Suite des articles "Rapports sur enseigner la transition"

Rapports enseignement supérieur et transition

Le Shift est heureux de vous convier au webinaire de présentation de son nouveau rapport intermédiaire : « La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique », le jeudi 6 mai de 14h à 18h30. Ces travaux intermédiaires ont été réalisés dans le cadre du projet Stratégies de résilience des territoires, initié au mois de septembre 2020.

Les inscriptions sont ouvertes !

Cette présentation (14h/16h15) sera suivie d'ateliers collaboratifs (16h15/18h30) afin de pouvoir discuter de ces premières conclusions avec toutes les parties prenantes intéressées. Attention : afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers seront réservés à un nombre très limité de participants. Vous pouvez vous y inscrire, mais nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

Comment assister ?

Date : Jeudi 6 mai 2021, en format webinaire, de 14h à 18h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

14h00 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

14h10 Mot d'introduction

  • Matthieu Auzanneau, Directeur, The Shift Project

14h20 Présentation du rapport intermédiaire : Stratégies de résilience des territoires

  • Laurent Delcayrou, Chef de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Corentin Riet, Chargé de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Fiona Mille, Membre des Shifters et contributrice du projet « Stratégies de Résilience des territoires »

15h10 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

15h25 Table-ronde

16h00 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

16h15 Mot de conclusion

Pause de 5 minutes

16h20 – Ateliers collaboratifs

Les participants sélectionnés sont répartis par atelier dans des salles virtuelles, et confiés à un.e animateur.rice pour une durée de 1h30. Afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers sont réservés à un nombre très limité de professionnels du secteur de l'administration publique. Nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

  • Atelier 1 : Mettre en œuvre de premières actions pour la transition écologique et la résilience de son territoire

  • Atelier 2 : Renforcer les capacités des acteurs en faveur de la transition écologique et de la résilience du territoire
  • Atelier 3 : Imaginer ensemble une vision désirable, sobre et résiliente de son territoire
  • Atelier 4 : Faire évoluer son organisation pour mener la transition écologique et bâtir la résilience de son territoire
  • Atelier 5 : Inventer de nouvelles coopérations et solidarités territoriales, de l'immeuble au bassin versant

17h50 – Restitution des ateliers en plénière

18h25 – Conclusion

18h30 – Fin de l'événement

A propos du projet

Avec le projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project entend interpeller non seulement les élus, mais aussi l'ensemble des acteurs territoriaux, sur les implications structurelles de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours sur les territoires, et fournir des éléments pour l'action permettant de bâtir des stratégies locales de résilience.

Le projet permettra d'exposer les implications systémiques, de long terme et irréversibles, de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours et d'illustrer les risques qu'elles font peser selon les territoires et selon les populations. La résilience des territoires sera considérée comme un horizon mobilisateur pour appréhender la complexité et la dimension holistique de ces enjeux et ainsi faciliter le renouvellement des visions et des trajectoires de développement sur les territoires. Le foisonnement actuel d'actions, d'acteurs, d'outils mobilisés en réponse aux problématiques climat-énergie fera l'objet d'un état des lieux critique. Le projet étudiera l'intérêt en termes de résilience territoriale, d'initiatives locales innovantes se réclamant de la transition, très actives sur les territoires ainsi que certains travaux de prospective et de recherche particulièrement inspirants. Tout au long du projet, l'action et le rôle de la Région comme chef d'orchestre des initiatives de transition et d'adaptation au niveau local seront questionnés. Des recommandations spécifiques à destination des acteurs régionaux – mais aussi de l'Etat – seront formulées.

Nous développerons en trois cahiers les messages et principes clefs pour bâtir des stratégies de résilience des territoires à la hauteur de l'enjeu. Considérant la résilience comme un processus de long terme, nous proposerons des pistes d'action pour amorcer le changement sur son territoire.

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Le Shift publie un nouveau point d'avancement du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), sous forme de fiches approfondies pour chaque secteur et chaque chantier transversal du programme.

Ces nouveaux documents mis en ligne aujourd'hui succèdent aux publications déjà partagées depuis le lancement du PTEF : le premier Rapport de la Vision globale_v0, publié en juillet 2020, et le Rapport de Synthèse de la Vision globale_v1 publié quant à lui en octobre 2020.

En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, via la consultation et la mobilisation du plus grand nombre d'acteurs possible.

