Veille Libre et communs en formation
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Innovation Pédagogique
Un article, sous licence CC by sa, repris du site de l'éveilleur, espace web de l'université de Sherbrooke une publication sous licence variable
Depuis 2019, l'Université de Sherbrooke est associée au mouvement l'éducation ouverte grâce à sa participation active au sein de la fabriqueREL. Il s'agit d'un projet interétablissement en enseignement supérieur qui a comme mission d'accompagner dans la création de ressources éducatives libres (REL) disciplinaires francophones de qualité. Encore cette année, il est possible pour les personnes enseignantes en enseignement supérieur de soumettre un projet de création ou d'adaptation de REL.
Pour être admissible, le projet doit s'inscrire dans l'une des deux catégories suivantes :
- Catégorie 1 – Manuel (entre 10 000 $ et 15 000 $)
- Catégorie 2 – Notes de cours (entre 5 000 $ et 10 000 $)
– Accédez au guide et formulaires pour soumettre un projet. Date limite : lundi 11 mars 2024 à midi
L'UdeS et les REL : une ouverture naturelle depuis 2019
La communauté UdeS s'est, depuis le début, montrée interessée aux REL et très ouverte aux partages des ressources d'enseignement. Plusieurs projets de REL qui ont été produits par des personnes enseignantes en collaboration avec la fabriqueREL :
- La démarche entrepreneuriale : Qui suis-je, Où vais-je, Comment y aller ?, Jean Bibeau, École de gestion, 2022-2023 (en cours de complétion), CC BY-NC.
- Modélisation et analyse spatiale dans R. Philippe Apparicio, Département de géomatique appliquée, 2023 (en cours de complétion), CC BY.
- Manuel d'autoformation en lien avec une approche culturelle de l'enseignement au primaire, Mélanie Champoux, Faculté d'éducation, 2023 (en cours de complétion), CC BY-SA.
- Calcul multivariable :Une approche libre, Juan-Carlos Bustamante, Département de mathématiques, 2022, CC BY-NC-SA.
- Être humain : Rencontre et accompagnement, Marjorie Désormeaux-Moreau, École de réadaptation, 2021, CC BY et CC BY-NC-SA (les balados).
- Valoriser les données pour soutenir la réussite scolaire, Daniel Chamberland-Tremblay, École de Gestion, 2021, CC BY-NC-SA.
- Banque ouverte d'activités d'analyse d'images de télédétection et de sorties terrain autoguidées, Amélie Fréchette, Département de géomatique appliquée, 2021, CC BY-NC.
- Simulation de développement modulaire : jeu vidéo rétro, Marie-Flavie Auclair-Fortier, Département informatique, 2020, CC BY-NC.
- Module de mise en forme sur les intégrales, Virginie Charette, Département de mathématiques, 2020, CC BY-SA.
- Série de 13 manuels de physique, David Sénéchal, Claude Bourbonnais, André-Marie-Tremblay, Département de physique, 2020, CC BY-NC.
Sources :
– fabriqueREL. (s.d.). https://fabriquerel.org/
[Extrait d'un post LinkedIn]
Grandes Ecoles : la politique des petits pas ne suffira pas !
💡 Depuis mars 2023, nous travaillons avec une équipe d'étudiants motivés à la création d'un master interdisciplinaire en "Politiques de l'urgence écologique". Un projet inédit en France, qui devait rassembler 8 écoles lyonnaises, des dizaines d'étudiants et enseignants, qui avait pour vocation de casser les murs entre les disciplines pour espérer faire bouger le monde de l'enseignement supérieur.
❌ Verdict : ce projet n'aboutira pas, nos écoles ayant préféré une option moins difficile à mettre en place, un DIU (pour Diplôme Inter-Universitaire, formation plus courte et dont le diplôme n'est pas reconnu par l'Etat). Or, les formations sur les transitions existent partout, mais sont très rarement accréditées et, souvent, n'adressent pas le problème de manière globale. La demande des étudiants, de plus en plus partagée, de masters adressant frontalement la question de l'urgence écologique, est motivée par la nécessité de former des décideurs et décideuses aux compétences reconnues, qui sauront impulser des dynamiques de changement dans tous les milieux professionnels dans lesquels ils seront amenés à travailler.
🗣 Aujourd'hui, nous lançons une bouteille à la mer, en publiant notre travail de ces 6 derniers mois pour que les écoles et universités puissent s'en saisir.
Maquette pédagogique, présentation des objectifs, budget, grille de compétences : tout est là. Ces documents ne sont pas parfaits, mais ils ont l'avantage d'exister.
🏛 Nos formations ne peuvent plus se permettre de rester aveugles et sourdes aux grandes transformations qui nous attendent. La "politique des petits pas", bien que compréhensible et légitime, nous amène droit dans le mur - à peine moins vite que l'inaction.
Aux étudiants, aux enseignants, à tous ceux qui souhaitent que l'enseignement supérieur bouge : contactez vos écoles et saisissez-vous de ce type d'initiative.
Comme cela est rappelé dans le document ci-dessous :
"Nous sommes étudiants au XXIe siècle. Notre génération est appelée à gérer un monde qui part à la dérive, et nous ne sommes pas formés à le faire."
Malgré tout, et en l'absence de réaction suffisante de la part de nos décideurs, nous devons continuer d'imaginer, d'impulser et de défendre la nécessité d'une bascule.
La proposition de Mastee interdisciplinaire sur l'urgence écologique
Pour le Collège des Hautes Études Lyon Science[s]
extrait du document en pièce jointe à l'article
Sur les objectifs pédagogiques
Ce master, généraliste et professionnalisant, doit permettre aux étudiants :
- D'approfondir leurs connaissances dans les domaines les plus critiques à la compréhension de l'urgence écologique, de ses origines et de ses solutions ; intégrant des enseignements en sciences humaines et sociales, en sciences expérimentales, en sciences de l'ingénieur, en droit et en management, et permettant l'obtention d'une vision systémique globale ;
- De se doter de compétences concrètes visant la mise en oeuvre de politiques de redirection écologique ambitieuses dans des milieux professionnels variés ;
- De développer leur esprit d'initiative et la volonté d'être utile plus qu'important, afin de former une nouvelle génération de diplômés qui sauront prendre en main les défis du siècle.
Sur le contenu
Pour rappel : le Shift Project recommande au minimum 165 h d'enseignement théorique pour adresser correctement la seule problématique énergie-climat. Or cette formation a pour objectif d'aller plus loin, en étendant le champ des enseignements pour donner une vision systémique et pluridisciplinaire des enjeux de l'urgence écologique. La proposition de maquette pédagogique (voir annexe A1) additionne les heures de cours théoriques et pratiques, qui permettent aux étudiants d'appréhender l'aspect concret des transitions, et repose sur une base de 650 h de cours en 2 ans.
La 1ere année de master est pensée comme année d'études interdisciplinaire axée sur la compréhension des enjeux écologiques et l'analyse des constats alarmants dans tous les domaines de la société.
La 2e année s'axerait quant à elle sur une mise en mouvement des étudiants et l'utilisation des connaissances acquises en 1ere année pour développer la capacité à impulser le changement, via de nombreux cours-projets et des méthodes pédagogiques innovantes.
A noter qu'il nous semble essentiel, pour les étudiants du CHEL[s] qui n'auront pas eu l'opportunité d'entrer dans cette formation en M1, de permettre l'admission directe en M2, sous réserve d'avoir les prérequis nécessaires pour compenser l'absence de la première année de cours.
Sur l'aspect fonctionnel
S'agissant des locaux, il est proposé que les étudiants suivant ce master aient cours chaque semestre dans une école différente du CHEL[s]. Cela afin de préserver une certaine stabilité dans la mise en place des enseignements tout en permettant aux différentes écoles de mutualiser leurs équipements.
– Certaines écoles ayant plus d'espace à mettre à disposition, le dialogue doit s'engager pour arriver au meilleur compromis.
S'agissant des cours, les enseignements proposés dans la maquette pédagogique sont des cours créés spécifiquement pour cette formation et nécessiteront donc certains enseignements dédiés.
L'organisation proposée du master est la suivante :
1. Tronc commun : cours magistraux interdisciplinaires évoluant autour de 4 grandes thématiques : Constats scientifiques / Economie / Politique / Société et culture.
