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Numérique responsable

Avez-vous déjà jeté un ordinateur car la carte mère était cassée ou jeté un téléphone car l'écran était brisé ? Si oui, vous vous êtes peut-être demandé si on ne pouvait pas réutiliser des composants plutôt que de tout jeter. La réponse est que c'est possible, mais difficile. Mickaël Bettinelli effectue sa thèse au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, il vient nous expliquer dans binaire pourquoi la réutilisation des composants électroniques est un processus compliqué, et comment l'intelligence artificielle peut faciliter ce processus. Pauline Bolignano

Un articlerepris du blog binaire, une publication sous licence CC by sa

Les produits jetés au quotidien sont des produits qui ne remplissent plus leur rôle, souvent parce qu'une pièce cassée mais aussi parce que nous décidons de renouveler notre matériel électronique au profit de nouveaux produits plus performants. Certains composants de ces produits sont pourtant toujours fonctionnels. Par exemple, la batterie d'un téléphone âgé peut être la seule cause de la panne mais nous jetons l'ensemble du téléphone.

Le recyclage répond partiellement au problème puisqu'il permet de récupérer les matériaux des produits que l'on jette. Malheureusement, tous les matériaux et tous les produits ne sont pas recyclés. Pire, en plus d'être un procédé coûteux, le recyclage ne permet pas toujours de récupérer tous les matériaux des produits que nous recyclons. Prenons l'exemple des batteries de véhicules électriques, on estime pouvoir n'en recycler qu'environ 65% à 93% [1] et cette récupération est complexe à mettre en œuvre. De plus, une batterie de véhicule électrique ne peut plus être utilisée dans l'automobile après 20% de perte de ses capacités. Nous nous retrouvons donc avec un grand nombre de batteries en bon état qui ne peuvent plus être utilisées dans leur application initiale et dont le recyclage est coûteux.

C'est pourquoi de nombreuses études proposent de réutiliser ces batteries pour stocker les énergies renouvelables irrégulières comme l'énergie éolienne ou solaire [2]. Leur réutilisation nous permet à la fois de remplir un besoin et de maximiser l'utilisation des batteries. De manière plus générale, ce procédé est appelé le remanufacturing. C'est une pratique récente et encore peu développée qui consiste à démonter des produits jetés pour remettre à neuf et réintégrer leurs composants fonctionnels dans de nouvelles applications. Il s'agit par exemple de téléphones neufs qui ont été produits à l'aide de composants récupérés sur d'autres modèles défectueux. Puisque les produits remanufacturés n'utilisent pas que des composants neufs, ils ont l'avantage de coûter moins cher à la fabrication et à la vente, mais surtout, ils permettent d'économiser de l'énergie et des matériaux.

Face à la grande quantité et la diversité de composants dont nous disposons, il n'est pas évident pour un humain de les réutiliser au mieux durant le processus de remanufacturing. Aujourd'hui, les entreprises qui pratiquent le remanufacturing utilisent souvent un nombre de composants limité. Les employés peuvent donc les mémoriser et les réutiliser au besoin. Mais avec le développement du remanufacturing, le nombre de composants pourrait vite exploser, rendant l'expertise humaine inefficace à gérer autant de stock.

Pour répondre à ce besoin, ma thèse se concentre sur la conception d'un système d'aide à la décision permettant d'élaborer de nouveaux produits à partir d'un inventaire de composants réutilisables. Un opérateur humain peut interagir avec le système pour lui demander de concevoir des produits possédant certaines caractéristiques physiques spécifiques. Une fois l'objectif entré dans le système, celui-ci cherche parmi les composants disponibles ceux qui sont utilisables pour répondre au besoin de l'utilisateur. Mais attention, les composants nécessaires à l'utilisateur ne sont pas forcément tous disponibles dans l'inventaire ! Il doit donc être capable de faire un compromis entre ce que veut l'utilisateur et ce qu'il peut réaliser.

Pour réaliser ce système d'aide à la décision, nous nous aidons des systèmes multi-agents, un sous domaine de l'intelligence artificielle. Un système multi-agent est composé d'une multitude de programmes autonomes, appelés agents, capables de réfléchir par eux même et de communiquer ensemble. Comme chez les humains, leur capacité de communication leur permet de s'entraider et de résoudre des problèmes complexes. Dans le cadre de notre système d'aide à la décision, chaque composant de l'inventaire est représenté comme un agent. Leur problème va être de former des groupes dont l'ensemble des membres doit représenter un produit le plus proche possible de la demande utilisateur. Par exemple, si un utilisateur demande au système de lui concevoir un tout nouveau téléphone portable avec 64Go de mémoire, les agents qui représentent des composants mémoire vont former un groupe ensemble jusqu'à être le plus proche possible des 64Go. Ils peuvent ensuite s'assembler avec un écran, une batterie, un boîtier, etc. Une fois tous les composants du téléphone présents dans le groupe, le système d'aide à la décision peut proposer à l'utilisateur ceux qui ressemblent le plus à sa demande. Si l'utilisateur est satisfait, il peut alors acheter les composants proposés. Ces derniers iront ensuite à l'assemblage pour construire le produit physique.

Avec le développement du remanufacturing, nous pouvons espérer que les produits soient conçus de manière à être réparés et leurs composants réutilisés. Dans ce cas, l'avantage de ce système d'aide à la décision sera sa capacité à gérer une grande quantité de composants issus d'une grande diversité de produits. On pourrait alors imaginer concevoir des produits en mêlant des composants issus d'objets très différents comme dans le cas de la réutilisation des batteries de véhicules électriques pour le stockage des énergies renouvelables, et ainsi réduire de plus en plus notre impact environnemental.

Mickaël Bettinelli, doctorant au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, Grenoble INP.


[2] DeRousseau, M., Gully, B., Taylor, C., Apelian, D., & Wang, Y. (2017). Repurposing used electric car batteries : a review of options. Jom, 69(9), 1575-1582.


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The Shift Project publie ce mardi 30 mars 2021 une note d'analyse sur l'impact environnemental du numérique et le déploiement de la 5G. Cette nouvelle étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial, établis par le Shift en 2018, et de formuler des propositions pour le déploiement d'une « 5G raisonnée », par opposition à une 5G de masse.