Nous diffusons aujourd'hui une petite vingtaine de fiches qui donnent un aperçu de l'avancement de chaque équipe du PTEF à fin 2020, sachant que bon nombre d'entre elles préparent déjà les rapports sectoriels approfondis qui seront publiés courant 2021-2022. Chacune de ces fiches peut se lire séparément, mais il est probable que vous ayez envie de ne pas limiter votre lecture à un seul secteur, tant ils sont liés les uns aux autres.

L'ensemble du contenu de ces fiches – point de départ, leviers de décarbonation proposés, réalité du secteur ou de l'économie après transformation, données, calculs, etc. – a naturellement vocation à être un objet de débat continu, a fortiori dans la période pré-électorale décisive que nous connaissons.

Votre contribution est donc plus que souhaitable tant sur la recherche que sur la diffusion. Un bon point de départ pour cela est de répondre à notre grande consultation, la Big Review, ou encore de rejoindre l'association des Shifters.

Publication complète

Fiches sectorielles approfondies

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Le 5 novembre dernier, FAImaison a organisé un arpentage du rapport du Shift Project « Déployer la sobriété numérique ». Ce texte se veut un compte-rendu de cet arpentage et des échanges auxquels il a donné lieu.

un article repris du magazine Faimaison, un publication sous licence par défaut CC by sa

Pour rappel, l'arpentage est une méthode d'éducation populaire permettant de lire collectivement un ouvrage : les participants et participantes se
répartissent la lecture de l'ouvrage et résument ensuite au groupe ce qu'elles
ont lu. Ici nous avions décidé que chacun et chacune, à l'issue de sa lecture,
rapporterait au groupe une chose qu'elle a apprise et une chose qui l'a
surprise.

Dans la continuité des deux précédents rapports de The Shift Project, parus en 2018 et 2019, Déployer la sobriété numérique se veut un guide de mise en oeuvre de la sobriété numérique, c'est-à-dire « une prise de conscience de l'impact environnemental du numérique » selon leurs mots.

Dans l'ensemble nous avons tous et toutes été surprises par le ton du rapport :
technique, voire technocratique, il nous a rebutées et nous a donné le
sentiment d'être destiné aux « décideurs » alors que nous aurions souhaité, sur
un sujet aussi important, un document utilisable par les citoyens et citoyennes.

Bien que ce texte pose des questions intéressantes, telles celles de
l'extraction des matières première ou de l'économie de l'attention, il laisse
un goût d'inabouti en bouche, ces sujets étant survolés au profit d'une analyse
majoritairement quantifiée de la consommation électrique d'éventuels systèmes
dits « intelligents ».

L'autre grand absent du rapport est le politique : rédigé à destination des
chefs d'entreprises ou d'institutions, il ne traite que des sujets sur lesquels
ceux-ci s'autorisent à agir et constitue par conséquent plus un outil de
lobbying ou de marketing que de transformation de la société. Il ne conçoit la mise en oeuvre de la sobriété numérique que d'un point de vue vertical et descendant, sans se poser la question de l'appréhension citoyenne de ces enjeux.

Le premier rapport semblait plus prometteur quant à l'état des lieux réalisés

En conséquence, si l'on peut partager les constats desquels part le Shift
Project, dont le rapport fournit d'intéressantes illustrations, il ne nous
semble pas possible de pouvoir utiliser ce dernier afin de construire une
alternative politique au développement actuel de l'informatique.

Références :

Nous avons échangé quelques références au cours de nos discussions.


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Après 5 mois de travail, l'équipe du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle : Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations du Groupe INSA » (mené en partenariat avec le Groupe INSA) publie son rapport intermédiaire – la méthode, l'état des lieux, le référentiel de connaissances et de compétences –, et organise des ateliers collaboratifs afin de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes intéressées. Ce projet vise à proposer une méthode pour mieux intégrer les enjeux écologiques dans les formations de l'ingénieur, grâce au cas d'étude du Groupe INSA.

La publication de ce rapport intermédiaire fera l'objet d'une présentation en ligne et d'ateliers collaboratifs le mardi 9 février 2021. Retrouvez dès à présent la page de l'événement ; retrouvez prochainement le compte-rendu de cet événement ainsi que son replay.

Pour en savoir plus sur le projet.

Le rapport intermédiaire est disponible !

A PROPOS DU PROJET :

Mener la transition vers une économie et une société décarbonée, sobre et résiliente implique de mobiliser tous les secteurs de la société. Tous les étudiants doivent être formés aux enjeux énergie-climat. Quant à l'ingénieur du XXIème siècle, il est la cheville ouvrière de la transition écologique et énergétique. Il ou elle, décideur ou technicien, doit intégrer dans ses décisions la raréfaction des ressources disponibles, notamment énergétiques, l'effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, et autres enjeux physiques, ainsi que leurs conséquences sociétales. Cependant, ceux-ci demeurent peu formés à ces enjeux.

