Suite des articles autour de l'implication des étudiants

autour de l'implication des étudiants

L'expérience étudiante a été profondément bouleversée par la crise sanitaire et les confinements successifs. Les pertes d'emplois, la continuité pédagogique à distance, la fermeture des lieux de socialisation et l'incertitude de l'avenir ont largement contribué à générer un climat anxiogène qui a eu des répercussions sur la santé mentale des jeunes. Ces multiples difficultés ont été largement relayées par les médias.

L'insécurité financière et sociale a rompu les sociabilités propres à la vie étudiante. Comprise comme « l'absence d'une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d'assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux », elle est ici clairement établie, en raison du tarissement des ressources financières et de l'isolement social lié aux mesures restrictives.




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Or, cette insécurité, qui « peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives », tend vers les conséquences les plus dangereuses comme le renoncement aux soins, plus particulièrement dans les spécialités qui ne sont pas prises en charge en totalité par la sécurité sociale. C'est le cas de l'odontologie et des soins psychologiques et psychiatriques. Les psychiatres de secteur 1 – entièrement remboursés – se font rares et les psychologues ne sont pas pris en charge par les mutuelles.

La santé mentale est donc l'un des sacrifices faits sur l'autel de la précarité financière, ce qui n'est pas sans conséquence sur les trajectoires académiques.

À travers une étude quantitative et qualitative, menée d'avril 2020 jusqu'à la fin de l'automne 2020, nous entendons avoir un tableau précis des conséquences de la crise sanitaire sur la santé mentale des étudiants.

Une angoisse accrue par le premier confinement

Le premier confinement a rendu les étudiants inquiets par des conséquences d'une crise économique à court terme (58 % pensaient avoir des difficultés à trouver un job d'été, ce qui pénaliserait leur budget) et à moyen terme (57 % s'inquiètaient de la possible crise économique, surtout des étudiants salariés, les femmes et les étudiants en master).

Leurs peurs concernent également leurs études : 58 % s'interrogeaient sur leur possibilité de passer des examens du fait de la situation de confinement et 64 % s'alarmaient de leur chance de réussir ces partiels. Cette peur de l'échec est plus particulièrement perceptible chez les étudiants boursiers, les femmes et les étudiants en licence. L'arrêt des stages ou de l'alternance s'est avéré problématique pour près d'un étudiant sur deux. 45 % des étudiants étaient également préoccupés par la valeur de leurs diplômes. Enfin, plus de 50 % environ des étudiants se déclaraient inquiets pour leur famille, en ce qui concerne par exemple l'aspect financier ou la santé.




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À travers les résultats de l'enquête quantitative et des tests statistiques non paramétriques établissant des corrélations, nous pouvons voir des variations selon le milieu social, le genre et le cursus en cours. Ainsi les plus inquiets, que cela soit sur le plan académique, le diplôme ou la poursuite d'études, sont les femmes, les boursiers, les étudiants en licence mais aussi les étudiants salariés. Cette dernière sous-population est particulièrement concernée par ces différents éléments dans la mesure où l'équilibre entre poursuite d'études et finances est par nature instable et que la majorité de leur revenu pour financer leurs études provient d'un travail salarié avec un contrat de travail très souvent précaire.

Une année supplémentaire dans le supérieur, due notamment à un redoublement ou un refus pour entrer en master, entraîne une année supplémentaire de sacrifices. Or, les étudiants salariés sont déjà, en temps normal plus susceptibles de redoubler et de prolonger cette période de précarité dans la mesure où il existe un seuil de 15 heures de travail salarié hebdomadaire au-delà duquel les chances d'échouer ou de décrocher sont décuplées.

Covid-19 : comment la précarité frappe les étudiants (Le Monde, février 2021).

Concernant l'insertion professionnelle, les étudiants en master se distinguent des étudiants en licence, ce qui s'explique aisément par le fait que l'insertion professionnelle se fera pour eux dans un avenir proche (un ou deux ans) en raison des importantes incertitudes sur le « monde d'après » liées aux conséquences de la pandémie sur le marché du travail et sur l'économie. Les femmes et les étudiants salariés sont également concernés par cette inquiétude d'une potentielle crise économique. Ces sous-populations craignent que le diplôme ne protège plus du chômage et que le « sas d'attente », soit le temps entre la fin de la formation et l'obtention d'un emploi rémunéré à la hauteur de leurs qualifications, s'allonge considérablement.

Un fragile équilibre brisé par le confinement

Issus d'une classe moyenne inférieure, une partie des étudiants bénéficient d'une bourse à un faible échelon et d'une aide parentale minimale. Ils vivent dans une certaine fragilité qui s'est accrue depuis le début de la crise sanitaire. La majorité de cette classe travaillait pour subvenir à ses besoins et pouvoir finir le mois, mais la crise sanitaire et les confinements successifs leur ont fait perdre leur contrat déjà précaire. Tous essayent de faire preuve de résilience car les études supérieures sont pour eux un moyen d'avoir une situation meilleure que celle de leurs parents et gravir l'échelle sociale.

Ces étudiants font preuve de multiples stratégies de coping pour s'en sortir. En majorité, ils n'habitent plus chez leurs parents et comptent sur les aides publiques pour payer en grande partie le loyer. Les bourses et l'aide parentale servent aux autres dépenses contraintes, mais n'autorisent aucun plaisir. Ce manque de latitude financière les enlise dans un isolement social en les contraignant à rogner sur leur budget sorties. Une charge mentale s'installe et le temps à chercher un travail étudiant gagne du terrain sur le temps consacré aux études, ce qui provoque une grande anxiété et une déprime latente.

Quel impact a la crise sanitaire sur la santé mentale des étudiants ? (Brut, octobre 2020).

Tous les étudiants de cette classe déploraient le manque d'action du gouvernement pour soulager la détresse des étudiants et condamnaient l'invisibilisation dont ils sont victimes. Deux d'entre eux ont trouvé comme exutoire les réseaux sociaux où des centaines d'étudiants parlent de leurs conditions de vie et de leur vulnérabilité sous l'hashtag #etudiantsfantomes. Ils essayent ainsi de faire prendre conscience à l'opinion publique que leur situation se dégrade de plus en plus et que leur souffrance n'est plus gérable.

Un sentiment de révolte grandit chez la majorité de cette classe, après les tentatives de suicide des étudiants annoncées dans les médias. Ces restrictions leur donnent la force de se mobiliser et les réseaux sociaux leur ont permis de trouver un refuge de pair-aidance et d'écoute et de ne pas se sentir seuls face aux vulnérabilités.

Une absence de vie sociale étudiante difficile à vivre

Une seconde catégorie réunit des étudiants issus de classes moyennes supérieures ou aisées. Ils ont incorporé la nature précaire de la condition étudiante mais ont les capacités et les ressources sociales pour se projeter. La crise sanitaire a eu un effet plus psychologique que financier sur cette classe. L'image d'Épinal de l'étudiant insouciant prolongeant l'adolescence et les découvertes est esquintée dans la mesure où la vie sociale étudiante est devenue quasiment inexistante.