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment relancer le débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

  1. Téléchargez la note d'analyse complète (47p.)
  2. Téléchargez la synthèse (8p.)

Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G

Contexte et constats

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles débats instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir et d'affiner notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont contribué, notamment grâce à la production de chiffres, à une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Depuis, les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements ont été lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire nous a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Le contexte du déploiement en cours de la 5G sur nos territoires constitue une véritable occasion de réfléchir ensemble à une trajectoire compatible avec les contraintes énergie-climat pour nos usages numériques et à l'adaptation de nos mécanismes de prises de décisions face à l'ampleur de nos choix technologiques et de leurs implications.
Les débats sur nos choix technologiques ne concernent pas une adhésion ou non à la technologie en tant que telle. Pour qu'ils soient bénéfiques, les débats doivent questionner ce qui motive les directions que nous donnons à notre système connecté, ce qui les justifient et les actions à mettre en place à l'échelle de la société. Revenir sur la cristallisation du débat concernant la5G va permettre de démontrer la nécessité de construire une discussion collective
plus large et plus efficace sur nos choix technologiques, autour d'une gouvernance concertée au service d'objectifs explicites.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

Objectifs clés de la note

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner et piloter un système numérique pertinent basé sur des choix technologiques réfléchis et raisonnés ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos modes de vie et nos choix technologiques pour aboutir à une gouvernance du numérique compatible avec la contrainte climatique et énergétique.

Pour rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Sur la base de ces constats, nous formulons ainsi trois propositions majeures afin de rendre notre système numérique résilient :

  • Bâtir une nouvelle gouvernance du numérique
    • Au niveau national, initier et harmoniser les objectifs de décarbonation et les outils d'évaluation et suivis quantitatifs.
    • Au niveau des territoires, donner aux élus les moyens d'organiser la concertation de la
      société civile pour déterminer les usages prioritaires et modalités de déploiement.
    • Au niveau européen, développer des organes de gouvernance cohérents et d'une ampleur adaptée aux infrastructures de l'Union, à ses usages et ses acteurs économiques.
  • Inventer les nouveaux modèles économiques
    • Sortir de la rentabilisation des services par les volumes de données massifs.
    • Rentabiliser les usages construits sur la modularité, l'après-première vie et l'allongement de la durée de vie des terminaux, matériels et équipements réseaux.
  • Développer les outils d'un pilotage du numérique
    • Fixer des objectifs quantifiés et normatifs pour le numérique, dont l'atteinte assure la comptabilité avec la trajectoire 2°C.
    • Développer des outils robustes d'évaluation de l'impact énergie et carbone.
    • Développer les outils de suivi permettant de mesurer les effets de la gouvernance numérique et de l'ajuster pour atteindre les objectifs.

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Le Shift est heureux de vous inviter au webinaire de présentation de sa nouvelle étude « Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? », le mardi 30 mars de 18h à 20h30. Cette étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial et de formuler des propositions pour une « 5G mesurée ».

Comment rendre le numérique compatible avec les Accords de Paris ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Comment assister

Date : Mardi 30 mars 2021, en format webinaire, de 18h à 20h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

17h50 – Accueil Zoom et ouverture du live Facebook

18h Mot d'introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

18h15 Présentation de l'étude sur la 5G

  • Hugues Ferreboeuf, Chef de projet Numérique, The Shift Project
  • Maxime Efoui-Hess, Coordinateur de projet Numérique, The Shift Project

19h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

19h15 Table-ronde/Réactions à la présentation*

20h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

20h20 Conclusion

20h30 – Fin de l'événement

* Intervenant.e.s à confirmer

A propos de l'étude

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Dans notre dernier rapport (octobre 2020), nous proposions des mesures très opérationnelles pour mettre en œuvre la sobriété numérique.

Nous publions cette fois une note d'analyse ayant pour objectifs de :

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner un choix technologique et assurer sa pertinence ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos choix technologiques.

Constats

Les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements sont lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Dans ce contexte, nous avons mis à jour nos scénarios prospectifs de 2018. Nos résultats confirment les tendances identifiées, à savoir une part du numérique dans les émissions mondiales non négligeable (3 à 4 %) et une dynamique préoccupante de la croissance de ses impacts (+ 6 %/an), incompatible avec la trajectoire 2°C.

Les progrès technologiques sur l'efficacité énergétique n'ont jamais suffi à compenser l'augmentation des usages. Le constat est donc indéniable : l'impact du numérique ne fera qu'augmenter si nous ne nous donnons pas les moyens de le piloter.

En l'absence de réinvention des comportements et des modèles d'affaires, le déploiement des nouvelles générations de réseaux (dont la 5G imminente) et le développement des usages associés (IoT, IA, edge computing, progression des usages vidéo très haute résolution sur mobiles) accentueront cette tendance.

Le déploiement de la 5G : une manifestation grandeur nature d'un numérique insoutenable

Avec une augmentation moyenne de 34 % par an sur la période 2013-2019, la consommation électrique associée à nos usages mobiles dans le monde représente en effet 1,5 fois celle de nos usages fixes. Ils sont ainsi au cœur des enjeux posés par les tendances insoutenables déjà identifiées en 2018 (confirmée dans cette mise à jour), or ce sont bien elles qui motivent aujourd'hui le déploiement de notre 5ème génération de réseaux mobiles.

Sur la 5G, un constat fait consensus : son déploiement en masse sur les territoires entraînera une augmentation de la consommation énergétique associée (production et utilisation des terminaux et infrastructures).

Pour une “5G mesurée”

Pour rendre la 5G soutenable, c'est à dire compatible avec les Accords de Paris, il sera impossible de la déployer en masse. Alors où déployer et pourquoi ? Comment déployer une “5G mesurée”, par opposition à une 5G de masse ?

Le débat sur le moratoire et son résultat ont déclenché le déploiement des premières briques d'infrastructures, mais n'ont pas répondu aux deux questions qui doivent structurer nos choix : le « pourquoi » et le « comment » déployer la 5G. Traiter ces questions, du cadre de pertinence et des modalités de déploiement, est indispensable à rendre la 5G soutenable.

Dès lors, à quels usages se limiter (e-santé, Industrie 4.0, etc.) et comment les choisir ? Ces questions ne pourront être adressées qu'à la condition d'une nouvelle méthode de concertation, et donc d'une nouvelle gouvernance.

Rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Ce qu'a démontré le débat sur la 5G en 2020, c'est que nos mécanismes de régulation numérique ne sont pas conçus pour gérer des questions de cette ampleur. Il est indispensable de construire une nouvelle gouvernance du numérique, française puis européenne, qui mobilise tous les acteurs indispensables au pilotage de nos réseaux.

Nous formulons ainsi 3 propositions majeures :

  • Construire une nouvelle gouvernance du numérique (Arcep, société civile, FR-EU-territoires)

– Initiée et orchestrée par les pouvoirs publics,
– Appuyée sur les régulateurs comme l'Arcep, pivots de la gouvernance des réseaux,
– Impliquant la représentation citoyenne et la société civile, premier échelon pour identifier nos usages prioritaires.