Le 9 novembre dernier, The Shift Project a présenté au grand public le lancement du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle » qui vise l'intégration des enjeux socio-écologiques au cœur de toutes les formations du Groupe, en partenariat avec celui-ci.

[Si le sujet « Enseignement Supérieur & Recherche » vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift ! Vous pouvez également retrouver toutes les vidéos des webinaires du projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux climat-énergie » sur notre chaîne Youtube dédiée. ]

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Le Manuel de la Grande Transition est un travail collectif dans sa rédaction et sa conception. Cette belle aventure a réuni 70 enseignants-chercheurs, des étudiants et des professionnels qui ont participés à la réflexion pendant des jours, des semaines et plusieurs mois afin de vous présenter un travail complet et des outils concrets sur la transition écologique et sociale.

Le Manuel de la Grande Transition est également un travail collectif dans sa publication. Vous avez été 143 à contribuer à notre financement participatif sur le site Hello Asso. Sans ces dons, le Manuel ne pourrait avoir fait son apparition sur les étals des librairies de France dès la mi- octobre. Grâce à vous, c'est 20 050 euros qui nous permettent d'amorcer le projet et de commander les premiers livres. Et nous vous adressons à tous et à toutes un grand merci !

La crise du COVID-19, la fermeture des librairies s'en suivant, nous avons eu peur que le public ne puisse se procurer facilement l'ouvrage. Il n'en a rien été puisque vous avez été nombreuses et nombreux à pré-commander, à commander en ligne et à acheter en boutique le Manuel. Et c'est également pour cela aussi que nous vous adressons un GRAND merci ! Pour continuer à lire et à nous soutenir, il est toujours possible de vous procurer l'ouvrage en librairies mais aussi en ligne.

C'est grâce à un même travail collectif que nous pourrons changer, nous former et nous transformer pour faire face aux enjeux du 21ème siècle !

Cécile Renouard, Rémi Beau, Christophe Goupil, Christian Koenig, l'équipe FORTES' et le Campus de la Transition.


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L'association Expérience P2E présentera en ligne le 10 février 2021 de 17h30 à 19h les conclusions des quatre années de développement et d'expérimentation du Passeport Efficacité Energétique au côté des professionnels et des territoires.

Seront notamment abordés le rôle de l'outil et de la méthode Passeport pour l'ingénierie et la médiation énergétique, son utilité pour stimuler la demande en rénovation performante locale ou encore les blocages restant à lever pour permettre une massification de la rénovation performante des maisons individuelles, dans une approche globale en une fois ou par étape.

COMMENT ASSISTER ?

Date : Mercredi 10 février 2021, de 17h30 à 19h00.
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook .
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

Pour toute question, contactez contact@experience-p2e.org

Dans le cas où vous ne pourriez pas assister à ce webinaire, sachez qu'un replay sera disponible sur Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

L'article [Invitation] Présentation des conclusions de l'expérimentation P2E (10 février 2021 à 17h30) est apparu en premier sur The Shift Project.


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Le 10 Septembre dernier, l'équipe du Shift était invitée au Ground Control pour parler du chemin restant à parcourir pour décarboner notre société et la rendre plus résiliente.

Après un mot d'introduction de Jean-Marc Jancovici, président du Shift, l'équipe a eu l'occasion de présenter le PTEF, son Plan de transformation de l'économie française mis en chantier après la crise sanitaire et qui rassemble des mesures concrètes « permettant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre mais aussi de faire face aux chocs à venir dans une vingtaine de secteurs. »

Au cours de cet événement, un focus a été réalisé sur trois secteurs spécifiques du PTEF :

Retrouvez toutes les interventions en replay

Partie 1/5 : Intervention de Jean-Marc Jancovici, autour de « La double contrainte carbone : comprendre la problématique climat-énergie »

Partie 2/5 : Le numérique dans la transformation – Maxime Efoui-Hess

Partie 3/5 : La culture dans la transformation – Samuel Valensi

Partie 4/5 : L'enseignement supérieur et la recherche dans la transformation – Clémence Vorreux

Partie 5/5 : Échange entre le public et l'équipe du Shift Project

L'article Comment tendre vers une société décarbonée et résiliente ? [Conférence Ground Control – Jeudi 10 Septembre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


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Le Shift a pu consolider une Vision globale_v1 du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), grâce aux nombreux retours engrangés depuis la publication de la Vision globale_v0 le 16 juillet. Nous vous proposons ici de découvrir les 20 synthèses des 20 fiches consolidées, chacune faisant entre 1 et 2 pages : ensemble, elles constituent le Rapport de Synthèse. Sur cette page et en introduction, vous en apprendrez davantage sur la stratégie d'élaboration et de diffusion du Plan. Bonne lecture !