L'ensemble de cette classe connaît un sentiment envahissant d'isolement bien que ces étudiants aient des liens sociaux forts et un réseau de soutiens familiaux et amicaux. Ils veulent la réouverture des établissements d'enseignement supérieur car ils craignent de passer à côté de nouvelles relations – amicales ou amoureuses – et de connaissances importantes en raison de la fermeture des lieux où la vie sociale s'exerce.




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Le caractère incertain de l'avenir et le manque de vie sociale pèsent sur le moral de ces étudiants dans la mesure où ils ne comprennent pas pourquoi la jeunesse est sacrifiée pour une population à risques qui est relativement âgée. Une fracture générationnelle se crée alors avec une incompréhension des deux populations. Ils justifient aussi un « retour à la vie normale » par la détresse psychologique de certains étudiants.

Malgré la période incertaine, ces étudiants ont relativement confiance en l'avenir, même s'ils sont conscients qu'économiquement les prochaines années ne vont pas être faciles pour la majorité des jeunes diplômés. Par ailleurs, cette relative sérénité s'explique par leur trajectoire : cette classe d'étudiants n'a pas connu de situations de précarité pendant l'enfance. Ils ont une capacité d'adaptation importante car ils peuvent mobiliser pléthore de ressources disponibles dans leur entourage, comme la mobilisation de réseaux professionnels pour les protéger du chômage.

Un enlisement dans une détresse financière et psychologique

La dernière classe d'étudiants est celle qui a été la plus affectée par la crise sanitaire, amplifiant les inégalités de condition de vie et d'études que l'on observait déjà d'ordinaire. Elle réunit des étudiants privés d'un soutien familial et venant d'un milieu social soit populaire soit de classe moyenne inférieure.

L'éloignement géographique vis-à-vis de leur ville d'origine a amplifié l'isolement social provoqué par la crise sanitaire. Tous ont décidé de rester sur leur lieu d'études depuis le premier confinement, ne pouvant se permettre de perdre leur logement en raison de la grande tension du marché locatif dans les grandes villes étudiantes ou de payer un loyer sans y habiter. Cette décision a joué un rôle dans la dégradation de leur santé mentale.

Mêlée à une détresse psychologique, cette détresse financière plonge certains dans une situation de décrochage universitaire. Si ces étudiants n'ont pas de projet professionnel défini en comparaison à la deuxième classe, ils ont un espoir de vie meilleure grâce aux études supérieures dans la lignée du rêve de l'ascension sociale. De plus, l'ensemble de cette classe craint une situation de déclassement social accentuée par la crise sanitaire, ce qui nous ramène à l'enquête quantitative qui montrait que les plus précaires étaient les plus anxieux concernant une crise économique.

La crise de la Covid-19 fait bondir la précarité étudiante en France (France 24, novembre 2020).

Ils craignent de connaître une période de chômage de longue durée en raison de la conjoncture négative et d'avoir une situation pire que celle de leurs parents. Leur estime de soi a périclité avec la précarité grandissante, ils ne se sentent plus acteurs de leur vie et subissent un présent sans avenir en attendant des jours meilleurs. Cette impuissance peut également être liée aux inégalités d'informations concernant les dispositifs d'aide pour les étudiants puisqu'il faut avoir les ressources sociales pour trouver les organismes et associations qui peuvent porter assistance.

Ces étudiants connaissent également une charge mentale de la précarité plus importante que la première classe. Leurs pensées sont occupées par les questions financières, les angoisses du quotidien et une grande incertitude de leur avenir. La pauvreté réduit le temps consacré aux études : il faut se déplacer pour obtenir des aides, aller aux distributions alimentaires et subir de longues attentes pour attendre son tout faire plusieurs magasins pour économiser le plus d'argent possible, ne pas prendre les transports en commun parce qu'un ticket coûte plus qu'un repas, etc.




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Le coping prend forme dans plusieurs stratégies pour faire face à la précarité : « Pour économiser je dors jusqu'à 14h pour sauter le petit-déj' et le déjeuner, j'essaye de manger qu'en fin d'après-midi c'est vraiment dur je le souhaite à personne de passer la journée le ventre vide. […] C'est dur d'étudier dans ces conditions » ; « Les midis je mange du pain et bois du café c'est pas cher et ça cale quelques heures ».

Ces résultats montrent que les étudiants ont vécu des situations de confinement variées. Les inégalités que l'on constatait avant le confinement se sont accentuées durant cette période. Les conditions de vie se sont détériorées pour les étudiants qui étaient initialement les plus précaires. Ils indiquent également les risques qui pèsent sur eux dans l'avenir, si la crise sanitaire se prolonge par une crise économique durable. Si certains étudiants interrogés vivent la crise sanitaire avec une certaine résilience sans affecter de manière importante leurs études, les confinements ont souvent eu une incidence directe sur leurs conditions de vie qui se sont dégradées, par exemple une perte de revenus ou des conséquences psychologiques.

The Conversation

Kenza EL HADJ SAID a reçu des financements de la Ville de Paris.


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Un article repris du site du Shift project qui "consent à ce que le contenu de ses rapports et articles soit repris et/ou traduit à des fins d'information et de débat, à la condition que cet usage ne dénature pas le contenu, et que The Shift Project soit mentionné expressément comme auteur de ce contenu."

UniverShifté, la première université d'été des Shifters, 24 au 26 septembre 2021 à l'INSA de Lyon

Description de cette initiative L'équipe du Shift Project y présentera les avancées de son Plan de Transformation de l'Économie Française (PTEF), qui propose des mesures pour amorcer une trajectoire de transformation de l'économie pour décarboner nos activités. Vous pourrez assister à des tables rondes, participer à des ateliers, vous informer sur les initiatives d'autres associations, échanger autour d'un verre…

Le Shift Project est un think tank qui travaille avec les entreprises pour une économie libérée de la contrainte carbone. Il s'agit d'une association loi 1901 reconnue d'intérêt général et guidée par l'exigence de la rigueur scientifique. Sa mission est d'éclairer et influencer le débat sur la transition énergétique en Europe.

à propos des shifters :
Leurs missions sont d'appuyer le Shift Project dans ses travaux, de diffuser ses idées et ses travaux, mais également de s'informer et de débattre sur les sujets de l'énergie, du dérèglement climatique et de la transition bas carbone.

Les Shifters partagent des valeurs comme l'exigence scientifique et technique, l'ouverture, l'impartialité, le professionnalisme ainsi que, sans conteste, la convivialité.
un texte repris du site de UniverShifté


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Nom du porteur de l'initiative The shift
Auteur de la fiche Michel Briand
Type d'acteur association
Echelle d'action Globale
Ville 'INSA Lyon
Mot Clef
  • Transition écologique
autres remarques
  • La journée du vendredi sera exclusivement dédiée aux étudiants de l'INSA. Après une introduction aux enjeux de la journée, le rôle de l'ingénieur dans la transition énergétique sera discuté selon plusieurs axes. Les étudiants y ont accès gratuitement.

