Libre et communs

Une revue d'actualité de sites qui publient autour du libre et des communs dans l'enseignement supérieur francophone

Innovation Pédagogique

Le dispositif Riposte Créative Pédagogique a été créé pour répondre à un besoin d'agir en coopération ouverte entre acteurs de l'enseignement supérieur face à la crise du COVID. La création du groupe “Hybridation des formations en coopération ouverte” marque une étape importante de transformation de ce dispositif et démontre l'amplification de la coopération ouverte rendue possible par le numérique. Le mode de fonctionnement agile a rendu possible un travail collectif important pour mieux partager des éléments de réponse aux enjeux identifiés.

1. Introduction
Lors du premier confinement, en mars 2020, des espaces ouverts de coopération ont été créés “pour apprendre ensemble de la crise, favoriser les solidarités, mutualiser les initiatives et préparer l'après” dans une logique de communs. Le premier espace Riposte Créative Territoriale a été initié par le CNFPT et a rapidement donné lieu à des initiatives similaires, dont le tiers lieu Riposte Créative Pédagogique qui a recensé et partagé initiatives et ressources ouvertes dans l'enseignement supérieur durant le confinement. Des collectes de récits et des idées pour l'”après la crise” recueillis à partir d'un questionnaire issu des travaux de Bruno Latour (Latour, 2020) ont complété ce dispositif. À l'instar du magazine contributif Innovation Pédagogique, il s'inscrit dans une dynamique de valorisation et de partage des savoirs, de manière transverse aux institutions et aux collectifs professionnels.
L'expérience du premier confinement et la perspective de la crise à long terme ont fait émergé plusieurs constats : (i) la nécessité d'aller au-delà du simple recensement des initiatives, (ii) le besoin d'initier un travail collectif pour mieux aborder les questions d'hybridation en partageant les réflexions (iii) l'intérêt de diffuser les bonnes pratiques autour du partage des ressources ouvertes, (iv) le besoin d'engager un développement professionnel collaboratif. En partant du principe que l'entraide est la modalité la plus efficace pour agir en situation de crise, un groupe ouvert à tous les acteurs de l'enseignement supérieur a été créé en juin 2020 (Gilliot, 2020). Rapidement, il a dépassé la centaine de membres issus de l'ensemble de la francophonie, en regroupant tous les profils de l'enseignement supérieur (enseignants de toutes disciplines, formateurs, chercheurs, ingénieurs et conseillers pédagogiques, documentalistes, informaticiens, cadres ...). La création du groupe “Hybridation des formations en coopération ouverte” marque la transformation du dispositif Riposte Créative Pédagogique et démontre l'amplification de la coopération ouverte rendue possible par le numérique.
Dans la suite de cette contribution, nous explicitons le besoin d'une riposte à la crise dans l'enseignement supérieur pour introduire la coopération ouverte comme mode efficient pour répondre à ce besoin. Nous présentons en quoi le numérique facilite ce mode et en quoi le travail en archipel permet de renforcer cette dynamique de coopération. Nous nous intéressons ensuite au groupe "Hybridation des formations en coopération ouverte” en tant que dispositif exemplaire.

2. Agir en temps de crise : la coopération ouverte
2.1. Après le premier déconfinement : la nécessité d'une riposte
La crise sanitaire et le premier confinement ont soudainement bouleversé les conditions d'enseignement, confrontant les établissements à la nécessité d'organiser dans l'urgence des dispositifs de formation hybride à distance. Un bouleversement des pratiques qui a mis les institutions en état de choc, concentrées sur les évolutions à marche forcée vers l'hybridation. Même si beaucoup d'établissements avaient engagé un développement de plateformes numériques avec des formes d'hybridation, peu avaient engagé une hybridation de masse (souvent réservé à un certain public, avec des enseignants technophiles ou sur un temps défini : maladie, empêchement…). En l'espace de quelques jours, il a fallu développer la massification de la formation à distance pour tous les étudiants et tous les enseignants. Après un premier temps de "débordement", de nombreux personnels, enseignants ou non, ont souhaité se rassembler pour partager des ressources et mutualiser des dispositifs. Cette collaboration reflète déjà un premier niveau de (ré)action rapide en temps de crise.
Le besoin est apparu d'avoir un lieu d'échanges inter-établissement et même plus largement en dehors des visions “établissement”. Riposte Creative Pédagogique y a participé à côté de la multiplication des articles autour de l'hybridation et de la riposte pédagogique (le magazine Innovation pédagogique a relayé plus de 200 articles sur le sujet en un an dans le seul noyau des sites aux contenus réutilisables). La diversité des acteurs de la Riposte en fait un commun riche, qui permet de dépasser la rivalité et le cloisonnement entre établissements. C'est un début de communauté de pratique, (Wenger, 1998) ouverte qui offre un environnement sans pression professionnelle (pas d'enjeux entre les acteurs, pas de stratégie concurrentielle d'établissement) qui favorise l'échange de pratiques entre métiers complémentaires et la réutilisation de ressources.

2.2. Un mode d'action efficient : la coopération ouverte
La coopération ouverte (Sanojca et Briand, 2018 ; Briand, 2019) outillée par le numérique permet de réagir rapidement là où des structures en fonctionnement plus vertical restent concentrées sur leur fonctionnement interne avec une acceptabilité qui découle de la situation de crise vécue. L'expérience de Riposte Creative Territoriale initiée avec la direction innovation du CNFPT a montré l'intérêt d'un partage ouvert pour les collectivités confrontées à une situation de crise. Des pratiques innovantes comme l'écriture ouverte à tous (sur un wiki sans modération à priori), dans une transparence du fonctionnement du collectif (toutes les réunions font l'objet d'une prise de notes collaborative sur un pad retranscrit ensuite en page du wiki) et en partage des contenus (interviews, base de données d'initiatives et de ressources) par une licence Creative Commons ont été adoptées par cette communauté de l'innovation territoriale. Ce changement de posture qui aurait demandé des années dans une situation ordinaire a été adopté en quelques semaines dans cette situation de crise. Et dans le cas du CNFPT il a fait émerger une pratique de formation en cercles apprenants innovante par rapport aux modes de fonctionnement ordinaires très structurés et descendants de cet organisme qui forme un million d'agents des collectivités chaque année.
Riposte Créative Pédagogique a permis quant à lui d'expérimenter une coopération ouverte en agrégeant des initiatives individuelles, en favorisant des échanges. Créé par quelques personnes bénévoles en marge du temps de travail professionnel, Riposte Créative Pédagogique a un impact et une portée modeste. Toutefois le succès de la quinzaine de webinaires organisés sans autre moyen que le site et la diffusion sur les réseaux sociaux rend compte de l'émergence de pratiques rendues possibles par la coopération ouverte en attention aux propositions des uns et des autres. Cette ouverture du champ des possibles se retrouve un an plus tard dans l'émergence de cercles apprenants et de nouveaux champs de coopération comme les Ressources Éducatives Libres ou la prise en compte de la Transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone.

2.3. Le numérique comme facilitateur de la coopération
La démarche des Riposte Créative est construite autour d'un outil libre (yeswiki) facile à mettre en œuvre et à utiliser. Les différents projets en ”Riposte” ont tous démarré par une séquence interactive, où en l'espace de deux heures le site est mis en place, les premières bases de données sont installées. Modifier en direct la barre du menu, ajouter une rubrique, éditer la page d'accueil d'un simple double clic sont de petites expériences irréversibles de coopération qui marquent le groupe. L'outil est ainsi au service du groupe qui peut l'adapter, produire immédiatement des contenus, les cartographier sans être dépendant d'un plan de financement ou d'un temps de développement logiciel. Riposte créative pédagogique s'inscrit ainsi dans la notion d'outil convivial d'Ivan Illich (1973), un outil qui augmente l'efficience du groupe sans impacter l'autonomie individuelle, sans générer ni maître ni esclave et augmente le pouvoir d'agir.
Les Riposte nécessitent néanmoins une animation, comme tout projet coopératif. Elles reposent sur une animation qui est ici duale. A côté de la fonction d'animateur, qui va caler les règles, définir les objectifs, aider le groupe à avancer, à être productif, à grandir en maturité s'ajoute une animation techno-pédagogique autour de l'appropriation de l'outil (Merlet et al., 2021)

2.4. Le travail en archipel pour relier les initiatives
Le fonctionnement en archipel est une autre originalité des projets Riposte Creative. Dans l'esprit de l'idée développée par Édouard Glissant, poète et philosophe proche d'Aimé Césaire, et popularisée en France par l'Archipel “Osons les jours heureux" (Les Jours Heureux, 2017). Les Ripostes Créatives favorisent une interconnexion des initiatives (les identités relations qui relient les identités racines des îlots). Ainsi les différents sites Ripostes sont mentionnés dans le bas de page d'accueil de chacun. Facilité par l'usage d'une base logicielle commune (yeswiki), la structure de la base de données de l'un peut être aspirée par l'autre et rendue opérationnelle en quelques minutes.
Cette idée d'archipel des Ripostes a été développée dans Riposte Creative Territoriale par Patrick Viveret, elle est aussi reprise dans des dynamiques comme celle du collectif des “Chatons” (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) initié par Framasoft, le réseau des formations à la coopération Animacoop, le réseau émergeant des lowtech ou l'espace collaboratif à la mode des Ripostes Créative “Agora des archipels”. Les références citées sont relatées dans des articles descriptifs (Marseault & Briand 2021, Framasoft, 2019), état des lieux actuels de cette réflexion émergente.
Dans cette logique de relations entre îlots de l'archipel des Riposte, le webinaire inaugural de Riposte Créative Pédagogique a accueilli Animacoop pour s'imprégner des valeurs de la coopération ouverte et l'idée de cercle apprenant développée au CNFPT en 2021 est reprise au sein du groupe hybridation en coopération ouverte.