Une Vision globale_v1 à parfaire, à débattre, et à compléter par des mesures

Le Plan de transformation de l'économie française (PTEF) doit permettre de dessiner les grandes lignes d'un chemin conduisant la France à se décarboner au bon rythme, et à se rendre résiliente face aux chocs.

Le Rapport de Synthèse rend compte de la première étape de notre travail, qui a pu être initiée grâce au succès de la campagne de financement participatif lancée en mai dernier, et à la mobilisation de dizaines de professionnels bénévoles. Il synthétise notre vision globale de la transformation de l'économie, et non encore « le Plan » : l'élaboration de celui-ci se poursuivra durant l'année qui vient.

Cette vision globale reste à parfaire (encore), à débattre (toujours), et à compléter (bien sûr !) par des propositions de mesures opérationnelles avant de devenir un plan (un vrai ?) à proprement parler.

Cette vision globale de la transformation sert ainsi de point de départ pour mobiliser les acteurs sectoriels et territoriaux concernés. Le but de cette mobilisation : recueillir leurs avis, faire avancer les réflexions sur la décarbonation et la résilience dans leurs domaines respectifs, et ce faisant élaborer, secteur par secteur, des mesures plus concrètes permettant de déclencher la transformation dans les bons ordres de grandeur.

Ces démarches et leurs résultats alimenteront de manière originale et, nous l'espérons, utile, le débat public précédant l'élection présidentielle française de 2022. Cette deuxième étape débute maintenant.

Que contient ce Rapport de Synthèse ?

Il contient les synthèses de 20 fiches. Elles exposent, pour chacun des 15 secteurs économiques traités, les axes de transformation envisagés et une description après transformation, ainsi que les prérequis en matière d'emploi afin que la transformation puisse s'opérer. A ces secteurs s'ajoutent 4 chantiers transversaux et un rappel des menaces auxquelles le PTEF vise à répondre.

Ensemble, ces fiches reflètent l'état d'avancement de notre travail de définition d'une vision cohérente, multisectorielle, d'une économie transformée – appelée Vision globale_v1 (celle-ci sera publiée plus tard en intégralité, sous la forme d'un Rapport Complet).

Comment avons-nous travaillé ?

Nous avons retenu une approche s'intéressant aux flux physiques plutôt qu'aux flux monétaires : nos indicateurs sont d'abord des Kilowatt-heure, des tonnes de CO2, des passagers.km, des tonnes de denrées alimentaires, des m2 de terres arables ou de bâtiments, des nombres de véhicules etc.

Il s'agit aussi d'une approche qui prend en compte les individus dans leurs interactions avec les flux physiques, à la fois en tant que consommateurs (de biens et de services : focus sur les modes de vie) et producteurs (de biens et de services : focus sur l'emploi) et citoyens (évidemment concernés, et également destinataires de nos travaux).

Il s'agit enfin d'une approche qui, sans être exhaustive, se veut systémique se focalisant sur les interactions entre secteurs : bilan des besoins en énergie, en matière, en emplois et en financement ainsi que proposition de réponses à ces besoins.

À quoi servent ces fiches de synthèses ?

Ces fiches de synthèse provisoires font état d'un certain nombre de questions clés que nous avons commencé à explorer.

Les fiches reflètent la maturité du débat dans les différents secteurs :

  • pour certains secteurs, comme ceux des services, l'heure est encore à la bonne compréhension du niveau actuel d'émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
  • pour d'autres secteurs, elle est à la bonne compréhension de l'efficacité des différents leviers qui peuvent être actionnés (fret, mobilité longue distance, industrie…) ;
  • pour les secteurs les plus matures, l'heure est à la définition des modalités de mise en œuvre des leviers apparus comme les plus efficaces (mobilité quotidienne, numérique, logement…).

Les fiches posent les « conditions aux limites » de transformation des différents secteurs en mettant l'accent sur flux physiques transitant entre ces secteurs, ainsi que sur les limites en termes de production d'énergie et de matière destinée à l'économie dans son ensemble.

