suite des articles "Enseigner la transition"


Enseigner la transition

Education au développement durable, vademecum, Horizon 2030

Description Ce vademecum clarifie les concepts fondateurs de l'EDD, synthétise l'ensemble du projet EDD
du Ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS)., identifie les ressources utiles et accompagne les enseignements et actions éducatives
relatives au développement durable. La première mission fondamentale de l'EDD est d'éclairer
les processus de l'ensemble des transitions, écologiques, sociales et économiques que nous
connaissons.
Cet enjeu de société implique une transformation de la relation entre l'humanité
et la biosphère, mais également à l'échelle des individus entre eux et des sociétés elles-mêmes.
Il suppose un exercice pédagogique délicat lié notamment à la diversité des concepts et des
notions abordés, à l'interdépendance entre les champs de connaissance sollicités (de nature
scientifique, sociologique, économique, sociale et culturelle), à la multiplicité des acteurs
impliqués et des collaborations possibles.
Projet d'éducation globale, « systémique », l'EDD présente une autre caractéristique essentielle,
qui lui donne une force particulière : elle lie l'action à la connaissance, la raison à l'émotion, le
sens au sensible. Elle s'élabore en effet grâce à des démarches concrètes, transdisciplinaires
et transformatrices, qui permettent aux élèves de développer de multiples compétences qui
orienteront leurs parcours individuels, personnels et professionnels.
L'EDD fournit également aux jeunes des outils d'analyse et de compréhension des défis du
monde de demain, de sorte qu'ils puissent s'engager pour un futur soutenable et désirable
sur une planète viable et vivable. Elle offre ainsi une formidable occasion de solliciter l'esprit
critique, mais aussi la créativité et l'intelligence collective.
L'EDD vise l'ensemble des cycles et des disciplines enseignées. Dans les écoles et les
établissements d'enseignement, elle mobilise professeurs, référents EDD, élèves et éco-délégués
autour de démarches pédagogiques structurantes qui contribuent à l'évolution globale des
projets d'établissement et du positionnement de l'éducation dans les territoires. Elle ouvre
l'école vers l'extérieur et à l'extérieur.
Extrait du https://t.co/n6O9AgTj0O?amp=1document (pdf 72 pages)
Auteur de la fiche Michel Briand


educationaudeveloppementduarblevademecum_vademecim.jpg

Public visé
  • Étudiant
  • Enseignant
Thématique
  • Transition
Mot Clef
  • Transition écologique
Type Support
  • Guide d'aide
Adresse web de la ressource https://t.co/n6O9AgTj0O?amp=1

et / ou

Auteur de la ressource Ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports (MENJS).
Type d'auteur
  • Institutionnel
Quel partage ? Quelle licence ? Autre partage
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EducationAuDeveloppementDuarbleVademecum

(Ressource)



créée le
13.09.2021 à 17:56,


mise à jour le
13.09.2021 à 16:04


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Un article repris du Campus de la Transition, une publication sous licence CC by sa

Nouvelle formation pour le public professionnel. Parce que la Grande Transition doit aussi, et surtout, s'enclencher au cœur des organisations, le Campus ouvre un nouveau cursus dédié aux responsables RSE et responsables de la Transformation. Le 7 octobre 2021, la première promotion du Club Open Transition amorcera son parcours d'apprentissage qui s'étalera jusqu'au mois de mai 2022.

Apprendre, comprendre et s'outiller pour transformer

C'est en transmettant les outils de compréhension des enjeux de la transition et les leviers d'actions que l'équipe pédagogique compte insuffler une mise en mouvement dans l'environnement professionnel des participant·es. L'ambition ? Accompagner les entreprises, collectivités et associations vers un modèle et des activités compatibles avec les défis sociaux, économiques et environnementaux auxquels notre société fait face. Cette démarche s'inscrit dans la mission du Campus : former pour transformer. Un contexte privilégié pour créer du lien entre celles et ceux qui portent la RSE et la Transformation dans leurs organisations. Cette formation se veut concrète et source de pistes d'engagement pour permettre aux participant·es d'en ressortir avec des apprentissages, des inspirations, et des outils pour accompagner leurs stratégies.

Un parcours conçu pour accompagner et impacter

Dans une formule hybride pour tenir compte des contraintes d'un public professionnel, une partie de la formation se fera à distance, rythmée par les interventions de personnalités expertes du changement et reconnues au sein d'une communauté de chercheur·euses et d'entrepreneur.euses. Et pour compléter ces apports, les participant·es seront accueilli·es sur le site du Campus pour un séjour immersif et d'expérimentation ponctué d'échanges et de rencontres avec les campusien·nes.

Pour les guider, la formation s'articule autour de cinq axes : créer un espace de rencontres et de partage entre pairs ; établir un programme de renforcement individuel grâce à des méthodes de co-développement et d'intelligence collective, s'inspirer des interventions multidisciplinaires de grand·es témoins et d'expert·es s'appuyant sur la méthodologie élaborée par le Campus ; accroître son impact avec l'utilisation d'outils et de méthodes éprouvés ; se reconnecter à soi, aux autres et à la nature. Des thématiques soigneusement sélectionnées par l'équipe encadrante, combinées à l'approche marquante de la pédagogie du Campus pour garantir une expérience nourrissante.

Vous souhaitez vous former à la transition écologique, économique et sociale pour transformer votre organisation ? La perspective humaniste et la pédagogie innovante résonnent en vous ?

Rejoignez la première promotion du Club Open Transition et démarrez votre parcours les 7 et 8 octobre 2021 au Campus, à Forges en Seine-et-Marne.

Retrouvez toutes les informations pratiques et modalités d'inscription sur notre page dédiée.


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Ce printemps a été marqué par la publication de plusieurs rapports éclairant sous différentes facettes l'enseignement de la transition écologique.