  • Inventer des modèles économiques compatibles avec la diminution des impacts (Opérateurs, Services, Fabricants)

– Construits par les opérateurs, fournisseurs de services et fournisseurs d'équipements, qui connaissent les réalités opérationnelles.

  • Développer les outils d'un pilotage soutenable

– Définir des objectifs quantitatifs ;
– Développer des outils d'évaluation des impacts ;
– Ajuster la gouvernance pour les atteindre.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

L'article [Invitation] Webinaire – Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? (Mardi 30 Mars) est apparu en premier sur The Shift Project.


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Nous sommes confrontés à la désinformation sur les réseaux sociaux. Le sujet est tout sauf simple : qu'on modère trop et on porte atteinte à la liberté d'expression ; pas assez, et on laisse les fakenews se propager et mettre en cause les valeurs de notre société. Alors, qui doit dire le vrai du faux et selon quels principes ? Emmanuel Didier, Serena Villata, et Célia Zolynski nous expliquent comment concilier liberté et responsabilité des plateformes. Serge Abiteboul & Antoine Rousseau
Cet article est publié en collaboration avec theconversation.fr.

Un articlerepris du blog binaire

L'élection présidentielle aux États-Unis a encore une fois mis la question des fausses nouvelles au cœur du débat public. La puissance des plateformes et notamment celle des réseaux sociaux est devenue telle que chaque événement d'importance engendre depuis quelques temps des discussions sur ce problème. Pourtant, il semble que les analyses produites à chacune de ces occasions ne sont pas capitalisées, comme s'il n'y avait eu ni réflexions, ni avancées au préalable. Nous voudrions montrer ici la pérennité de certaines conclusions auxquelles nous étions parvenues concernant la modération de la désinformation pendant le premier confinement.

En effet, durant la crise sanitaire engendrée par l'épidémie de SARS-CoV-2, l'isolement des individus en raison du confinement, l'anxiété suscitée par la gravité de la situation ou encore les incertitudes et les controverses liées au manque de connaissance sur ce nouveau virus ont exacerbé à la fois le besoin d'informations fiables et la circulation de contenus relevant de la désinformation (émis avec une claire intention de nuire) ou de la mésinformation (propagation de données à la validité douteuse, souvent à l'insu du propagateur). Les plateformes ont alors très vite accepté le principe qu'il leur fallait modérer un certain nombre de contenus, mais elles ont été confrontées à deux difficultés liées qui étaient déjà connues. Premièrement, ce travail est complexe car toute information, selon le cadre dans lequel elle est présentée, la manière dont elle est formulée ou le point de vue de son destinataire, est susceptible de relever finalement de la mésinformation ou de la désinformation. Deuxièmement, le fait de sélectionner, de promouvoir ou de réduire la visibilité de certaines informations échangées sur les plateformes numériques entre en tension avec le respect des libertés d'information et d'expression qu'elles promeuvent par ailleurs.

Quelles sont donc les contraintes qui s'imposent aux plateformes ? Quelles sont les mesures qu'elles ont effectivement prises dans ces conditions ? Le présent texte s'appuie sur le bulletin de veille rédigé dans le cadre d'un groupe de travail du Comité national pilote d'éthique du numérique (CNPEN) [1] qui nous a permis de mener une dizaine d'auditions (par visioconférence) avec, entre autres, les représentants de Facebook, Twitter et Qwant ainsi que le directeur des Décodeurs du Monde. Il est apparu que les difficultés posées par la modération des fausses nouvelles pouvaient être regroupées en trois catégories. D'une part, celles qui sont associées aux algorithmes, d'autre part celles qui relèvent du phénomène de la viralité et, enfin, celles posées par l'identification et les relations avec des autorités légitimes.

Les algorithmes en question

Bien sûr, les mécanismes de lutte contre la désinformation et la mésinformation développés par les plateformes reposent en partie sur des outils automatisés, compte tenu du volume considérable d'informations à analyser. Ils sont néanmoins supervisés par des modérateurs humains et chaque crise interroge le degré de cette supervision. Durant le confinement, celle-ci a été largement réduite car les conditions de télétravail, souvent non anticipées, pouvaient amener à utiliser des réseaux non sécurisés pour transférer de tels contenus, potentiellement délictueux, ou à devoir les modérer dans un contexte privé difficilement maîtrisable. Or les risques d'atteintes disproportionnées à la liberté d'expression se sont avérés plus importants en l'absence de médiation et de validation humaines, seules à même d'identifier voire de corriger les erreurs de classification ou les biais algorithmiques. En outre, l'absence de vérificateurs humains a compliqué la possibilité de recours normalement offerte à l'auteur d'un contenu ayant été retiré par la plateforme. Ces difficultés montrent clairement l'importance pour la société civile que les plateformes fassent plus de transparence sur les critères algorithmiques de classification de la désinformation ainsi que sur les critères qu'elles retiennent pour définir leur politique de modération, qu'ils soient d'ordre économique ou relèvent d'obligations légales. Ces politiques de modération doivent être mieux explicitées et factuellement renseignées dans les rapports d'activité périodique qu'elles sont tenues de publier depuis la loi Infox de décembre 2018 (v. le bilan d'activité pour 2019 publié par le CSA le 30 juillet 2020 [2] et sa recommandation du 15 mai 2019 [3]). Plus généralement, il apparait qu'une réflexion d'ampleur sur la constitution de bases de données communes pour améliorer les outils numériques de lutte contre la désinformation et la mésinformation devrait être menée et devrait aboutir à un partage des métadonnées associées aux données qu'elles collectent à cette fin (voir dans le même sens le bilan d'activité du CSA préc.)