2. Cas pratiques : cours opérationnels et professionnalisants, faisant appel à des intervenants extérieurs.
3. Projets transversaux (M2) : cours-projets semestriels dont la thématique est à choisir par les étudiants parmi une liste prédéfinie, avec l'objectif d'aborder l'aspect le plus concret de leur apprentissage via des partenariats avec des professionnels
Convaincu qu'une veille rendue publique peut servir à d'autres et qu'elle ne peut que s'enrichir si son écriture est ouverte à des contributions, je cherchais vainement depuis quelques années un outil simple d'usage qui le facilite.
Voici une courte présentation d'une solution collaborative qui permet de publier une référence d'un simple clic sur un marque page de son navigateur et ses premières mises en oeuvre dans l'environnement Yeswiki des Riposte Créative.
Les difficultés d'une veille partagée
Mes premières publications de veille remontent au début des années 2000 quand élu au numérique à Brest, j'ai voulu donner à voir les textes (articles, interviews, diaporamas...) produits autour de la politique publique du numérique à Brest. Dans une approche de coopération ouverte, il me semble important de rendre public, de "donner à voir" ce qui est réalisé, surtout lorsque c'est financé avec de l'argent public [1].

Le développement de wiki-brest, carnets d'écritures collaboratives au pays de Brest en utilisant la plate-forme médiawiki m'a alors fait utiliser cet outil pour publier une trace de l'action publique appuyé par une compétence interne au service "internet et démocratie locale' de la ville sur cet outil et un hébergement associatif chez le chaton brestois Infini.
Différentes collectes ont alors été développées sur un espace dédié "wiki-a-brest" :
- autour des projets menés comme : Cartes ouvertes au pays de Brest, les Recettes libres, "code source" de nos innovations sociales
- ou pour donner à voir comme les sites participatifs au pays de Brest ou clic-a-brest pour les sites proposant un flux RSS...
Cette écriture en médiawiki était ouverte à tous (via wiki-brest en particulier) mais elle demande un effort : aller à la bonne page pour écrire, l'éditer, ajouter "à la main" le texte et le lien associé.
Comme nous n'avons pas appris à documenter nos projets et initiatives et encore moins les projets semblables des autres, inciter à partager une référence a toujours demandé un certain volontarisme et cette écriture publique s'est naturellement arrêtée sur cet espace quand j'ai terminé mon mandat électif.
Dans une même logique nous avons aussi développé un espace collaboratif plus large Intercoop réseau des réseaux francophones autour des transitions, de la coopération, de l'intelligence collective et des pratiques collaboratives autour des communs numériques, ou autour des pratiques collaboratives.
Cette veille publique a connu une belle audience avec plus d'un million de pages vues et m'a motivé à poursuivre dans une veille publique.
Intercoop, est né aux Etés Tic de Bretagne en 2007 dans le prolongement du groupe IC-Fing, du Forum des usages coopératifs, des ateliers sur la coopération d'Autrans et des rencontres Moustic
Des bibliothèques de liens ont aussi été mises en oeuvre après un développement médiawiki (merci Fred) telle une liste de 500 sites francophones sous Creative Commons. Beaucoup de ces répertoires n'ont pas survécu à un changement de version PHP et au départ de la personne compétente du service (c'était un peu technique). [2]
J'ai aussi essayé des outils de gestion de flux RSS comme Netvibes mais il était difficile d'en faire un outil collaboratif. La collecte avec ce type d'outil est par ailleurs peu sélective sur les contenus et limitée aux sites ayant un flux RSS.
Le tournant des Riposte Créative
C'est la crise du Covid qui m'a fait pratiquer l'outil Yeswiki où, avec Laurent Marseault, nous avons mis en oeuvre Riposte Creative Territoriale pour un collectif animé par la Direction de l'innovation du CNFPT.
Plusieurs articles de ce blog présentent la dynamique collaborative facilitée par cet outil convivial. [3]. Et ces dernières années les usages de cet outil libre se sont largement développés dans le monde associatif et de la transition. [4]
Dans l'esprit de cet espace ouvert en écriture sans contrôle préalable plusieurs autres espaces ont été développés tels
- Riposte Créative Bretagne initié avec Benoît Vallauri qui référence aujourd'hui 800 initiatives en solidarité (en réponse à la crise du Covid) puis autour de l'innovation sociale, des communs, du climat et de la transition
- Riposte Créative Pédagogique initié avec Jean Marie Gilliot qui a cherché à mutualiser les réponses dans l'enseignement supérieur aux situations de confinement ouis s'est lui aussi élargi aux réponses à la crise climatique et plus récemment à l'arrivée des IA génératives.
Habitué aux sites contributifs outillés par spip, (tels Innovation pédagogique et transition et a-brest ou Bretagne-Créative basés sur l'écriture d'articles, j'y ai découvert une forme d'écriture plus facile d'accès sous forme de fiches renseignées à l'aide de petits formulaires indexés par des mots-clés.
Ces deux modes d'écriture sont complémentaires comme le montrent notamment les aller-retour via les flux RSS entre site spip d'Innovation pédagogique et transition et Yeswiki de Riposte Créative Pédagogique.
La découverte du référencement par marque page
C'est au détour d'une question posée sur le Forum Yeswiki que Fred Renier de Supago Florac m'a fait découvrir son tutoriel " bookmarklet veille partagée " permettant d'installer un marque page actif qui entre la référence d'un lien web et son titre d'un simple clic.
Enfin il devient facile de réaliser une veille sur un sujet, réutilisable par d'autres et ouverte aux contributions. Et surtout cela se fait d'un simple clic au fil de vos lectures dés lors que le bouton associé à la veille est glissé dans vos marque page.
Vous pouvez en voir une mise en oeuvre sur les veilles
dans Riposte créative pédagogique
- IA génératives en formation
- Numérique acceptable
- Libres et communs en formation
- Robustesse vs performance dans un monde incertain
- Conventions citoyennes en Bretagne
- Climat et transition en Bretagne
dans Octet, Observatoire critique des transformations en éducation et formation des adultes
- Octet
Dans cette phase d'expérimentation après avoir été séduit par la facilité d'usage et la simplicité d'installation (compter 10mn si on on est un peu familier d'un yes wiki) cela m'intéresserait d'échanger avec d'autres utilisateurs sur des retours d'usage d'une veille partagée.
Pour ma part, ayant du temps étant retraité, je mets un peu d'énergie pour donner à voir les initiatives en transition (les centaines de fiche de Riposte Créative Bretagne ou de Riposte Créative Pédagogique et cette veille me semble un complément utile pour afficher des liens que j'ai trouvé intéressants et qui peuvent être utiles à d'autres. C'est aussi le pari à vérifier qu'une veille collaborative est plus riche et demande moins d'effort qu'une addition de veilles individuelles menées en parallèle chacun.e de son côté.
Les étapes pour installer une veille partagée
Je reprends ici sous forme de texte la démo du tutoriel de Fred Renier que je vous recommande vivement. Cet écrit me sert de pense bête dans mes installations de veilles partagées.
- il vous faut initier une base de donnée dans votre yeswiki (en étant connecté comme admin)
- en ajoutant un "bookmarklet" via le constructeur graphique
- en éditant une instance de votre base il apparait comme "saisir une fiche" que vous glissez dans votre barre de marque page
- dans une page qui servira à afficher les liens partagés, vous ajoutez un composant "bouton"
- vous copier le code javascipt copié du marque page (via modifier le marque page)
- vous éditez le bouton en remplaçant le champ lien par ce code
- il ne reste plus qu'à ajouter le composant éditer la base pour afficher les résultats de la veille
- j'ai aussi modifié le nom du marque page pour qu'il soit plus intuitif d'usage comme "veille IA"
Bien sur pour que cela fonctionne, il vous faut cliquer sur ce marque page sur quelques pages jugées intéressantes.
NB : Dans mes veilles sur IA génératives en formation et conventions citoyennes en Bretagne j'ai rajouté quelques listes de mots clé pour faciliter l'accès aux ressources référencées.