3. Une initiative au sein de l'enseignement supérieur
Après avoir décrit les dimensions principales de l'archipel des ripostes déployé en réponse à la crise, nous nous intéressons plus spécifiquement à l'initiative mise en place pour l'enseignement supérieur, à savoir Riposte Créative Pédagogique, et plus spécifiquement à sa deuxième phase, qui correspond au développement d'un groupe plus large que le noyau initial autour de l'hybridation des formations en coopération ouverte.

3.1. Une organisation informelle co-construite
Le groupe dit “hybridation des formations en coopération ouverte” a donc été initié après le premier confinement, à un moment où nombre de professionnels de l'enseignement supérieur étaient en recherche d'espace de partage et d'échanges ouverts, où dans le même temps l'anticipation pour gérer le prolongement de la crise sanitaire semblait absente des discours officiels. La naissance du groupe, suite à une proposition ouverte (Gilliot, 2020), s'est opérée au travers de deux réunions en ligne réunissant une vingtaine de personnes chacune, qui ont permis de poser les bases du groupe et de s'accorder sur les enjeux de celui-ci.
Le cadre de création proposé est celui de la coopération ouverte, autour des questions de l'hybridation des formations, central pour permettre la résilience de l'enseignement supérieur, et des ressources ouvertes comme moyen d'efficience. L'organisation se veut agile, et vise à permettre de travailler collectivement autour de ces questions. Cette agilité est rendue possible par un a priori de confiance (l'écriture est ouverte à tous) et un fonctionnement par consentement (une initiative est valide dès lors que quelqu'un la porte et que personne n'a d'objection de fond). Une telle organisation s'avère difficile à mettre en place dans le cadre d'un appel à projet ou dans un cadre institutionnel classique, où les attendus sont plus formalisés, et la participation de chacun prédéfinie, et cadrée par son métier.
Le groupe se veut ainsi un lieu d'échanges, de réflexion, mais aussi de montée en compétence collective sur les sujets de l'hybridation en formation, en intégrant les questions de collaboration et de partage de ressources. Il s'apparente ainsi à un environnement capacitant (Fernagu-Oudet, 2018), qui, couplé avec les capabilités mises en place par l'environnement numérique, va permettre aux participants de se saisir des opportunités offertes pour devenir acteurs et ainsi leur permettre de développer leur pouvoir d'agir (Vallerie, B. & Le Bossé, Y. 2006). La mise en place d'actions se fait sur une base d'engagement libre et se focalise sur des premiers webinaires, qui visent à accueillir une expertise, mais surtout à susciter le débat. Une réunion hebdomadaire, à laquelle chacun peut se joindre, permet la prise de contact et de faire avancer l'organisation des actions. Elle permet aussi une libération de la parole et l'échange d'informations, phase qui s'avère importante en temps de crise. Une liste de diffusion permet d'informer les adhérents. Le site innovation pédagogique, permet de diffuser les annonces au-delà du groupe. Le cadre informel facilite également l'articulation avec d'autres initiatives ouvertes, sur des sujets d'intérêt communs. Le choix de partager des webinaires ouverts est ainsi possible, renforçant de facto l'impact de chaque initiative. Au total, le groupe initial s'est enrichi pour accueillir 187 personnes inscrites sur la liste de diffusion.

3.2. Les webinaires témoins d'une demande implicite
De manière à répondre au mieux à la demande d'échanges et de partages de la communauté, des webinaires thématiques ont été rapidement co-organisés. Lors des réunions hebdomadaires des sujets sont proposés. Ils sont affichés sur le wiki du groupe hybridation en coopération ouverte et relayés sur la liste de diffusion avec le ou les nom(s) des personnes à contacter pour participer à la mise en place du webinaire. Une fois le déroulé défini, un formulaire d'inscription est mis en place afin de pouvoir suivre le nombre d'inscrits. Le lien de connexion ainsi que lien vers un outil de prise de notes collaboratives sont envoyés aux participants. Par la suite, les notes et l'enregistrement des webinaires sont déposés sur le wiki.
Cette organisation très agile a permis d'organiser de manière coopérative 18 webinaires entre octobre 2020 et juin 2021. Ces webinaires regroupent généralement entre 50 et 100 participants. Les premiers webinaires visaient à accueillir une expertise, mais surtout à susciter le débat autour de thématiques pédagogiques d'actualité (par exemple : “Motivation et engagement des étudiants : enjeux en contexte de formation hybride” animé par Denis Bédard). Par la suite, les webinaires se sont aussi orientés vers le partage de pratiques et les retours d'expérience (TP hybrides et à distance, jeux sérieux, le tutorat, …).
Ces webinaires et les échanges ont permis un développement professionnel des acteurs de la communauté ainsi qu'une diffusion de bonnes pratiques.

3.3 Ouverture des possibles
Le contexte mis en place, avec son degré informel et l'utilisation d'outils conviviaux permet également de tester facilement des idées. Certaines ne trouvent pas le succès escompté, et peuvent rapidement être abandonnées. Par exemple, un questionnaire a été mis en place au moment des re-confinements, mais n'a été rempli que par moins d'une centaine de participants malgré une diffusion large. D'autres peuvent par contre se prolonger au-delà du périmètre initial. Le webinaire sur les jeux documentaires a ainsi été prolongé par un second webinaire portant sur le test en réel d'un jeu et sur son mode de construction. Le questionnement sur la mise en place de TP hybrides a fait l'objet d'un webinaire, repris par d'autres, mais aussi d'une collecte de ressources. Le webinaire sur “Enseignant, conseiller pédagogique, collaboration ou coopération ?” a donné lieu à la création d'un cercle apprenant.
D'une simple base de ressources d'initiatives et de retours d'expériences, puis d'une collection de webinaires, le projet Riposte évolue maintenant vers un apprentissage entre pairs autour de cercles apprenants.

3.4. Une expérimentation ouverte : les cercles apprenants
Afin de prolonger les échanges provoqués par les webinaires, l'idée de cercle apprenant a été proposée afin de favoriser une plus grande coopération entre pairs. Ces temps de co-formation s'inscrivent dans la lignée des cercles d'apprentissage (Alix, 2021) mis en place par Riposte Créative territoriale (CNFPT). Le premier cercle apprenant mis en place dans le cadre du groupe hybridation en coopération ouverte concerne la thématique de la coopération/collaboration entre enseignant et conseiller pédagogique. En effet, lors du webinaire consacré à ce sujet les thèmes de l'accompagnement des équipes et de l'autonomie des acteurs par rapport à leur institution n'avaient pas été abordés. Il a donc été proposé de les discuter de manière plus coopérative dans un cercle apprenant. Pour chaque rencontre un animateur ou une animatrice se propose avec un déroulé s'appuyant sur une prise de notes collaborative sur un pad.

3.5. Impact au-delà du groupe
Le fonctionnement du groupe décrit dans cette contribution a donné à voir de nouvelles pratiques ouvertes, qui ont été reprises dans d'autres contextes. L'annonce des différents webinaires a été relayée par certaines institutions. Certains établissements (citons l'IFPEK, IMT Atlantique, ENTPE) ont ainsi pris l'habitude d'ouvrir les enregistrements de leurs webinaires, voire dans certains cas la possibilité de participer au-delà de leur établissement.
Dans cette démarche d'ouverture, les activités de la communauté du groupe hybridation ont pu aider des établissements, comme l'IFPEK, dans leur stratégie d'accompagnement du développement professionnel des enseignants/formateurs. Les ressources et initiatives produites ont pu servir d'exemple ou d'illustration à une transformation pédagogique pendant cette période de crise sanitaire. Une transformation pédagogique embryonnaire et souhaitée par la communauté des enseignants/formateurs de l'établissement, mais que le manque d'exemple ou de temps avaient pu freiner. La crise doublée d'un accès facilité aux ressources et aux activités des ripostes ont permis aux formateurs de s'autoriser à lancer cette transformation (“ils l'ont fait, on peut le faire”), tout en restant dans une philosophie de réutilisation et d'ouverture, pour alimenter à leurs tours par leurs initiatives la communauté.

4. Conclusion : un environnement capacitant en évolution
Ainsi que nous l'avons décrit, ce dispositif de coopération ouverte, au-delà d'un périmètre (pré)défini d'établissements, basé sur une organisation agile et des outils conviviaux a rencontré un accueil favorable auprès d'une communauté de près de 200 personnes. Un noyau assez large s'est saisi de ce dispositif en tant qu'environnement capacitant bienveillant, la variété des propositions permettant à différentes personnes de s'impliquer et de trouver leur place. Construit hors hiérarchie, cet espace permet de donner des capacités d'actions qui ont pu être réinvesties dans les institutions. Cette absence de cadrage a également permis de faire émerger des actions selon les intérêts de chacun, qui ont pu être validées, ou non, de manière agile. Cette communauté de pratique a ainsi permis d'aborder de nombreux sujets de manière originale et interprofessionnelle.
Notons que les participants français ont été étonnés de découvrir qu'il existait au Québec des initiatives encourageant la coopération ouverte (les rencontres avec le GRIIP (2020) et la fabrique des REL (2020) ont été riches d'échanges sur le sujet). Il serait intéressant de voir si de telles initiatives pourraient être soutenues de manière encore plus large, au-delà de quelques établissements.
Le fait de pouvoir s'inscrire dans un mouvement plus large au travers des Ripostes et de la logique d'archipels a clairement facilité la création d'un tel groupe. La situation de crise a été un facteur important. La maturité collective a semble-t-il augmenté. Ainsi, la tentative de créer une communauté de contributeurs autour du site Innovation Pédagogique depuis 2014 n'avait pas rencontré un grand succès. Aujourd'hui, avec une approche plus variée, une communauté ouverte se fédère effectivement autour d'un projet plus ciblé, avec des participants prêts à s'investir.
De nouvelles idées d'actions, de sujets continuent à être proposées. À l'heure d'écrire ces lignes, nous notons par exemple que l'annonce d'un groupe similaire sur la transition écologique qui intéresse tous les acteurs fait la proposition d'un espace de coopération ouverte sur ce sujet.