La responsabilité de la viralité

L'ampleur prise à ce jour par les phénomènes de désinformation et de mésinformation tient à l'accroissement de mécanismes de viralité qui se déploient à partir des outils offerts par les plateformes. La viralité est d'abord l'effet du modèle économique de certains de ces opérateurs, qui sont rémunérés par les publicitaires en fonction des interactions avec les utilisateurs qu'ils obtiennent et ont donc intérêt à générer des clics ou toute autre réaction aux contenus. Elle relève ensuite du rôle joué par leurs utilisateurs eux-mêmes dans la propagation virale de la désinformation et de la mésinformation (que ces derniers y contribuent délibérément ou par simple négligence ou ignorance). La lutte contre la désinformation doit donc nécessairement être l'affaire de tous les utilisateurs, responsables de devenir plus scrupuleux avant de décider de partager des informations et ainsi de contribuer à leur propagation virale. Cette remarque va d'ailleurs dans le même sens que le programme #MarquonsUnePause désormais promu par l'ONU [4]. Mais ceci n'est possible que si les plateformes mettent à disposition de leurs utilisateurs un certain nombre d'informations et d'outils afin de les mettre en mesure de prendre conscience, voire de maîtriser, le rôle qu'ils jouent dans la chaîne de viralité de l'information (voir également sur ce point les recommandations du CSA formulées dans le bilan d'activité préc.). En ce sens, les plateformes ont commencé à indiquer explicitement qu'une information reçue a été massivement partagée et invite leurs utilisateurs à être vigilants avant de repartager des contenus ayant fait l'objet de signalement. Mais il serait possible d'aller plus loin. Plus fondamentalement, il est important que les pouvoirs publics prennent des mesures permettant de renforcer l'esprit critique des utilisateurs, ce qui suppose tout particulièrement que ceux-ci puissent être sensibilisés aux sciences et technologies du numérique afin de mieux maîtriser le fonctionnement de ces plateformes et les effets induits par ces mécanismes de viralité. La création d'un cours de « Science numérique et technologie » obligatoire pour toutes les classes de seconde va dans ce sens [5].

La légitimité

Enfin, troisièmement, si la modération des contenus et le contrôle de la viralité jouent un rôle prépondérant dans le contrôle pragmatique de la désinformation et de la mésinformation, ces opérations ne peuvent, in fine, être accomplies sans référence à des autorités indépendantes établissant, ne serait-ce que temporairement, la validité des arguments échangés dans l'espace public. Sous ce rapport, une grande difficulté provient du fait que les plateformes elles-mêmes sont parfois devenues de telles autorités, en vertu de l'adage bien plus puissant qu'on pourrait le croire selon lequel « si beaucoup de monde le dit, c'est que cela doit être vrai ». Pourtant, les plateformes n'ont bien sûr aucune qualité ni compétence pour déterminer, par exemple, l'efficacité d'un vaccin ou le bienfondé d'une mesure de santé publique. Elles sont donc contraintes de se fier à d'autres autorités comme l'État, la justice, la science ou la presse. Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses plateformes se sont ainsi rapprochées, en France, de différents services gouvernementaux (en particulier du Secrétariat d'État au numérique ou du Service d'information du gouvernement). Pourtant, dans le même temps, elles se sont éloignées d'autres gouvernements, comme en atteste leur modération des contenus publiés par Jamir Bolsonaro ou Donald Trump. En l'occurrence, on peut légitimement se réjouir de ces choix. Ils n'en restent pas moins arbitraires dans la mesure où ils ne reposent pas sur des principes explicites régulant les relations entre les plateformes et les gouvernements. À cet égard, une réflexion d'ensemble sur la responsabilité des plateformes ainsi que sur le contrôle à exercer s'agissant de leur politique de modération de contenus semble devoir être menée. À notre sens, ce contrôle ne peut être dévolu à l'État seul et devrait relever d'une autorité indépendante, incluant les représentants de diverses associations, scientifiques et acteurs de la société civile dans l'établissement des procédures de sélection d'informations à promouvoir, tout particulièrement en période de crise sanitaire.

par

Emmanuel Didier, Centre Maurice Halbwachs, CNRS, ENS et EHESS

Serena Villata, Université Côte d'Azur, CNRS, Inria, I3S

& Célia Zolynski Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IRJS DReDIS


[1] Comité national pilote d'éthique du numérique, Enjeux d'éthique dans la lutte contre la désinformation et la mésinformation. Bulletin de veille n°2, Juillet 2020. https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/cnpen-desinformation-v2020-10-01.pdf


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The Shift Project a présenté le 15 octobre dernier le troisième volet de ses travaux sur l'impact environnemental du numérique. Le rapport « Déployer la sobriété numérique » et sa synthèse sont disponibles sous ce lien.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.

Ce troisième rapport vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Ce nouveau rapport a été présenté au grand public lors d'un webinaire, le 15 octobre au soir, en présence de nombreux acteurs de l'écosystème du numérique. Retrouvez ci-dessous le replay de l'événement, ainsi que les supports de présentation sous ce lien.

Programme de la visio-conférence

Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project (TSP)
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe

Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, TSP
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, TSP
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, TSP / EHESP
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, TSP / AXA

Réactions

  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA
  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, membre du groupe de travail

Questions-réponses avec le public – Animé par Jean-Marc Jancovici

L'article Conférence de présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique » [Compte-rendu – 15 octobre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


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un articlerepris du site the shift project

L'actualité du numérique, marquée par les débats houleux sur le déploiement de la 5G et les déclarations du président Macron, est particulièrement riche.

C'est dans ce contexte que nous organisons jeudi 15 octobre prochain à 18h une vidéo-conférence de présentation du nouveau rapport du Shift : « Déployer la sobriété numérique ».

Pour assister, c'est simple :

  • Inscrivez-vous dès maintenant sur le formulaire en ligne
  • Rendez-vous jeudi 15 octobre de 18h à 20h30 sur ce lien Zoom et en direct sur notre page Facebook.
  • Le webinaire est limité à 1000 personnes, merci d'assister en priorité en live sur notre page Facebook.
  • N'hésitez pas à diffuser largement l'invitation dans vos réseaux !

The Shift Project travaille depuis 2017 sur l'impact environnemental du numérique. Le troisième volet de ce travail (voir rapport intermédiaire) vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats établis dans ces précédents travaux ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.


« Comment déployer la sobriété numérique ? »

Programme de la soirée

17h45 – Rendez-vous sur Zoom + live Facebook
18h00 Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe
  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA

18h30 Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, The Shift Project
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, The Shift Project
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project

19h30 Réactions :

  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, contributeur au rapport

19h45 Questions-réponses avec le public

  • Animé par Jean-Marc Jancovici

20h30 – Conclusion et fin du webinaire

COMMENT ASSISTER ?

Date : jeudi 15 octobre au soir, de 18h à 20h30
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

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Une conférence dans le cadre des Chemins de la coopération, de juillet 2020 à Juillet 2021 sur la session "Repenser le numérique en faveur des transitions », un article du Forum des Usages Coopératifs.

Le designer et chercheur en transitions Gauthier Roussilhe intervient sur les impacts environnementaux du numérique, les politiques de transition et sur les méthodes de conception à faible impact (low-tech numérique). Il a donné une conférence à Brest, à l'auditorium des Capucins, le mercredi 23 septembre 2020.

Le numérique est aussi un émetteur de gaz à effet de serre !