Un article repris du site d'Ingénieurs sans frontières, une publication sous licence CC by sa

Les étudiant⋅es d'AgroParisTech, Marche pour le climat du 28 mars à Paris Baptiste Soubra

D'un côté le rapport intermédiaire (pdf) de The Shift Project [1] commandé par le groupe INSA et visant à repositionner l'ingénieur⋅e dans la société et l'économie, de l'autre la publication du rapport du groupe de travail « Enseigner la transition écologique dans le supérieur » qui a été remis à la ministre Frédérique Vidal en juillet dernier. Ces deux rapports partagent une ambition commune : que l'intégralité des étudiant⋅es soient formé⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux moyens d'y répondre. Nous présentons ici un focus sur quelques enseignements de ces deux rapports :

Le groupe de travail du MESRI [2] a rappelé la nécessité de transformer le contenu des formations pour que celles-ci répondent aux enjeux du monde de demain. Pour ce faire, le groupe de travail préconise que la formation à la transition écologique soit intégrée dans les référentiels d'accréditation des écoles et donc, à ce titre, dans celui édité par la commission des titres d'ingénieur⋅es. Au-delà de ces référentiels, l'évolution des formations passera nécessairement par la modification des enseignements délivrés. Qu'il s'agisse de nouveaux enseignements ou l'adaptation d'anciens, il est essentiel de proposer des réponses différentes de celles ayant entraîné la situation actuelle. Toutes ces évolutions doivent également se faire en intégrant l'ensemble des publics concernés, tels que les enseignant⋅es, mais également les étudiant⋅es. Fortement intéressé⋅es par ces questions, les étudiant⋅es sont également les premier⋅ères concerné⋅es par leur formation. En permettant une construction démocratique des formations, il devient possible de s'assurer de la pertinence des réponses proposées.

Le rapport intermédiaire de The Shift Project porte une réflexion didactique sur le pourquoi et le comment d'une intégration des enjeux socio-écologiques aux formations d'ingénieur·es. Forte d'un travail bibliographique relativement poussé et d'une consultation assez large d'acteur·rices ayant déjà réfléchi ces questions, leur analyse en arrive à reconnaître la dimension politique de la technique et à mettre au cœur du référentiel compétences qu'elle propose des objectifs sociétaux comme la réduction des inégalités, la paix et la justice. La notion d' « ingénieur·e citoyen·ne » portée par ISF et le comité FormIC est mise en avant dans ce référentiel et la réflexion qui le précède. Cependant on peut regretter que les enjeux socio-écologiques soient davantage définis par des contraintes « physiques » que par des dynamiques socio-politiques qui structurent nos sociétés.

Nous ne pouvons que nous réjouir de l'intérêt grandissant de l'exécutif et de la société civile pour les enjeux socio-écologiques des formations, mais ces enjeux doivent désormais se transformer en actions concrètes, en moyens et en un renversement du rapport de force en faveur de ces enjeux et non plus des intérêts économiques d'un petit nombre.


[1] The Shift Project est un think tank se donnant pour mission d'éclairer et d'influencer le débat sur la transition énergétique

[2] Ministère de l'enseignement supérieur de la recherche et de l'innovation


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« La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L'humanité ne le peut pas. »

Enseigner la transition écologique, concerne chaque formation universitaire !

Un webinaire de la session "Enseigner les transitions et en transition" des chemins de la coopération et du Forum des usages coopératifs

avec Hakara Tea

Ce webinaire présentera l'initiative de la Rentrée du climat qui vise à déployer massivement des ateliers sur la Fresque du climat cet automne et de contribuer ainsi à sensibiliser des milliers d'étudiants et d'enseignants.

Une animation sous licence CC by nc nd, pour en faciliter la diffusion.

- Pour vous inscrire et obtenir le lien par retour de mél, merci de répondre à ce court formulaire en cliquant ici
- Pour participer au groupe "Transition écologique en coopération ouverte dans l'enseignement supérieur francophone", s'inscrire sur la liste sympa

"Face à l'urgence climatique l'information est la première condition d'une action efficace sur le plan individuel comme sur le plan collectif.

La Rentrée Climat offre l'occasion de former des dizaines de milliers d'étudiant·es aux enjeux climatiques . L'ensemble des établissements de l'enseignement supérieur est invité à se joindre au dispositif. Le programme est ouvert aux établissements sur l'ensemble de l'année académique.

Le dispositif Rentrée Climat est porté par l'association La Fresque du Climat.
L'objectif de l'association est de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux climatiques, afin que chacun·e puisse mieux décrypter l'information et agir efficacement sur les plan individuel et collectif.

La Fresque du Climat est un outil pédagogique qui articule les conclusions du GIEC pour mieux comprendre les composantes du dérèglement climatique et sa dimension systémique.

D'une durée de 3h, l'atelier mobilise l'intelligence collective et la créativité des participant·es. Une personne formée à l'animation encadre les équipes afin de les guider durant l'atelier, de faciliter la communication entre les membres et d'apporter des explications complémentaires. Il faut compter 1 personne animatrice pour 12 participant·es.

L'atelier est aussi déployé en format numérique 100% en ligne. Cependant, l'animation sur ce format nécessite davantage d'expérience et le besoin d'animateur·rices est doublé."

Un texte repris du site de la Rentrée du Climat

Voir aussi

PS : la présentation du Master en humanités environnementales à l'université de Nantes par Sylvie Nail aura lieu à la rentrée en septembre-octobre.


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Le groupe "Hybridation en coopération ouverte" créé à la sortie du premier confinement sur Riposte Créative Pédagogique montre l'intérêt d'un partage d'expériences, de ressources face à une crise qui bouleverse les conditions de formation. La vingtaine de webinaires réalisés ou en cours en sont un reflet vivant.

Face à une crise écologique qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, voici maintenant la création du groupe "Transition en coopération ouverte" justifiée par l'urgence de la crise. Ce nouveau groupe en coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) [1] privilégie les productions et contenus réutilisables .

Avec un second webinaire le 30 juin à 16h

L'agenda du groupe

Un second webinaire le 30 juin à 17h
Une rencontre pour échanger sur les coopérations possibles, les ressources à mutualiser et un programme à co-construire.