Merci de vos retours
[1] voir à ce sujet Premier pas vers une gouvernance contributive, Retour d'expérience sur une politique publique du numérique à Brest
[2] il y aurait un travail de récupération à faire à partir des archives d'internet archivz
[3] voir notamment Pourquoi utiliser un outil convivial (yeswiki) pour faciliter la coopération ouverte ? à l'expérience des Riposte Créative
[4] voir par exemple la page "Ils utilisent YesWiki"
Durant la crise du Covid la direction innovation publique du CNFPT (Centre National de la Formation Publique Territoriale) a utilisé un espace collaboratif ouvert : Riposte Créative Territoriale pour poursuivre ses activités durant le confinement. Pendant deux ans, quelques dizaines de personnes ont ainsi développé un espace dans un esprit de communs, en participation ouverte, où tout ce qui était produit était public et rendu réutilisable par une licence Creative Commons. Une étude menée à travers 13 interviews a permis d'expliciter ce que recouvrait pour les participants actifs à Riposte Créative Territoriale cette pratique des communs. Communiqués lors d'un colloque ESREA à Milan (Sanojca Briand, 2022), les résultats de cette étude proposent une grille en dix niveaux pour décrire l'appropriation des communs. Cet article présente cette grille, pour la rendre accessible et réutilisable lorsqu'il s'agit d'évaluer un niveau d'engagement dans la participation aux communs. L'écrit s'appuie sur le texte de la communication parue dans les actes du colloque "New seeds for a world to come : policies, practices and lives in adult education and learning"
Cette grille est maintenant utilisée dans une nouvelle étude auprès d'une communauté d'agents du service public "Utilo", autour de la facilitation. le projet Utilo Tilab laboratoire d'innovation publique d'intérêt général commun. Cette nouvelle étude interroge "en quoi la pratique des communs peux être facteur d'émancipation au travail".
Résultat d'une étude auprès des acteurs de Riposte Créative Territoriale durant le confinement et la crise du Covid
La notion de communs est définie par trois caractéristiques interdépendantes : «
(1) une ressource en accès partagé ;
(2) un système de droits et d'obligations (un faisceau de droits) qui précise les modalités de l'accès et du partage des bénéfices associés entre les ayants-droit et enfin
(3) l'existence d'une structure de gouvernance qui veille au respect des droits et à la garantie de la reproduction à long terme de la ressource » (Coriat, 2017, p. 267). [1]
Michel Briand : Pourrais tu te présenter en quelques mots ?
ES : Je m'appelle Elzbieta Sanojca, je suis maître de conférence en sciences de l'éducation à l'université de Rennes 2. Je m'intéresse à la formation des adultes et en particulier à la manière dont les adultes apprennent. Cela concerne non seulement les formes formelles d'apprentissage (formation continue par exemple), mais aussi et surtout les formes non formelles voire informelles d'apprentissage, par l'activité de travail par exemple, l'engagement dans des collectifs professionnel ou citoyen etc...
Dans les différents contextes où l'apprentissage peut se produire, je m'intéresse en particulier à la dynamique collaborative qui conduit à la co-construction des savoirs. Mes travaux actuels s'inscrivent en continuité de ma recherche doctorale (Sanojca, 2018) qui portait sur l'analyse des compétences collaboratives et leur développement en formation des adultes. [2]
MB : Peux-tu présenter l'étude réalisée autour de Riposte Créative Territoriale Créative et de la pratique des communs à cette occasion ?
ES : C'est une étude qui porte sur le collectif qui, au sein de la direction Innovation du CNFPT (Centre National de la Formation Publique Territoriale), a ouvert un espace collaboratif nommé Riposte Créative Territoriale, en réponse à la crise du Covid-19 [3].
Si les personnes impliquées dans cette dynamique ont été auparavant sensibilisées aux pratiques de l'innovation publique, cette nouvelle expérience de Riposte a fait apparaître un éléments particulièrement intéressant : ces collectifs apprenants ad hoc ont tenu à affirmer une valeur particulière attribuée à à la dynamique d'apprentissage et aux ressources produites collectivement (les connaissances). Le terme de « communs » en référence aux travaux d'Elionor Ostrom a été choisi par les acteurs des Ripostes pour designer cette valeur.
C'est par le choix de ce terme qu'apparaît le lien avec mes précédents travaux : je rappelle rapidement que " avoir le souci des communs " est le troisième pivot [4] des compétences collaboratives que j'ai identifié dans ma thèse [5].
La notion de communs est importante dans la dynamique de collaboration. Avoir ce souci des communs peut renforcer la durabilité d'efforts collectifs pour travailler sur le projet. Cela se produit, lorsque les collectifs se questionnent sur la nature de ce qui est collectivement produit et en plus lui confèrent la valeur de communs par exemple par l'attribution d'une licence de partage telle les « Creative Commons ».
Ce qui m'a paru intéressant de questionner dans le cas de Riposte est de savoir :
en quoi cette forme de valorisation des productions issues des apprentissages en communs (les connaissances) fait naître de nouvelles pistes pour penser la formation des adultes aujourd'hui ?
MB : Quelles étaient les personnes concernées par ces entretiens ?
ES : Riposte Créative Territoriale (RCT) est un espace collaboratif créé de manière spontanée en réponse à la crise du COVID et concerne des acteurs de l'innovation territoriale proches de la direction innovation du CNFPT.
Durant les 18 mois de fonctionnement que cette enquête prend en compte, trois phases se sont succédées :
- une réaction au choc du 1er confinement avec un fonctionnement en groupes de travail (mars-juin 2020) ;
- un temps de pérennisation, avec l'élargissement à des agents de collectivités territoriales sur des problématiques identifiées par les acteurs RCT (ex : « nouveau rôle du manager public » ou « implanter le collaboratif dans nos structures ») (automne-hiver 2020) ;
- un temps de ré-institutionnalisation avec la mise en place de modalités de formation en « cercles apprenants » (au printemps 2021).
Les personnes qui ont participé à cette dynamique du dispositif « Riposte » sont des personnes qui pour beaucoup se connaissaient déjà avant puisque qu'elles ont participé aux activités de cette direction, notamment aux Universités de l'innovation publique qui existaient depuis trois à quatre ans avant la crise. Pour cette étude nous avons sélectionné les acteurs les plus impliqués dans la dynamique de « Riposte », soit treize personnes interviewées par entretien compréhensif [6].
MB Qu'est- ce que les entretiens t'ont permis de comprendre ?
ES : Pour répondre à cette question, il faut préciser le cadrage théorique auquel l'analyse des données se réfère. Il s'agit de la théorie de l'activité d'Yrjö Engeström (Engeström, 2010) qui soutient, entre autres, que la transformation de l'activité s'appuie sur un nouveau concept qui se forme dans un mouvement allant de l'abstrait vers le concret. Sous cet angle il s'agit de comprendre comment le concept de communs influence les changements de pratiques des professionnels dans leur contexte de travail, une fois l'expérience d'apprentissage collectif passée.
Au final, les entretiens m'ont permis de dégager plusieurs étapes de maturité dans la prise en compte du concept de communs dans la conscience ou/et dans les pratiques des personnes interviewées. C'est le résultat principal de cette étude : établir un cheminement des conscientisations du concept de communs qui s'effectue dans un double mouvement :
- interne, lié à une une prise de conscience progressive du sens du concept ;
- externe : un moment où les personnes commencent à agir de manière visible, au nom du concept particulier, ici, donc, les communs.
La grille de compréhension
La figure qui suit catégorise les moments signifiants de la formalisation du concept de « communs » à partir de la description des activités professionnelles réalisées par les enquêtés, avant, pendant ou après l'expérience de RCT. Chaque catégorie s'accompagne des exemples de verbes d'actions estimés les plus explicites pour comprendre le sens attribué à la catégorie choisie.
– En premier « Etre exposé à sans intention particulière » :
Les personnes sont prises dans un mouvement sans une intention personnelle clairement formulée ; elles sont en quelque sort exposées aux usages d'un concept qui ne fait pas partie de leur culture. L'expérience vécue est positive « je me sentais bien dans ce paysage des personnes ou dans cet environnement des personnes qui parlaient des communs » (comme le disent les interviewés) ; c'est probablement une condition pour que le souhait d'approfondissement apparaisse.
