es d’Open Education Global nous ont suggéré d’ouvrir l’appel à contributions. C’était un peu frustrant de ne pas le faire, de ne faire appel qu’à des gens que nous connaissions déjà. Mais nous anticipions déjà qu’il allait nous falloir, parfois, discuter avec les auteur.es, leur demander des efforts supplémentaires.
La solution pour être dans les appelé.es de 2027 ? Peut-être de nous proposer un article pour le blog dans les prochains mois…
Nous avons continué à explorer le multilinguisme. Nous avons aussi vu que ce format convenait aux lecteurs et aux lectrices mais aussi aux auteur·es : une règle essentielle est que chacun·e avait le droit d’écrire dans sa langue. C’est un sujet de controverse : nombreux·ses sont celles et ceux qui pensent qu’il existe une lingua franca et que tout le monde doit pouvoir s’exprimer dans cette langue. Avec l’aide de l’IA, éventuellement. A la Chaire, nous ne voyons pas les choses comme ça et avons eu cette année, justement, le cas d’un article d’abord écrit en anglais, puis, à notre demande, réécrit dans la langue des auteur.es, et bien meilleur dans sa seconde version.
Nous avons aussi innové cette année en proposant une Newsletter bilingue à laquelle on pouvait s’inscrire sur toute la durée de l’opération afin de recevoir un mail à chaque publication d’article. Plus de cinquante inscriptions à celle-ci !
Nous avons également appris (ou réappris) que les nuisances techniques allaient être nombreuses. En fin de mois, devant les attaques à répétition de nos serveurs, j’ai même envisagé que cela démontre le succès de notre opération. Mais au-delà (de ces théories conspirationnistes), il convient de remercier Séverine Rubin, du LS2N, pour sa patience et sa disponibilité même à des heures indues. [Une règle d’or est que les serveurs plantent toujours plus facilement hors des heures de travail]
Mais qu’avons-nous appris, de plus ?
Tout d’abord, et ce n’est pas une surprise, que la communauté de l’Education Ouverte est riche d’idées, d’analyses, de travaux de recherche. En posant nos sujets cette année sous forme de seize mots clé, un par obstacle, nous pensions avoir marqué le territoire et prévu toutes les possibilités. En réalité, nos auteur.es ont plus qu’enrichi les idées originelles que nous avions imaginées.
Nous avons également été conforté·es par l’importance qu’il faut accorder à la recherche. Le mot “partage” existe depuis longtemps et a souvent été associé à la question des REL. On peut lire des articles datant d’une vingtaine d’années où certaines difficultés évoquées ici ont déjà été analysées. On aurait donc pu penser que nous allions revisiter des questions connues avec des réponses très explorées. Il n’en est rien : les analyses de 2026 reposent sur des résultats récents, sur des technologies d’aujourd’hui, sur les nouveaux outils que nous avons vu arriver ces dernières années. Nous notons cependant qu’une part substantielle de la bibliographie est en langue anglaise.

Nous prenons cela pour un défi : avons-nous, aujourd’hui, assez de chercheur.es qui regardent en langue française les questions posées par l’éducation ouverte ? La réponse est clairement non. C’est pour cela que cette année 2026 nous avons lancé une série de webinaires en langue française. D’ailleurs, il y en a un demain !
Les seize articles proposés ont de nombreux sujets partagés. Les angles sont différents, les références vont dépendre des contextes locaux, mais quelques sujets forts sont traités.