Proposition pour la rencontre

  • Présentation de la dynamique
  • Petit exercice collaboratif : souvenirs du futur
  • Nos premier plus petit pas possibles

- pour participer au webinaire bientôt le lien pour s'inscrire
- pour s'abonner à la liste d'échanges

Et déjà une collecte sur le pad pour

  • noter un liens sur la transition écologique dans l'enseignement supérieur
  • indiquer une envie de faire

Et enrichir les bases de données ressources et initiatives

Avec les formulairer
- saisir une ressource,
- saisir une initiative
il est facile de signaler une ressource ou une initiative
autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone qui complète la centaine de ressources déjà partagées.


De la mutualisation à la coopération ouverte

Depuis 6 ans, Le magazine Innovation pédagogique met en réseau les publications d'une trentaine de sites qui acceptent de partager leur contenu. Au fil des années, la production éditoriale et la notoriété du site se sont accrues comme en rend compte ce graphe des visiteurs mensuels :

Avec la crise du Covid, les échanges d'expériences, réflexions, se sont multipliés avec plus de 200 articles publiés autour de l'hybridation et de la "Riposte Pédagogique". Dans un temps de crise où le monde ne peut plus fonctionner comme avant, l'urgence pousse de nombreuses personnes à coopérer au delà de leur seul établissement.

Pour favoriser cette coopération ouverte, un espace collaboratif "Riposte Créative Pédagogique, a été créé à l'image de Riposte Créative Territoriale [2] initié avec la direction Innovation du CNFPT et d'une dizaine d'autres espaces s'appuyant sur le même outil et la même démarche d'écriture ouverte et de partage des contenus.

Nous y apprenons un partage de ressources, de retours d'expériences au delà de nos établissements [3] avec par exemple le groupe "Hybridation en coopération ouverte" et la vingtaine de webinaires réalisés.

Alors que les publications sur Innovation pédagogique sont proposées à la publication par leur auteur ou via un flux RSS, dans les "Riposte", l'écriture est directe, modifiable et révisable (on peut facilement revenir en arrière) ; c'est un wiki. Et comme à l'école nous n'avons pas écrit à écrire publiquement pour être lu, dans les Riposte nous proposons un petit pas, le plus simple possible, pour écrire, avec l'usage de formulaires, tel celui des fiches ressources.

Les deux espaces sont reliés : les articles d'Innovation Pédagogique sur l'hybridation et en riposte pédagogique à la crise du Covid sont proposés sur Riposte pédagogique. Et les webinaires sont relayés sur Innovation Pédagogique.

Sous le "capot" des Riposte se trouve le logiciel libre yeswiki [1], particulièrement facile à utiliser dans l'esprit d'outil convivial [4] développé par Ivan iIllitch, un outil qui

- augmente l'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle ;
- ne suscite ni esclave, ni maître ;
- renforce le pouvoir d'agir

Les bases de données facilement modifiables, fournissent aussi une cartographie lorsque l'adresse d'une initiative est renseignée comme dans Riposte Créative Bretagne.

C'est cette démarche en coopération ouverte [5] que nous proposons pour la création de ce groupe autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone et en formation d'adultes.

Pourquoi un groupe en coopération ouverte autour de la Transition écologique ?

Je reprends ici la page de présentation du groupe dans Riposte Pédagogique.

Ce groupe travaille sur la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences Creative Commons ; pour répondre aux nombreuses questions qui se posent

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

Cette initiative est complémentaire des démarches internes d'établissements ou de consortium qui ont mis ces questions à leur agenda. L'espace gare d'aiguillage est là pour faire le lien vers les autres initiatives rendues publiques (et ne pas refaire ce qui a déjà été fait, en précisant les conditions de leur réutilisabilité ou non).

La particularité de ce groupe en Riposte Pédagogique est son caractère ouvert avec une volonté de partage des ressources et de favoriser la réutilisabilité de ce ce qui existe déjà.

Comme nous le disions dans le préambule, l'urgence de la crise plaide pour un partage où chacun ne refasse pas dans son coin où nous enrichissons des apports des autres et inventons une intelligence collective autour de communs en actes !

Pour quoi faire ?

Espace collaboratif ouvert chacun.e peut y participer selon son envie, et même avec un petit temps disponible (il suffit de quelques minutes pour ajouter une ressource à la base de données par exemple, signaler une ressource à un collègue concerné, ajouter un lien à la gare d'aiguillage).

Que peut-on déjà faire ?

- Rejoindre le groupe transition en coopération ouverte

Pour rejoindre le groupe, il suffit de vous inscrire sur la liste sympa en cliquant ici [2]

- Participer au premier webinaire le 25 mai en s'inscrivant via le petit formulaire

- Consulter les articles issus d'Innovation Pédagogique

Une soixantaine d'articles sont proposés autour

Ces pages sont alimentées par les flux RSS associés à des mots clés mis sur les articles d'Innovation pédagogique et la page d'accueil qui présente les 5 derniers articles associés évolue au fil des publications, (d'autres sources pourront être ajoutées).

- Référencer une ressource

La base de données ressources permet de référencer ce que vous pensez être une ressource (retour d'expérience, programme, descriptif d'Unité d'Enseignement etc ..). Dés qu'un certain nombre de ressources seront disponibles elles seront proposées directement dans cet espace (via un filtre sur le mot clé transition).

- Documenter la gare d'aiguillage

Les Ripostes Créative fonctionnent dans un logique d'archipel [6, 7] et n'ont pas vocation à regroupe mais à relier. C'est l'idée de gare d'aiguillage [8] qui renvoie vers les ressources dejà existantes.

La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations à l'animation de projets coopératifs Animacoop [9] est un espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration.

Pour la transition écologique dans l'enseignement supérieur une pagea été créée qu'il reste à documenter !

- Expérimenter un cercle d'apprentissage

L'archipel des Riposte Créative est aussi l'occasion d'un croisement des initiatives et nous pourrons nous inspirer des 10 cercles d'apprentissages mis en place par le CNFPT dans Riposte Créative Territoriale pour apprendre ensemble. Voir aussi le cercle apprenant sur la coopération entre ingénieurs, conseillers pédagogiques mis en place par le groupe hybridation en coopération ouverte (première réunion le 3 mai).