La journée du samedi est ouverte au grand public.

- Le programme grand public du 25 septembre

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UnivershifteLaPremiereUniversiteDEteDes

(Initiatives pédagogiques )



créée le
05.09.2021 à 07:59,


mise à jour le
05.09.2021 à 07:59


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Douches solaires, mobilité cyclable, accueil de nouveaux collaborateurs pour soutenir le développement des activités du Campus…. Voici les actus qui ont rythmé la vie du Campus ces derniers mois.

Un incubateur autour de la mobilité cyclable

Mobilité cyclable

A quelques semaines de la pause estivale, les projets du Campus se déploient. Du côté du laboratoire d'abord avec le projet mobilité durable qui rentre dans sa phase d'expérimentation pour jouer son rôle d'incubateur autour du vélo : ces 18 prochains mois, seront ainsi testés différentes services tels que des ateliers d'auto-réparation, des prestations de réparations en itinérance, des ateliers de remise en selle… Grâce au budget participatif de la région Île-de-France, le Campus sera très bientôt équipé d'un… triporteur pour lancer sans plus attendre les ateliers de réparation itinérante. En ligne de mire : construire peu à peu un bouquet de services économiquement viables, qui contribuent à faciliter et décarboner les déplacements des habitants du territoire de Montereau et du Campus de la Transition.

Des douches solaires pour les étudiants en formation

Installation douches solaires

Du côté d'ORFEE Low-Tech, les équipes ont profité des nouvelles infrastructures – avec l'installation de tentes safari pour l'accueil des étudiants en attendant le statut statut d'Établissement Recevant du Public pour le château -, pour expérimenter les douches solaires EclowTech. Oeuvrant pour “l'éclosion des low-tech”, EclowTech est une structure dont le modèle s'articule autour de la récupération et du savoir-faire manuel. Les cabines de douches et le système de chauffage d'eau chaude sanitaire sont construits à base de bois de palettes, de radiateurs et de ballons d'eau chaude de récupération. Deux cabines et un système de chauffage ont été livrés, connectés et mis en fonctionnement sur site au cours du mois de mai.

Le Manuel de la Grande Transition sort son « abstract »

Paru à l'automne dernier, le Manuel constitue un socle de connaissances et de compétences inédit et de haute volée académique et pratique pour comprendre les enjeux de transition et agir de manière adaptée. Pour en faciliter la diffusion et l'appropriation, le laboratoire a travaillé ces derniers mois à une version plus courte et ramassée. Présentée au conseil scientifique le 26 mai dernier, celui-ci a salué le travail de synthèse réalisé. Cet « abstract » de 70 pages environ sera accessible en ligne dans les tout prochains jours.

Les T-Campeurs ont lancé leur compte instagram

T-Camp voyage écolieux sud-est

Les participants à la formation du T-Camp qui se déroule actuellement ont eu la belle idée de lancer leur compte insta pour témoigner de leur expérience. N'hésitez pas à aller découvrir leur compte « tcampeurs.en.transition » : leurs stories racontent entre autres le tour de France des écolieux qu'ils ont réalisé.

T-camp à écolieu Sainte Calmelle

Et à voir leurs sourires et posts, on sait la promesse pédagogique tenue : « Former pour transformer » grâce à une approche « Tête-Cœur-Corps », à l'immersion, à la force du groupe.

Richesses humaines : le Campus accueille de nouveaux collaborateurs

Le pôle transverse se renforce ! A la comptabilité avec l'arrivée de Pierre Breil en service civique, à la communication grâce à Audrey Combes en service civique également mais aussi aux finances avec l'intégration de François Gicqueau comme salarié au poste de responsable de levée de fonds & mécénat. De quoi soutenir l'activité intense du pôle transverse au service du projet de l'association !

Pour accompagner la croissance du Campus, le pôle « laboratoire » est de son côté heureux d'accueillir Arthur Croizier qui va développer l'offre de formation dédiée aux professionnels et aux entreprises. Le laboratoire a également recruté Fanny Argoud pour mener à bien le projet de recherche et d'expérimentation européen « Green RCI » qui vise à construire un indicateur de capacité relationnelle (RCI) pour les écolieux. Et un service civique pour le projet Fortes' est également ouvert.

En charge du soin du domaine de Forges et du bon fonctionnement de l'écosite du Campus, le pôle site est également en mouvement avec l'arrivée de Clément Puech qui remplacera Rémi Vincent en tant que délégué site. Pour assurer la « montée en charge » des activités sur le site, l'équipe cherche encore à compléter son équipe : un.e responsable “chantier”, un.e “homme ou femme à tout faire” bricoleuse, un.e assistante soin du domaine-écolieu (service civique) et un.e co-animatrice pour le potager (service civique).


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“La pédagogie Tête-Cœur-Corps est ce qui m'a le plus marqué et impressionné dans la formation”.

A 26 ans, après trois ans d'activité dans un bureau d'études, Laura tourne le dos à une carrière d'ingénieur en bâtiment pour embrasser le champ de la gouvernance partagée et de la démocratie participative. Pour s'outiller et acquérir le bagage nécessaire à sa reconversion, la jeune femme a décidé de rejoindre le T-Camp, la formation immersive de trois mois du Campus co-conçue avec les Colibris et la Coopérative des Oasis. Au-delà du socle large et pointues de connaissances qui lui a apporté une vision globale des enjeux climatiques et sociaux, c'est avant tout l'expérience humaine, la force du groupe et l'espace laissé aux ressentis et émotions qui aura marqué la jeune femme. Interview.

Pourquoi as-tu décidé de suivre cette formation ? Comment as-tu connu le Campus de la Transition ? Et pourquoi as-tu décidé de rejoindre la formation du T-Camp ?

J'ai connu le T-Camp et le Campus de la Transition grâce à une amie qui était avec moi en école d'ingénieur et qui a suivi la formation en 2019. L'expérience qu'elle m'a partagée m'a beaucoup plu pour tout d'abord avoir un socle de connaissances sur les enjeux climatiques qui balaie des thèmes sur la gouvernance, l'agriculture jusqu'à la finance. Vivre une immersion dans un collectif pendant deux mois était un autre aspect qui m'attirait car ça se conjugue bien avec mon intérêt pour la démocratie participative et l'intelligence collective dans le cadre de ma reconversion professionnelle : savoir comment nous allions nous organiser et faire groupe est en soi une expérience formatrice. Enfin, le T-Camp permet d'aller à la rencontre de différents écolieux et de se faire un réseau dans le domaine de la transition et de rencontrer des personnes inspirantes.

Quel est le déclic qui t'a donné envie de te « mettre en transition » ?