La question de la reconnaissance
Souhad Shlaka a analysé la difficulté de concilier partage et compétition. Dans son Université comme dans tant d’autres, la mise en concurrence est voulue et, bien entendu, freine le partage. Elle nous propose des débuts de solution. Puissent les institutions l’écouter !
Certains de ces mécanismes de reconnaissance sont analysés par Luc Massou (sur le thème de la gratitude). Pour lui, le partage de la recherche est centrifuge tandis que les mécanismes du partage des ressources éducatives sont d’ordre centripète. Il faut donc convenir qu’on ne remercie pas de la même façon ces partages.
Javiera Atenas et Leo Havemann ont trouvé un titre qui a beaucoup intrigué les lecteurs : ils sont partis du constat que les universitaires partageaient volontiers leurs résultats de recherche, mais beaucoup moins leurs cours. Comme pour d’autres, ils demandent un changement de paradigme pour permettre aux universitaires d’être réellement gagnants à partager.
Les articles optimistes
Certains ont choisi de partager comme un acte de foi. C’est le cas de Marcela Morales qui nous confirme que nous sommes bien entendus tous légitimes à partager. C’est aussi celui de Zoltan Lantos dans sa réponse au défi de la réciprocité, et qui raconte l’histoire d’une de ses REL. Celle-ci donne l’impression de prendre vie… et donc bien entendu de s’émanciper. Derrière son témoignage on devine la question qu’il nous faudra bien aborder un jour : comment une ressource éducative libre, intimement associée à un (ou une, ou des) auteur peut devenir un commun numérique au sens de la déclaration de Dubai. C’est aussi l’optimisme qui pousse Pierre-Antoine Gourraud à partager et qui nous dit : Le vrai danger ? Ce n’est pas le pillage. C’est le gâchis. Alan Levine a choisi l’obstacle de l’ingratitude mais nous lance plutôt un message de gratitude et note que même si les gens qui prennent ses photos peuvent le faire sans rien dire, ils choisissent souvent de remercier.
Le Nord et le Sud
Le Sud est très représenté parmi nos auteurs et autrices. Et si parfois les problèmes sont les mêmes qu’on peut trouver en Europe ou en Amérique du Nord, ce n’est pas toujours le cas.
Le thème de la nécessaire décolonisation des savoirs est analysé sans complaisance par Mpine Makoe, Darrion Letendre et Robert Lawson… Il aurait aussi pu être au centre de la question de la découvrabilité : mais Benedetta Calonaci et Alessandra Gammino ont choisi un autre angle, celui des documentalistes et des bibliothécaires.
Les REL, c’est mieux quand on travaille en équipe
Mais peut-être la leçon principale de cette série est que le collectif doit primer. Concevoir un REL et la diffuser ne peut plus, en 2026, être la mission d’un ou une collègue isolé·e. Il faut travailler à plusieurs, en réseau, en mettant en place des infrastructures. C’est bien entendu le message porté par Sophie Depoterre, José-Miguel Escobar-Zuniga, Paul Lyonnaz et Nadia Villeneuve, qui à Louvain, Laval, Nantes et Sherbrooke sont en train de construire les outils qui permettent au collectif de s’exprimer. C’est aussi le modèle sous-jacent en Afrique du Sud et promu par Dorothy Laubscher dans son article répondant au défi de la naïveté. Pour Barbara Class, Henrietta Carbonel et Mathilde Panes c’est pour faire face aux défis techniques qu’il faut s’organiser et systématiser son approche.
Virginia Rodés et Regina Motz nous rappellent quelque chose d’essentiel : “les REL ont transformé l’accès à la connaissance et restent essentiels dans un monde où des millions d’étudiants manquent encore de supports pédagogiques abordables et fiables.” Leur article est une conversation entre deux enseignantes.
Latifa Chahbi, Loubna Terhaz, Khalid Berrada et Alan Levine nous rappellent que la peur du jugement de l’autre a toujours été un obstacle au partage. Ils font dans leur article appel à Michel Foucault pour analyser cette difficulté. Mais pour eux, l’éducation ouverte peut transformer le regard en situant chaque expérience éducative et en offrant des environnement sécurisés de partage.
La question de l’intelligence artificielle a été abordée dans deux articles. Par Rory McGreal pour analyser la question des droits, de la légitimité, par Fawzi Baroud et Mitja Jermol pour nous dire qu’il faut absolument continuer à partager, malgré l’IA (la question posée était celle de l’utilité). A cause de l’IA, même. Ces articles ont été particulièrement relayés : il est clair que la question de l’IA intéresse. Nous pensons et espérons que ces articles donnent des réponses très positives !
Enfin, nombreux sont les articles qui indiquent l’importance de l’institution. Une institution qui soutient, par des mécanismes de reconnaissance, qui met en place des structures d’appui, qui valorise l’éducation ouverte, cela devient indispensable.
Partageons
Une opération sur le partage,… ça se partage.
Nantes Université l’a fait : comme cela a été rappelé lors de l’inauguration du mois de l’Education Ouverte, la question de l’Éducation Ouverte marque aujourd’hui l’identité de Nantes U. Et la Fabrique REL est le type de structure qui va jouer un rôle primordial dans la construction des outils de partage du futur.
UNOE (UNITWIN Network in Open Education) a maintenant trouvé une vraie place à l’UNESCO. Le réseau s’agrandit, les prises de position et les opérations diverses permettent de travailler globalement.
EUniWell vient de se doter d’un observatoire de l’éducation ouverte : ce petit comité scientifique doit permettre de mieux analyser les liens entre éducation ouverte et bien-être.
Et l’opération a été reprise et diffusée par l’UNESCO, l’ICDE, le Ministère de l’enseignement supérieur et bien entendu, Open Education Global et le consortium francophone du mois de l’Education Ouverte.…
Toute l’équipe éditoriale des seize obstacles remercie enfin les lecteurs et les lectrices. Sans qui, au fond, tout ceci n’aurait que peu d’intérêt : dans un partage, les deux parties ont un rôle.
A propos de l’illustration