– En second « Agir en conscience mais sans poser les mots justes » :
C'est un autre cas de figure : on peut faire des communs sans le savoir. C'est d'ailleurs la situation de la plupart des « commoneurs », tels la grande majorité des 20 000 acteurs des jardins partagés en Bretagne qui pratiquent les communs en actes [7]. Dans le cas de RCT, quelques dizaines de personnes ont contribué occasionnellement à la dynamique sans pour autant avoir conscience de participer à un commun.
au départ du dispositif RCT, pour beaucoup de participants la notion de communs a été introduite par les deux animateurs du projet. « le terme de communs est d'emblée affiché pour rendre compte de la manière de fonctionner du collectif : “Ces communautés de pratiques ouvertes sont animées dans une logique de communs comme une modalité de fonctionnement de communs attribuée aux productions collectives. Cela se traduit par les règles de fonctionnement (« accords de groupe ») proposées et discutées par les acteurs de la communauté : (1) toute personne peut contribuer ; (2) tous les échanges, notes de réunions, sont publiés et restent accessibles y compris aux non participants ; (3) à ces productions sont attribuées une licence qui les protège comme communs (Creative Commons by sa).
Toutefois, ce terme de communs est consenti plus qu'il n'est choisi au moment de la création de RCT. Il fait consensus puisque sa compréhension est chargée d'ambiguïtés surtout pour les acteurs du service public qui l'associent avec la notion d'intérêt général et parfois même l'utilisent en synonyme de « mise en commun ».
– Les étapes suivantes, sont elles liées à une prise de conscience progressive « Prendre conscience la faire émerger » :
- en sédimentation lente :
Vivre des situations qui interpellent. Cela se produit dans un mouvement de l'inconscient vers l'intentionnel, sans pour autant que le croisement avec un concept ait eu lieu. En participant à l'espace de RCT où tout ce qui est produit est mis en ligne, donc partagé avec les autres, chacun peut contribuer et publier directement sans passer par une validation de sa hiérarchie. Beaucoup de personnes sont interpellées par ce mode de fonctionnement qui n'est pas habituel dans leur organisation.
- par interpellation, étonnement
Cela se passe par la découverte : « tiens, quelqu'un parle de communs et ça nous fascine. » Elle peut s'accompagner de l'effet « wouahou », un enchantement qui surgit lorsqu'un événement fort se produit imposant sinon une remise en cause, toit au moins un arrêt réflexif et un examen d'un fonctionnement habituel « oui, ça me parle ; c'est quelque chose auquel j'aimerais bien m'intéresser ».
A partir de ce moment du processus, l'attention d'une personne s'éveille et la formation d'un concept devient plus intentionnelle, car dorénavant dotée d'un nom.
– L'étape plus avancée de l'appropriation d'un concept (ici : les communs) serait « poser les mots pour soi » :
« Formaliser pour soi », « prendre les mots des autres » sont des expressions qui témoignent cette prise de conscience. Si, nous l'avons dit, au début de RCT seuls les concepteurs de l'espace faisaient clairement référence au terme de communs, les entretiens montrent qu'avec l'expérience de RCT, la compréhension de ce concept s'affine et s'harmonise. Elle rentre dans le vocabulaire des participants : neuf interviewés sur treize emploient ce mot pour définir RCT.
– Puis « fertiliser le terreau » :
Vient ensuite cette étape d'enrichissement ou comme l'exprime certains de « cultiver le terreau » de ce nouveau concept. Cela peut prendre des formes très diverses, par exemple lire des textes sur les communs, échanger avec des personnes actrices des communs, etc...
Les verbes associés à ses formes d'activités sont : « cultiver la passion », « maintenir le questionnement », « aller butiner », « observer ». Il reste à noter que cette phase de fertilisation du terrain peut être extrêmement longue.
– « Vouloir changer », « vouloir externaliser » :
C'est un moment décisif pour passer à l'action. Il est comparable à ce que l'on désigne par la conversion des opportunités vers les choix effectifs (Sen 1984/2008). Les expressions collectés dans nos données qui illustrent cette phase sont : « changer ses représentations, « être intimement convaincu », « avoir un concept à disposition », « vouloir accompagner son changement », « vouloir intéresser les autres parce ce que sa vision a changé ». A partir de ce moment, et si des conditions externes convergent, un passage à l'action peut avoir lieu.
– « Effet bascule » :
C'est la prise de conscience mise en actes qui fait bascule. J'appelle ça « un point bascule » puisqu'il existe clairement un « avant » et un « après » dans la manière d'agir des acteurs concernés. Cela s'exprime par une phrase telle que : « Non, là, je ne peux plus faire comme avant. ».
Cet effet de bascule, dans le cas des Ripostes, était assez facile à identifier, puisque qu'il s'est produit dans un moment de crise entendu au sens large comme étant une période difficile, traversée par un individu, par un groupe et qui entraîne une recomposition et transformation du système qui n'est plus opérant. La crise peut donc faire basculer l'intention vers l'action mais la forme de l'action choisie dépend d mate la maturité du concept qui oriente la structuration d'un nouveau système de l'activité.
– « Construire son nouveau système d'activité » :
A ce stade, la personne commence à justifier l'envie de faire autrement son métier : « depuis toujours, j'ai considéré qu'il faut que je fasse mon métier de telle manière ; là, je ne peux pas faire autrement. » Cette volonté de changement - s'exprime de différentes manières : s'investir, expliciter aux autres, faire converger le « déjà-là ».
Le changement implique la construction d'un nouveau système d'activité. Dans les données collectées, les expressions sont nombreuses pour décrire ce changement : « se donner un espace d'autorisation », « faire des petites touches », « se connecter au concret » ou « structurer le nouveau processus », « formaliser », « expliciter le sens »...
C'est une première étape d'ancrage dans la réalité. Dans le cas de RCT, le nouveau systéme d'apprentissage que les personnes ont commencé à concevoir correspond à un nouveau dispositif de formation, les cercles d'apprentissage [8].
– « Légitimer dans son environnement de travail » :
C'est une forme plus implantée de la transformation. Elle se traduit par les verbes d'action tels que : « légitimer l'action », « se connecter aux autres semblables », « modéliser, connecter la recherche », « expliciter la démarche aux autres ». Non seulement on produit des transformations par petites touches de ses activités, mais on commence à diffuser ces comportements dans la culture de sa structure. Dans cette étape, la constitution d'alliances est nécessaire pour établir un rapport de force favorable et pour garantir une durabilité du système d'activité naissant.
– Et la dernière étape, « connecter aux enjeux de société »
est la plus mature de l'appropriation d'un concept de communs que nous avons identifié dans les données collectées (présente seulement pour une personne interviewée). A ce niveau, il s'agit d'un élargissement du périmètre d'actions possibles : le désir de transformation s'ancre dans l'environnement de vie, au-delà de l'espace d''activité professionnelle. L'engagement dans cette logique de communs s'exprime en connexion aux enjeux de société et s'illustre par la construction d'un réseau de partenaires et associatif, l'implication dans une dynamique de territoire.
MB Merci de cette présentation de la grille d'appropriation du concept de communs. Quelle suite pour ce champ d'études de la transformation professionnelle et personnelle ?
ES : Cette étude a mis en exergue le processus de transformation à partir d'une appropriation d'un concept de communs : nécessairement long et en partie invisible. La linéarité de l'échelle est indicative car, en réalité la progression dépend de nombreux facteurs externes ou internes (les aléas de la vie quotidienne ou bien les conditions du contexte professionnel plus ou moins favorables, ou encore les dispositions des personnes à percevoir et intégrer ce qui s'offre à elles comme une ressource utile).
C'est un outil d'appréciation d'un cheminement d'une transformation des pratiques à partir d'un concept de communs, évalué sur la base de ce qui est, ou pas « déjà-là » dans la conscience des personnes.
Pour la suite nous voudrions approfondir la compréhension des transformations des pratiques dans des environnements professionnels qui découlent d'une pratique de productions de communs. Ce faisant, nous voudrions vérifier la thèse de Pharo (2022), qui considère que le désir de rétablir une part de communs dans la vie sociale équivaut à une forme renouvelée d'émancipation. Selon lui, agir au nom des communs permet de créer des espaces intermédiaires d'équilibre ; cela en contrepoids des logiques marchandes et de la recherche de performance.
Il pourrait être intéressant de questionner la robustesse des transformations prenant appui sur les communs : en quoi les communs produisent de manière effective des changements dans les organisations ? Mais aussi, quelle est la force émancipatrice des communs au sein de collectifs de travail ? C'est d'ailleurs l'axe de travaux conduits actuellement avec un spécialiste du sujet d'émancipation Jérome Eneau.