Repenser le numérique en faveur des transitions :

Les accords de Paris posent un objectif de réduction carbone qui nous amène à 2 tonnes d'émissions de gaz à effet de serre par an, par habitant en 2050, contre 11 tonnes aujourd'hui. À l'heure où l'infrastructure et les services numériques voient leurs émissions de gaz à effet de serre augmenter de 8% par an, comment ceux-ci peuvent-ils se transformer pour être soutenable ? À l'orée des objectifs de transition, l'intervention fera dans un premier temps l'inventaire des impacts environnementaux du numérique estimés à ce jour. Dans un second temps, des nouvelles pistes de développement et des outils seront proposés pour réorienter le numérique dans une dimension soutenable dans les années à venir.

Cette conférence s'inscrit dans le cycle de conférences « Climat Déclic » et « Cultures Numériques » co-organisée par la Direction Ecologie Urbaine de Brest métropole, l'association Ener'gence et le service Médiations et usages numériques de la ville de Brest.

- Le diaporama de Gauthier Roussilhe (61 diapos, un document sous licence cc by sa}

  • 1 Apaiser
  • 2 Décrire le cadre
  • 3 Ce dont on parle
  • 4 La recherche en train de se faire
  • 5 Des projets en train de se faire
  • 6 guide l'action publique

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Tandis que sur un réseau social, l'entretien d'un « profil » vise à faire valoir une certaine image de soi, la veille collaborative consiste à dynamiser la production de connaissances. Image by Gerd Altmann from Pixabay , CC BY

Comment reprendre la main sur son information à l'heure où nous sommes assaillis de notifications sur nos smartphones et où notre navigation sur les réseaux sociaux est orientée par des algorithmes ? Un récent documentaire diffusé par Netflix, The Social Dilemma, pointe d'ailleurs les dangers liés aux modèles économiques des GAFA, entre dépendances numériques, atteintes à la vie privée et bulles de filtres qui nous enferment dans notre propre vision du monde.

Dans le cadre d'un cours de master destiné à de futurs professionnels du numérique – webdesigners, chargés de projet, social media managers ou réalisateurs multimédia – nous avons mené une expérience autour d'un partage de ressources entre étudiants. Tout commence par une situation problème, sous la forme d'une injonction en apparence banale : « face aux technologies émergentes, inventez votre métier ».

Pour résoudre ce problème, les étudiants vont devoir recueillir et croiser des informations existantes au moyen d'une recherche documentaire, mais aussi mettre en œuvre une stratégie de veille pour suivre les évolutions d'un sujet par nature mouvant. Et, puisqu'il s'agit d'inventer son métier, encore faut-il nourrir son inspiration en adoptant une veille créative.

Bande-annonce du documentaire The Social Dilemna, diffusé par Netflix.

Dans ce cours, il s'agit d'entraîner l'esprit critique et renforcer les compétences en veille. En croisant différents outils et méthodes, cette expérience esquisse quelques pistes pratiques pour l'éducation aux médias en général, que nous avons retracées dans un article de recherche.

Face à l'objectif qui leur a été fixé, nos étudiants ont expérimenté différents outils et méthodes de veille, parmi lesquels des services dont ils étaient coutumiers pour leur divertissement, mais qu'ils ne mobilisaient pas jusque-là pour maintenir une veille organisée – Twitter ou Facebook, par exemple. Le seul outil numérique partagé tout au long du processus était needle, un dispositif de navigation contributif que nous développons depuis 2017, aujourd'hui à l'état de prototype expérimenté par quelques centaines de bêta-testeurs :

Présentation du concept de needle et démonstration du fonctionnement du prototype confié aux étudiants

Avec needle, chaque référence que l'utilisateur ajoute le long de son fil lui permet de découvrir les fils des utilisateurs qu'il y croise et d'entrer en relation avec eux. Tandis que les outils de veille reposent sur la constitution préalable de requêtes et l'identification de sources pertinentes, needle met l'accent sur la découverte fortuite : la sérendipité.

needle est en soi une technologie émergente, conçue au Centre de recherche sur les médiations pour permettre aux internautes de partager des contenus qui les inspirent. Les lecteurs de The Conversation contribuent d'ailleurs activement aux tests de notre prototype suite à leur invitation début 2019.

Réévaluer des outils familiers

Avec needle chacun de nos étudiants a consigné les références identifiées au cours de ses recherches et de sa veille par des moyens classiques. Ces sources étaient destinées à alimenter les écrits qu'ils devaient produire dans la cadre de l'évaluation : une réflexion sur son projet professionnel et un exposé de son dispositif de veille.

Dans le cadre du travail collectif, needle était également utilisé pour mutualiser le fruit des recherches au sein de chaque groupe de quatre étudiants. Cette possibilité de veille collaborative a profité aux étudiants d'un second master, se destinant aux métiers de la veille et – eux aussi – de l'animation de communauté sur les réseaux sociaux. C'est ainsi que l'outil à permis à chacun de croiser les « fils » d'autres utilisateurs au sein de la promotion, mais aussi en dehors, chaque fois que leur propre « fil » comportait une référence en commun avec celui de quelqu'un d'autre. Ce dispositif d'enseignement hybride nous a permis de relier les temps de travail collectif en classe avec le travail individuel entre les séances.

Puisque nous nous adressions à de futurs professionnels du numérique, l'utilisation de needle en tant que technologie émergente visait à confronter les étudiants à l'adoption d'une posture d'analyse et de conseil au regard du champ d'expertise que chacun revendiquait (community management, design d'interface, gestion de projet, etc.). Cette approche a fait l'objet d'un troisième écrit de leur part. Mais cette prise de recul critique est allée bien au-delà du sujet particulier qui occupait notre cours.

Comment Facebook capte votre attention. Un épisode de la série Dopamine (Arte).

Chaque étudiant a dû définir une méthodologie de veille personnelle qui tienne compte à la fois de ses habitudes et de ses intérêts pour tel ou tel média social, mais aussi de ses besoins informationnels. En se gardant de préconiser telle ou telle solution commerciale, il s'agissait pour nous de développer l'esprit critique et la culture numérique des apprenants.

Le recours à un outil expérimental tel que needle a permis aux étudiants de prendre conscience des choix de conceptions des outils communément accessibles, destinés à répondre à des objectifs économiques parfois en contradiction avec l'intérêt général. Par exemple, tisser un « fil » ce n'est pas comme entretenir « profil » : ce que l'on indexe le long de son « fil » n'est pas là pour faire valoir une certaine image de soi, mais pour faire rebondir sa navigation dans des directions nouvelles.