Jean-Marie Gilliot
IMT Atlantique – Lab-STICC (UMR CNRS 6285), Brest, France, jm.gilliot@imt-atlantique.fr
Yann Le Faou
IFPEK – CREAD EA3875 – Université de Rennes, Rennes, France, y.lefaou@ifpek.org
Éric Tanguy
Université de Nantes, Faculté des Sciences et des Techniques, Nantes, France, eric.tanguy@univ-nantes.fr
Michel Briand
IMT Atlantique, Brest, France, Michel.Briand@imt-atlantique.fr

4. Remerciements
Les auteurs de cet article remercient l'ensemble des participants au groupe et aux webinaires.

Références bibliographiques
Alix B. (2021, 10 février) Les cercles d'apprentissage, d'étude ou de pratique Riposte Créative Territoriale https://ripostecreativeterritoriale.xyz/?CercleApprentissage
Briand, M. (2019, 4 juillet) La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées de la conférence QPES 2019. Innovation pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article5331.html
Fabrique, R. E. L. (2020). Ressources éducatives libres (REL).
Fernagu-Oudet, S. (2018). Apprenance et environnement capacitant. Penser la formation aujourd'hui : un nouveau paradigme, 25.
Framasoft (2019, 10 décembre) Archipélisation : comment Framasoft conçoit les relations qu'elle tisse. https://framablog.org/2019/12/10/archipelisation-comment-framasoft-concoit-les-relations-quelle-tisse/
Gilliot, J.M. (2020, 10 juin) Présence hybride ou la rentrée sous le signe de l'hybridation – préparons là ensemble ! repris sur Innovation Pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article7288.html
GRIIP (2020) Groupe d'intervention et d'innovation pédagogique https://pedagogie.uquebec.ca/
Illich, I. (1973). Tools for conviviality.
Latour, B. (2020). Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d'avant-crise (Vol. 30, No. 03, p. 2020). AOC. http://www.bruno-latour.fr/sites/default/files/downloads/P-202-AOC-03-20.pdf
Les Jours Heureux (2017). Archipel « Osons les jours heureux » https://les-jours-heureux.fr/archipel-osons-les-jours-heureux/
Marseault L., & Briand M. (2021, 12 mars) Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault. Coopérations, http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article11428
Merlet, F., Marseault L., & Briand M. (2021, 4 avril) Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative », espace en coopération ouverte. Coopérations, http://www.cooperations.infini.fr/spip.php?article1143
Sanojca E., & Briand M. (2018, 15 mai) La coopération ouverte, un concept en émergence. Innovation pédagogique https://www.innovation-pedagogique.fr/article3428.html
Vallerie, B., & Le Bossé, Y. (2006). Le développement du pouvoir d'agir (empowerment) des personnes et des collectivités : de son expérimentation à son enseignement. Les Sciences de l'éducation-Pour l'Ère nouvelle, 39(3), 87-100.
Wenger, E. (1998). Communities of Practice : Learning, Meaning, and Identity. Cambridge : Cambrige University Press .


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En juin dernier, le projet européen ENCORE+ a lancé une série d'entretiens autour de la question de l'évaluation des connaissances et l'accréditation dans le contexte des Ressources Éducatives Libres.

Capture écran issue de https://encoreproject.eu/

La question va presque de soi : avec de plus en plus de RELs, peut-on imaginer une autre forme d'attestation de connaissances et de compétences que par l'inscription dans des diplômes universitaires ? En particulier, l'idée qui circule beaucoup en ce moment est celle des micro-credentials. Elle est promue par la Commission Européenne selon laquelle (2016) “40% des employeurs européens peinent à trouver des gens avec les compétences qu'ils recherchent pour innover et s'améliorer” et a identifié les micro-credentials comme l'une des solutions possibles.

Le rapport basé sur ces entretiens vient de sortir (en anglais) et est truffé de bonnes idées.

J'avais été interviewé et, comme sur de nombreux autres sujets, ma propre réflexion n'était pas assez mûre. Je pense que c'est aussi parce que, contrairement à d'autres pays, le système universitaire français n'a pas vraiment commencé à réagir face à ces questions : sauf dans de très rares cas, la VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) reste un outil très difficile à mettre en fonctionnement.

Pour lire le rapport : https://encoreproject.eu/wp-content/uploads/2022/09/ENCORE-D5-4_approved-by-team-2.pdf.

Teaser : j'ai traduit à la volée quelques éléments des conclusions.

Moreover we have seen that OERs and credentials are strongly contrasting in
many respects.
● OERs are published to the world ; credentials are issued to an individual.
● OERs can be reused anonymously many times in different places ; credentials depend on
a single act of assessment by a named person or institution.
● OERs gain credibility by use or authorship ; credentials depend on validation by an
institution.
● The publishing of OERs has a marginal cost of zero ; the marginal cost of assessment for
credentials is non-zero
.

(Griffiths, D., Burgos, D., Aceto, S., Credentialing learning in the European OER Ecosystem,
ENCORE+ deliverable 5.4. Available at https://encoreproject.eu)

De plus, nous avons vu que les RELs et les accréditations sont fortement contrastées dans bien des égards.
● Les RELs sont publiées dans le monde entier ; les accréditations sont délivrées à une personne.
● Les RELs peuvent être réutilisées anonymement plusieurs fois à différents endroits ; les accréditations dépendent d'un seul acte d'évaluation par une personne nominative ou une institution.
● Les RELs gagnent en crédibilité par leur utilisation ou leur paternité ; les accréditations dépendent de la validation par une institution.
● La publication des RELs a un coût marginal nul ; le coût marginal de l'évaluation pour les accréditations sont non nulles.
Licence Creative Commons

Sauf indication contraire, l'ensemble des contenus de ce site https://chaireunescorelia.univ-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.


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Un article repris du site de la chaire Unesco Ressource éducatives libres et intelligence artificielle REL-IA, une publication sous licence CC by

Nouvelle rubrique ! Nos projets autour des questions de l'IA pour l'éducation et/ou des Ressources Éducatives Libres nous conduisent à lire beaucoup. Et si certaines de ces lectures concernent des articles plus techniques, d'autres interpellent, interrogent. Nous allons essayer de partager ces interrogations avec vous.



Communiquer avec les baleines

Un rêve de nombre de chercheur·euses en informatique est d'utiliser les technologies auxquelles ils/elles ont accès pour comprendre les animaux. Ainsi, des bandes-son d'oiseaux, de baleines existent et l'on sait par exemple que les mêmes espèces de mésanges ne piaillent pas de la même façon selon le milieu dans lequel elles vivent. Il est donc possible de déterminer le milieu de vie d'une mésange, grâce à l'analyse de son chant !

Image par Brigitte Werner de Pixabay

On sait également que les baleines sont capables de communiquer à des centaines de kilomètres de distance les unes des autres. Dans un article récent (en anglais), les journalistes de l'Observer (Royaume-Uni) nous présentent le projet CETI dans lequel de nombreux chercheurs sont réunis pour tenter non seulement de comprendre le langage “baleine/cachalot”, mais de l'utiliser pour communiquer avec ces animaux.



Tricher avec l'IA

Avec l'IA qui arrive à l'école se pose la question des examens et surtout de la tricherie par IA. Si, à ce stade, nous n'avons pas encore trouvé d'articles sur le sujet (mais si un.e lecteur.rice a ça, on prend !), il y a un domaine pas si éloigné de l'éducation dans lequel l'IA et la tricherie font déjà -hélas- bon ménage : les échecs, un domaine particulier dans lequel l'IA est meilleure que l'humain. Un humain qui s'appuierait sur l'IA serait donc avantagé. Logiquement, il pourrait même battre le champion du monde Magnus Carlsen.

Pendant la pandémie, les joueurs d'échecs ont été amenés à disputer leurs tournois en ligne et le nombre d'éliminations pour tricherie présumée a été assez considérable. Cela a entraîné des analyses de la part de la FIDE (Fédération Internationale Des Échecs). Récemment, lors d'un tournoi tenu à New York, Magnus Carlsen est parti furieux car battu par un joueur de niveau supposé inférieur. On pourrait penser à un coup de chance, sauf que justement, aux échecs, la chance ne joue qu'un rôle modeste. Le champion du monde a accusé à demi-mot son adversaire d'avoir triché et d'avoir utilisé une IA pour le battre. Depuis, la polémique enfle.

Image par Steve Buissinne de Pixabay

Un premier sujet d'intérêt ici est : sur quoi Carlsen se base-t-il pour penser qu'il y a eu tricherie ? A-t-il vu son adversaire consulter son ordinateur ou son téléphone portable ? Non. Il se base sur le fait que les coups joués par son adversaire ne sont pas “humains”. Il a aussi pu vérifier ou faire vérifier si ces coups sont ceux que le logiciel utilisé par les champions (pour s'entraîner) recommande. Et (rappelons que le logiciel est plus fort que le champion du monde… depuis 1997) si son adversaire joue plusieurs coups qui surprennent le champion du monde, celui-ci est en droit de se poser des questions.

Dans le domaine éducatif, c'est une réaction assez classique des enseignant.es quand ils/elles corrigent une copie non anonyme : on s'attend à un niveau et quand l'élève/étudiant.e est bien meilleur.e qu'il/elle ne l'est habituellement, il y a “surprise”.

C'est une différence notable avec ce qu'on a vu essayé (et vendu par des entreprises) pour détecter la tricherie lors d'examens en ligne : des eye trackers permettent de suivre le mouvement des yeux pendant un examen et sont supposés permettre à un humain ou à un logiciel de voir s'il y a tricherie. Un peu comme l'enseignant.e qui, dans la classe, voit que les yeux de l'élève sont sur la copie de son/sa voisin.e.

Mais comme le tournoi de New York avait lieu “en présentiel”, la seconde question qui se pose est : comment l'adversaire de Carlsen a-t-il fait pour avoir accès aux coups recommandés par le logiciel ? La solution imaginée et rapportée dans cet article de Slate fera sourire (attention, moins de 18 ans s'abstenir), sauf qu'on est en droit de se demander si ce genre de solutions n'est pas appelé à se développer. Et alors, difficile d'imaginer détecter un mouvement des yeux !