L’intention artistique originale reste celle de l’illustrateur et peut être différente de l’intention éditoriale de notre remix.
Nous remercions David Espinosa pour le partage de son œuvre sur The Greats -Fine Acts sous la licence ouverte CC BY-NC-SA 4.0.

Cet article fait partie de la série « Partager est un défi – Sharing is a challenge ».



Licence
Sauf indication contraire, l’ensemble des contenus de ce site https://chaireunescorelia.univ-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
Alan Levine, Open Education Global
Après avoir connecté un serveur Mac SE/30 au réseau du Maricopa Community Colleges en 1993, Alan Levine (https://cog.dog) n’a plus quitté le web depuis. En tant que directeur de l’engagement communautaire pour Open Education Global, il prône la générosite des éducateur·ice·s qui partagent ouvertement leur travail.
J’étais « reconnaissant » que le sujet « Ingratitude » soit disponible avec cette suggestion pour les auteur·e·s :
Partager me prend beaucoup de temps et quand je le fais, personne ne dit merci. Il y a peu de mécanismes permettant aux bénéficiaires de dire merci. or dans les mécanismes de partage, dire merci est important
J’étais perplexe face à cette affirmation selon laquelle le partage prend du temps. Pour moi, le partage est un acte rapide qui consiste simplement à cliquer sur un bouton « Publier ». Peut-être que la personne qui fait cette affirmation parle du temps passé à essayer de promouvoir le contenu ? D’après mon expérience, nourrir de telles attentes mène tout droit à la déception.
“Expectations are resentments waiting to happen.”
(« Les attentes sont des rancœurs en puissance. »)
Anne Lamott in Crooked Little Heart
Ce qui suit est en grande partie personnel, basé sur mes propres expériences, ayant pu bénéficier de la connectivité offerte par Internet depuis les années 1980 et le « pré-Web ».
Nous n’avons pas besoin de mécanismes pour exprimer notre gratitude, nous devons en faire une pratique régulière. En mettant de côté nos attentes, nous pouvons profiter pleinement de la joie inattendue de recevoir des remerciements spontanés.
J’ai presque tout appris sur le partage grâce aux photos.