Motivée par la curiosité, la pratique de veille ne s'accompagne d'aucun sentiment d'urgence sous la pression d'incessantes notifications ou d'un « mur » d'actualité qui se déroulerait sans fin. Le fait de devoir envisager les dispositifs grand public dans le contexte d'une utilisation « sérieuse », tel que la veille métier, a conduit les étudiants à prendre conscience d'un certain nombre de biais et de limites de plates-formes telles que Facebook.

Croiser des références

Mobiliser une technologie innovante issue de la recherche publique met en jeu la responsabilité du monde universitaire dans l'environnement numérique et permet à l'apprenant d'interroger ses pratiques numériques sous l'angle critique. needle confronte ses utilisateurs à une proposition alternative aux modalités d'accès et de partage des contenus dominées par les grandes plates-formes des GAFA. Sur needle, les seules données recueillies proviennent des contributions conscientes et volontaires des utilisateurs.

Lorsque nous intégrons needle à nos enseignements, nous soulevons ces questions liées à la vie privée et au libre arbitre face aux interfaces conçues pour capter notre attention et nos données.

Enfin, needle est un moyen pour l'apprenant de rencontrer des cadres de références éloignés des siens, à la faveur du croisement avec d'autres autour de références qui lui sont familières. Les sciences de l'éducation appellent ce type de situation une zone proximale de développement. Pour bâtir de nouvelles connaissances, il nous faut sortir de notre zone de confort sans pour autant être jeté sans repères dans l'inconnu. Tout le contraire des dynamiques de bulle de filtres et de polarisation que l'on observe depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux traditionnels.

Le graphique ci-dessus, produit avec le logiciel Gephi, montre que les « fils » des étudiants de l'enseignement en « technologies émergentes » (en bleu) s'entremêlent abondamment entre eux, tout en rencontrant les fils d'autres communautés d'utilisateurs tels que des documentalistes (en vert), ou des lecteurs du média The Conversation France (en rouge et rose). Cela démontre la capacité de needle à permettre le croisement tant hors des contraintes spatio-temporelles que socio-professionnelles. Author provided

L'expérience ne s'arrête pas aux portes de la salle de classe. En effet needle n'est pas spécialement destiné à la pédagogie. Ainsi nos étudiants ont-ils pu croiser les « fils » de documentalistes de l'Université, ou encore des quelque 200 lecteurs de The Conversation France à avoir été actifs au cours des bêta-tests. Pour avoir mis en évidence le processus à l'œuvre dans l'innovation narrative, nous savons que l'innovation nécessite de puiser à des sources d'inspiration aussi diverses que possible. Voilà qui est devenu une gageure si vous vous reposez sur ce que vous pensez à chercher sur Google et sur ce que vos « amis » partagent sur Facebook, Twitter ou Snapchat…

The Conversation

Julien Falgas est le porteur du projet "needle". Ce projet a bénéficié de financements de l'Université de Lorraine au titre de la valorisation non-économique, et du CPER "langues, connaissances et humanités numériques". Il bénéficie d'un accompagnement de l'Incubateur Lorrain en vue de sa valorisation par la création d'une entreprise.

Audrey Knauf ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.


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Un article repris du site Profs en transition , "Agir ensemble vers une pédagogie écoresponsable, solidaire et citoyenne" avec leur accord

[BureauVert] est une initiative lancée par le réseau Profs en transition dont l'objectif est de réduire l'impact écologique de nos espaces et usages bureautiques, dans l'univers scolaire évidemment mais aussi bien au-delà dans nos pratiques quotidiennes !

Temps de lecture : 8 minutes

Cet article fait suite à l'article précédent La pollution numérique que nous vous invitons à (re)découvrir afin d'avoir en tête les principaux enjeux du numérique et les raisons pour lesquelles il est plus que nécessaire de tendre vers la sobriété dans ses usages. Aller vers la sobriété numérique, c'est participer à la diminution de notre consommation énergétique et agir ainsi concrètement pour la décroissance énergétique.

Suivant la démarche des 5R, habituellement mise en avant dans les pratiques Zéro Déchet, l'article qui suit donne les clés de 13 grands écogestes. Ceux-ci sont regroupés en 5 familles de Règles, classées suivant la démarche précitée des plus aux moins impactantes (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et enfin Rendre à la Terre), ceci afin de viser efficacement la sobriété dans nos usages numériques.

– Résumé de la démarche des 5R numériques –

5R numériques

1. R comme REFUSER

JE REFUSE LA “MODE” TECHNOLOGIQUE.

En luttant contre l'obsolescence programmée et en refusant de remplacer mon équipement encore fonctionnel :

  • Je prends soin de mon matériel et j'ai recours aux bons gestes pour allonger sa durée de vie qui peut ainsi atteindre 2 fois la durée moyenne de vie observée, soit 5 ans pour un smartphone et 10 ans pour un ordinateur.
  • Je me limite en termes de nombre d'équipements au strict minimum. Je les fais réparer si besoin.
  • Je fais attention aux mises à jour de mon système d'exploitation et autres logiciels installés qui peuvent ralentir les performances de mes équipements. A cet effet, je privilégie l'installation des mises à jour correctives et notamment de sécurité – indispensables contre les failles et les dysfonctionnements – lorsque j'arrive à les distinguer des mises à jour fonctionnelles évolutives – souvent cosmétiques, voire inutiles et qui contribuent à l'obsolescence programmée. Il n'est pas toujours possible ni aisé de distinguer mise à jour corrective et évolutive (un projet de loi avorté portant sur une “garantie logicielle” aurait pu changer la donne, toutefois la disposition a été remplacée par un droit à l'information concernant la durée de compatibilité des logiciels achetés avec un usage normal). Par défaut, je diffère donc le lancement de toute mise à jour lorsque l'éditeur logiciel n'a pas communiqué un avis majeur de sécurité. Je peux aussi me renseigner dans la presse spécialisée, forums ou même presse nationale si des failles/dysfonctionnements majeurs sont connus et qu'une mise à jour est fortement recommandée pour mon système d'exploitation/logiciel. Et pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, d'autres solutions ici.
  • Je fais la chasse aux crapwares (logiciel préinstallé non désiré par l'utilisateur, autrement appelé “pourriciel”) et bloatwares (logiciel utilisant une quantité conséquente de ressources système, autrement appelé “obésiciel”). Ils dégradent les performances de mon équipement et accélèrent aussi l'obsolescence matérielle. Pour lutter contre cela, j'utilise des programmes qui les désinstallent proprement tels que : Ccleaner ou Adwcleaner.