La suite du chantier s'articulera sur l'année et demie à venir

Nous comptons alimenter le débat public français en général, et faire avancer sur chaque sujet en mobilisant les acteurs sectoriels d'une part et les acteurs territoriaux d'autre part.

  • Acteurs sectoriels : préciser certains chiffrages (bilan carbone, efficacité des leviers disponibles), explorer et débattre des conditions de mise en œuvre des actions possibles.
  • Acteurs territoriaux : expliciter le Plan de transformation en le confrontant aux contraintes et opportunités locales, afin de le consolider et de le rendre aussi concret et actionnable que possible.
  • Débat public : partager les enseignements et propositions du Plan de transformation, en particulier auprès dees acteurs politiques et de la société civile, dans le contexte du débat public précédant l'élection présidentielle française de 2022.

Le travail sera alimenté par une large consultation

En vue d'alimenter le travail sectoriel et de nourrir le débat public français, Les Shifters (l'association des bénévoles du Shift) mènent entre octobre 2020 et l'été 2021 une grande consultation sous le nom de code de « Big Review » :

Votre contribution est possible pour la suite du travail : elle pourra être sectorielle, transversale, porter sur la valorisation et vulgarisation du travail ou consister simplement à vous rendre disponible pour un entretien avec l'équipe du Shift Project dans votre domaine d'expertise. Pour les plus motivé.e.s d'entre vous, rendez-vous sur cet autre formulaire en ligne pour proposer votre contribution : vous serez sollicité.e le moment venu.


Contact : preparerlavenir@theshiftproject.org / 06 95 10 81 91

Pour recevoir des nouvelles des travaux du Shift, inscrivez-vous à notre Newsletter.

A propos

The Shift Project a mis en chantier un Plan de transformation de nos activités essentielles (se nourrir, se loger, se déplacer, se soigner, travailler, comprendre, échanger), afin de les rendre saines et robustes pour les temps de crise économique et écologique dans lesquelles nous sommes entrés depuis quelques temps.

La crise est une occasion unique de mettre la résilience et le climat au cœur de la relance, et c'est l'objectif que se fixe le Shift par ce projet audacieux de planification de la transition. Sa force et son succès reposeront sur le poids que nous parviendrons à donner à ces propositions afin qu'elles trouvent un public large et puisse atteindre les décideurs économiques et politiques.

Et quel meilleur vecteur qu'un plan de transformation cohérent, multisectoriel, centré sur l'emploi et les modes de vie, s'adressant aux citoyen·ne·s et aux professionnel·le·s de tous les secteurs, leur permettant d'entrevoir ce que pourrait être la transition pour eux et leur métier ?

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un articlerepris du site the shift project

L'actualité du numérique, marquée par les débats houleux sur le déploiement de la 5G et les déclarations du président Macron, est particulièrement riche.

C'est dans ce contexte que nous organisons jeudi 15 octobre prochain à 18h une vidéo-conférence de présentation du nouveau rapport du Shift : « Déployer la sobriété numérique ».

Pour assister, c'est simple :

  • Inscrivez-vous dès maintenant sur le formulaire en ligne
  • Rendez-vous jeudi 15 octobre de 18h à 20h30 sur ce lien Zoom et en direct sur notre page Facebook.
  • Le webinaire est limité à 1000 personnes, merci d'assister en priorité en live sur notre page Facebook.
  • N'hésitez pas à diffuser largement l'invitation dans vos réseaux !

The Shift Project travaille depuis 2017 sur l'impact environnemental du numérique. Le troisième volet de ce travail (voir rapport intermédiaire) vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats établis dans ces précédents travaux ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.


« Comment déployer la sobriété numérique ? »

Programme de la soirée

17h45 – Rendez-vous sur Zoom + live Facebook
18h00 Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe
  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA

18h30 Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, The Shift Project
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, The Shift Project
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project

19h30 Réactions :

  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, contributeur au rapport

19h45 Questions-réponses avec le public

  • Animé par Jean-Marc Jancovici

20h30 – Conclusion et fin du webinaire

COMMENT ASSISTER ?