Des milliers de photos en arrière
Mon passe-temps favori est la photographie, purement en tant qu’amateur. Alors que je testais les premiers appareils photo numériques, je suis tombé en 2004 sur un site de partage de photos appelé Flickr. Dès le début, Flickr offrait une fonctionnalité permettant d’attribuer automatiquement une licence Creative Commons à tous les fichiers téléchargés. Ses fonctionnalités de recherche sur l’ensemble du site, de balises, de commentaires et de groupes constituaient tous les éléments fonctionnels de ce qui était alors déjà appelé les « réseaux sociaux ». Je reste actif sur ce site pour de nombreuses raisons.
Quelques années plus tard, j’ai commencé à recevoir des messages privés via Flickr me demandant l’autorisation de réutiliser mes photos pour des magazines, des livres, des affiches, etc. J’ai toujours répondu par l’affirmative, mais j’ai estimé qu’il était de mon devoir d’éducateur d’expliquer que la licence CC BY leur permettait de le faire sans demander d’autorisation.
Un jour, j’ai reçu une réponse : « Oui, je connais les licences CC. Je pensais simplement que vous aimeriez savoir que votre photo avait été utilisée. » Cela a tout changé, non seulement mon habitude d’expliquer les licences ouvertes, mais aussi ma perception du fait qu’adresser un message direct aux créateur·ice·s de contenu était un moyen non seulement de les remercier, mais aussi de leur faire savoir où leurs œuvres avaient été utilisées ailleurs dans le monde.
Inspiré par un appel lancé en 2016 lors d’une Mozilla Maker Party, je me suis lancé dans une expérimentation personnelle de contre-pratique en changeant la licence de toutes mes photos Flickr en CC0 (domaine public). Je fais de la photographie uniquement à titre personnel, pas pour gagner de l’argent. Si quelqu’un peut en tirer profit, je m’en réjouis. Mais surtout, j’étais curieux de voir si cela aurait un impact sur le fait d’être crédité ou les remerciements, alors que ce n’était même pas une condition de cette licence libre. Eh bien non, cela a continué et continue encore aujourd’hui.
Toujours attribuer
La photo que j’ai utilisée pour cet article est ma propre photo. Je n’ai pas besoin d’autorisation pour l’utiliser ! De plus, elle est partagée dans le domaine public sous licence CC0. Encore une fois, les règles stipulent que je ne suis pas tenu de l’attribuer. Pourquoi s’en préoccuper ?
Si je publie quelque chose qui utilise cette photo non attribuée, quel message cela envoie-t-il aux lecteur·ice·s ? Qu’il est acceptable de ne pas attribuer ? De plus, que se passe-t-il si vous tombez sur cette image non attribuée et que vous souhaitez voir d’autres œuvres de la même personne ou des œuvres similaires issues d’une même collection ?
J’ai adopté cette approche consistant à toujours attribuer (Always Be Attributing) car je la considère comme un moyen d’exprimer ma gratitude. J’ai même essayé de lui donner un nom : « thanktribution ».
Ce ne sont là que mes modestes expériences, mais qu’en est-il des recherches sur la gratitude dans les environnements en réseau ? Peut-elle être automatisée ?
Recherches sur la gratitude
Sans prétendre à l’exhaustivité, mes marque-pages Internet contiennent quelques références que j’ai découvertes grâce à mon intérêt pour la gratitude. L’automatisation de la réutilisation peut-elle aider ? Une étude de 2011 sur une communauté en ligne Scratch a révélé que la notification automatisée du remix des œuvres d’autres personnes était beaucoup moins utile que les expressions directes d’appréciation d’une personne à une autre.
J. Nathan Mathias a coécrit plusieurs articles sur les réseaux et les systèmes de gratitude, notamment une étude sur l’effet motivant de la mise en place d’un système de reconnaissance entre les wikipédiens via WikiThanks et WikiLove. Dans Designing Acknowledgment on the Web (Concevoir la reconnaissance sur le web), Mathias exprime ce qui correspond à ma propre expérience :
Un système qui reconnaît la beauté des relations coopératives ne peut pas être fondé sur l’idée impersonnelle de l’hypertexte ou la notion égocentrique de la paternité littéraire. Il ne peut pas s’appuyer sur des licences pour contraindre les gens à se remercier mutuellement. Au contraire, nous avons besoin d’une esthétique de la reconnaissance qui valorise les relations et se réjouit de la joie de travailler avec des personnes qui nous inspirent. La reconnaissance devrait être intrinsèquement passionnante et amusante, un cadeau et une fête plutôt qu’un devoir.
La prolifération des boutons « J’aime » sur les réseaux sociaux (qui apparaissent maintenant dans les e-mails) semble offrir une petite dose d’appréciation facile à accorder, mais pour moi, les « J’aime » sont insignifiants : ils ne peuvent rivaliser avec le pouvoir d’un message de remerciement sincère et personnalisé. Certes, trouver des moyens de contacter directement ses collègues peut prendre beaucoup de temps, et il existe peut-être un juste milieu pour les remerciements et les marques d’appréciation à petite échelle.
Un coup de chapeau en guise de remerciement ?
Dans le cadre de mes fonctions chez Open Education Global, j’ai la chance de participer à l’organisation des Open Education Awards for Excellence, qui ont lieu chaque année. Soumettre une candidature demande un certain effort, et l’idée même de récompense implique des accomplissements majeurs. Et cela n’arrive qu’une fois par an.
J’ai réfléchi avec mes collègues à ce qui pourrait être fait pour continuer à exprimer notre gratitude pour des actions à plus petite échelle. Dans un podcast enregistré avec Bryan Mathers, designer renommé et créateur de la Remixer Machine, il a partagé une réflexion similaire, suite à laquelle nous avons imaginé un moyen de créer et d’envoyer rapidement des messages sous forme de « hat tip » (ou, dans la région d’où est originaire Bryan, « cap doff »). Ce terme a été popularisé par un dessinateur de bandes dessinées au nom ironique, Jimmy Hatlo, pour remercier ses lecteur·rice·s de leurs contributions. Sur Internet, le « hat tip » s’est popularisé parmi les blogueur·euse·s et les programmeur·euse·s, sous la forme abrégée « h/t », pour remercier d’autres auteur·e·s de leurs idées ou réutiliser des fragments de code.
Tout en sachant que le fait de tirer son chapeau est surtout connu dans certaines régions du monde, nous espérons que ce geste de reconnaissance sera largement compris. Comme Bryan le fait souvent, il a rapidement conçu un nouveau modèle pour créer de nouveaux remix de messages de remerciement. Pour en créer un, il suffit de modifier le modèle afin de choisir un autre style de chapeau (il faudrait peut-être plus de variétés), des couleurs et le message texte.