Après une école d'ingénieur, je suis partie en Martinique et j'y ai été frappée par les problèmes d'autonomie alimentaire, énergétique et de justice sociale. Au même moment, sortait le film « Demain ». Puis, j'ai travaillé pendant trois ans dans un bureau d'études sur le bâtiment bas carbone et me suis retrouvée confrontée à des conflits humains dans l'entreprise que je ne pouvais pas résoudre faute d'outils. Je me suis tournée vers une formation de facilitatrice à Aix-en-Provence « Intelligences & Création Collectives » et le T-Camp m'est apparu comme une formation très complémentaire pour me reconvertir dans le domaine de la gouvernance partagée.

Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans le T-Camp ?

Tout le contenu m'a intéressé mais ce qui m'a le plus marqué est cet équilibre « tête-corps-coeur » qui est tenu tout le long de la formation et qui est l'essence même de la pédagogie du T-Camp. Il y a l'aspect intellectuel avec beaucoup de conférences sur le diagnostic et les enjeux climatiques et la transmission de connaissances très techniques.

Le corps est très présent par le fait de se déplacer et d'avoir été dans les écolieux mais aussi par tous les ateliers de mise en pratique et en mouvement qui permettent d'intégrer et de s'approprier la théorie . Par exemple, aujourd'hui, nous avons travaillé sur la gestion des conflits avec la mise en place de jeux de rôle dans la foulée de l'enseignement : ça permet de comprendre la CNV (communication non violente) en pratique, par l'observation, le ressenti, le besoin puis l'action.

Le cœur est un fil rouge de la formation qui inclut beaucoup de développement personnel avec l'Institut Aristote qui nous accompagne, mais aussi avec les rituels tels que les « mots du matin » où l'on partage notre météo intérieure, le cadre de bienveillance, les moments « off » avec le groupe.

Au-delà de la pédagogie « Tête-Corps-Cœur », le T-Camp n'est pas juste une formation où j'aurai reçu des cours d'intervenants de haute volée tels qu'Alain Grandjean, etc. J'ai avant tout vécu une expérience humaine, unique, magique. Je sais que le T-Camp va rester comme un espace et un moment-ressource dans ma vie, que ce soit avec le groupe ou avec les personnes rencontrées dans les écolieux : je pourrai toujours les appeler si j'ai besoin d'eux et inversement. C'est hyper enrichissant et soutenant pour mieux appréhender l'avenir.

Tu évoques le développement personnel : quel rôle joue-t-il dans la formation du T-Camp et qu'est-ce-que cela t'a apporté ?

Une meilleure connaissance de moi-même à travers le regard des autres et notamment de mon binôme. Le processus est vraiment source d'apprentissage sur soi : on a d'abord fait notre « récit de vie » en s'appuyant sur les évènements qui nous ont marqués et qui nous ont fait développer telle ou telle compétence ou révélé telle qualité.

En parallèle, selon la méthode dite du « 360 degrés positif », nous sommes allés interroger nos proches sur des situations qui ont pu les marquer et qui ont révélé mes qualités et mes forces. Ces deux « exercices » ont abouti à un « personnage talent ». On a poursuivi avec l'Ikigai pour comprendre nos besoins, nos atouts, nos zones d'ombre, puis nous avons eu à faire un exercice d'éloge de nous-même, en nous demandant par exemple d'imaginer ce que nous serions à 80 ans.

Ce processus, avec ces différents outils de coaching, créent une synergie pour faire émerger et prendre conscience de nos potentiels, identifier nos talents et apprendre à s'appuyer dessus pour choisir une voie plus épanouie tant au niveau personnel que professionnel. Dans les prochains jours, on va ainsi passer au plan d'action et à la mise en pratique pour s'orienter professionnellement.

Me concernant par exemple, je n'avais pas du tout en tête ce qu'a révélé mon « personnage-talent », à savoir ma curiosité et ma soif d'apprendre qui se sont dégagées des différents ateliers.

Qu'est-ce qui a « bougé » en toi, évolué avec cette formation ?

Il y a un espace immense dans la formation qui est laissé au partage des émotions et des ressentis qui n'existe pas dans la société actuelle et c'est un grand manque dont je n'avais pas conscience. Que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel, je sais désormais que je laisserai une place à cette dimension relationnelle pour ne pas être que dans l'intellectuel et le « faire ».

Le T-Camp propose trois spécialités (permaculture, dynamique territoriale et sociopolitique) : quelle spécialité as-tu choisi et pour quelles raisons ?

J'ai choisi la spécialité « dynamique territoriale » et j'ai été absolument passionnée par l'expérience que vit le village d'Arvieu en transition où nous nous sommes rendus. On nous a vraiment donné la possibilité de comprendre la dynamique d'un territoire au niveau local qui a déclenché depuis deux ans une vraie démarche de démocratie participative. En immersion, on a pu comprendre les leviers d'action, la manière dont se co-construisent les projets politiques du village avec les habitants. Ça a confirmé mon envie de travailler dans le champ de la démocratie participative.

Les T-Campeurs ont lancé leur compte instagram

Les participants à la formation du T-Camp qui se déroule actuellement ont eu la belle idée de lancer leur compte insta pour témoigner de leur expérience. N'hésitez pas à aller découvrir leur compte « tcampeurs.en.transition » : leurs stories racontent entre autres le tour de France des écolieux qu'ils ont réalisé comme ici au village d'Arvieu où s'est rendu Laura.

Et à voir leurs sourires et posts, on sait la promesse pédagogique tenue : « Former pour transformer » grâce à une approche « Tête-Cœur-Corps », à l'immersion, à la force du groupe.


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Que retirer d'une formation au Campus de la Transition en général, de la summer school Oikonomia en particulier ? Astrid, jeune étudiante en école de commerce (ESSEC) ; et Agnès en reconversion professionnelle après une quinzaine d'années dans le marketing et la communication, reviennent sur les bénéfices et les apports multiples qu'elles ont tirés de leur formation l'été dernier à Forges, dans l'écolieu du Campus.

Une expérience formatrice

Astrid : “La summer school a été une expérience extraordinaire, avec une formation complète aux enjeux larges de la transition, mais aussi des rencontres précieuses avec des personnes engagées dans ces mouvements de transition. Je recommande absolument !

Les contenus académiques sont de très haut niveau, notamment ceux sur l'économie, le juridique ou encore le domaine plus pratique de l'évaluation de la performance environnementale. J'ai donc trouvé que c'était hyper formateur : je pense d'ailleurs justement me replonger bientôt dans mes notes de l'été dernier tant c'était dense.”

Agnès : “Je suis persuadée que ce secteur nécessite une véritable expertise, et c'est la raison pour laquelle, je me suis tournée vers le Campus de la transition pour me former. La méthode du Campus m'a séduit et convaincu, car elle articule non seulement une pédagogie particulièrement complète en immersion dans un écolieu inspirant, mais encore une recherche- action inédite.

Après une carrière dans la finance puis comme chef de projet dans le secteur de l'éducation, j'ai décidé de poursuivre ma vie professionnelle dans un domaine porteur de sens. Courir après le temps, dans un monde ultra parasité par nos modes de consommation, n'avait plus pour moi aucun sens. Déjà très sensible aux enjeux environnementaux, il m'a paru comme une évidence que le tournant de ma carrière professionnelle donnerait la part belle à un engagement pour la défense d'une société plus résiliente et respectueuse de l'environnement.”