Date : jeudi 15 octobre au soir, de 18h à 20h30
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

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Un article repris d'internet actu, une publication de la Fing sous licence CC by

Quelle éthique pour l'ingénieur ? est un manuel dense, riche, complet, en exemples comme en concepts, qui semble plus long que ses 260 pages tant il donne de clés pour s'interroger sur les limites et les failles de la question éthique. Ce livre, signé de la philosophe Fanny Verrax et de la spécialiste en sciences sociales Laure Flandrin, examine nombre d'aspects des enjeux de l'éthique à l'adresse des ingénieurs à l'heure où les controverses liées à la technologie, à son impact social, politique, économique et écologique notamment, sont plus nourries que jamais. L'ouvrage ne fait pas l'impasse sur les difficultés auxquelles sont confrontés ceux qui ont en charge le déploiement des technologies : il souligne au contraire très bien combien les ingénieurs se révèlent un peu déconnectés des réalités. Dociles, peu politisés, profondément technosolutionnistes, les ingénieurs doivent relever à la fois un défi éthique organisationnel, à l'intérieur des entreprises qui sont les leurs, démocratiques, leur demandant d'ouvrir leurs savoir-faire à la discussion avec la société, et écologique, car ils sont au premier plan dans la transition écologique qui s'annonce.

Les deux enseignantes et chercheuses soulignent que si l'éthique individuelle est difficile, l'éthique des organisations l'est plus encore, car elle nécessite des réponses adaptées et spécifiques, où, bien souvent, nombre de processus sont à construire. La politisation de l'ingénieur est au coeur des questions éthiques qui le traverse, et pour cela, il va peut-être devoir apprendre à désapprendre, apprendre à faire moins confiance à sa rationalité, défaire ses certitudes sur le monde… accepter que la technique ne soit ni neutre ni autonome, comme on nous la présente trop souvent, s'ouvrir à d'autres savoirs et faire entrer de la démocratie dans l'orientation des choix technologiques. Pour peser sur les choix techniques que les ingénieurs prennent pour nous, il va nous falloir introduire plus de démocratie dans un milieu qui n'en a pas beaucoup l'habitude. Discussion !

Internetactu.net : Dans le monde de la technologie, la question de l'éthique est désormais au coeur des enjeux. Toutes les grandes entreprises cherchent des modalités pour inscrire ces questions dans leurs priorités, en embauchant des éthiciens, en créant des comités d'éthiques, en se dotant de processus de fonctionnement et de normalisation… Pourtant, ces problèmes ne sont pas récents. Cela fait longtemps que les entreprises interrogent les modalités concrètes du déploiement de cadres éthiques. Mais, comme vous le soulignez dans votre ouvrage « les cadres institutionnels pour exercer la responsabilité demeurent inexistants » et ce alors que l'exigence de responsabilisation s'impose comme « une norme forte dans son statut, mais faible dans son contenu ». On a l'impression que les entreprises cherchent inlassablement des modalités éthiques, sans parvenir vraiment à trouver les moyens de les rendre concrètes. La question éthique dans la technologie est-elle une question insoluble ? Pourquoi échoue-t-elle avec autant de constance ?

Fanny Verrax : Dire que la question éthique est une question insoluble n'est pas la conclusion la plus enthousiasmante qu'on puisse formuler. Effectivement, par rapport au solutionnisme technologique que pratiquent souvent les ingénieurs, l'éthique peut paraître compliquée. Mais si on compare les propositions éthiques aux grandes réponses des autres domaines de la pensée, comme le formulent les sciences sociales, alors les propositions éthiques ne paraissent plus aussi insolubles. L'éthique propose de sortir de solutions très linéaires pour comprendre les enjeux afin d'y apporter des réponses qui ne soient pas monolithiques. Dans leurs cours d'informatique, de mécanique ou de mathématiques, les jeunes ingénieurs apprennent surtout à résoudre des problèmes. La question de l'éthique leur demande une autre approche. Ce n'est pas une démarche qui n'apporte pas de solutions… Mais ce n'est pas non plus une boîte à outils magique.

InternetActu.net : Les processus éthiques mis en place, finalement, bien souvent fonctionnent mal. C'est d'ailleurs peut-être le parent pauvre de votre ouvrage : si vous observez très bien tous les enjeux de la question éthique, vous donnez peu de solutions, de processus, de méthodes pour l'éthique… tant individuelle que collective ou organisationnelle… Cela signifie-t-il qu'il n'y a pas de solution éthique autre que contextuelle ?

Fanny Verrax : S'il n'y a pas de boîtes à outils magiques, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de boîte à outils. Notre livre se veut à la fois un manuel et un essai. Manuel, parce qu'il y a des savoirs stabilisés sur ces enjeux notamment en terme philosophique, mais c'est peut-être moins le cas sur le sujet de l'éthique des ingénieurs et sur cette réflexion en France. Essai, parce que l'ouvrage se veut aussi manifeste, et défend une thèse : la responsabilité de l'ingénieur ne peut se penser ni de façon purement individuelle, ni seulement politique. Nous avons cherché avec Laure Flandrin à proposer une boîte à outils réflexive plutôt que systématique, permettant d'apporter des outils de contextualisation et d'analyse… Avec ce livre, face à des enjeux complexes, notre objectif était de produire une première étape de réflexion, de proposer un ouvrage généraliste qui s'adresse à tous types d'ingénieurs.