Erica rit

Il y a quelques années, au Japon, j'ai eu la chance de rencontre Erica. Je rendais visite aux chercheurs de l'équipe du Professeur Inoue, qui est un des meilleurs spécialistes des robots humanoïdes. Cette équipe travaillait à l'époque sur un robot “personnel d'accueil” : Erica devait répondre aux questions du public et il était essentiel qu'elle “fasse humain”. Les chercheurs avaient à ce moment-là comme objectif de lui faire avoir des tics : clignements des yeux, haussement imperceptible -ou plutôt, justement, à peine perceptible- d'une épaule, mouvement inutile du menton…

La tâche était dans la droite ligne de la définition classique de l'intelligence artificielle : celle qui dit qu'il s'agit de savoir simuler l'intelligence humaine.

Dans cette courte vidéo, on voit Erica converser… et cligner les yeux.

Visiblement, ces mêmes chercheurs ont beaucoup progressé. Leur but, maintenant, est de faire rire un robot. Il s'agit de cataloguer les rires possibles et de faire apprendre par le robot humanoïde dans quel cas le rire est déclenché.

Cette recherche n'est pas anecdotique : un robot humanoïde cesse d'être perçu comme un robot. Lors de ma visite à Kyoto, j'ai cessé de voir Erica comme un robot et quand je suis parti, j'ai bien entendu dit au revoir à toute l'équipe. Et à Erica.

Quelques articles :



Robot PDG

En Chine, une femme robot nommée Tang Yu est dorénavant PDG d'une filiale de l'entreprise Netdragon Websoft. Comme nous pouvons le lire dans cet article, Tang Yu apparaît à l'écran sous une forme humaine et peut s'exprimer (virtuellement), grâce à un système d'IA.
Au travers de ce projet, initié en 2017, l'entreprise vise à montrer son savoir-faire technologique et l'utilité que peut avoir l'IA, par exemple dans les entreprises.

À l'heure où nous travaillons, dans le cadre de nos projets, sur les questions éthiques de l'IA et en particulier sur son rôle dans l'éducation, cette information nous interpelle : il ne s'agit plus d'une IA qui accompagne le décideur mais bien une IA qui pilote, qui est “aux commandes”. Nous reviendrons sur cette question bientôt, en particulier en regardant le rôle de l'IA en démocratie et la possibilité (voulue par certains) de voir l'IA prendre un rôle politique.

Le communiqué officiel de l'entreprise, concernant cette nomination, est consultable ici.

Netdragonir, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

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Wiki-TEDia, la Banque de stratégies de formation par TÉLUQ

Description Wiki-TEDia fait partie des projets éducatifs menés à la TÉLUQ, l'université à distance du réseau de l'Université du Québec. Ce projet a été conçu et mis en place en 2014 par la professeure Béatrice Pudelko, qui assure sa direction scientifique et son administration.
Wiki-TEDia est un site collaboratif, évolutif et ouvert consacré à l'approche cognitive de la formation et de l'apprentissage :
  • collaboratif, car il bénéficie des contributions des étudiants des programmes en éducation de la Téluq, au moyen de l'écriture collaborative avec un wiki.
  • évolutif, car son contenu et sa structure sont progressivement enrichis et révisés, selon l'évolution du domaine des connaissances et des projets éducatifs auquel il participe ;
  • ouvert, car tout un chacun peut utiliser pour s'informer sur l'approche cognitive des stratégies de formation réunies dans la Banque de stratégies de formation. De plus, tout étudiant et employé de l'Université TÉLUQ peut y contribuer selon ses connaissances.

Le contenu de la Banque de stratégies de formation a été construit principalement grâce aux contributions des étudiantes et des étudiantes de la TÉLUQ.
L'idée directrice de la Banque de stratégies de formation de Wiki-TEDia est de favoriser le cumul, le partage et la révision continue des connaissances sur les stratégies de formation.
La Banque de cas d'utilisation des stratégies de formation intitulé Wiki-TEDia+ a pour but d'enrichir la Banque des stratégies par une composante de partage de pratiques de design pédagogique.

Le projet Wiki-TEDia vise la production d'un contenu de qualité mais c'est aussi un espace dédié à l'apprentissage. En contribuant, les étudiants et les étudiantes acceptent de soumettre leurs productions au regard externe et à la critique publique. Ils et elles méritent non seulement le respect, mais aussi un guidage bienveillant et constructif qui les aidera à progresser dans leurs apprentissages.

Écrire est une activité intellectuelle exigeante. L'écriture est un outil dont la maîtrise dépend essentiellement de ce qu'on a eu l'occasion de « faire avec ». C'est dans ce sens que l'on peut considérer, en suivant Lev Vygotski (1930-1985), que l'écriture constitue un « instrument psychologique », soit un outil qui permet de réguler et de contrôler l'activité psychique mobilisée dans une situation particulière (Pudelko et Legros, 2000). L'écriture est aussi un outil culturel : on écrit à la fois pour soi, pour les autres, mais aussi avec (ou contre) les autres… en utilisant les conventions, les normes, les indices qui paraissent pertinents dans une situation (Vygotski, 1934/1985 ; Wertsch, 1985).
Écrire est une compétence complexe qui peut être développée par la pratique délibérée. L'intention de Wiki-TEDia est de constituer un espace de pratique délibérée capable d'accueillir l'expression des questionnements et des errements qui l'accompagnent. C'est un espace où tous devraient avoir du plaisir à écrire et, ce faisant, de progresser dans leurs apprentissages (Scardamalia et Bereiter, 2010).
Le contenu de Wiki-TEDia est disponible sous la licence Creative Commons CC- BY SA

un texte repris de la page de présentation

Auteur de la fiche Michel Briand

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title="wikitedia.JPG">
wikitedia.JPG

Public visé
  • Enseignant
  • Ingénieur ou Conseiller pédagogique
  • Formateur
  • Responsable de formation
Thématique
  • S'organiser
  • Concevoir son cours
  • Hybridation des formations
  • Co-production, apprendre ensemble
Mot Clef
  • Ressources pédagogiques
  • Ingénierie pédagogique
  • Enseigner à distance
  • Formation des adultes
  • Réutilisation-savoirs ouverts
Type Support
  • Portail d'entrée à un ensemble de ressources
  • Outil méthodologique

et / ou

Auteur de la ressource TELIQ
Type d'auteur
  • Institutionnel
  • Groupe
Quel partage ? Quelle licence ? Creative Commons
Adresse 455 Rue du Parvis, Québec

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La participation de l'industrie informatique à l'empreinte écologique des humains (CO2, terres rares, biodiversité, eau...) est aujourd'hui mesurée, même si ces mesures peinent à être précises. L'empreinte du numérique se répartit d'une part entre la fabrication, l'utilisation et le recyclage, et d'autre part entre les terminaux, les serveurs et le réseau. Des controverses existent sur la prédominance de chacun de ces postes, mais un consensus se dégage sur la nécessité de considérer la croissance exponentielle du numérique comme problématique.

Le numérique se pose en un double cas limite :

  • Il est d'emblée dans le champ du high-tech ; il n'y a pas de d'informatique low-tech.
  • Il revêt un caractère holistique ; toutes les autres technologies humaines dépendent aujourd'hui du numérique.

On ne peut donc pas envisager d'informatique low-tech et on peut difficilement imaginer un monde sans numérique. En revanche on peut envisager d'agir sur l'informatique que l'on privilégie : de plus en plus puissante et génératrice de nouveaux besoins, ou au contraire plus modeste et moins invasive.

Un articlede Stéphane Crozat repris de son site en prolongement du webinaire de Riposte Créative Pédagogique " Librecours et numérique lowtech ", une publication sous licence CC by sa.

Définition de la low-technicisation (invention, innovation, convivialité, soutenabilité, problématique)

Low-technicisation

La low-technicisation est un processus consistant à rediriger l'invention et l'innovation pour négocier le spectre fonctionnel et la complexité technique des objets afin de créer des outils plus soutenables et plus conviviaux.

Low-technicisation et numérique

  • La low-technicisation du numérique : re-concevoir les applications informatiques elles-mêmes afin de produire des outils informatiques plus soutenables et plus conviviaux.
  • La low-technicisation par le numérique : re-concevoir des applications informatiques en vue d'accompagner la production d'objets ou de services (numériques ou non) plus soutenables et plus conviviaux.

Section réalisée à partir de la présentation de Hugues Choplin, « Un ingénieur low-tech est-il possible ? (lownum.fr, 2022) ; les variations n'engagent que moi.

Questionner la création technique high-tech

"« Penser l'écologie, c'est (...) nécessairement penser la technique »"

(D. Bourg et A. Fragnière, 2014)

On propose de définir ainsi le processus de création moderne (high-tech) :

  • il repose sur les notions d'invention et d'innovation
  • il repose sur les idées (voir les idéaux) de progrès et de croissance

Définition : Invention

L'invention

  • a pour objet la production de nouveaux possibles techniques par la maîtrise des phénomènes naturels,
  • elle est associée à l'idée de progrès
  • elle tend à une domination de la nature par l'humain via la technique.

Nouvelles prises des humains sur la nature via la technique

On peut définir formellement via le droit une invention comme quelque chose qui peut-être protégé par un brevet.

  • "« être une solution technique à un problème technique »"
  • "« comporter un caractère novateur »"
  • "« impliquer une activité inventive »"
  • "« être susceptible d'application industrielle. »"

https://www.economie.gouv.fr/entreprises/depot-brevet-inpi

Définition : Progrès

"« Ce mot, qui signifie "marche en avant", désigne de façon toute spéciale, dans le langage philosophique, la marche du genre humain vers la perfection, vers son bonheur. (…) L'humanité est perfectible et elle va incessamment du moins bien au mieux, de l'ignorance à la science, de la barbarie à la civilisation. »"

Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle (1866-1876)

  • Héritage des lumières et du positivisme d'Auguste Comte
  • Association, voire assimilation
    • du bonheur et du progrès,
    • et du progrès et de la science.