Des contenus pointus et de haut niveau

Astrid : « L'approche de la Grande Transition par les six piliers définis par Cécile Renouard nous a permis d'acquérir un grand nombre de connaissances sur la transition, sur des domaines divers et pourtant interdépendants, et donc nécessaires à prendre en compte pour réaliser la Transition. »

Astrid : « Sur les aspects scientifiques, ces cours m'ont permis de revoir les grands phénomènes à l'œuvre dans le changement climatique, avec un focus très pointu sur les conséquences différenciées dans le monde et sur les différents écosystèmes. J'ai aussi découvert des aspects de la transition qui m'étaient jusque-là inconnus, notamment les travaux sur l'éthique, la notion de communs, l'imagination et les nouveaux récits, et le droit. »

Agnès : “La formation « Oikonomia Summer School » que j'ai suivie avec le Campus en 2020, a été essentielle pour ma reconversion professionnelle et personnelle. Elle m'a permis d'affiner mes connaissances dans des domaines aussi variés que l'économie de la transition, les enjeux climatiques, les nouvelles gouvernances, l'éthique de la transition…, et d'acquérir ainsi une véritable expertise.”

Une pédagogie innovante « tête-corps-coeur »

Astrid : « En m'inscrivant à la Summer School, je savais que j'allais recevoir des enseignements théoriques sur la transition. Cependant, j'ai été très surprise de voir combien le travail sur les émotions, la reconnexion à soi et aux autres étaient complémentaires des enseignements classiques. En effet, ces moments, au contraire des grandes leçons universelles, nous permettent d'accéder à un niveau trop peu creusé et pourtant essentiel : notre rapport personnel à la transition, dans les émotions qu'elle suscite et les réactions qu'elle engendre chez nous, et nos rapports aux autres. »

Agnès : “La formation Oikonomia Summer School permet de découvrir une pédagogie innovante et transversale mise en action et enseignée par les acteurs du Campus de la Transition, nommée “tête, corps, cœur”. Elle aide dans les processus d'apprentissage à intégrer à la fois les émotions, la corporéité, mais aussi la dimension spirituelle de l'humain.

Cette pédagogie permet d'acquérir des savoirs durables et transformants, et forme à une pratique des relations qui tend vers le collectif.

Pour toucher du doigt cette nouvelle approche, Oikonomia Summer School, nous permet de faire l'apprentissage notamment du « travail qui relie ». Des ateliers permettent de remettre en perspective notre rapport au collectif, de privilégier les interconnexions possibles et profitables. Il s'agit ici d'expérimenter un véritable changement de regard, d'attitude envers soi-même mais aussi sur le groupe. Ce travail avec un collectif permet la recherche de solutions en commun et surtout de les partager pour aller de l'avant.

C'est une véritable nouvelle façon de travailler qui remet au centre le partage et la reliance avec son milieu de vie. Cette prise en compte de l'humain dans sa globalité mais aussi en lien avec les autres et son milieu de vie a été pour moi une vraie découverte que je vous engage vivement à expérimenter”

Une aventure humaine

Astrid : « Au-delà des connaissances acquises, j'ai retiré un grand bénéfice personnel à rencontrer des personnes très sympas et passionnés de l'environnement. Certains sont devenus des amis et on se revoit régulièrement. »

Agnès : “Ce cursus permet également d'avoir de nombreux échanges, avec les enseignants, mais aussi les étudiants qui sont pour partie étudiants en écoles de management, mais aussi qui comme moi ont déjà une certaine expérience professionnelle. Toutes ces transversalités sont très certainement à l'origine même de la grande richesse de cette formation académique.”

Et après ?

Agnès : “Maintenant je m'engage professionnellement dans la transformation des campus universitaires car il me paraît comme une évidence que rien ne pourra changer sans une transformation majeure mais réaliste de nos enseignements supérieurs, aussi bien dans le fonctionnement des campus que dans la mise en place de nouvelles façons d'enseigner qui prennent en compte la transition écologique.”

Astrid : “Aujourd'hui, je poursuis ce chemin de transition. Le réseau des personnes rencontrées au Campus m'a aidée à me développer à la fois dans ma vie associative et dans mes projets personnels. La preuve : je suis revenue au Campus pour contribuer à la vie de l'écolieu en tant que volontaire bénévole, au potager, en cuisine !”

La 2e édition de Summer School Oikonomia aura lieu du 28 juin au 16 juillet : plus que quelques jours pour vous inscrire !

Vous aussi, les enjeux environnementaux et sociaux vous touchent et vous souhaitez vous former à la transition écologique, économique et sociale dans une perspective humaniste et avec une pédagogie innovante et respectueuse du vivant ?

Rejoignez la promotion 2021 de la Summer School Oikonomia et venez vous « mettre en transition » dans un cadre immersif au sein de notre écolieu à Forges en Seine-et-Marne.

Les infos et les inscriptions ici.

Et si vous souhaitez nous posez des questions, n'hésitez pas à assister à notre webinaire de présentation de la formation mardi 8 juin prochain à 18h30.


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Le 29 mars, le groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n'a sorti ses recommandations qu'après huit mois d'attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Un article repris du magazine ingénieurs sans frontières, un site sous licence CC by sa

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l'ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d'ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d'intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation.

L'objectif retenu par le groupe de travail est d'avoir, à terme "100% des apprenant⋅es dans le système d'enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours" alors qu'aujourd'hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l'ensemble des apprenant⋅es.

Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d'enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre :

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d'accréditation de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d'accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d'ingénieur⋅es d'enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d'enseignements traitant de la transition écologique.

La CTI représente un acteur central dans l'écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d'accréditation.

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu'il s'agisse de l'adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l'ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante.

Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l'ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l'entoure, défend ardemment l'interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L'intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n'est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l'établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l'enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n'est pas pour cela que les étudiant⋅es s'en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s'assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d'impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l'établissement.

Au travers du programme "Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne", Ingénieurs Sans Frontières s'engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d'ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d'outils et d'une diversité d'acteurs autour de ces questions

La société civile n'a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait.
Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l'éthique et le rôle de l'ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l'ingénieur⋅e, au travers d'outils spécifiquement conçus pour agir auprès d'un public d'étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d'ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l'objectif de sensibiliser au rôle joué dans la transition écologique.

Ce rapport, bien qu'intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l'administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l'absence d'action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s'emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d'ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d'action Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s'appuyant notamment sur ce programme d'ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.


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Appel de candidature étudiante - comité consultatif pour un Jeu sérieux
mmlemieux
mar 16/03/2021 - 15:22

Le réseau de l'Université du Québec (UQ) démarre la création d'un jeu sérieux sur la compétence numérique étudiante. Le projet, porté par un comité composé de membres du personnel enseignant et professionnel de tous les établissements du réseau de l'UQ, consiste à créer une ressource éducative libre pour l'enseignement universitaire afin de soutenir le développement de la compétence numérique étudiante, telle que présentée dans le Cadre de référence de la compétence numérique (MEES, 2019).