- Proposer un webinaire

Avec de 30 à 100 participants, la quinzaine de webinaires de Riposte Pédagogique ont été à la fois de riches temps de rencontres mais constituent aussi via les enregistrements et les ressources associées une base de contenus utiles sur différentes facettes de la pédagogie dans ce temps de crise.
là aussi une organisation collaborative où chacun.e peut proposer et organiser démultiplie le champs des possibles dans une organisation agile et frugale.

Voilà pour quelques propositions que nous avons déjà pratiquées [10] ; mais un groupe coopératif [9] ne manquera d'en faire émerger de nouvelles idées !

Toutes les coopérations avec des réseaux existants est bienvenue, ce groupe n'a aucune autre ambition que de faciliter la transition écologique dans un fonctionnement par consentement où celui qui a envie de faire fat dans la mesure où il n'y a pas d'objection sur le fond du projet !

Alors à bientôt pour croiser nos envies d'une transition écologique en actes dans l'enseignement supérieur francophone et ne formation des adultes.

Les publications citées

[1] Coopération ouverte pour un monde vivable et désirable, texte élaboré lors desrencontres Co-construire à Tournai, août 2019.

[2] La démarche Riposte Créative Territoriale, est présentée dans le film "Silence de l'innovation" réalisé par Thomas Troadec (54 mn), mars 2021.

[3] Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d'écriture collaborative réutilisable, par Michel Briand et Laurent Marseault, 21 juin 2020.

[4] Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative » espace en coopération ouverte, entretien avec Laurent Marseault et Florent Merlet, 15 avril 2021.

[5] La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et audio de la conférence de Michel Briand au colloque QPES 2019, dans Innovation Pédagogique, juin 2019.

[6] Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault, 12 mars 2021.

[7] - Agora des archipels, un espace de rencontres et de partage entre acteurs de la transition qui se retrouvent dans un fonctionnement u, qu'ils soient des individus, des collectifs en archipel.

[8] - La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations Animacoop espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration, un exemple de circulation ds flux sur Riposte Creative Bretagne.

[9] Animacoop formation à l'animation de projets coopératifs ]] et aussi Interpole, l'espace ressource de la CIA (Collectif Inter Animacoop).

[10] Créer et animer une "Riposte Creative, formation action autour de la coopération ouverte proposée au CNFPT par Michel Briand et Laurent Marseault et mise en oeuvre pour le département de la Gironde avec Julie Chabaud (février, mars 2021).

Quelques liens autour de la coopération ouverte

- Autour des compétences qui favorisent la coopération : L'état d'esprit collaboratif, « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer par Elzbieta Sanojca dans Innovation Pédagogique, 11 mars 2018.

- La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces par Romain Lalande et Laurent Marseault sur Vecam, 4 mars 2018.

- La coopération ouverte, un concept en émergence, par Elzbieta Sanojca, Michel Briand, dans Innovation Pédagogique, 15 mai 2018.

- E-book Cooptic un manuel à l'usage des animateurs de réseau et les contenus bonifiés par Gatien Bataille dans sa formation cooptic

- Histoires de coopération, une trentaine d'interview d'acteurs de la coopération ouverte sur le blog Coopérations, mars 2019.


Quelques projets en coopération ouverte

- Bretagne Créative
"L'innovation sociale ouverte, c'est donc donner à voir son projet/son idée, échanger avec les autres pour croiser et enrichir les savoirs-faire et compétences. Sources d'efficience et créatrices de lien social sur les territoires, les démarches collaboratives sont une manière de pérenniser et de multiplier ces initiatives tout en favorisant le bien commun."

- Riposte Créative Territoriale
L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ?
Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. »

- Riposte Créative Bretagne

« Une marmite ne commence pas à bouillir par le couvercle, mais toujours par le fond ! » Proverbe de Haute-Bretagne un espace collaboratif ouvert pour

  • donner à voir et mutualiser les initiatives en complémentarité des services et groupes mis en place
    -* exprimer des besoins prenant en compte les personnes en précarité, en situation de fragilité et éloignées des services proposés
  • favoriser l'attention, le soin, et une convivialité, et ainsi contribuer au bien vivre ensemble
  • favoriser des transformations créatives solidaires et en transition pour l'après

- Faire ecole ensemble
association - collégiale et à durée de vie limitée - qui facilite le soutien citoyen de la communauté éducative durant l'épidémie de COVID-19. Ses actions s'organisent par programmes et se destinent à être supportés par des coalitions d'organisations pérennes.

- Outils libres
Internet avait été conçu comme un réseau décentralisé, qui donne du pouvoir et de la liberté aux citoyens. Sortir nos informations des gros silos de données pour revenir à des petites structures ouvertes et inter-connectées, c'est possible avec un peu de savoir faire technique et de la bonne volonté. Dans le cadre du mouvement plus global des logiciels libres, et par sa rencontre et collaboration avec l'association Framasoft, Colibris a rejoint le Collectif d'Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) et met à disposition gratuitement des solutions libres et respectueuses de la vie privée.

- Transiscope
Aujourd'hui, de nombreux d'acteurs de la transition et des alternatives ont entamé un travail de recensement et de cartographie de leurs organisations, actions et écosystèmes.

Dans la majorité des cas, néanmoins, ces informations sont éparpillées sur les sites de chacune de ces organisations et les données ne peuvent pas communiquer entre elles en raison de choix techniques différents : aucune visualisation agrégée n'était jusqu'à présent possible.

Pour permettre de relier ces alternatives, une dizaine de collectifs travaillent depuis deux ans pour développer des outils libres permettant de connecter les différentes bases de données existantes et de les visualiser au même endroit : TRANSISCOPE

- Collectif Yeswiki
L'outil libre facilitant la coopération ouverte.
YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs.

A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité !

YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements.


[1] YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs. A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité. YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements. texte repris de la page d'accueil de YesWiki

[2] Cette liste est hébergée par Infinihébergeur associatif brestois et membre du collectif Chatons (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires)


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Le collectif Paysages de l'Après Pétrole organise des ateliers pluridisciplinaires sur la spatialisation des enjeux énergétiques. Deux membres d'ISF ReSET ont tenté l'aventure.