Il existe des boîtes à outils pertinentes effectivement souvent spécifiques. Pourtant, quant à une approche collective de l'éthique, quand on tente de construire une démarche institutionnelle et organisationnelle de ces principes, on passe nécessairement par une simplification des outils et concepts. C'est bien souvent le prix à payer pour la standardisation. Je viens d'être désignée comme experte en éthique auprès de la Commission européenne pour évaluer la conformité éthique des projets de recherche financés par la Commission européenne, une position qui permet d'engager un dialogue avec les équipes de recherche. Dans ce cadre, j'ai suivi une formation dédiée à Bruxelles où l'on nous présentait les directives à utiliser pour l'examen de ces projets. Ces directives peuvent sembler un peu simplistes parfois, car elles consistent à répondre à des listes de questions très simples, auxquelles il faut répondre par oui ou non, du type : « votre projet de recherche implique-t-il des animaux ? » Cela donne l'impression effectivement de vider l'éthique de sa subtilité, de sa complexité. Pourtant, elle n'est pas incompatible avec une démarche éthique individuelle plus complexe, au contraire. La responsabilité nécessite de lier ces deux démarches. C'est ce que nous tentons de souligner d'ailleurs dans notre livre, en montrant que la responsabilité individuelle n'est pas en opposition avec une responsabilité collective, mais offre au contraire une complémentarité pour une meilleure compréhension des enjeux éthiques.

InternetActu.net : Une chose m'a marqué dans votre livre. On a l'impression que l'éthique dans le monde des ingénieurs a tendance à être bien plus conséquentialiste qu'ailleurs (on mesure les conséquences des actions : on peut mentir si cela a un effet positif). Dans de nombreuses professions, comme chez les médecins ou les avocats, l'éthique est plutôt déontologique (des règles et devoirs fixent la morale). Pour tout à chacun, elle tient certainement plus à l'éthique des vertus (l'action morale est celle qui respecte des principes moraux comme l'honnêteté ou le courage). Ces différentes formes d'éthiques finalement ne seraient-elles pas à l'origine d'un conflit, d'une dissonance, d'une incompréhension grandissante entre la société et le monde de l'ingénieur ?

Fanny Verrax : Au quotidien, effectivement l'éthique qui nous orienterait le plus tiendrait de l'éthique des vertus chère à Aristote. En Europe, il y a une influence indéniable de l'Eglise sur l'éthique, qu'on appelle d'ailleurs alors la morale, jusqu'au XVIIIe. Avec l'arrivée des Lumières, Kant propose une approche radicalement nouvelle de l'éthique car fondée sur la raison qui donnera naissance à la déontologie. Un siècle plus tard, l'économiste et philosophe britannique John Stuart Mill formalise quant à lui un troisième cadre méta-éthique, le conséquentialisme, devenu le cadre majoritaire des décisions de nos sociétés, notamment dès qu'autrui est concerné.

Effectivement, là où je vous rejoins, c'est que quand vous souhaitez avoir une approche un peu quantifiable ou computationnelle, la démarche conséquentialiste est la plus pertinente… Donc il y a une affinité plus spontanée entre les ingénieurs et cette démarche : elle permet de calculer un rapport, de mettre en balance des effets positifs et des effets négatifs. Elle se combine aussi très bien à nombre d'approches quantifiables comme l'analyse de risque. Effectivement, d'autres pratiques professionnelles, comme dans les professions médicales, favorisent une approche plutôt déontologique, qui érige des valeurs en principes d'action.

Cette spécificité des ingénieurs tient au fait que leur profession, particulièrement en France, est peu structurée. Les codes déontologiques ont besoin d'associations professionnelles, de corporations fortes pour s'imposer. L'autre raison tient bien sûr à la logique combinatoire de l'éthique conséquentialiste : calculer l'impact, faire la somme entre les effets positifs et négatifs des conséquences d'une innovation, entre en convergence naturelle avec leurs pratiques professionnelles quotidiennes.