Le comité responsable de ce projet est actuellement à la recherche d'étudiantes et d'étudiants pour participer au comité consultatif qui orientera le développement de ce jeu.

Il est souhaité de constituer deux groupes de consultation composés de 8 à 10 membres chacun. Les personnes retenues recevront une compensation financière (60$ par rencontre, soit un total possible de 300$ payable à la fin du projet) pour leur participation à environ 5 rencontres d'environ 2 heures entre les mois d'avril et d'août 2021.

Les étudiants et étudiantes des établissements du réseau de l'UQ qui souhaitent poser leur candidature pour participer à la consultation sont invités à remplir le formulaire suivant : http://bit.ly/consultation-jeu-sérieux. Il contient quelques questions sociodémographiques qui permettront de constituer un comité le plus représentatif possible de la diversité étudiante au réseau de l'UQ. Les données recueillies seront traitées de manière confidentielle et celles des candidatures non retenues seront détruites une fois le comité de consultation constitué.

Nous vous remercions de faire circuler cette invitation au sein de la communauté étudiante de votre établissement.

Veuillez noter que les étudiants ont jusqu'au 11 avril 2021 pour soumettre leur candidature. Seules les personnes retenues seront contactées.

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Florence est cheffe de projet ORFEE, et Florent, en service civique depuis six mois, s'occupe du projet Maîtrice Carbone Campus (MC2) au sein de la recherche-action. Leurs activités sont complémentaires, et tous deux ont accepté de se prêter à cette interview croisée pour le questionnaire Proustien et peu orthodoxe du mois. Retrouvez leurs réponses, pleines d'humour et d'énergie !

Bonjour à tous les deux ! Quel est le mot qui vous vient en tête pour décrire votre état d'esprit actuel ?

Florent : Un peu fatigué…

Florence : Bouillonnante, pleine d'énergie !

Pourriez-vous me résumer votre parcours académique et professionnel, en 3 mots ?

Florence : je suis ingénieure en optique et en traitement d'images, et j'ai travaillé dans des start-ups high-tech (la start-up nation !) dans ce domaine. De nombreuses réflexions sur l'écologie, notamment à propos des objectifs du développement technique, me font aujourd'hui dire que par la vie collective, la mutualisation, on peut imaginer une société plus centrée sur les humains que sur la technique en elle-même. C'est ce qui compte vraiment.

Florent : je suis d'accord ! J'ai moi aussi un parcours d'ingénieur classique, entrecoupé de nombreux week-ends à la mer et de trois ans de poterie en parallèle. J'ai constaté que les questions techniques sont adressées en silos, sans prendre en compte l'humain, l'histoire, la géo, les non-humains, le vivant en général.

Quelles sont vos activités préférées ?

Florent : J'aime être attentif à ce qui se passe autour de moi. Être dans l'attention, des choses et des gens, des soleils et des mouettes, de l'acier aussi…

Florence : De mon côté, plutôt fabriquer… fabriquer plein de choses ! en bois, en tissu, en tout.

Florent : …et contempler ce que fait Florence !

Florence : …et j'aime aussi aider les autres à fabriquer toutes ces choses.

Vos maîtres-mots ?

Florent : Tout doit servir…. l'utilité, c'est pour ça que j'ai arrêté la poterie (!). Mais le beau peut être utile aussi !

Florence : l'expérimentation et le mouvement, c'est ce qui est le plus chouette. Que les choses puissent évoluer, bouger.

Florent : c'est bien ce mouvement qui permet de rendre utiles des choses qui étaient auparavant inutiles !

Florence : un objet en mouvement est beaucoup plus beau qu'un objet certes agréable esthétiquement, mais qui ne change pas ! C'est pour cela que j'aime beaucoup le tournage sur bois. Le bois bouge, grandit, évolue ; un objet en bois ne reste jamais identique à lui-même, il va toujours changer, dans sa forme et sa couleur. Il va même potentiellement exploser, mais c'est la vie !

Quels sont les combats qui méritent le plus d'être menés aujourd'hui ?

Florent : Faire de son mieux, tout au long de sa vie, pour rendre le monde moins douloureux, plus agréable pour les autres

Florence : Parvenir à se ré-approprier sa vie, ce qui passe par la ré-appropriation de la technique. Il faut apprendre à faire de vrais choix personnels et collectifs sur la direction que l'on veut prendre dans nos vies. Cela s'applique au premier chef au Campus !

Florent : Nos chemins sont inversés, c'est intéressant. Tu pars du bas, moi je pars du haut ; tu pars de ta vie personnelle pour essaimer, moi je pars du constat que la situation à l'échelle collective (y compris mondiale) est dangereuse et qu'il faut donc évoluer. Vu les projections, il est plus que temps d'agir ! Les moyens que l'on se donne collectivement sont réponses à cette lutte globale.

Florence : Oui c'est vrai ; la technique est un des moyens de répondre à cela. Mais même sans la pression imposée par le changement climatique, ce serait intéressant de faire cette démarche en soi. C'est le propre de l'être humain de faire ces choix, de se poser ces questions.

Quelles seraient vos références, héros, modèles, personnages préférés (fiction ou réalité) ?

Florent : Cicéron et Camus !

Florence : Gaston Lagaffe…

Comment avez-vous connu le Campus ?

Florence : par une conférence de Cécile chez les Shifters.

Florent : Par Gaël Giraud, dans une de ses conférences, en 2018… et je le suivais sur les réseaux sociaux.

Qu'est-ce qui vous a donné envie d'y venir ?

Florence : Ce sont l'expérimentation, les projets de vie concrète, lorsqu'ils sont reliés à des enjeux plus grands, au service d'une transition pratiquée au quotidien. Et la vie collective, que je connaissais déjà à la Maison bleue [colocation écologique au sud de Paris], mais pour laquelle il manquait la mise à l'échelle plus large et plus approfondie.

Florent : Mon travail pas très enthousiasmant et la crise Covid. Je suis tombé sur l'offre de service civique au Campus et cela m'a donné envie de venir pour y travailler, plutôt que comme simple bénévole.

Que recherchez-vous au Campus ?

Florent : Vivre la transition, tout simplement. Y compris pour les autres. Rechercher, former, partager et essaimer. Cela rejoint Florence.

Florence : J'aime l'articulation entre l'expérimental en transition, l'écolieu très localisé, et les enjeux bien plus larges de valorisation scientifique et de changement d'échelle. J'espère expérimenter ici pour savoir ce qui est souhaitable dans la transition, plus lointaine.

Florent : Je te rejoins ; il s'agit d'être ingénieur, mais à la hauteur des enjeux écologiques. Je veux utiliser mes compétences dignement. Et on essaie sincèrement de le faire au Campus. Et puis… cette ambition donne la pêche !! c'est pour elle qu'on est là !!

Vous travaillez ensemble ; en quoi ce travail consiste-t-il ?