Un article repris de la revue Ingénieurs sans frontières, une publication sous licence CC by sa

Un workshop de rencontres entre l'ingénierie, l'art et les paysages, et une trentaine d'êtres humains

Le domaine agricole va se transformer du fait des transitions, mais vers quoi et comment ? Les paysagistes sortent leurs crayons de couleur, les calques, retournent arpenter le site et faire un ou deux crobars. Les ingénieur·es se penchent sur les deux ou trois possibles techniques qui leur paraissent intéressantes, calculent, évaluent, scandent le temps technique, appellent des expert·es. Le mélange n'est pas encore au rendez-vous… les ateliers pluridisciplinaires sur des temps courts, appelés « workshops » chez les concepteur·rices (architectes, urbanistes, paysagistes), permettent d'envisager des possibles, comme un pas de côté, dans la longue série d'études techniques commanditées par une collectivité territoriale pour son développement. Ce rassemblement un peu farfelu crée souvent des rencontres inopinées, des désirs ambivalents de comprendre la méthode de la voisine ou du voisin, qui nous parait parfois moins efficace que la nôtre. Et pourtant, si on s'y essayait ? Serait-ce même indispensable pour réussir les transformations souhaitées ? Une ingénieure en énergie éolienne sait à quoi correspond un GWh/an, mais qu'en est-il de la maire, du boulanger et du paysagiste ?

C'est ainsi qu'est proposé le cadre de travail du workshop par une école de paysage et une association qui promeut les démarches paysagères pour construire les mondes à venir. La chaire paysage et énergie de l'Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles Marseille, le Collectif Paysages de l'Après-pétrole et le centre d'écodéveloppement de Villarceaux se sont ainsi associés pour proposer à une quinzaine d'étudiant·es de tous bords, dont deux adhérent·es d'Ingénieurs Sans Frontières, de questionner ensemble le devenir énergétique du petit territoire du Vexin normand. L'accompagnement artistique, par deux encadrant·es professionnel·les, favorise la rencontre et l'appréhension de cet enjeu énergétique autrement que sous l'unique prisme technique.

Les participant·es se sont rencontré·es, ont visité des sites où la question d'énergie est prégnante et ont commencé à envisager des possibles…. Et ont dû abréger la session pour cause de covid. Mais l'expérience est là, et le retour de nos deux jeunes ingénieur·es à l'esprit critique en proposent une lecture vécue. Avec l'une des organisatrices du workshop, également adhérente à ISF, elle·ils présentent des pistes de réflexion sur les façons de co-construire l'application de la technique.

Vécus mélangés mais enthousiastes des ingénieur·es

A : Pourquoi êtes-vous venu·e ?

T : La conscience de la réalité du changement climatique commence à être massivement répandue, et de nombreux dispositifs d'évaluations existent pour étudier la pertinence des projets sur des critères techniques souvent quantitatifs. Pourtant, cette accumulation de méthodes d'évaluations s'est accompagnée d'une hausse colossale de la quantité d'énergies fossiles extraites et consommées, ainsi que d'une hausse moins remarquable d'installation de dispositifs d'énergies renouvelables. Pas de transition, juste une accumulation de consommations. Nous n'avons pas du tout observé de baisse de la consommation d'énergie. Dans les projets sur lesquels j'ai pu travailler dans mes stages, j'ai pu voir que ces méthodes d'évaluations font leurs chemins et parfois proposent des objectifs intérressants. Seulement, les équipes ont tellement l'habitude de considérer que l'énergie est illimitée que le sujet n'est pas considéré comme une limite. On raisonne à l'envers, on fait des estimations de consommations basées sur les surfaces projetées, pas sur la quantité d'énergie disponible.

Voir un cadre de travail qui prend en compte l'énergie est déjà un soulagement en soi. Mais en plus de présenter des outils, ce workshop aborde ces sujets avec une perspective sensible trop souvent oubliée dans les projets urbanistiques. Car on ne fait pas que des projets pour vivre, on les fait surtout pour y vivre.

F : Je participais au workshop en tant qu'étudiante en L3 de sociologie. Mon projet professionnel est de construire de façon "intelligente", dans le sens bioclimatique du terme. Commençant par un parcours d'études en architecture, j'ai choisi de me réorienter en ingénierie spécialité génie climatique et énergétique afin d'obtenir un bagage technique. J'ai alors pu me confronter au monde normalisé de l'ingénierie par rapport à celui créatif de l'architecture. J'ai également compris que le fait qu'il y ait théoriquement un seul résultat possible pour un énoncé technique est plus que questionnable dans la pratique. A l'inverse, qu'il y ait de nombreuses propositions valables permettant de répondre à une même situation intiale est une notion facilement appréhendable dans le cas de l'architecture.

L'approche sociologique me permet de penser le rapport de l'humain à l'habitat.

Du fait de mon parcours, j'étais très intéressée par l'approche pluridisciplinaire de ce workshop mais aussi par sa thématique.

A : Qu'est ce qui vous a plu dans ce workshop ?

F,T : Les profils variés des participant·es ainsi que des encadrant·es ont permis de créer directement un environnement propice à l'interconnaissance. C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons découvert quatre systèmes énergétiques différents au cours d'un parcours à vélo nous permettant une approche sensible du territoire par l'échelle humaine de notre moyen de locomotion - contrairement à la voiture qui écrase et densifie les paysages par la vitesse.

Les trois acteurs du territoire rencontrés nous ont présenté les systèmes énergétiques qu'ils avaient adopté et dont nous avons pu questionner la pertinence en échangeant avec qu'eux sur leurs visions et leurs réflexions par rapport aux changements que connait le monde agricole ces dernières décennies. De la production alimentaire, ils sont devenus également fournisseurs d'énergie (électrique, thermique).