Cette nouvelle étude s'effectue à partir du projet Utilo [9], décrite par des personnes qui y sont engagées au sein d'une communauté d'acteurs de l'innovation publique territoriale. Ces acteurs se rencontrent dans un espace de tiers-lieu de l'innovation territoriale le « Tilab » qui est un laboratoire d'innovation publique porté par la Région et les services de l'état en région Bretagne. Nous souhaitons décrire ce processus d'émancipation qui prend appui sur la participation aux communs : de quoi on se libère ? pour aller vers où ?
Bibliographie
Coriat, B. (2017). Communs, l'approche économique. Dans, M. Cornue, F. Orsi, J. Rochfeld (dir.) Dictionnaire des biens communs (p. 266- 269). PUF
Engeström, Y. (2010). Activity Theory And Learning At Work. Dans M. Malloch, L. Cairns, K. Evans, & B. O'Connor, The SAGE Handbook of Workplace Learning (p. 86-104). Sage publications.
Pharo, P. (2020). Éloge des communs. Presses Universitaires de France.
Sanojca, E. (2018). Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride. Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. Rennes, Université Rennes 2. (en ligne sur : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01709910)
Sanojca, E. Briand, M. (2022). The ‘commons' as a new value in adult learning. Proceedings of the 10th ESREA Triennial European Research Conference. University of Milano Bicocca, September 29 – October 2 2022, Milano, Italy (sous presse).
Sen , A (1984/2008) Capability and Well-Being. Dans D. M. Hausman (ed.) Phe philosophy of economics : an anthology (pp. 270-293). Cambridge University Press
[1] les phrases mises en citation sont extraites de la traduction de l'article (Sanojca, E. Briand, M. , 2022)
[2] Voir à ce sujet l'article :
"Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride." qui présente quelques résultats de la thèse qui "cherche à identifier les compétences à développer pour travailler plus facilement avec les autres avec un éclairage sur ces capacités d'agir, appelées par convenance « compétences collaboratives », ainsi que les modes opératoires de leur développement en formation". (Sanojca 2018)
[3] En réponse à la crise du Covid-19, le labo du CNFPT a lancé la "Riposte créative territoriale" dès mars 2020, à l'initiative de membres de la communauté de l'innovation publique territoriale (retrouvez l'appel initial). L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ? Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. » extrait de la présentation de la génèse en ligne.
[4] « L'état d'esprit collaboratif », « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer, dans Innovation pédagogique et transition, mars 2018.
[5] Sanojca, E. (2018). Les compétences collaboratives et leur développement en formation d'adultes. Le cas d'une formation hybride. Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation. Rennes, Université Rennes 2.
(en ligne sur : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01709910 ).
Cette étude s'inscrit dans dans l'intérêt que je porte aux processus de coopération que je divise en trois temps :
- le premier, préalable à la coopération, concerne les caractéristiques individuelles des personnes ;
- le second sur le processus lui-même : comment les personnes font pour travailler ensemble ;
- et enfin comment s'élabore le produit collectif et quelle est la relation à ce produit collectivement réalisé.
[6] Dans une visée compréhensive, l'enquête relève d'une démarche qualitative et s'appuie sur deux sources de données :
- les treize entretiens compréhensifs (Kaufmann, 2011) où la sélection des interviewés prenait en compte le critère d'implication dans RCT (les plus actifs). Cela représente 7 femmes et 6 hommes, majoritairement cadres de la fonction publique (85 %), acteurs du réseau de l'innovation publique territoriale, avec une expérience de 2 à 3 ans minimum (77%).
- dans une moindre mesure, les données textuelles à partir des productions des groupes impliqués dans la dynamique de RCT.
[7] avec pour chaque jardin une gouvernance particulière adaptée au contexte de leur jardin voir à ce sujet Vert le jardin.
[8] les cercles proposés viseront à s'ouvrir au paradigme de l'apprenance en multipliant les espaces ouverts, collectifs, réflexifs, expérientiels, fondés sur l'autonomie des apprenants pour favoriser leurs apprentissages à l'intérieur et à l'extérieur de leurs espaces dédiés.
Ces cercles viseront donc à répondre aux attentes des participants en proposant une opportunité de transformation à partir de leur expérience professionnelle. Ils seront donc des espaces apprenants mais aussi capacitants (Cf. Monique Castillo, Christian Batal et Solveig Oudet) dans la mesure où ils contribueront au développent du pouvoir d'agir des participants.
Extrait de la page de présentation des cercles sur RCT
[9] Comment animer une communauté d'entraide et susciter l'intelligence collective pour concevoir ou faire avancer un projet ? Quelles sont les méthodes et pratiques sur lesquelles on peut compter pour animer un atelier coopératif, mener une démarche participative dans son ensemble, ou encore aider à la mise en place d'un projet de co-conception ?
Voici les questions que se sont posés les pionniers de la communauté UTILO. Ce groupe de 25 agents publics venant de 14 administrations et collectivités différentes ont alors créé collectivement le guide UTILO.
extrait de la page de présentation du projet
Nantes Université s'investit pleinement dans l'Éducation Ouverte et ce, à travers la feuille de route stratégique adoptée en novembre 2022.
C'est dans ce contexte, que nous organisons, en juin, 3 ateliers dédiés aux RELs, au sein de Nantes Université, en collaboration avec le Centre de Développement Pédagogique et les Bibliothèques Universitaires :
- Le 6 juin de 17h à 18h ” Les RELs pour quoi faire ? “, à la Halle 6 Ouest (île de Nantes). Sur la base de cartes inspirantes, cet atelier vise à réfléchir ensemble aux raisons pour lesquelles on veut faire des RELs.
- Le 15 juin de 11h30 à 12h30 “Je crée ma REL” Cet atelier vise à vous initier à la création d'une REL en réutilisant des éléments existants et en y adossant une licence.
- Le 27 juin de 12h à 13h30 “Je crée ma REL”, au Lab BU Sciences, Campus Lombarderie à Nantes. Cet atelier vise à vous initier à la création d'une REL en réutilisant des éléments existants et en y adossant une licence.

Vous êtes personnel de Nantes Université ? Cet atelier est gratuit et ouvert. Toutes les informations et lien d'inscription ici.
Sauf indication contraire, l'ensemble des contenus de ce site https://chaireunescorelia.univ-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
la chaire Unesco REL -IA
Le partenariat avec le collège Anne Frank a débuté il y a quelques semaines, et il est temps de partager un premier retour sur les cinq séances menées avec les élèves de 4ᵉ de la CHAMS. Pour mémoire, ce projet s’inscrit dans la continuité du projet présenté en novembre (Quand l’IA entre en classe : CHAMS, carnet de bord d’un projet innovant — souvenez-vous, la genèse du partenariat et ses objectifs pédagogiques).
Depuis mi-novembre, un groupe de 13 élèves (7 filles et 6 garçons) explore, questionne et manipule l’intelligence artificielle, accompagné par les enseignants de mathématiques et de technologie, ainsi que par les membres de la Chaire UNESCO RELIA.
Séance 1 – Briser la glace et faire émerger les représentations
Faire connaissance avec un brainstorming
Le 18 novembre, j’étais présente au collège pour cette première séance, pensée comme un moment clé de rencontre avec les élèves. Aux côtés de Colin de la Higuera et des enseignants. L’objectif était clair : poser les bases du projet et ouvrir un espace de dialogue autour de l’IA.
Nous avons commencé par une activité de brainstorming autour de trois questions qui ont structuré les échanges :
- Qu’est-ce qu’une IA est capable de faire ?
- Qu’est-ce qu’une IA n’est pas capable de faire ?
- Où rencontre-t-on l’IA dans la vie quotidienne ?
Les élèves ont travaillé individuellement, écrit, partagé à l’oral puis déposé leurs réponses dans une boîte que nous conserverons toute l’année comme une capsule temporelle, afin de mesurer l’évolution de leurs représentations.