Florent : Il y a beaucoup de liens entre ORFEE et MC2. Florence a commencé MC2 avant de me le léguer, donc nous connaissons bien ces deux projets tous les deux.

Florence : Nous travaillons aussi à maintenir et développer des liens entre le laboratoire et le site. Le projet Campus a d'autant plus de sens que les liens sont forts. Sans écolieu, pas de projet, et vice-versa.

Florent : Ces allers-retours sont permanents entre les deux. Ils représentent une des raisons d'être du projet.

Et pour conclure… le mot qui vous vient pour décrire votre vision de l'avenir ?

Florent : brumeux… aussi bien à titre personnel que mondial !

Florence : en mouvement…


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Les choix pédagogiques de la personne enseignante : leviers privilégiés pour engager les étudiantes et les étudiants dans la réflexion et le changement

Auteur(s)

mmlemieux
mer 10/02/2021 - 10:47

Numéro

Article

Boelen, V. et Chaubet, P. (2020). Deux conditions et deux mécanismes pédagogiques favorables à la réflexion conduisant à des mobilisations et changements : étude de cas d'un cours universitaire en éducation relative à l'environnement. Enjeux et société. Approches transdisciplinaires, 7(2), 184-216. https://doi.org/10.7202/1073365ar

Résumé

L'article de Boelen et Chaubet (2020) porte sur une recherche menée dans la continuité de quatre études de Chaubet et ses collaborateurs (2016) visant « l'avancement des connaissances sur les pratiques enseignantes qui déclenchent la réflexion chez les apprenants » (Boelen et Chaubet, 2020, p. 186). Le cas étudié dans le présent article porte sur un cours de 2e cycle en éducation relative à l'environnement au Québec. Le discours de huit étudiantes et étudiants ayant participé à une entrevue de groupe semi-dirigée a été analysé selon la démarche d'ingénierie inverse, c'est-à-dire que leur discours permet de reconstituer les actions pédagogiques qui ont contribué à stimuler leurs réflexions, leur vision du monde et leur force d'agir comme personnes apprenantes.
Le cadre théorique de l'étude de Boelen et Chaubet (2020) s'appuie entre autres sur le concept de la pensée réfléchie de Dewey qui postule qu'elle « est liée à une enquête signifiante, un processus d'investigation déclenché chez l'individu par une interpellation issue du vécu expérientiel » (p. 186).
Les réflexions des étudiantes et des étudiants dans le cadre du cours étudié ont mené à quatre grands changements :

  1. Les étudiantes et les étudiants se perçoivent comme actrices ou acteurs et non plus comme spectatrices ou spectateurs fatalistes par rapport aux enjeux environnementaux ;
  2. Leur vision du monde a changé ;
  3. Leur rapport avec le monde, l'environnement et les autres a changé ;
  4. Ces personnes apprenantes ont développé un esprit critique par rapport aux informations véhiculées à propos de l'environnement.

À l'origine de ces changements, deux conditions et deux mécanismes pédagogiques et didactiques ont été identifiés :

  • Condition 1 : l'enseignante ou l'enseignante comme source d'inspiration dans son engagement vis-à-vis de l'environnement.
  • Condition 2 : l'installation d'une « symétrie de la parole » ouverte aux questionnements et à la discussion soutenue par une authenticité et une bienveillance constante de la personne enseignante.
  • Mécanisme 1 : stimulation de la mise en marche d'une démarche d'enquête chez les étudiantes et les étudiants liée à leur vécu et à leurs intérêts.
  • Mécanisme 2 : accès libre à un corpus théorique et à des ressources diversifiées pour appuyer les enquêtes des étudiantes et étudiants.

Dans la discussion des résultats, Boelen et Chaubet (2020) précisent que les résultats obtenus complètent la synthèse de Chaubet et ses collaborateurs (2016) et concordent avec la littérature sur la pratique réflexive.

Appréciation et utilisation potentielle

Bien que la recherche de Boelen et Chaubet (2020) présente des limites (nombre de participants et impossibilité d'affirmer que les changements qu'ils expriment perdureront), l'incursion dans le vécu d'un petit groupe de personnes étudiantes ayant partagé un même cours offre une occasion intéressante de comprendre les impacts réels des choix pédagogiques et des attitudes de la personne enseignante. C'est en effet une démonstration très pertinente du fait qu'elle a en main les leviers pour modifier considérablement l'expérience d'apprentissage des étudiantes et des étudiants.

Le fait que la recherche s'inscrive en continuité avec d'autres et soit en concordance avec les écrits scientifiques du domaine de la pratique réflexive apporte une crédibilité aux résultats obtenus et rend d'autant plus intéressante la lecture de cet article.

Boelen et Chaubet soulèvent également la question de l'innovation dans les pratiques enseignantes qui est au cœur des activités de réflexion des étudiantes et des étudiants. Il est souligné que les mécanismes et conditions nommés dans cette recherche ne revêtent pas un caractère de nouveauté, mais plutôt de rareté (et de fraîcheur) dans l'enseignement, particulièrement au niveau universitaire. Ce qui est souhaité, c'est que la pédagogie active, comme illustrée dans cet article, entre en phase « d'in-novation » et fasse largement partie des pratiques d'enseignement universitaire. C'est une position qui me rejoint en tant que conseillère pédagogique.

Référence

Chaubet, P., Correa Molina, E., Gervais, C., Grenier, J., Verret, C. et Trudelle, S. (2016).Vers une démarche d'ingénierie inverse pour étudier la réflexion sur la pratique et ses situations de déclenchement. Illustration sur quatre études. Approches inductives, 3(1), 91-124. https://doi.org/10.7202/1035196ar

Notice biographique

Céline LeblancAprès plusieurs années d'enseignement, Céline Leblanc a entrepris une carrière de conseillère pédagogique en technologie éducative à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) où elle travaille depuis 2008. Dans le cadre de ses fonctions, elle s'intéresse particulièrement à la pédagogie en enseignement supérieur en présentiel. Entre autres, elle coordonne le programme de mentorat entre enseignants et les activités pédagogiques et technopédagogiques offertes à l'UQTR, elle collabore à la communauté de pratique en pédagogie universitaire ainsi qu'à la formation des nouveaux professeurs et des nouveaux chargés de cours de son établissement. Elle est membre du GRIIP depuis 2008 et elle participe aux Lectures choisies, au comité éditorial du Tableau, au comité des Webinaires du GRIIP et a contribué au développement des modules d'autoformation « Enseigner à l'université ».


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54,9% des étudiants estiment que leur temps de travail personnel a augmenté avec le confinement. Hatice/Pixabay, CC BY

Cette recherche s'effectue en collaboration avec Christine Félix, maîtresse de conférences à l'Université d'Aix-Marseille et Pierre-Alain Filippi, enseignant et chercheur associé à l'INSPé d'Aix-Marseille.