Nous avons aussi pu échanger sur la question de la ré-autorisation des néocotinoïdes. Un agriculteur en conventionnel et en bio nous as beaucoup surpris car il était pour leur ré-autorisation, mais il nous as semblé qu'il ne nous donnait que des arguments contre. En paraphrasant, il nous disait que "Si on a le droit de les utiliser, certains vont le faire et ceux qui ne le font pas seront désavantagés, donc je m'en sers aussi. Pour que cela ne se fasse pas il faudrait que le consommateur accepte une baisse de production et parfois de payer plus cher." Nous étions assez confus, car il nous semble que cet argumentaire justifie parfaitement leur interdiction. Il faut certes vérifier que les gens puissent toujours acheter à manger, mais c'est un sujet qui nous semble plus facilement réglable que celui de la polinisation sans abeilles.

T : Ce workshop fût aussi l'occasion de croiser des regards sur l'espace et de contribuer à rendre possible cette interdisciplinarité si souvent désirée dans les colloques, que ce soit à l'EIVP ou à l'école de paysage de Versailles, mais si peu concrète en milieu pro où les taches sont réglés par les contrats. Et puis, l'évènement a su briser un peu l'autorité qu'on associe à chaque profession. J'ai beaucoup apprecié de ne pas être vu comme une autorité technique, je pense que cela a grandement amélioré la qualité des échanges.

A : Qu'est ce qui selon vous pourrait être amélioré ? Avez-vous "rencontré" une culture professionnelle différente de la vôtre ?

F, T : Il manquait un brise-glace au programme, il a donc été un peu difficile de devenir un groupe. L'annonce du confinement a créé un fort moment d'empathie et a renforcé les échanges. Comme c'était un peu court, nous sommes resté·es avec les gens que nous connaissions au début. Il y a eu quelques échanges sur des lectures sur l'agroécologie, sur ce qui nous réunissait plus que sur nos cultures professionelles et leurs différences.

Vers des pratiques d'ingénieur·es critiques et capables de prendre en compte la dimension sensible de l'espace ?

L'expérience vécue dans le Vexin normand est l'une des expériences qui permet de croiser les méthodes professionnelles et les savoirs faires à partir du paysage. D'autres expériences, comme le workshop mené par la chaire paysage et énergie en 2018 "Imaginer le paysage énergétique du futur du plateau de Saclay" (http://www.ecole-paysage.fr/site/chaire-entreprises-paysage-energie_fr/Workshop-Concours-Saclay.htm) ou encore le workshop étudiant réalisé par le collectif PAP à Avignon EN 2017 " Avignon, cité des P.A.P. – un territoire péri-urbain en quête de mobilités d'après-pétrole, vers de nouveaux paysages." sont d'autres moments qui favorisent la rencontre des méthodes interdisciplinaires. Quels sont réellement ces appports à la formation d'un·e ingénieur·e citoyen·ne ? Le manifeste FormIC publié en 2013 par ISF France dénonce un rapport neutre à la technique enseigné dans les écoles d'ingénierie. La dimension sensible est constitutive des choix et des motivations politiques des acteur·rices, et interfère avec les choix techniques pris sur les territoires, en l'occurence, ici, sur l'énergie. Si d'ici on voit les éoliennes, comment cela m'affecte-t-il ? Vais-je être oppressé·e ou enthousiasmé·e par celles-ci ? C'est le travail de la·du paysagiste que de prévoir les ambiances spatiales ainsi créées. Ce savoir faire, alliant sensible et technique pour fabriquer des espaces agréables et vivants, est une des conditions de réussite de fabrication de nos modes de vie à venir, moins pollués, plus soutenables et beaucoup plus respectueux de la biodiversité et des gens. Les ingénieur·es ont donc à gagner de croiser leurs savoirs faires avec ces compétences, ouvrant ainsi sur des imaginaires plus en prise avec l'art. Car c'est aussi par l'art que le changement d'imaginaire vers ces mondes plus durables pourra exister et rendre opérationnelles des idées complexes et nouvelles.

Les trois membres d'ISF France impliqué·es dans ce workshop ont donc souhaité prolonger l'expérience : lors des RESIC 2021, un atelier en ligne a proposé de "Dessiner le monde d'après", où les participant·es ingénieur·es furent invité·es à mettre les chiffres de côté pour laisser la place au crayon et imaginer des premières idées d'aménagement. Malgré la distance, 6 groupes ont proposé des dessins de territoires pleins de réflexions et d'action en adéquation avec un ce monde souhaité et spatialement harmonieux. L'expérience a amené de l'enthousiasme, et des sujets thématiques variés (éducation, santé, logements, alimentation, accès à la nature, ...). Dess(e)ins à développer ; à vous de participer !


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Avec de nouveaux formats d'ateliers autour de l'alimentation, les enfants comprennent que la manière dont on traite la planète se répercute sur notre santé. Ella Olsson/Unsplash, CC BY

Dans la mesure où les produits ultra-transformés sont associés à des risques significativement accrus de maladies chroniques, veiller à une alimentation saine est un vecteur essentiel de protection de la santé. La prévalence des maladies chroniques est aussi associée à un accroissement des inégalités sociales de santé, les populations les plus défavorisées étant les plus affectées, et consommant le plus d'aliments ultra-transformés. Notons que la prévalence de l'obésité, favorisant le développement d'autres maladies chroniques, est passée de 8,5 à 15,0 % en France entre 1997 et 2012, pour atteindre 17 % en 2015.

En réaction à cette évolution de l'obésité, les pouvoirs publics agissent depuis une vingtaine d'années, notamment à travers la création du Programme National Nutrition Santé. La question d'une éducation à l'alimentation est également émergente : elle est incluse depuis 2016 dans le code de l'éducation et est encouragée par l'avis n°84 du Conseil national de l'alimentation.

L'alimentation humaine est très influencée par les représentations qui lui sont associées : on mange autant ce qui est « culturellement comestible » que ce qui l'est biologiquement. Selon le sociologue Claude Fischler, c'est aussi, en plus de leur culture, l'expérience quotidienne et répétée des enfants avec leur alimentation qui influence leurs représentations alimentaires.

Les enjeux autour de l'éducation à l'alimentation sont donc absolument conséquents : son organisation à l'école publique pourrait permettre aux enfants non seulement d'acquérir des connaissances mais aussi de comprendre, en tant que futurs citoyens, comment leurs choix alimentaires influencent leur santé, ainsi que celle de l'environnement.