Première séance avec le groupe le 18 novembre 2025. Photo Julie Baron sous licence CCBY
Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est la maturité des réponses. Sans y être invités, certains élèves ont spontanément évoqué les limites de l’IA : « elle peut faire beaucoup de choses, mais elle fait des erreurs », ou encore « elle ne peut pas remplacer l’humain ». Les notions d’émotions, de sensations ou de vécu sont revenues à plusieurs reprises pour marquer la différence entre humain et machine.
Ce début de séance a aussi été l’occasion de discussions plus ouvertes, notamment autour de la question : « Une IA peut-elle mourir ? », à laquelle Colin de la Higuera a apporté des premiers éléments de réflexion, ouvrant la voie aux débats à venir.



Réponses aux questions du brainstorming. Photos Julie Baron CCBY
Voyage dans le temps : une Timeline de l’IA
La séance s’est poursuivie par un jeu de Timeline, invitant les élèves à replacer de grandes dates de l’histoire de l’IA à partir d’indices visuels. De la création du mot « robot » en 1920 à l’IA Act européen en 2025, en passant par le test de Turing (1950), ELIZA (1966), Deep Blue (1997), Siri (2011), AlphaGo (2016) ou encore ChatGPT (2022), les élèves ont découvert que l’IA s’inscrit dans une histoire longue, faite d’avancées, de ruptures et d’accélérations récentes.
Séance 2 – Quand les élèves deviennent enquêteurs
Le 25 novembre, les élèves ont changé de posture : avec les professeurs du collèges accompagnés de Mélanie, coordinatrice de la Chaire, et Alessandra, doctorante en résidence à l’université, ils ont conçu un questionnaire sur les usages de l’IA générative au collège et à la maison.
Voici quelques exemples de questions, formulées avec eux : « As-tu déjà utilisé ChatGPT ? », « Pour quoi faire ? », « Quels défauts lui trouves-tu ? ».
Création du questionnaire le 25 novembre 2025. Photos Alessandra Brafa sous licence CCBY
Cette séance a permis de faire entrer les élèves dans une démarche de recherche, mêlant réflexion critique, construction d’outils et préparation d’une analyse de données. Les questionnaires ont été diffusés via Wooclap auprès des élèves, des parents et de la communauté éducative, avant une exploitation mathématique et une analyse collective fin janvier.
Séances 3 à 5 – Mettre en lien IA, mathématiques et technologie
Les trois dernières séances avant les vacances ont été consacrées à un projet interdisciplinaire : la création d’un jeu de Nim imprimé en 3D. L’objectif ? Relier mathématiques, technologie et fabrication numérique, tout en préparant le terrain pour aborder le machine learning par le jeu et la stratégie.
Les élèves ont d’abord modélisé le jeu sur SketchUp, un logiciel de modélisation 3D, puis exploré le rôle des logiciels de slicing pour préparer les impressions 3D. Grâce aux données fournies par ces outils, ils ont pu :
- Calculer les volumes des pièces à imprimer,
- Étudier la densité des modèles en fonction des paramètres d’impression.
Ces séances techniques posent les bases d’une prochaine phase, où le jeu de Nim deviendra un support pour comprendre les stratégies algorithmiques et introduire les principes du machine learning.
Premiers enseignements
Après ces cinq premières séances, le bilan est très positif. Les élèves alternent réflexion sur les IA génératives, mise en action concrète, production et analyse. Les enseignants et la Chaire construisent ensemble un projet progressif, ancré dans les disciplines, tout en ouvrant des espaces de discussion sur les enjeux contemporains de l’IA.
La suite s’annonce tout aussi stimulante — et nous avons hâte la partager avec vous.

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Une année s’achève… l’heure du bilan. Comme vous avez pu le lire cette année, et/ou le relire ici, la Chaire UNESCO RELIA a été particulièrement active en 2025. La conjonction de deux choses : un besoin ressenti qui a entrainé beaucoup de sollicitations et une belle énergie qui nous a permis de relever des défis, d’aller parler, animer des ateliers, donner des formations, émettre des analyses et proposer des projets.
L’Intelligence Artificielle a encore augmenté sa pression sur l’éducation. Nos analyses sont renforcées par les nombreux partenariats que nous avons sur cette question et sur les projets (européens en particulier) que nous menons. C’est donc sans surprise que nous sommes sollicités sur ces questions. Mais nous avons également lancé de fortes initiatives sur l’éducation ouverte.
L’énergie de l’équipe vient des personnes qui l’intègrent (en 2025, Andréane, Jotsna, Julie, Lucie, Mélanie et Solenn, avec les visites cette année d’Aldo Pisano, Alessandra Brafa et Carolina Rodríguez Enríquez) mais aussi avec toutes celles et tous ceux avec qui nous avons collaboré sur un projet, sur une action, sur un article… Merci à toutes et à tous !
Janvier
L’année 2025 a démarré fort, en particulier avec l’Italie, qui a développé des initiatives marquantes autour de l’IA en éducation, fondées sur une forte collaboration entre personnes informaticiennes, philosophes, chercheures en sciences de l’éducation et lycéennes. L’événement national NextGen-AI a réuni 1000 élèves pour expérimenter l’IA et formuler des recommandations au ministère. Les échanges ont mis en évidence la maturité et la profondeur des questionnements existentiels des jeunes sur l’IA. Cette approche participative illustre une vision non descendante du futur de l’éducation, plaçant la jeunesse au cœur des transformations.
Février
En février, la Nuit Blanche des chercheur·es à Nantes a été l’occasion pour la Chaire de mettre en lumière, à travers l’atelier L’éducation, terrain de jeu pour l’épanouissement, les transformations profondes que l’IA opère dans nos façons d’apprendre. Co-construit avec des enseignant·es du Collège de la Coutancière, de la Chapelle sur Erdre, et des chercheur·es de Nantes Université, cet atelier a invité le public à expérimenter, discipline par discipline, trois approches d’apprentissage : l’expérimentation concrète, l’échange avec un·e expert·e, et l’interaction avec une IA. Les retours ont confirmé l’importance de la confiance, de la formulation des prompts, et du rôle de l’IA comme outil d’accompagnement — jamais de substitution — à la réflexion pédagogique.
S’adresser à un public de jeunes ados ? C’est le défi que Colin a relevé, en acceptant de participer à l’émission de France Info Junior. Il a ainsi répondu à des questions d’enfants de 8 à 12 ans autour de l’IA à l’école. Cette intervention s’est inscrite dans la continuité de la semaine du Sommet pour l’action sur l’IA, à laquelle nous avons également participé.
Mars
Qui dit mars, dit mois de l’éducation ouverte (EO). Comme les années précédentes, la Chaire a souhaité apporter sa contribution à la OE Week (Open Education Global) et au mois de l’EO (initiative franco-canadienne).
Convaincre d’opter pour l’éducation ouverte, tel a été l’objectif de notre opération des « 23 Bonnes Raisons ». Pour la mener à bien, nous avons fait appel à notre communauté internationale en leur proposant d’écrire un article sur une des 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte que nous avions identifiées au préalable.
La diffusion des articles s’est étalée sur tout le mois de mars et révélait chaque jour à heure fixe la bonne raison du jour. Nous avons ainsi constitué une collection internationale de contributions rédigées en langue originale, traduites et publiées sous licence CC BY sur ce blog, sur celui du réseau UNOE et sur celui de l’Université européenne du bien-être EUniWell.
Avril
Le mois d’avril est arrivé avec une très belle nouvelle : le manuel “AI for Teachers”, co-écrit par Colin de la Higuera et Jotsna Iyer, a remporté le prix Merlot 2025. Ce prix récompense chaque année les meilleures ressources éducatives. Le jury a souligné que « Le manuel commence par les bases de l’intelligence artificielle et construit les connaissances de manière séquentielle. Les concepts sont bien reliés entre eux et les utilisateurs peuvent améliorer leur compréhension grâce aux vidéos et aux activités d’apprentissage fournies, ce qui permet un apprentissage efficace. ». Ce manuel est destiné à former les enseignant.e.s à l’IA.