Définition : Innovation

L'innovation

  • a pour objet la production de nouveaux modes de vie par le développement de l'usage d'objets techniques,
  • elle est associée à l'idée de croissance,
  • elle tend à une aliénation de l'humain par la technique.

Nouvelles prises des humains sur la humains via la technique

  • Ingénierie : exploitation de nouvelles idées (donc des inventions) pour en faire des biens et des services commercialisables
  • Philosophie : élan vital (Bergson) ; volonté de puissance (Nietzsche)
  • Économie : figure de l'entrepreneur (Schumpeter)

Définition : Croissance

"« La croissance économique désigne la variation positive de la production de biens et de services dans une économie sur une période donnée, généralement une longue période. En pratique, l'indicateur le plus utilisé pour la mesurer est le produit intérieur brut (PIB). »"

Wikipédia

  • Associé à la croyance que l'augmentation de la consommation d'objets est un indicateur de bonheur.

Définitions de la low-tech : négocier les fonctions et la complexité de la technique

Aliénation de l'homme et domination de la nature

Deux critiques à la fois solidaires et (presque) contradictoires.

  • critique de la technique comme instrument de domination par l'homme de la nature (M. Heidegger, 1953)
  • critique de la technique comme système autonome aliénant l'homme (J. Ellul, 1989)
  • Lutter contre ces deux tendances
  • redonner du pouvoir aux humains sur la technique
  • rendre les objets plus durables donc redonner de l'importance à la nature sur la technique et sur les humains

Définition : low-tech (Low-tech Lab)

  • 1 durables
  • 2 utiles
  • 3 accessibles

(cf. Low-tech Lab)

"« les low-techs ont comme caractéristique d'être appropriables à l'échelle locale et individuelle [« accessibles »], d'être sobres en ressources et en énergie [« durables »] (...), accompagnant une réforme plus large des modes de vie [« utiles »]. »"

"« une voiture high-tech écologique (...) serait électrique, avec batteries rechargeables, reliée à une centrale nucléaire pour permettre aux populations aisées d'aller en week-end à Deauville ; une voiture low-tech serait de son côté bridée à 90 km/h, composée d'éléments facilement réparables et remplaçables, consommant le minimum possible, pour cela d'un poids réduit (...), en système d'auto-partage convivial (...) dans un monde où les flux et les mobilités seraient réduits. »"

(C. Abrassart et al., 2020)

Risques de la pensée low-tech

1. défendre un anthropocentrisme naïf : peut-on être à la fois écologiste (non anthropocentré) et humaniste ?

2. promouvoir une Nature sacrée (cf. le mythe de la « nature sauvage », W. Cronon, 1995)

Exigences de la pensée low-tech

1. ni instrument neutre, ni système autonome inhumain : penser le mélange homme/technique (B. Latour, 1990)

2. accepter la pensée complexe

État de l'Art

Cf Ademe (TODO)
Terminologies alternatives proposées

  • Basse-technologie
  • Technologies modestes

Rediriger les processus d'invention et d'innovation vers la soutenabilité et la convivialité

  • Redonner du pouvoir aux humains et de la place à la nature.
  • favoriser des innovations et inventions qui servent la redirection écologique.

Définition : Redirection écologique
Monnin)

"« La redirection écologique est un cadre, à la fois conceptuel et opérationnel, destiné à faire tenir les organisations publiques et privées, ainsi que les infrastructures et instruments de gestion qui les soutiennent dans les limites planétaires. Il s'inspire du concept de « redirection » de Tony Fry, chercheur et designer australien. La redirection a pour ambition de clarifier l'adresse stratégique, les prises techniques et méthodologiques ainsi que les processus politiques et démocratiques permettant de mettre en place une transformation écologique de nos modes de subsistance. »"

https://www.horizonspublics.fr/environnement/quest-ce-que-la-redirection-ecologique

Définition : Soutenabilité

  • hypothèse qu'il y a un problème (non soutenabilité)
  • ensemble des critères environnementaux permettant de l'évaluer (cf TBC / GIEC / Ademe)

Pour l'air, on retient cinq indicateurs :

  • contribution à l'effet de serre ;
  • acidification de l'air ;
  • formation d'ozone troposphérique ;
  • appauvrissement de la couche d'ozone ;
  • particules et effets respiratoires des substances inorganiques.

Pour l'eau, on en retient quatre :

  • eutrophisation des eaux douces ;
  • écotoxicité aquatique ;
  • eutrophisation des eaux marines ;
  • consommation d'eau (indicateur de flux).

Pour les ressources des sols et la santé humaine, on utilise les quatre indicateurs suivants :

  • consommation d'énergie primaire (indicateur de flux) ;
  • épuisement des ressources non renouvelables ;
  • toxicité humaine ;
  • occupation des sols.

https://expertises.ademe.fr/economie-circulaire/consommer-autrement/elements-contexte/impacts-environnementaux

Définition : Convivialité

"« Une société conviviale est une société qui donne à l'homme la possibilité d'exercer l'action la plus autonome et la plus créative, à l'aide d'outils moins contrôlables par autrui. »"

"« L'outil est convivial dans la mesure où chacun peut l'utiliser, sans difficulté, aussi souvent ou aussi rarement qu'il le désire, à des fins qu'il détermine lui-même. »"

"« L'outil juste répond à trois exigences : il est générateur d'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle, il ne suscite ni esclaves ni maîtres, il élargit le rayon d'action personnel. »"

"« Une société équipée du roulement à billes et qui irait au rythme de l'homme serait incomparablement plus efficace que toutes les sociétés rugueuses du passé, et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent »".

(Illich, 1973)

Pari de la redirection du rapport à l'invention et à l'innovation

  • produire des objets plus durables...
  • remettre en cause les modes de vie mal soutenables...

Exemple de mode de pensée moderne auxquels la low-technicisation s'oppose
Tensions

"« “Si mon produit est acheté, c'est qu'il est utile et qu'il a donc le droit d'exister” »"

"« Ici, l'argument qui nous a été opposé est donc le suivant : en tant qu'entrepreneur, je réponds à un besoin. La preuve, mon produit est acheté par des clients donc cela suffit à valider son existence. »"

https://www.sinonvirgule.fr

  • L'innovation n'est pas uniquement un processus économique, mais est soumise à des orientations politiques (collectives).

Tensions

Tension transition versus redirection

  • La low-technicisation reste pleinement installée dans le champ du technique...
  • et elle travaille avec les mêmes concepts d'innovation et d'invention.

Tension augmentation versus réduction pouvoir humain

  • La low-technicisation vise à redonner du pouvoir à l'humain (sur la technique)...
  • et à lui retirer du pouvoir (sur la nature).

Problématique et hypothèses

Est-il possible d'articuler des approches orientées low-technicisation avec les métiers de l'ingénierie ?

Complément
On prendra ici une définition large de l'ingénieur comme toute personne dont le métier est de concevoir et/ou réaliser des objets et services :

  • L'ingénieur est en prise avec la technique.
  • L'ingénieur est en prise avec l'industrie
  • C'est une activité professionnelle.

Hypothèses

1 Complémentarité high-tech et low-technicisation :
on ne devrait pas miser exclusivement sur les high-tech pour résoudre les problèmes environnementaux.

2 Réflexivité sur la technique :

    • L'humain est un être technique, les techniques agissent sur lui ;
    • l'humain peut agir sur la direction technique, des choix individuels et collectifs sont possibles.

Hypothèse de complémentarité

1 L'ingénieur contemporain est « orienté high-tech » ; une approche de low-technicisation est complémentaire (et nécessaire pour équilibrer la balance).

2 Les démarches d'ingénierie soutenable dominantes sont plutôt orientées quantification et optimisation, surtout a posteriori (ex : ACV), une approche de low-technicisation sera orientée évaluation qualitative et a priori ; il y a à nouveau complémentarité.

Complémentaire est ici à entendre au sens de :

  • les approches traditionnelles et la low-technicisation s'ajoutent pour forger un ingénieur plus polyvalent dans ses approches, un ingénieur qui compose ;
  • et/ou les approches se confrontent pour forger un ingénieur capable de se positionner sur différentes trajectoires socio-techniques, un ingénieur qui choisit.

Hypothèse de réflexivité

L'ingénieur doit intégrer une dimension réflexive sur la technique (techno-logique au sens de Costech) pour gérer cette complémentarité/confrontation et s'inscrire dans la co-constitutivité humain-technique (cf thèse TAC).

Cette posture s'oppose à deux déterminismes :

1 Déterminisme humain (la technique est neutre, donc penser la question technique n'est pas essentiel)

    • Déterminisme de l'ingénierie : Celui qui construit les objets décide (l'ingénieur démiurge fabrique le monde technique selon sa volonté).
    • Déterminisme du social : Le politique et/ou le socio-économique (les utilisateurs, la demande, le besoin...) décide (l'ingénieur n'est qu'un rouage esclave de ces décisions).

2 Déterminisme technique : l'évolution technique est autonome (donc on ne peut rien faire).


Référence
Illich Ivan. 1973. La Convivialité. Seuil.

Notes
- La thèse TAC ou « l'école de Compiègne »

Statut : En cours de rédaction

  • Dernière mise à jour : 5 avril 2022
  • Première publication : 6 décembre 2021

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la chaire Unesco REL -IA

Le lundi 16 janvier a eu lieu le créathon Éducation Ouverte, organisé par le Centre de Développement Pédagogique de Nantes Université.

L’objectif ? Réunir les volontaires et convaincu.es sur le sujet, au sein de Nantes Université, et faire émerger des actions à engager dans le cadre de la feuille de route stratégique de l’établissement, validée en novembre 2022.

Nous étions ainsi une quarantaine de participant.es, réuni.es pour la journée à L’École Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes.

La Chaire UNESCO RELIA a participé aux échanges et réflexions autour de 5 axes liés à l’Éducation Ouverte :

  • les communautés de pratiques ;
  • les espaces ouverts ;
  • les parcours individualisés et modulables ;
  • les Ressources Éducatives Libres ;
  • la vie du projet.