L'attention doit cependant être également portée sur son approche pédagogique. En effet, il est connu que les allégations de santé peuvent être inefficaces lorsque celles-ci s'adressent à des populations sans tenir compte de leurs spécificités culturelles. Il s'installe en effet souvent une « distance culturelle » entre les discours de santé publique et les milieux populaires, qui tend à largement limiter leurs effets. Il semble de même que les discours de santé qui relèvent de l'injonction peuvent non seulement être inefficaces, mais de surcroît stigmatiser les populations auxquelles ils s'adressent.

De trop grandes disparités

Ces quelques éléments nourrissent la réflexion à propos de ce que pourrait (et ne doit pas) être une telle éducation à l'alimentation. Mais qu'en est-il réellement aujourd'hui ? Une enquête de terrain sociologique de type qualitative réalisée au sein d'écoles élémentaires de la région Normandie nous a montré que cette éducation est particulièrement compliquée à réaliser pour les enseignants, qui ne disposent pas de formation en la matière.

Elle s'apparente ainsi à diverses formes « d'éducation à », comme « l'éducation au développement durable », ou encore « l'éducation à l'égalité des filles et des garçons ». Celles-ci sont stipulées dans le code de l'éducation, mais ne s'inscrivent pas dans un programme et ne sont pas contrôlées par les inspecteurs de l'éducation. Autrement dit, leur exercice ne dépend que de la bonne volonté des enseignants, de leur sensibilité particulière, mais aussi des ressources dont ils disposent (en termes de temps et d'énergie).

Une multiplication des injonctions d'exercer ces types « d'éducation à » entraîne souvent de la confusion chez les enseignants. Nous avons par exemple pu constater sur le terrain la mise en place d'une « classe du goût » en guise d'éducation à l'alimentation, dans une école située dans un quartier prioritaire : celle-ci servait davantage la finalité d'éduquer au « vivre ensemble » (les enfants étaient chargés de ramener en classe des aliments et plats provenant du pays d'origine de leurs parents), sans questionner les effets que peuvent avoir la nourriture sur la santé.

Ainsi, si l'éducation à l'alimentation a été pensée par le ministère de l'Éducation afin de répondre aux problématiques de santé qui lui sont liées (principalement à celle de l'obésité), il semble que, sur le terrain, les enseignants font comme ils peuvent avec ce qu'ils ont. La plupart des écoles et des enseignants auprès desquels nous avons enquêté n'ont jamais abordé la question de l'alimentation à l'école, faute de manque de temps et d'informations les guidant sur la manière de procéder.

Une réflexion globale

Dans le contexte actuel, nous pensons qu'il faudrait considérer avec plus d'attention la question de l'éducation à l'alimentation, jusqu'à envisager un programme national commun aux différents établissements scolaires.

Nous avons pour notre part mené des expérimentations afin d'identifier des solutions pratiques, à la fois conscientes des avancées en alimentation humaine et des problématiques sociologiques. En nous basant sur les réflexions que nous avons évoquées ci-dessus, nous en sommes arrivés à une « éducation à l'alimentation holistique ».

« Holistique » par le fait que la compréhension des liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement dépend moins de l'acquisition de connaissances particulières et isolées les unes des autres que d'une compréhension générale et englobante. Mais aussi parce qu'une compréhension holistique des enjeux propres à ces liens permet aux enfants de s'impliquer dans le développement d'une réflexion et d'une discussion. La méthode que nous proposons consiste à communiquer aux enfants des phrases d'accroches, simples à comprendre, qui leur permettront de prendre la parole en mobilisant des connaissances dont ils disposent personnellement et qu'ils ont acquises en dehors de l'école.

Cette approche se distingue des slogans actuellement diffusés, dans la mesure où elle permet aux enfants de devenir pleinement acteurs. Par exemple, nous avons proposé à des enfants de 10 ans de deux écoles situées dans des quartiers prioritaires de s'exprimer à propos d'une citation d'Héraclite : « la santé de l'homme est le reflet de la santé de la terre »

Une implication personnelle

Alors qu'ils semblaient, lorsqu'ils étaient interrogés individuellement, peu concernés et intéressés par ces sujets, ils ont là été en mesure de développer une discussion et une réflexion cohérente. L'un expliquait que la terre a besoin des arbres pour respirer, un autre lui répondait que nous en avions aussi besoin, tandis qu'un autre encore évoquait le fait que nous avons besoin des abeilles pour la pollinisation.

Cette discussion contribua à amener l'idée plus générale que la manière dont on traite la planète se répercutera sur notre santé, notamment parce que la qualité de ce qu'on mange en dépend. Les enfants se sentent directement impliqués et concernés par les réflexions développées. L'éducateur, lui, amène à une réflexion globale via des phrases d'accroche, et fournira éventuellement des informations dans des échanges de questions/réponses avec les enfants.

La collaboration de la sociologie, de l'alimentation humaine et des sciences de l'environnement nous a permis de développer un ensemble de réflexions pour une éducation à l'alimentation adaptée aux enjeux sanitaires et sociaux. Nous pensons qu'il est important d'enseigner aux plus jeunes une totalité plutôt que des « parties », notamment à propos des effets de nos choix alimentaires sur la santé globale.

La mise en place d'une réflexion sur les liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement permettrait aux enfants de se l'approprier, tandis que l'enseignement d'informations isolées les unes des autres semble inefficace auprès des enfants issues de milieux sociaux défavorisés, qui ne se sentent souvent pas concernés par celles-ci. Nous souhaitons proposer de mieux expérimenter cette approche éducative, si possible à l'échelle nationale et dans le cadre d'un programme.

The Conversation

Anthony Fardet est membre des comités scientifiques/experts de Siga, Wuji & co, MiamNutrition, Complexus Care, centre ERASME Jean Monnet et du Projet Alimentaire Territorial Grand Clermont-PNR Livradois Forez. Il est aussi adhérent aux associations GREFFE et ANIS Etoilé.

Louis Lebredonchel does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.