Remixer un « hat tip » prend environ 5 minutes. Je considère cela comme un moyen simple d’exprimer ma gratitude envers mes collègues pour ce qu’ils font régulièrement pour nous. Que ce soit partagé publiquement ou en privé, j’espère que recevoir un message « hat tip » donnera envie à la personne qui le reçoit de faire de même pour quelqu’un d’autre.
Vous pouvez compter sur moi pour en envoyer un à mes éditeur·ice·s ! Je ne peux que rêver que de telles actions se propagent davantage, et vous, en tant que lecteur·ice, pouvez contribuer à ce que cela se réalise.
Sérendipité et effet de l’acte inattendu
Pour moi, l’ouverture du web a généré une vague continue d’actes fortuits de la part de personnes que je n’ai jamais rencontrées. Rien ne peut égaler l’effet de surprise d’un message sincère d’appréciation ou de remerciement. Ainsi, même si on ne peut pas s’y attendre, le fait d’accomplir régulièrement de tels actes envers les autres crée peut-être un réservoir d’énergie positive fortuite.
Je suis depuis longtemps fasciné par les choses incroyables qui se sont produites grâce au fait de partager librement. Tout a commencé avec une photo Flickr d’une fleur orange que j’ai vue chez moi, en Arizona.

En 2009, je faisais une présentation loin de chez moi, à Hobart, en Tasmanie, sur les choses positives inattendues qui pouvaient se produire sur le web. J’ai raconté comment j’avais découvert que si je taguais mes photos Flickr « fleur inconnue », d’autres personnes prenaient l’initiative d’ajouter un commentaire avec une identification. J’ai montré la photo Flickr au public et comment une personne nommée Kirsty avait commenté « Je pense que c’est un renoncule ».
C’est assez incroyable, n’est-ce pas ?
Puis, une main s’est levée au fond de la salle. Une femme s’est levée et a dit : « C’était moi ! »
La salle a explosé de surprise et de joie pour nous tous (et la présentation a été interrompue), mais l’improbabilité même de cet acte m’étonne et m’inspire encore des décennies plus tard.
Même dans le contexte inquiétant actuel, je place beaucoup d’espoir dans les petits gestes d’appréciation, de gratitude et de générosité entre les êtres humains. Ils ne peuvent être garantis ni promis, mais ils compensent largement les sentiments d’ingratitude.
Note : l’IA générative n’a joué aucun rôle dans la rédaction de cet article.
Références
Computers can’t Give Credit: How Automatic Attribution Falls Short in an Online Remixing Community : https://www.microsoft.com/en-us/research/publication/computers-cant-give-credit-how-automatic-attribution-falls-short-in-an-online-remixing-community/
Researching Love and Thanks on Wikipedia: CrowdCamp Hackathon Report : https://civic.mit.edu/blog/natematias/researching-love-and-thanks-on-wikipedia-crowdcamp-hackathon-report
Designing Acknowledgment on the Web : https://civic.mit.edu/blog/natematias/designing-acknowledgment-on-the-web.html
Gratitude and its Dangers in Social Technologies : https://civic.mit.edu/blog/natematias/gratitude-and-its-dangers-in-social-technologies.html
Open Gratitude : https://bccampus.ca/2021/02/10/open-gratitude/
A propos de l’illustration

L’intention artistique originale reste celle de l’illustratrice et peut être différente de l’intention éditoriale de notre remix.
Nous remercions Riccardo Cianfarani pour le partage de son œuvre sur The Greats -Fine Acts sous la licence ouverte CC BY-NC-SA 4.0.

Cet article fait partie de la série « Partager est un défi – Sharing is a challenge ».
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