Bastien Masse

Cette journée a été très intéressante et a mis au jour des actions très concrètes afin de contribuer au rayonnement de l’Éducation Ouverte au sein de Nantes Université, mais également à l’extérieur.

En effet, la thématique des espaces ouverts a donné lieu à des pistes telles que l’accessibilité de lieux au grand public, la ré-invention des lieux existants, l’optimisation des espaces extérieurs en imaginant des cours se tenant par exemple en plein air.

Quant aux RELs, des actions telles que la sensibilisation, la formation et l’aspect organisationnel ont été évoquées : quel modèle humain pour accompagner et former ? quel modèle économique afin de valoriser les personnes contributrices ? quelle plateforme pour publier les RELs ?
La notion d’accessibilité est en effet essentielle pour permettre le partage et la réutilisation des ressources.

Nous pourrions écrire longuement sur les actions et initiatives nées de ce créathon. Nous vous partagerons prochainement les transcriptions de cette journée, afin d’en savoir un peu plus sur le déploiement futur de l’Éducation Ouverte à Nantes Université.

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Une nouvelle année a pointé le bout de son nez et nous vous souhaitons nos meilleurs vœux pour 2023. Avant de repartir sur une nouvelle année riche en projets, nous avons pris un peu de temps et de recul également afin de partager avec vous un récapitulatif de nos actions qui ont ponctué 2022.

C’est parti !

À l’international, d’abord

  • Le gros morceau international de l’année a été sans conteste l’organisation d’Open Education Global Conference 2022, la conférence mondiale sur l’Open Education. Ce temps fort a réuni des centaines de personnes à Nantes et a permis aussi à notre Université de mieux se positionner vis-à-vis de cette thématique.
    Nous avons aussi, pendant OEG, lancé notre application MultilingOEG au sein de la Chaire (vous pouvez retrouver les articles ci-après pour en savoir plus : annonce ; explications ; récapitulatif suite OEG).
  • Nous avons continué à travailler avec nos ami.es à l’étranger, par exemple avec :
    • Wayne Holmes, à UCL et IRCAI, sur les questions d’IA pour l’éducation ;
    • John Shawe-Taylor, Davor Orlic, Mitja Jermol, Mijahela Crnko, Marko Grobelnik et tous les acteurs et actrices engagé.es dans IRCAI ;
    • nos partenaires en Italie, Irlande, Slovénie et au Luxembourg engagé.es avec nous dans le projet AI4T ;
    • l’ensemble des chaires UNESCO en éducation ouverte et sur les ressources éducatives libres avec lesquelles nous préparons un réseau UNITWIN ;
    • l’UNESCO et nos interlocuteur.rices avec, en premier lieu, Zeynep Varoglu ;
    • de nombreux acteur.rices de l’éducation ouverte un peu partout tels que Barbara Class à Genève, Khalid Berrada à Rabat, etc.

En Europe, pour continuer

L’Europe, c’est aussi l’international, bien entendu, mais c’est également un ensemble de partenaires privilégié.es. Les projets européens, qu’ils soient Erasmus+ ou Horizon, nous permettent également de travailler en partenariat fort avec les gens.

  • Le projet AI4T prend sa vitesse de croisière maintenant. Ce projet vise à former les enseignant.es à l’Intelligence Artificielle, dans 5 pays différents. Au sein de ce projet, nous avons un rôle important au niveau du déploiement sur le terrain en France, en liaison avec Class’Code : ce sont plusieurs centaines d’enseignant.es que nous allons former en 2023.
    Nous travaillons également sur l’écriture du “textbook” ouvert. Comme son nom ne l’indique pas, ce textbook, piloté depuis la Chaire, sera ouvert mais après une phase de test… Écrire sur l’IA et l’éducation est compliqué !
    Le projet s’est réuni en Slovénie avec les partenaires et doit attaquer en 2023 sa 3ème année avec des objectifs encore plus ambitieux.
  • Le projet EUniWell est l’Université Européenne pour le Bien-Être : nous y avons animé tout un axe en faveur des RELs et avons fêté, en avril, la première année de la déclaration EUniWell sur l’éducation ouverte. Le travail continue avec bientôt le lancement d’un blog multilingue sur ces questions !
  • Nous avons également collaboré avec le projet Encore+, en juin : cela nous a conduits à travailler sur la question de l’accréditation/évaluation. Autrement dit, avec un paysage de la formation en mouvement, sur la manière d’évaluer les connaissances et les compétences. Cela a mené à l’écriture d’un rapport liant les micro-credentials et les Ressources Éducatives Libres.

Nous sommes d’ores et déjà sollicités pour rejoindre de nouveaux projets européens, dont nous vous parlerons prochainement.

En France

  • En 2012 était créée la Société Informatique de France (SIF). En 2022, les 10 ans ont donc été fêtés comme il se doit, en particulier avec l’écriture d’un historique de la SIF.
  • Nantes Université rejoint officiellement l’association Class’Code et son conseil collégial. Rappelons que Class’Code est un acteur majeur de la formation des enseignant.es.
  • Le travail sur le multilinguisme rejoint d’autres axes : être ouvert, c’est faire tomber des barrières, et c’est pour cela que nous avons travaillé cette année sur les enjeux liés à l’accessibilité et la représentation des femmes dans les filières et domaines scientifiques/techniques.
  • Dans le cadre du Groupe Thématique numérique (GTnum) #IA_EO, nous avons organisé et participé à plusieurs événements, et avons poursuivi les projets en cours. Par ailleurs, nous avons entre autres renforcé notre collaboration avec le Rectorat de Nantes, grâce à l’implication de nos partenaires de la Délégation régionale académique au numérique éducatif de Nantes.
    Ce GTnum se clôturera en mars 2023. À cette occasion, nous organisons une journée thématique le 26 janvier, ouverte à toutes et tous, lors de laquelle seront mis en lumière les projets, actions en cours et à venir autour de l’Éducation Ouverte et de l’Intelligence Artificielle. [Plus d’informations ici.]
  • Les projets Florilège et CLARA ont été lancés.
    Florilège a pour objectif de fournir des éléments techniques (plateforme web) permettant de monter des RELathons. Un RELathon est une sorte de fête des RELs : les gens se rencontrent (en vrai ou à distance) pour annoter ensemble des RELs. L’objectif est de combler le manque de RELs francophones, d’en identifier de nouvelles et surtout de leur associer des métadonnées si précieuses pour leur circulation. En 2022, nous avons organisé un premier RELathon, afin de tester la formule. Bientôt, nous en organiserons d’autres, et si déjà, vous êtes intéressé.e pour en organiser un, faites-nous signe !
    CLARA, quant à lui, est un projet soutenu par le Labex CominLabs, qui a pour but de permettre la création de nouvelles RELs à partir d’existantes, en suggérant aux enseignant.es des ressources pertinentes pour leurs plans de cours.
  • L’organisation de workshops dédiés aux RELs au sein de Nantes Université, afin de réfléchir aux moyens de déployer les RELs dans l’établissement et à l’extérieur.
  • L’inscription de la Chaire UNESCO RELIA au cœur de la démarche “Open” de Nantes Université, en participant à la feuille de route “Éducation Ouverte – stratégie 2027” adoptée en novembre 2022.

Du côté de l’équipe…

  • L’équipe a connu du mouvement : l’arrivée de Victor en tant qu’ingénieur, en complément de son contrat de doctorant ; l’arrivée de Jotsna sur nos projets européens ; l’accueil de Julien, Mamadou et Maxime en stage lors de la conférence OEG 2022.
  • En septembre, nous avons déménagé pour rejoindre la Halle 6 Ouest et être rattachés à la Présidence de Nantes Université.

Où sommes-nous intervenus ?

Quelques-unes de nos interventions en 2022 :

Janvier

Février

Mars

Avril

Juillet

Septembre

Décembre

Et côté communication

  • Un nouveau format d’articles vous a été proposé : les REL·AI du Web.
  • En 2022, nous avons publié 51 articles sur le blog. Au total sur l’année, nous comptons 32 904 lectures, soit une augmentation de près de 17% par rapport à 2021 !
  • Enfin, du côté de Twitter, 385 personnes nous suivent.

Vous ne nous connaissiez pas en 2021 ? Vous pouvez retrouver notre précédent bilan ici.

Licence Creative Commons

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Suite au workshop du 25 octobre dernier, nous avons réuni les participant.es afin d’échanger et de nourrir la suite des réflexions menées précédemment en lien avec la formation aux RELs. 

Présent.es : 

Arnaud Guével, Colin de la Higuera, Bastien Masse, Raynald Séveno, Isaac Theurkauff, Andréane Roques, Julie Arsandaux, Elise Nelson, Sandrine Gelly Guichoux

Lieu: Halle 6 Ouest

L’objectif de l’atelier était de revenir sur la distinction de deux formats d’ateliers : 

  • Acculturation à l’éducation ouverte (EO)
  • Formation aux Ressources Éducatives Libres (REL)

Et de décider si nous avions suffisamment de matière pour réaliser un atelier d’introduction à l’éducation ouverte qui puisse évoquer ses enjeux sans aborder les éléments techniques des RELs (licences, droit, diffusion, plateforme…). 

Il y a un intérêt à travailler sur une définition de l’éducation ouverte, au cœur des démarches de mise en œuvre de la politique Open de Nantes Université.

Ce travail sur la définition de l’EO, de ses enjeux, de son périmètre, de ses priorités et de son adhésion par les étudiant.es et le personnel universitaire s’est présenté comme une manière intéressante d’introduire le sujet des RELs et des formations qui pourraient y être liées. 

Plutôt que de créer un atelier d’information sur ce que serait l’EO selon Nantes Université ou l’Union Européenne (UE), l’idée qui a été retenue est de proposer un atelier participatif permettant de poser ouvertement cette problématique. 

Pourquoi devrions-nous faire de l’EO à l’université ? dans quels lieux, environnements, pour quels espaces ? pour quels publics ? Comment assurer une continuité entre les initiatives ? Comment définir et encourager les pratiques ouvertes ? 