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Le 29 mars, le groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n'a sorti ses recommandations qu'après huit mois d'attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Un article repris du magazine ingénieurs sans frontières, un site sous licence CC by sa

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l'ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d'ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d'intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation.

L'objectif retenu par le groupe de travail est d'avoir, à terme "100% des apprenant⋅es dans le système d'enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours" alors qu'aujourd'hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l'ensemble des apprenant⋅es.

Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d'enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre :

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d'accréditation de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d'accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d'ingénieur⋅es d'enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d'enseignements traitant de la transition écologique.

La CTI représente un acteur central dans l'écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d'accréditation.

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu'il s'agisse de l'adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l'ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante.

Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l'ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l'entoure, défend ardemment l'interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L'intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n'est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l'établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l'enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n'est pas pour cela que les étudiant⋅es s'en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s'assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d'impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l'établissement.

Au travers du programme "Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne", Ingénieurs Sans Frontières s'engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d'ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d'outils et d'une diversité d'acteurs autour de ces questions

La société civile n'a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait.
Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l'éthique et le rôle de l'ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l'ingénieur⋅e, au travers d'outils spécifiquement conçus pour agir auprès d'un public d'étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d'ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l'objectif de sensibiliser au rôle joué dans la transition écologique.

Ce rapport, bien qu'intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l'administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l'absence d'action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s'emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d'ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d'action Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s'appuyant notamment sur ce programme d'ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.


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Pour Ingénieurs sans frontières, les formations en ingénierie se doivent de transmettre les clés de compréhension d'une controverse sociotechnique et de l'ensemble des discours et des intérêts qui se construisent autour des innovations. Ceci afin de former des ingénieur·es capables de composer en interdisciplinarité et de façon démocratique. Mais il semble nécessaire de lever plusieurs freins dans la gouvernance.

Un articlerepris du site Ingénieurs sans frontières

Au niveau des établissements, la formation est négociée entre différent·es acteur·rices (cf l'infographie en page 2). L'État et les entreprises, qui financent bien plus abondamment les écoles que les inscriptions des étudiant·es, cherchent à produire des ingénieur·es adapté·es à un marché de l'emploi et à des pratiques industrielles à l'origine des problèmes socio-environnementaux. Leur pouvoir est tel qu'il est difficile d'exprimer la notion de "décroissance" dans les classes comme dans les instances de gouvernance des écoles. Cette dépolitisation ne s'arrête pas à leurs portes, elle est aussi visible au niveau national au sein des organismes d'accréditation des diplômes comme la commission des titres d'ingénieur où le premier syndicat des patron·nes de France occupe une place très confortable.

Et pourtant, face à cette forme d'ingénierie qui domine les formations françaises, quelques exceptions montrent que des alternatives sont possibles. L'ENGEES (école de l'eau et environnement à Strasbourg) forme à la co-construction territoriale dans la gestion de la ressource en eau, sous l'impulsion du laboratoire interdisciplinaire GESTE (sociologie, économie, ingénierie). Cependant sa formation technique est assez conventionnelle, invisibilisant les alternatives car modelée pour les besoins de Veolia. A l'inverse, l'ICAM de Lille vient de créer une spécialité Low Tech malheureusement technocentrée et inscrite dans le paradigme de l'économie circulaire industrielle, un capitalisme vert qui défend toujours les intérêts d'une minorité. Enfin, on peut citer un cas plus rare, celui d'APTERIA à Sciences Agro Bordeaux qui forme des ingénieur·es à exercer dans le monde associatif et/ou la fonction publique.

L'une des conditions clés est d'avoir des enseignant·es-chercheur·ses qui s'engagent dans la transformation de la formation, par leurs enseignements et par les instances de gouvernance qu'elles·ils investissent.

Parallèlement à ces transformations marginales, on voit fleurir des initiatives prometteuses qui repolitisent partiellement la question des formations : The Shift Project qui mène le projet Climat en partenariat avec le groupement des INSA ; le collectif interdisciplinaire de chercheur·euses FORTES qui vient de développer son Manuel de la Grande Transition avec le soutien du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; ou encore Pour un réveil écologique qui ouvre un groupe de travail avec le même ministère pour conduire une réflexion sur l'évolution de l'enseignement supérieur. Mais ces alliances peuvent-elles amorcer un changement suffisamment radical ? En tout cas, voici différents freins et leviers que les étudiant·es peuvent contourner et mobiliser dans leur stratégie pour transformer les formations.


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Les T'éduc proposent un rendez-vous régulier à la communauté éducative et aux médiateurs culturels et scientifiques. Ils les invitent à une réflexion collective autour d'un thème avec l'appui et l'expertise d'intervenants et la participation de tous. Ils nourrissent les approches éducatives et la dynamique de projet et incitent à la réflexion autour des nouvelles formes de médiation.

Le monde éducatif doit aujourd'hui prendre part dans la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique. Si les programmes scolaires commencent tout juste à prendre en compte l'importance de ce défi, des pratiques très riches se développent à tous les niveaux de l'enseignement, à l'école comme dans les musées. La Cité des sciences et de l'industrie a notamment fait de cette question une priorité de sa programmation et des différents lieux ressources qu'elle propose. Et si les sciences sont en première ligne, toutes les disciplines sont concernées.

L'objet de ce T'éduc est de permettre à des acteurs engagés de faire part de leur expérience, de leur combat pour une plus grande intégration des questions climatiques dans l'ordinaire de la classe et pas seulement dans des projets occasionnels. Dépasser les simples « petits gestes éco-citoyens », aborder un sujet anxiogène fortement relayé dans les médias… Un vaste chantier que nous vous proposons d'explorer avec nous.

Avec la participation de (liste complète à venir) :
- Pierre Lena, Membre de l'Académie des sciences, Président d'honneur et co-fondateur de La main à la pâte ;
- Mathilde Tricoire, Responsable pédagogique de l'Office for Climate Education (OCE) ;
- Nicolas Demarthe, Animateur de La main à la pâte, ancien professeur des écoles et formateur.

Un webinaire animé par Marie-Catherine Mérat.


Programmation 2014-2015
Information et inscription : educ-formation@universcience.fr

Avec la collaboration des Cahiers pédagogiques

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