Mai
Le 23 mai, la Chaire a eu l’honneur d’accueillir à Nantes Bhavani Rao, titulaire de la Chaire UNESCO Gender Equality & Women Empowerment. Dans le cadre d’un séminaire organisé en partenariat avec la mission Égalité Diversité du LS2N, elle a partagé les innovations de son équipe à l’Université Amrita (Inde) : des dispositifs technologiques à faible coût — IA, réalité virtuelle, robotique — déployés depuis plus de 15 ans dans des contextes défavorisés, bénéficiant à plus de 300 000 femmes. Son approche, à la fois scientifique et ancrée dans les réalités locales, vise à construire une résilience collective tout en engageant les hommes dans la transformation sociale. Une rencontre enrichissante, en continuité de notre collaboration initiée en 2019, et qui réaffirme notre engagement à promouvoir une IA équitable, inclusive et au service de l’ODD 5.
Juin
En juin, nous avons participé à la conférence internationale OER25, le rendez-vous de référence en Europe pour les acteur·ices de l’éducation ouverte, organisé cette année à Londres, sur le thème : Speaking Truth to Power, Open Education and AI in the age of populism. Beaucoup d’interventions et d’exposés très riches ont été proposés autour de ce thème, révélant notamment les nombreuses ambiguïtés de l’IA pour le monde de l’éducation ouverte.
Côté Chaire, nous proposions deux contributions : une discussion autour de notre opération des « 23 bonnes raisons en faveur de l’éducation ouverte » et un atelier participatif : le losange de l’éducation ouverte, qui invite les participant·es à argumenter collectivement afin de convaincre une personne du monde de l’éducation d’adopter l’éducation ouverte.
Nous avons reçu des retours très positifs, soulignant le caractère collaboratif et international de nos projets ainsi que la richesse des échanges suscités par nos contributions.
Juillet
Lancé en 2024, le GTnum GenIAL (Generative artificial intelligence and large language models in education) était lancé sous l’impulsion de la Chaire UNESCO RELIA de Nantes Université, en partenariat avec Class’Code, les académies de Nantes, Versailles, Aix-Marseille et Nice, Canopé, et des EdTech comme Vittascience ou Lalilo.
Ce groupe de travail numérique, piloté par la Direction du Numérique pour l’Éducation, vise à explorer les impacts profonds de l’IA générative sur les pratiques pédagogiques, les rôles des enseignant·es, les apprentissages des élèves, et les dispositifs éducatifs — en questionnant notamment l’autonomie, la créativité, l’équité et la protection des données.
Depuis, une série de webinaires a permis d’ouvrir le débat avec des chercheur·es, enseignant·es et praticien·nes :
24 mars 2025 : La créativité humaine face à la génération de contenu
3 avril 2025 : IA génératives et scénarisation pédagogique
4 juin 2025 : Comment accompagner les établissements vers l’appropriation de l’IA pour enseigner ?
Les travaux se poursuivent selon trois axes : impacts sur les enseignant·es, les apprenant·es et les dispositifs éducatifs. Sont à venir : un cahier d’expériences enseignantes, une plateforme PASIA de cartographie des outils LLM et une synthèse finale sur les enjeux éthiques, juridiques et pédagogiques.
En savoir plus : page du GTnum GenIAL
Août
Tout au long de l’année, la Chaire RELIA a donné la parole aux étudiant·es de Nantes Université pour imaginer l’éducation de demain et réfléchir à la question : « Maintenant que l’IA fonctionne, a-t-on encore besoin d’apprendre ? » Au fil des discussions et des débats, trois raisons principales ont émergé : On apprend par plaisir, on apprend pour socialiser, on apprend pour pouvoir construire son esprit critique. Cela a donné lieu à un rapport écrit par les étudiant.es.
D’autres groupes étudiants du réseau international UNOE ont travaillé en parallèle sur les mêmes thématiques dans leur pays. Une première phase s’est achevée par une visioconférence où nos étudiant·es ont confronté leurs idées avec celles d’étudiant·es du Liban.
Septembre
Du 2 au 5 septembre, s’est tenue la traditionnelle Digital Learning Week de l’UNESCO, autour notamment de l’IA et des Ressources Éducatives Libres. Plusieurs débats impliquaient ministres, personnes expertes et industrielles. Les questions autour de l’intégrité et de l’explicabilité de l’IA en éducation ont notamment été abordées. Nous y sommes intervenus lors de réunions et d’ateliers dédiés à l’Éducation Ouverte.
En septembre, une autre actualité était du côté de la Nantes Digital Week. En effet, forte d’une première édition réussie (Nantes Digital Week 2024 : « Penser face à l’IA, à quoi bon ? »), la Chaire s’est de nouveau associée à la Halle 6 Ouest, au Rectorat de Nantes et à des acteurs et actrices de l’enseignement supérieur pour organiser la journée :
« Apprendre face à l’IA : à quoi bon ? ». Au programme :
- Une matinée consacrée aux élèves de 3 classes de troisième, leur proposant un parcours d’ateliers animés par des chercheur·ses en sociologie, sciences de l’éducation, linguistique et informatique, explorant ce que l’intelligence artificielle vient transformer dans nos façons d’apprendre.
- Un après-midi grand public avec des ateliers pour questionner nos manières d’apprendre à l’ère de l’IA
- Un café jasette s’est également tenu l’après-midi : moment privilégié de discussions spontanées au cours duquel chercheur·ses, professionnel·les de l’éducation, étudiant·es, citoyen·nes ont réfléchi à ce que l’IA transforme dans notre contrat éducatif.
Octobre
Tel Amiel, Glenda Cox et Colin de la Higuera ont partagé pour l’UNESCO une analyse des risques que font peser l’IA propriétaire et les technologies éducatives fermées sur l’équité et la durabilité de l’éducation. Ils dénoncent en effet les logiques de performance, d’optimisation et de “boîtes noires” qui réduisent l’éducation à des métriques simplifiées. L’ouverture est essentielle afin d’orienter l’IA vers le bien commun plutôt que vers le profit.
Novembre
Une fin d’année riche en émotions car nous avons eu l’immense plaisir de voir acceptées nos candidatures à l’ensemble des projets européens. En effet, c’est un bingo : 4/4 projets au sein desquels la Chaire est partenaire. Certains comme AI-DL et Integrity-AI sont déjà lancés. D’autres, comme ASSAI et GenAI4Schools le seront dès le premier trimestre 2026. Au programme : des livrables en lien avec l’IA dans l’Éducation, l’éthique, la question des examens et ce, du primaire jusqu’à l’enseignement supérieur.
Novembre 2025 a marqué le coup d’envoi du projet CHAMS (Classe à Horaires Aménagés en Mathématiques et en Sciences) au collège Anne Frank de Saint-Herblain. En tant que partenaire, la Chaire UNESCO RELIA s’est engagée pour ouvrir les portes de l’université et de la recherche aux collégien·nes, en démystifiant l’IA et ses usages concrets. Au programme : des séances mêlant mathématiques, technologie et recherche documentaire, pour aborder l’IA non comme une boîte noire, mais comme un outil à comprendre et à maîtriser. Ce partenariat, qui s’étendra sur toute l’année scolaire, vise à éveiller l’esprit critique des élèves tout en les initiant aux enjeux techniques et éthiques de l’intelligence artificielle. Une aventure pédagogique à suivre en 2026 !
Décembre
Pour clôturer l’année, nous avons organisé, en collaboration avec la Fondation de Nantes Université, une rencontre intitulée “Éducation, ouverture, IA : des synergies à inventer” au siège de l’UNESCO, à Paris. Des échanges ont eu lieu autour des enjeux de l’IA dans l’éducation, de la marchandisation du savoir et de l’usage critique de l’IA. L’occasion pour la Chaire de célébrer officiellement son renouvellement pour 4 années supplémentaires et de réaffirmer son rôle dans la réflexion et l’anticipation des futurs de l’éducation.
2025 s’achève avec quatre nouveaux projets européens, dont trois qui se lancent en 2026, des opérations en préparation (Chut, un secret, un teaser… le mot « partager » risque d’être « notre mot de l’année » 2026) des collaborations qui continuent, d’autres qui commencent. Et toujours la même envie de rencontrer des personnes, des organisations avec qui partager, justement, un bout de chemin.

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Vous souhaitez contribuer à un travail collectif et à forts enjeux pour l’Intelligence Artificielle en Éducation et pour les Ressources Éducatives Libres ?
La Chaire UNESCO RELIA recrute un·e post-doctorant·e pour participer à des projets innovants autour de l’IA et de l’Éducation, en collaboration avec plusieurs partenaires en France et à l’international.