Afin d’apporter une matière première neutre à cet atelier, nous avons évoqué la possibilité d’organiser une consultation, sous forme de micro-trottoir ou de boîte à questions dans les Bibliothèques Universitaires (BU) pour récolter témoignages et positionnements. 

L’objectif serait ensuite de partir de ces idées issues du terrain et de les discuter au fil de l’atelier pour parvenir à une définition construite par le groupe de l’EO, de ses enjeux et d’une méthodologie de mise en œuvre. Ces éléments pourraient à la fois servir de matière aux réflexions de NU sur le sujet et nous pourrons confronter la stratégie Open de NU au groupe lorsque celle-ci sera définie. 

Pour la suite :

  • Construire un ensemble de questions types sur l’EO
  • Organiser une consultation : Temps / boîte à idées dans les BU, ou micro-trottoir pour récolter des témoignages
  • Ajouter des problématiques, freins, régulièrement présentés (préjugés, raccourcis, oppositions)
  • Construire et tester l’atelier

Cette session confirme également l’intérêt de proposer comme prévu un atelier de formation technique sur les RELs lors des JDLN, afin d’expérimenter un format plus technique et pratique.

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Fin novembre, Bastien Masse était à #SuperDemain avec Étienne Mineur et Valentin Mermet-Bouvier pour animer une Master Class et un atelier #IA et créativité. Nous avons produit avec le groupe un jeu de cartes créatif en utilisant des #IA : Copy.ai en GPT-3 pour le texte et MidJourney pour les images.

Le barbier (MidJourney, CC BY-NC)

Nous avons commencé par identifier avec les participant.es les “ingrédients” de toute bonne histoire : un héros ou une héroïne, un objectif, un lieu, et un.e antagoniste ainsi qu’un style littéraire. Et nous avons mélangé joyeusement le tout dans une IA comme https://www.copy.ai/

Voici les éléments qui ont été donnés par le groupe :

  • une histoire de science-fiction ;
  • un coiffeur qui découvre un trésor au fond de la mer, un monstre aquatique qui ressemble à une girafe, une amazone qui protège le trésor, un enseignant qui découvre le numérique, un enfant qui ne veut pas se faire couper les cheveux.

Copy.ai nous génère donc une histoire avec ces personnages loufoques, ce qui donne :

“Un coiffeur trouve un trésor et tente de le cacher à sa femme, mais celle-ci finit par le trouver et est déterminée à le garder pour elle. Un monstre aquatique qui ressemble à une girafe sort de la mer et l’attaque pour l’avoir volé, jusqu’à ce qu’une amazone arrive sur les lieux et le protège. Il apprend alors qu’il doit la rendre à son propriétaire légitime.”

De là, il est possible de poser des questions à l’IA pour qu’elle explore le récit et éclaircisse certains points de l’histoire :

  • Qui est la femme ?
    “La femme est en fait une sirène, et elle dit au barbier que s’il ramène le bateau à son propriétaire légitime, elle lui donnera tout ce qu’il veut en échange. Il accepte et ils entreprennent leur voyage ensemble.”
  • Comment est ce village ?
    “Le village est une ville portuaire animée, pleine de monde. Les maisons sont faites de pierre ou d’argile, et de nombreuses boutiques bordent les rues. C’est très animé et bruyant, mais il y règne aussi une atmosphère presque magique, comme dans un rêve.”
  • Pourquoi le monstre ressemble à une girafe ?
    “Le monstre est une girafe parce que le coiffeur pense qu’il y ressemble. La femme qui lui donne le bateau lui dit que s’il veut voir à quel point elle est laide, il n’a qu’à jeter de l’eau sur son visage. Il le fait et voit qu’elle ressemble plus à un crocodile qu’à autre chose.”
Le monstre girafe (MidJourney, CC BY-NC)

On notera que le style littéraire s’adapte au genre choisi, ici la science-fiction pour enfants. Si une réponse semble trop absurde, on peut recharger la réponse.

Avec ce texte, nous avons assez de matière pour générer des images avec MidJourney. Nous avons traduit les descriptions avec une autre IA comme https://www.deepl.com/fr/translator et copié le texte dans MidJourney pour produire nos visuels. Le système fonctionne par versions et exploration. On choisit ce qui nous plaît, on change certains mots, on crée des versions de celles qui vont dans le sens qu’on souhaite. Ici, nous ne nous sommes pas coordonnés pour avoir une cohérence graphique, mais c’est tout à fait possible de garder un style similaire. C’est cette IA qu’a utilisée Valentin Mermet-Bouvier pour réaliser tous les visuels de l’évènement Super Demain.

La vidéo time lapse de Hierphante sur les visuels de Super Demain : https://twitter.com/i/status/1584468940180586496

Affiche Super Demain, Crédit Valentin Mermet-Bouvier CC BY

Il est possible d’utiliser les IA de génération de texte en GPT-3 pour construire ou explorer un récit avec des jeunes, poursuivre un récit existant, trouver des variations à des livres existants. Ou comme nous, de les utiliser pour produire une base pour des visuels.

Ces productions peuvent ensuite être mises en page sous forme de cartes à imprimer que l’on peut réutiliser pour construire d’autres histoires, à la manière des jeux “Dixit” ou “Il était une fois”, mais dans un univers et avec des personnages créés par les jeunes et que l’on peut étendre à l’infini. 

Le village (MidJourney, CC BY-NC)

Enfin, on peut aussi utiliser cette activité pour parler des biais : de style littéraire, de notre histoire simpliste car étant de la science-fiction pour enfants, de la difficulté de maintenir tous les éléments présents dans l’histoire, ou encore de notre amazone qui n’a jamais réussi à se débarrasser de son décolleté…

L’amazone (MidJourney, CC BY-NC)

Enfin, un point sur les licences et les droits de diffusion :

Sur MidJourney, vous êtes propriétaire de vos créations, MAIS :

  • votre production est en CC BY-NC si vous utilisez MidJourney gratuitement ;
  • vous devez payer un abonnement si vous produisez une image dans un but commercial ;
  • si vous produisez une image dans un but commercial (avec abonnement), MidJourney fera “tout son possible” pour ne pas diffuser publiquement votre travail ;
  • il est possible que MidJourney produise des images similaires à des productions soumises au droit d’auteur ;
  • tout conflit de paternité ne peut être réglé que par décision judiciaire (avec les limites de droits du Creative Commons et sur une base légale hors EU).
(MidJourney, CC BY-NC)
Licence Creative Commons

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En octobre 2020, nous lancions le Groupe Thématique Numérique “L’impact de l’Intelligence Artificielle à travers l’Éducation Ouverte”, porté par une collaboration entre Nantes et Brest et soutenu par le Ministère de l’Éducation Nationale, pour une durée de deux ans.

Logos de nos partenaires

Deux années se sont écoulées et il est désormais temps de clôturer officiellement ce groupe.

Comment ? En faisant vivre la recherche, en mettant en lumière les projets, actions en cours et à venir autour de l’Éducation Ouverte et de l’Intelligence Artificielle, le temps d’une journée :

le jeudi 26 janvier 2023, de 8h30 à 18h

Affiche réalisée dans le cadre de l’événement

La journée se tiendra à la Halle 6 Ouest, au cœur du Quartier de la Création, sur l’île de Nantes.
Nombre d’expert.es sur ces sujets seront présent.es pour nous partager leurs visions et projets.

À NOTER

L’inscription est gratuite (mais nécessaire) en cliquant sur le lien suivant : https://evento.renater.fr/survey/journee-gtnum-ia_eo-j71ld2ii

[NB au 25/01 : les inscriptions sont maintenant closes. Si vous n’êtes pas inscrit.e et souhaitez venir à la Halle 6 pour assister aux présentations, vous êtes la/le bienvenu.e.
En revanche, pour des raisons logistiques, la participation au buffet du midi est exclusivement réservée aux personnes inscrites via l’evento. Merci de votre compréhension.]

Pour celles et ceux qui ne pourraient participer à la journée en présentiel, il sera possible d’y assister à distance :
https://univ-nantes-fr.zoom.us/j/81363733987?pwd=cDYvYSsvaGNnSkdrWllkZGJ6UXRxZz09
(ID de réunion : 813 6373 3987 ; Code secret : 296075)

Vous trouverez ci-dessous le programme détaillé et les résumés des présentations de cette journée :

8h30 – 9h : accueil

RDV au 3ème étage de la Halle 6 Ouest, au niveau de la mezzanine.

9h – 9h20 : introduction

RDV en salle 109, au premier étage.

9h25 – 9h55 : Quelle(s) éducation(s) pour demain et quelles places pour quelle(s) IA(s) ?

Barbara Class

Enseignante-chercheuse – TECFA
unité de Technologies de formation et apprentissage (TECFA) de l’Université de Genève

Mots clés : éducation ; épistémologie ; IA ; reliance.

Pour aborder ces questions, nous proposons d’apporter de la transparence dans le lien, trop rarement explicité, qu’il y a entre perspectives sur l’éducation et épistémologies dans lesquelles elles sont ancrées.  

Nous proposerons ensuite de discuter quelques outils d’IA utilisés en éducation, notamment ceux dédiés à l’écriture et à la traduction. À partir de là, nous explorerons d’une part la vieille question en lien avec l’arrivée de nouvelles technologies : « Les machines vont-elles prendre le travail des humains, i.e. celui des élèves / étudiant-es / enseignant-es » ? Et si les machines prenaient le travail des humains pour ces tâches dites créatives mais qui sont, sommes toutes, souvent répétitives, les libèreraient-elles pour œuvrer à une intelligence collective ouverte, dans un cadre plus global de reliance ? Et d’autre part, nous interrogerons le processus de l’IA : avec quelles données, avec quels algorithmes, voire avec quelles méthodologies nouvelles, pourrait-on mettre les savoirs du monde en dialogue pour, avec et par l’Éducation ?  

Nous proposons d’aborder ces questionnements en les ancrant dans les épistémologies du Sud, autrement dit, une posture intellectuelle critique et alternative qui favorise l’émergence de nouveaux savoirs, de nouvelles perspectives.