Pour l'achat de matériel neuf, je privilégie les équipements à fort indice de réparabilité (la loi économie circulaire 2021 permettra de disposer d'un logo pour les consommateurs) et possédant un écolabel quant aux garanties de sa durabilité, réparabilité et économie d'énergie (Ecolabel européen et NF Environnement certifiés par l'AFNOR mais aussi d'autres).

JE REFUSE LES MODÈLES DOMINANTS.

J'adopte le “STOP PUB” numérique, en ayant conscience qu'Internet n'est pas gratuit, qu'il se base sur un modèle publicitaire où l'utilisateur et ses données “sont le produit”. En conséquence, je privilégie la protection de ma vie privée en refusant la prolifération de données et leur utilisation à mon insu, accentuant le recours à un modèle énergivore, gourmand en données et hyper-connecté :

  • Je pense à utiliser des outils protecteurs de ma vie privée, qui bloquent les mouchards et m'en informent : TrackMeNot, Ghostery, etc (liste plus complète des outils ici) ou encore des anti-spams (liste ici).
  • J'opte pour Firefox au lieu de Google ou IE/Edge comme navigateur et Linux au lieu de Microsoft comme système d'exploitation, qui protègent mieux mes données personnelles.
  • Je me renseigne sur les alternatives dans le monde du logiciel libre qui sont plus éthiques et respectueuses de la vie privée, par exemple Framasoft et Qwant à la place des services Google, et je me renseigne correctement sur le fonctionnement des moteurs de recherche alternatifs tels Ecosia et Lilo avant de faire mon choix en connaissance de cause.
  • J'opte également pour la possibilité de choisir des logiciels payants qui me garantissent la protection de ma vie privée, ProtonMail par exemple pour la messagerie (cela pose de manière générale et comme vu dans l'article précédent, la question cruciale du modèle économique de l'internet gratuit versus payant).
  • J'ajoute un bloqueur de pubs comme Adblock à mon navigateur.
  • Je désactive les cookies (traceurs de navigation utilisés pour le ciblage publicitaire) selon mes préférences directement dans les réglages de mon navigateur et de manière plus restrictive à la première connexion à un site web.
  • Je paramètre correctement les applications – souvent permissives par défaut – que j'utilise ou que je télécharge pour verrouiller le recueil de mes données personnelles qui ne sont pas strictement nécessaires à l'exécution de l'application, par exemple : la géolocalisation en arrière plan, l'accès à mes données de contacts, l'accès à mes photos, etc.
  • Je prends conscience que certaines données que je partage peuvent être exploitées sans recueillir mon consentement explicite et univoque. Par exemple, mes photos prises avec mon smartphone sont géolocalisées et horodatées et ces données – métadonnées plus précisément – ajoutées automatiquement aux photos peuvent être exploitées au moment de leur téléchargement sur certains réseaux sociaux, plus ou moins “soucieux” du principe de consentement de l'utilisateur). Je désactive donc certaines options pour fournir le moins de données possibles ou j'expurge les “métadonnées” en conséquence (un moyen simple de le faire pour mes photos par exemple ici).
  • Je fais de la veille et me tiens régulièrement informé sur les moyens de protection de ma vie privée face à certaines avancées technologiques qui la fragilisent (exemples ici et ).

2. R comme RÉDUIRE

JE RÉDUIS L'EMPREINTE NUMÉRIQUE DE MES ACTIVITES WEB :

  • Comme vu au point 1.2., je paramètre les cookies correctement pour une protection renforcée contre le pistage auquel m'exposent le navigateur et les sites que je visite.
  • Je fais en sorte d'en dire le moins sur mes habitudes de vie et de ne pas poster de données personnelles me concernant (photos, adresses préférences, etc) au moins en mode Public, sur des sites ouverts ou sur les réseaux sociaux qui ont un modèle économique se basant sur l'exploitation de mes données en contrepartie de services « gratuits ».
  • J'utilise une adresse mail différente de mon adresse principale sur les réseaux sociaux, sites marchands, forums, etc. afin de rendre plus complexe le recoupement de mes données dans les bases marketing.

JE REDUIS MA CONSOMMATION DE DONNÉES :

  • Je réduis la résolution des vidéos que je visualise et des images que je télécharge ou transfère, et notamment les photos prises avec mon smartphone.
  • Je désactive le lancement automatique des vidéos sur mon navigateur et je télécharge au lieu de visionner en streaming lorsque c'est possible et légal.
  • Je réduis le recours au stockage sur le cloud au strict minimum et je stocke en local lorsque c'est possible.
  • Je fais le ménage régulièrement dans mes historiques de mails, dans mes données stockées en local et surtout dans les espaces “cloud”. À cet effet, je peux participer au World Cleanup Day numérique qu'organise le World Cleanup Day pour cette édition 2020.
  • Je supprime les applications inutiles en priorité et je fais de la place avant de songer à racheter des composants mémoire.
  • J'évite l'envoi de pièces jointes trop volumineuses et à plusieurs destinataires si cela n'est pas nécessaire.
  • Lorsque j'ai le choix et la possibilité, je privilégie un accès Internet filaire ou porteur. En mobilité, j'accède donc au réseau internet via une connexion WI-FI, réseau beaucoup moins gourmand en bande passante que celui de la 4G (sans parler de la future 5G), et en sédentaire j'accède de préférence en filaire ou par boitier CPL avec mon PC, notamment pour des opérations gourmandes en données comme des téléchargements et transferts photos vers le cloud.
  • J'enregistre dans mes favoris les liens des sites que je visite fréquemment.
  • J'effectue des recherches sur le moteur avec les mots clés les plus pertinents pour un résultat plus rapide.
  • Je choisis bien en amont les outils qui me conviennent et j'évite de télécharger plusieurs applications à fonctionnalités identiques et que je délaisserai rapidement dans le temps.
  • Je choisis la version papier équivalente lorsque l'usage présente une durée de conservation et de consultation longues car le numérique est moins écologique dans ce cas. Par exemple, une facture numérique est plus écologique car elle sera consultée un nombre limité de fois et ne sera pas conservée très longtemps, mais un manuel scolaire en papier sera plus écologique car utilisé plusieurs années d'affilée et consulté très régulièrement.

JE RÉDUIS MA PRÉSENCE INUTILE SUR INTERNET :

  • Je supprime les comptes sur les sites marchands ou de réseaux sociaux que je ne consulte plus et je me désabonne des newsletters que je ne lis plus (soit en utilisant le lien de désabonnement de la newsletter soit en utilisant des outils comme Cleanfox).
  • Je réduis mon temps de connexion et j'instaure des temps de déconnexion ritualisés.
  • Je maîtrise mon temps passé sur les écrans grâce au rapport quotidien que je peux activer sur mon smartphone.