Au sein de l’équipe, vous contribuerez à analyser l’impact des IA génératives sur les pratiques d’enseignement et d’apprentissage, avec une attention particulière portée aux enjeux d’intégrité, d’éthique et d’explicabilité de l’IA en l’éducation.
Vous participerez à la création de ressources pédagogiques ouvertes accessibles à toutes et tous.
Alors si vous êtes une personne curieuse, intéressée par l’IA (vous n’êtes pas obligé·e d’être une personne experte sur le sujet!), que vous avez un doctorat et que vous aimez travailler en équipe, n’hésitez pas à découvrir l’offre dans son intégralité ici.
Poste à pourvoir dès que possible, CDD de 2 ans, basé à Nantes (France).
Le 2 décembre a eu lieu, au Siège de l’UNESCO à Paris, la célébration de la Journée Mondiale des Futurs en 2025. Intelligence Artificielle et éducation étaient au cœur des échanges.

Un dialogue stratégique à l’UNESCO
La Fondation Nantes Université et nous-mêmes avons organisé, sur invitation, une rencontre intitulée “éducation, ouverture, IA : des synergies à inventer”. Elle s’est déroulée en trois temps :
- Une présentation du rôle de l’UNESCO et de ses Chaires par Maya Prince
- Une conférence de Wayne Holmes, Professeur d’études critiques sur l’intelligence artificielle et l’éducation, titulaire de la Chaire UNESCO en éthique de l’intelligence artificielle et de l’éducation, sur les liens entre IA et éducation
- Une table ronde animée par François Saltiel, lors de laquelle Colin de la Higuera, et Orianne Ledroit, Déléguée Générale de Edtech France, ont débattu de l’intégration de l’IA dans les pratiques pédagogiques et des questions éthiques, sociales et politiques qu’elle soulève.
Les enjeux clés autour de l’IA en éducation

La conférence et les échanges ont mis en lumière trois axes majeurs :
- L’IA comme rupture technologique : Comment les apprenants et les enseignants s’adaptent-ils à ces nouveaux outils ? Quelles compétences développer pour en tirer parti ?
- L’impératif de la formation : Éduquer au numérique avant d’être éduqué par le numérique. Former les enseignants à l’IA, dans un cadre européen et français, est devenu une priorité.
- Démystifier pour mieux agir : Rendre la technologie accessible, encourager un usage critique et responsable, et anticiper les impacts sociaux et politiques de l’IA.
Un mot d’ordre : L’IA ne doit pas être subie, mais maîtrisée, pour servir un projet éducatif ambitieux et inclusif.
Table ronde : débats et perspectives
Lors de l’échange entre Orianne Ledroit et Colin de la Higuera, les débats sur les liens entre IA génératives et éducation se sont déroulés autour de trois thèmes majeurs :
- La “marchandisation” du savoir
Si on parle de “marché de l’éducation” depuis des décennies, avec notamment les maisons d’édition scolaires et parascolaires, l’année 2020 a été un moment charnière pour l’avènement de la technologie dans le monde de l’éducation pendant l’épidémie de COVID-19. Depuis 2022, ce sont les IA génératives qui ont fait irruption dans les écoles. Des expérimentations ont lieu, en ce moment même (voir cet exemple de ce collège anglais où des IA remplacent les professeurs pour une poignée d’élèves). Pour autant, aucune étude ne montre l’impact positif de l‘IA en éducation.
- Agentivité et autonomie : risques et opportunités
Il est crucial de conserver son agentivité, c’est-à-dire sa capacité d’agir. Ceci est un sujet éthique : on décide, sciemment, de prêter à une personne ou une machine (une IA) la capacité d’agir en autonomie. Le risque est le suivant : à force de déléguer, on ne sait plus faire. Prenons l’exemple de la voiture. On peut alors imaginer qu’un GPS, en capacité de conduire la voiture, serait en situation d’agentivité. Ici on prend le risque de perdre la compétence de lire une carte et à terme, celle de conduire.
Pour faire le lien avec le domaine de l’éducation, il est important d’évoquer la question de la délégation. L’IA n’est pas perçue comme une solution pour remplacer les enseignants mais plutôt comme une technologie proposant de outils à insérer dans les pratiques pédagogiques. Afin d’obtenir la preuve de l’efficacité de l’usage de l’IA en éducation, il est primordial de tester et vérifier, en adoptant une démarche scientifique.
- Culture du numérique en France : où en est-on ?
Le constat est commun : les enseignants subissent les pratiques des élèves plus souvent qu’ils ne les devancent, or il y a besoin d’une culture partagée de l’IA. Le France se classe dernière dans le dernier rapport de l’OCDE pour l’usage de l’IA en classe. Les notions de liberté d’expression et de souveraineté sont clés : il faut se poser la question du rôle que la France et l’Europe veulent jouer, sans pour autant croire que la technologie est la solution miracle. Selon Colin de la Higuera, la France avance à la bonne vitesse car elle avance en testant et vérifiant constamment, à l’image du projet européen AI-DL auquel contribue la Chaire RELIA. La littératie numérique est un enjeu à la fois technique, humain et culturel.
Pour conclure…
Lors de cet événement, la Chaire RELIA a affirmé son rôle autour de la réflexion, du partage et de l’anticipation des futurs de l’éducation. Nous remercions particulièrement l’UNESCO de nous avoir ouvert ses portes pour convoquer les « futurs » possibles (et désirables).
La présence de Carine Bernault, Présidente de Nantes Université, a souligné l’importance d’un engagement institutionnel fort sur ces sujets. Les échanges avec les autres chaires UNESCO ont confirmé la nécessité d’un dialogue international et, plus largement, l’acceptation d’un enjeu central : celui de se donner les moyens, notamment financiers, pour expérimenter et construire les futurs de l’éducation.
Licence
Sauf indication contraire, l’ensemble des contenus de ce site https://chaireunescorelia.univ-nantes.fr/ est mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.
En cette fin d’année, nous vous proposons de revenir sur un échange enregistré au début de l’été avec Colin de la Higuera, titulaire de la Chaire, dans le cadre du podcast OE Global Voices d’Open Education Global.
Enregistré le 13 juin 2025, cet épisode s’inscrivait dans la dynamique des Open Education Awards for Excellence, alors que le processus de nomination était en cours. Diffusé quelques mois plus tard, il conserve toute son actualité : au-delà de la reconnaissance associée au prix, il offre l’occasion de revenir sur le rôle des lauréats, mais surtout sur les dynamiques collectives qui sous-tendent leur travail.
Au fil de la discussion, Colin de la Higuera revient sur son parcours — de la recherche en mathématiques et en apprentissage automatique aux enjeux politiques et éducatifs de l’IA — et sur ce qui l’a conduit à s’engager durablement dans le champ de l’éducation ouverte.
Le podcast permet également de mieux comprendre le rôle d’une Chaire UNESCO : un espace sans financement propre, mais doté d’une responsabilité particulière — celle de pouvoir analyser, synthétiser et parfois prendre position, en s’appuyant sur des cadres internationaux construits de manière collective et multiculturelle.
Plusieurs axes de travail portés par la Chaire UNESCO RELIA sont ainsi mis en lumière :
- le lien étroit entre intelligence artificielle et ressources éducatives libres,
- les enjeux du multilinguisme, notamment à travers l’expérimentation de blogs et de manuels ouverts traduisibles grâce à l’IA,
- la question centrale de la motivation à apprendre : pourquoi apprend-on, et comment l’IA peut-elle soutenir — ou fragiliser — cette motivation,
- une conviction forte, résumée par Colin de la Higuera : « Si l’IA pose de nouvelles questions à l’éducation, l’éducation ouverte est une partie de la réponse ».
Cet épisode prend ainsi la forme d’un temps de recul, invitant à relire l’année écoulée tout en ouvrant des pistes pour les travaux à venir de la Chaire.
Le podcast en langue anglaise est à écouter dans la série OEGlobal Voices d’Open Education Global :
À propos de OEGlobal Voices
OEGlobal Voices est un podcast produit par Open Education Global, animé par Alan Levine, qui donne la parole à des acteurs et actrices de l’éducation ouverte à travers le monde. Dans un format conversationnel, chaque épisode explore des parcours, des pratiques et des idées qui contribuent à structurer le champ de l’éducation ouverte.
Licence
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