10h – 10h30 : Autorégulation et demande d’aide : l’utilisation d’une plateforme d’apprentissage en ligne dans une formation pour adultes.

Marine Roche

Ingénieure de recherche – CREAD
Centre de recherche sur l’éducation, les apprentissages et la didactique de l’Université Rennes 2

Mots clés : autorégulation ; demande d’aide ; formation d’adultes ; plateforme d’apprentissage en ligne ; apprentissage de l’informatique.

Cette communication est issue de la recherche ANR intitulée « xCALE » (eXplaining Competency and Autonomy development in Learning Environments) et a pour objet d’analyser la manière dont les apprenants s’autorégulent quand ils utilisent des plateformes d’apprentissage en ligne. L’objectif de la recherche est de développer, évaluer et expérimenter un dispositif permettant de proposer des interventions adaptées afin de soutenir l’autorégulation des apprenants. Il s’agit plus particulièrement d’interroger deux stratégies d’autorégulation : seeking information et seeking social assistance (Zimmerman et Pons, 1986). Le terrain de la recherche est une formation destinée aux adultes et vise une insertion professionnelle dans le domaine du numérique. A partir de 23 entretiens semi-directifs recueillis auprès des stagiaires de la formation, nous avons identifié et décrit les pratiques de demande d’aide des apprenants durant l’utilisation d’une plateforme d’apprentissage en ligne à l’informatique. Ces résultats vont permettre d’aider le dispositif dans la recommandation et la personnalisation des apprentissages, plus particulièrement dans l’identification de ressources ou d’aides pertinentes aux apprenants. A l’issue de la communication, nous nous interrogerons sur l’accompagnement de la plateforme qui permettrait d’aider les apprenants à développer des stratégies pertinentes de recours aux aides disponibles.

10h30 – 10h45 : pause

Sur la mezzanine, au 3ème étage.

10h45 – 11h15 : Génération automatique de questions et de réponses pour l’éducation.

Solen Quiniou

Maître de conférences
IUT de Nantes (département informatique) – Laboratoire des Sciences du Numérique de Nantes (UFR Sciences et Techniques – équipe TALN)

L’évaluation des connaissances d’un élève est une tâche importante dans le domaine de l’éducation. Avec l’utilisation de ressources et d’outils numériques qui se développe de plus en plus, une partie de cette évaluation peut maintenant être automatisée, grâce à des modèles d’intelligence artificielle et plus particulièrement du traitement automatique des langues.

Nous présenterons un état de l’art sur la génération automatique de questions et de réponses, en nous intéressant plus particulièrement aux applications dans le domaine de l’éducation.

11h25 – 11h55 : Ressources éducatives ouvertes, Intelligence artificielle & Informatique décisionnelle

Hugues Labarthe

Adjoint à la Déléguée régionale académique au numérique éducatif
Région Académique Bretagne

À l’échelle de douze départements et pour trois ans, les Territoires numériques éducatifs sont appelés à vivre de nouvelles expériences de formation, d’apprentissage, de médiation pour rompre avec des inégalités éducatives, vécues au quotidien comme autant d’injustices. Pour documenter, évaluer et valoriser ces initiatives, la DRANE accompagne les communautés éducatives dans le développement de leurs projets et la mutualisation de Ressources Éducatives Libres. Parallèlement, elle envisage avec l’appui de l’IMT Atlantique (Brest) et du Laboratoire L’Humain (Montpellier) d’élaborer des prototypes de tableaux de bord comme outil d’appui au pilotage. Au-delà de la visualisation et de l’exploration des données, ces tableaux de bord devront intégrer des connaissances inférées par des méthodes de fouille et d’apprentissage : identifier les propriétés discriminantes d’un groupe de données ; identifier et expliquer les leviers d’action les plus efficaces pour transformer un contexte d’échec en réussite.

Nous présenterons cette démarche de conception de ce tableau de bord et les enjeux associés.

12h – 13h50 : pause / buffet

Sur la mezzanine, au 3ème étage.

Réservé aux personnes inscrites.

13h50 – 14h20 : Technologies immersives, métavers et éducation.

Yannick Prié

Professeur d’informatique, Responsable du Master “Cultures Numériques”
LS2N – Polytech – Nantes Université

La déferlante des technologies immersives commence tout juste, lesquelles pourraient constituer la nouvelle forme du numérique, qui continuera à fonctionner avec les formes précédentes (ordinateurs, dispositifs mobiles, etc.). Ces technologies sont d’ores et déjà largement utilisées dans de nombreux domaines, dont la formation notamment professionnelle et l’apprentissage procédural. Leur utilisation ira cependant bien au-delà, notamment du fait des possibilités d’apprentissage collectif dans ce qu’on appellera de façon générique métavers.

Nous présentons les technologies en question et quelques concepts importants, en décrivons quelques usages actuels et futurs, et traçons des perspectives pour différents champs éducatifs. Nous terminons en discutant des données d’apprentissages qu’il est possible de collecter et de leurs utilisations possibles.

14h25 – 14h55 : Fairness et confidentialité en IA pour l’éducation : risques et opportunités

Jill-Jênn Vie

Chargé de recherche
Inria Saclay, équipe Soda

Nous présenterons comment l’utilisation naïve dans des classes de systèmes basés sur de l’IA peut renforcer des biais ; et comment atténuer ce problème, notamment pour de l’évaluation adaptative. Nous en profiterons pour rappeler les scénarios types d’un rapport récent de la Commission européenne auquel nous avons participé, qui porte justement sur ces sujets. Pour nourrir la recherche dans ce domaine, il faut des données d’étudiants, ce qui peut compromettre la confidentialité des participants. Des solutions sont possibles : par exemple, la génération synthétique de traces individuelles à partir de données agrégées.

15h – 15h30 : Des usages probables des algorithmes prédictifs dans L’Éducation à court et moyen terme en Europe et en France

François Bocquet

a été en charge de la veille et de la prospective à la Direction du numérique pour l’éducation
Bureau du soutien à l’innovation et à la recherche appliquée

La présentation expose les usages probables (pour certains déjà déployés) des algorithmes prédictifs pour 4 grandes familles de métiers dans L’Éducation depuis l’école maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur et la formation continuée.
Ces algorithmes utilisent des techniques d’intelligence artificielle (reposant sur les connaissances ou reposant sur l’exploitation de données massives).
Un examen détaillé des apports possibles aux quatre grandes fonctions permet d’envisager une critique technique et éthique de chacune des familles d’usages. Les quatre grandes familles de fonctions sont celles mises en œuvre par les acteurs suivants : les apprenants, les enseignants, les pilotes en établissement et les pilotes en administration centrale ou déconcentrée.

L’exposé repose sur les résultats d’une veille internationale à propos des retours des institutions et des chercheurs ainsi que sur les annonces de disponibilités de services par les entreprises de la filière EdTech. L’analyse des transferts possibles est également envisagée depuis d’autres secteurs d’activité (productique, marketing, santé, autres administrations, …).
Les questions relatives à la disponibilité des données pour entraîner des modèles et à la complexité de mise en œuvre pourra être également abordée.

15h30 – 15h50 : pause

Sur la mezzanine, au 3ème étage.

15h50 – 16h20 : La créativité humaine comme enjeu pour l’acculturation à l’IA à l’école.

Margarida Romero

Professeure des Universités à l’Université Côte d’Azur (France)
Professeure associée à l’Université Laval (Canada)
Directrice du Groupe Thématique numérique Scol_IA “Renouvellement des pratiques numériques et usages créatifs du numérique et IA”

L’un des enjeux de la citoyenneté contemporaine est la capacité à développer la pensée critique et la collaboration dans des contextes de grande diversité afin de résoudre des problèmes complexes à différentes échelles : vie personnelle, vie professionnelle et enjeux sociétaux.
Dans ce contexte, les solutions dites d’intelligence artificielle deviennent de plus en plus performantes à générer des solutions qui sont jugées satisfaisantes par une partie des utilisateurs.
Cependant, ces solutions sont basées sur des modèles de connaissances existants qui sont ceux qui ont généré les problématiques sociétales actuelles.

Dans cette intervention, nous allons interroger le besoin de la prise en considération des valeurs et de la création d’ontologies permettant de répondre à des cultures régénératives dans le contexte éducatif.

16h25 – 16h55 : Le GTnum IA_EO, l’occasion pour l’académie de Nantes d’explorer de nouveaux sujets : REL et IA

Catherine Lemonnier et Yann Bruyère

Délégation régionale académique au numérique éducatif de Nantes

Notre partenariat au sein du GTnum IA_EO s’est structuré et a évolué au cours de ces deux années. D’une feuille de route « abstraite », nous avons mis en œuvre ensemble des actions concrètes en académie. Ces dernières ont participé à l’amorce d’une dynamique de travail se déployant sur deux axes : d’une part l’acculturation à l’importance des licences libres, d’autre part une réflexion collégiale sur les enjeux de l’IA en éducation.
Nous présenterons les étapes essentielles de ce processus en cours.

17h – 17h30 : À la recherche de ressources pédagogiques sous licence dans le web.

Patricia Serrano Alvarado

Maître de conférences HDR
Nantes Université – UFR Sciences et Techniques – LS2N

Le projet CLARA du Labex Cominlabs vise à faciliter la création de nouvelles ressources pédagogiques à partir de ressources existantes sur le Web et dont les licences sont adéquates et compatibles. L’objectif est d’utiliser les métadonnées décrivant les ressources afin de construire un graphe de connaissances. Ce graphe de ressources pédagogiques Web permettra d’interconnecter les ressources non seulement par leurs métadonnées communes mais aussi par les thématiques qu’elles contiennent. Pour cela, des méthodes d’Intelligence Artificielle viendront enrichir le graphe, maximisant la pertinence des ressources pédagogiques proposées aux enseignants.

17h30 – 17h45 : clôture de la journée

Salle 109, au premier étage.

Licence Creative Commons

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certains articles mentionnés portent sur l'Intelligence Artificielle du fait du double sujet de la chaire


en attendant un flux RSS des articles de la fabrique des REL au Québec

et quelques ressources



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