Depuis le 30 octobre 2020, dans le contexte de cette deuxième période de confinement, les étudiants français sont contraints de suivre un enseignement à distance. Cette situation donne lieu à des réactions contrastées, associant éloge de la capacité d'adaptation des universités et critique du maintien de ce mode d'enseignement. Les médias se font l'écho de souffrances chez les étudiants.

Suite à l'annonce de l'exécutif d'une reprise des cours en présentiel en février, la Conférence des Présidents d'Université a fait part de son incompréhension face à cette décision et a lancé un appel pour mettre un terme à ce distanciel contraint le plus tôt possible, insistant également sur les difficultés rencontrées par les étudiants, et particulièrement ceux inscrits en première année de licence.

Dans l'interview donnée au média en ligne Brut, vendredi 4 décembre, Emmanuel Macron a finalement évoqué une reprise progressive des cours sur les sites universitaires début janvier.

Interpellés en tant qu'enseignants-chercheurs, spécialistes des questions du numérique éducatif, nous avons souhaité interroger les conditions de formation des étudiants.

En tant qu'enseignants, nous avons constaté que différents étudiants de master ayant perdu leur « job » se déclaraient en difficulté pour poursuivre leur formation, d'autres nous ont raconté être retournés vivre chez leurs parents. D'autres encore signalaient souffrir d'isolement mais une minorité, souvent en reconversion, en alternance, plus âgée, et/ou loin du lieu de formation, y voyait certains avantages.

En tant que chercheurs, nous avons mené un projet de recherche sur les usages numériques dans l'activité enseignante à distance, à partir de données qualitatives et quantitatives recueillies pendant le premier confinement au printemps 2020, et le contexte actuel fait écho à notre travail.

C'est de cette double préoccupation, entre recherche et formation, qu'est née la volonté d'adresser un questionnaire aux étudiants à l'échelle nationale.

Le défi de la concentration

Associant les sciences de l'éducation et de la formation et les sciences de l'information et de la communication, cette recherche vise à comprendre comment les étudiants vivent cette période et essayent de maintenir leur activité pour répondre aux attentes de leur formation universitaire.

Dans ce cadre, nous avons diffusé, le 3 décembre, un questionnaire comprenant 90 questions, distinguant quatre axes d'analyse relatifs à leur situation individuelle, leur suivi des cours pendant cette période, l'organisation de leur travail personnel et enfin leur point de vue sur cet enseignement à distance contraint.

À la date du 15 décembre, l'étude déjà comptabilise 6320 réponses, venant majoritairement de femmes (67 %), pour 33 % d'hommes, soit dix points au-dessus par rapport aux statistiques nationales. La tranche d'âge va de 18 à 20 ans (44,33 %) et de 20 à 25 ans (48,3 %). 41,7 % des répondants suivent des études dans le secteur des Sciences et des Technologies, 22,9 % dans le secteur des Arts, Lettres, Langues et Sciences humaines, 23 % en STAPS.

Le panel se décompose en 42,2 % étudiants boursiers et 57,8 % non boursiers, un chiffre légèrement supérieur à ceux fournis par le ministère (37 %). En majorité, les étudiants répondants vivent seuls (85,5 %) et habitent en cette période de confinement chez leurs parents (51,1 %).

74,6 % des étudiants interrogés suivent la totalité de leurs enseignements à distance. Pour 95,2 % d'entre eux, les cours se font sous forme de visioconférences, à suivre en direct de manière synchrone. Ils sont 75,3 % à se dire assidus.

La majorité d'entre eux (66.7 %) considèrent que les outils et services numériques fournis par l'université sont satisfaisants. Néanmoins, 41,4 % disent ne pouvoir rester concentrés plus d'1h, ou 2h pour 28,1 %, alors que, pour 52,6 % des étudiants, la fréquence des cours est de plus de 8 cours par semaine, ce décalage pesant sur les apprentissages.

Sensation d'isolement

D'un point de vue matériel, 51,1 % des étudiants considèrent leurs conditions acceptables pour suivre les enseignements à distance mais 9 % se déclarent dans une situation précaire. Les difficultés rencontrées pendant cette période concernent majoritairement l'organisation de leur travail personnel, la compréhension des contenus des cours et le manque d'interactions avec les autres étudiants (50,2 %).

En effet, les étudiants estiment, pour 54,9 % d'entre eux, que le temps de travail personnel a augmenté pendant cette période. Avant le passage à l'enseignement à distance, 66 % des étudiants interrogés estimaient que le suivi des cours leur prenait le plus de temps, à présent 70,5 % d'entre eux estiment que c'est le travail personnel qui leur prend plus de temps.

Par ailleurs, la majorité des étudiants soulève le problème du manque d'interactions avec les autres étudiants et leurs enseignants ainsi qu'un sentiment d'isolement. 74,5 % des étudiants estiment en effet avoir beaucoup moins d'interactions pendant les cours avec les autres étudiants que lorsqu'ils suivaient leurs études en présentiel.

On peut ainsi noter que 56,9 % disent ne pas participer à du travail de groupe ou ne pas s'organiser avec leurs camarades pour travailler ensemble en dehors des cours. Par conséquent, 61,2 % d'entre eux ont le sentiment que l'enseignement à distance diminue les échanges entre étudiants. Ce sentiment est d'autant plus vrai chez les néo-bacheliers inscrits en première année d'étude supérieure : 71,2 % de ces nouveaux étudiants se sentent isolés.

Enfin, 68,7 % des étudiants disent être beaucoup moins en interaction avec leurs enseignants. Ces premiers résultats ouvrent des pistes de réflexions sur le rôle et les modalités des interactions dans l'apprentissage à distance.

Difficultés d'organisation

Le contexte de l'enseignement à distance en cette période semble également avoir un impact sur le ressenti des étudiants quant à leur diplôme ou à la poursuite de leurs études. 71 % se trouvent moins efficaces en contexte d'enseignement à distance par rapport au présentiel.

Ainsi, 57,5 % des étudiants interrogés pensent que le contexte de crise sanitaire et ses contraintes perturbent leur capacité à poursuivre leurs études. Enfin, notons que pour 46,1 % des répondants ont le sentiment que leur diplôme sera de moins valeur cette année.

Les premières tendances qui apparaissent à travers les réponses des étudiants concernés laissent donc à penser que l'enseignement à distance, tel qu'il est mis en place, est vécu comme une situation majoritairement pesante. Le manque de contacts avec les enseignants et de partages d'expérience avec d'autres, souvent sources de motivation, semblent fragiliser d'une façon ou d'une autre la situation personnelle des étudiants, interrogeant ainsi l'impact sur les apprentissages.

Ces premières tendances ouvrent également la voie à un focus particulier sur la situation spécifique des néo-bacheliers, des secteurs disciplinaires, mais également des étudiants en situation de handicap, ou à besoins particuliers, une réalité qui n'échappera pas à notre enquête, faisant aussi écho aux adaptations mises en œuvre par les enseignants.

Cette recherche se poursuit et le questionnaire est toujours accessible à toutes les étudiantes et tous les étudiants désireux de partager leur point de vue sur cette situation.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.


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