JE RÉDUIS LA CONSOMMATION ÉLECTRIQUE DE MES APPAREILS :

  • J'active le mode veille (mais pas sur de très courtes durées et de manière trop fréquente car cela peut endommager certains composants électroniques).
  • Je réduis la luminosité de mes écrans (pour diminuer sensiblement la consommation énergétique).
  • J'éteins mes équipements (y compris Box ADSL) lorsque je ne les utilise plus.
  • Je programme ma BOX pour activer/désactiver le WIFI et TV sur des plages dédiées.

3. R comme REUTILISER

JE RÉUTILISE LE MATÉRIEL ENCORE FONCTIONNEL :

  • J'achète du matériel reconditionné ou d'occasion et j'opte pour le don ou la revente de mon propre équipement lorsqu'il ne correspond plus à mon besoin et après l'avoir fait durer le plus longtemps possible.
  • Je fais réparer les composants défectueux dans les filières spécialisées.
  • Je donne une seconde vie à mon vieux smartphone comme baladeur MP3 ou je raccorde mon PC à ma chaîne Hi-Fi pour diffuser morceaux de musique, émissions de radio et Podcasts, ou bien encore je m'en sers comme juke-box numérique.

JE RÉUTILISE LES RESSOURCES NUMÉRIQUES DÉJÀ DISPONIBLES :

  • Je cherche l'équivalent sur CD/DVD ou tout simplement en version papier.
  • Je fais une recherche internet et je télécharge uniquement si je ne dispose pas en local d'une ressource satisfaisante.
  • Au bureau, je pense à mutualiser les ressources avec mes collègues pour constituer un vivier commun le plus large.
  • J'adopte également le réflexe de vérifier si la ressource que je cherche n'est pas déjà disponible au sein de l'école, à la médiathèque municipale, chez moi, mes collègues ou mes proches.

4. R comme RECYCLER

JE FAIS RECYCLER MON MATÉRIEL :

  • Je le dépose dans l'un des points de collectes de déchets d'équipements électriques et électroniques ou dans les magasins partenaires près de chez moi.
  • Je garde toutefois en tête que le taux de recyclabilité du matériel informatique est assez faible, d'où l'intérêt d'agir en priorité sur la durée de vie, encore plus pour les équipements de ce type.

Cela évite à minima que les produits toxiques qu'il contient ne polluent l'environnement.

5. R comme RENDRE A LA TERRE

JE ME RECONNECTE A LA NATURE.

Le plus souvent je privilégie les moments de “reconnexion” à la nature / à l'espace extérieur pour moi et pour mes élèves. Plus de détails sur cette action dans le cadre de notre initiative autour de “L'école du dehors”.

J'INCLUS LA SOBRIETE NUMERIQUE DANS MES APPRENTISSAGES.

Dans le cadre pédagogique, j'aborde la question de la pollution numérique suivant ses différents angles : climatique (émission de GES), environnemental (en terme de ressources, pollution chimique liée aux métaux des batteries entre autres), social (exploitation des travailleurs dans les mines d'extraction des terres rares), psycho-social et psycho-affectif (expansion du jeu vidéo et de l'isolement social, danger des infox et autre désinformation, de la pornographie, de l'impact sur la vie privée) que je peux traiter avec mes élèves par l'éducation aux médias (EMI).

JE SENSIBILISE AUTOUR DE MOI.

  • J'implique mes collègues, mes élèves et plus largement le tissu associatif et les écoles alentours. Cela peut être fait de façon ludique, sous forme de défis, en organisant des campagnes de CleanUp numériques.
  • Je peux faire contribuer mes élèves et leurs parents en les encourageant à venir présenter en classe leurs propres astuces pour la sobriété numérique.
  • Le choix de la présentation sous forme des 5R des gestes en faveur de la sobriété numérique permet de les classer en fonction de leur efficacité. Au regard du poids différent que représente chaque facteur de pollution (une vidéo consomme beaucoup plus qu'un mail, la phase de fabrication d'un PC/smartphone pollue autant sinon plus que la phase d'utilisation, etc.), je peux m'amuser à pondérer chacune des actions, organiser des concours pédagogiques en classe avec mes élèves ou au bureau avec mes collègues, etc. Cela ne veut pas dire que les “petites actions” sont à délaisser, au contraire elles contribuent à instaurer des rituels et des bonnes habitudes qui amènent une réflexion plus poussée et une conscience de plus en plus aiguisée (les petites ruisseaux etc. etc.).
  • Comme outil, je peux utiliser La Fresque Numérique, à l'image de La Fresque du Climat. Outil visuel et pédagogique, il permet d'aborder de façon collaborative les enjeux écologiques du numérique et les solutions pour un numérique responsable.

J'INTERPELLE LA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES PARTENAIRES ET DES ÉLUS.

Je n'hésite pas dans ce cadre à interroger la collectivité quant à son rôle : politique de dotation en matériel informatique, choix des fournisseurs, labels engagés, etc.

Avec ces propositions nombreuses et concrètes, vous voilà donc munis d'une boite à outils qui vous permet d'initier réflexion et action. A vous de jouer !

Plus d'articles autour de l'initiative [BureauVert] : retrouvez également nos articles pour valoriser nos manuels inutilisés, construire une démarche pédagogique écoresponsable et proposer des fournitures scolaires écologiques et durables.

L'article Les 5R de la sobriété numérique est apparu en premier sur Profs en transition.


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La proposition de la convention citoyenne du climat :

Le numérique est un formidable levier pour la transition écologique et la lutte contre le changement climatique. Nous voulons que d'ici 2025 le numérique soit un moyen pour participer à la transition et pas un outil qui contribue toujours davantage à la hausse des émissions.

Un texte à lire sur le site de la convention citoyenne du climat

Dans l'innovation pédagogique et particulièrement dans l'enseignement hybride qui s'est généralisé durant la crise Covid 19, nous retrouvons l'usage d'outils numériques, aussi il nous aurait semblé important de rendre compte de cette proposition.

Malheureusement toute la production de la Convention citoyenne du climat est fermée à clé par le Conseil économique, social et environnemental qui en interdit par défaut la réutilisation.


Extrait de la mention légale :

Toute reproduction, distribution, modification, adaptation, retransmission ou publication, même partielle, de ces différents éléments est strictement interdite sans l'accord exprès par écrit du Conseil économique, social et environnemental. Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.3335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

On parle d'enjeu de société et la diffusion de l'information est restreinte !
Quel dommage !


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