InternetActu.net : Une des solutions pour améliorer l'éthique des ingénieurs, consisterait donc à améliorer leur organisation et représentation professionnelle ? Vous soulignez également que leurs lacunes à comprendre les enjeux de l'éthique tient au fait que contrairement à bien d'autres professions, leur statut majoritairement salarié les place dans une situation particulière de tension entre les obligations de loyauté qu'ils ont à l'égard de leur entreprise et celles qu'ils devraient avoir pour l'intérêt général…

Fanny Verrax : Attention, il n'y a pas que les ingénieurs qui sont salariés, mais il est vrai, qu'à type de compétences équivalentes par rapport à d'autres professions, ils sont particulièrement salariés et peu exercent comme freelance, contrairement par exemple à des professions comme avocat ou architecte… Cela implique que la démarche éthique se pose différemment pour eux, tant d'un point de vue individuel que collectif. Dans les chaînes hiérarchiques dans lesquelles ils se situent, ils prennent rarement des décisions seuls et ne sont pas orientés par une déontologie de métier. Collectivement, dans le cadre des entreprises où ils travaillent, ils sont confrontés à 3 grands dilemmes : le choix de leur domaine d'activité, l'alerte éthique et la question du mensonge professionnel.

Pourtant, je ne suis pas convaincue qu'une organisation plus structurée des métiers de l'ingénieur serait une garantie suffisante contre les malversations. Il n'y a pas moins de mensonges professionnels aux Etats-Unis où les associations professionnelles d'ingénieurs sont plus structurées et puissantes qu'en France, alors que les associations y sont plus organisées, ont un code de déontologie et peuvent exclure des membres. Ces codes de déontologie, chartes et serments éthiques brouillent parfois la frontière entre l'éthique et le droit. Mais ne soyons pas trop critiques ! Ces initiatives n'épuisent certes pas le sujet et ne se substituent pas aux autres formes d'éthiques. Ces checklists et chartes formelles de principes ont souvent des vertus, comme d'éviter les points aveugles. Elles ne règlent pas tous les problèmes, mais permettent d'éviter le pire ! L'éthique ne se résume pas à une checklist préventive pour éviter les catastrophes… même si bien souvent, il n'y pas besoin d'une réflexion très subtile pour éviter les pires dommages.

InternetActu.net : On a l'impression que le point faible de l'éthique des ingénieurs demeure leur manque d'ouverture aux questions démocratiques : le solutionnisme technologique semble avoir du mal à faire une place à la participation citoyenne pour orienter les choix techniques…

Fanny Verrax : Je n'opposerai pas ces deux facettes. On peut être dans une approche démocratique solutionniste et dans une approche non démocratique qui ne soit pas solutionniste… Certes, les ingénieurs sont clairement solutionnistes. Ils sont les gardiens d'un savoir-faire technique. Or, on ne leur montre pas, notamment dans leur formation, qu'ils peuvent le partager. Au contraire, il y a souvent chez eux une fierté à comprendre « la boîte noire » et à en être les gardiens.

InternetActu.net : Justement, n'y a-t-il pas chez eux une forme de résistance à « ouvrir les boîtes noires » ? À développer et mettre en place des processus plus démocratiques quant à l'orientation des choix techniques qu'ils font pour le reste de la société ?

Fanny Verrax : Soyons indulgents ! Ce n'est pas le seul corps de métier qui a du mal à partager son savoir, à expliquer, à ouvrir un dialogue avec le reste de la société… Ça ne fait pas si longtemps que les médecins comprennent l'apport des associations de patients par exemple et c'est encore loin d'être le cas de tous ! Le fait d'avoir des compétences techniques élevées a tendance à engendrer des formes de corporatisme et de protection des savoir-faire vis-à-vis des savoirs profanes. Mais j'ai l'impression que cette question relève d'un aspect générationnel : les jeunes générations d'ingénieurs sont probablement plus disposées à expliquer et à faire comprendre au grand public le coeur de leur métier, comme l'Association des ingénieurs sans frontières qui met clairement la démocratie technique au coeur de son activité.

Il me semble que dans de plus en plus d'écoles (il y a plus de 200 écoles d'ingénieurs en France et je n'ai travaillé que dans 3 d'entre elles), il y a une demande des élèves pour que cela change, à l'image du manifeste des jeunes ingénieurs pour un réveil écologique. Certaines écoles y répondent par des nouveaux cursus… Mais construire de nouveaux cursus est long et lent : il faut trouver des enseignants, des méthodes… Les écoles, les entreprises et les institutions vont être de plus en plus appelées à répondre à ce défi, qui ne se résoudra pas par un module de deux heures d'enseignement sur le développement durable ! Le vernis démocratique ne suffira pas à répondre à ces enjeux ! Et ce d'autant que de plus en plus de jeunes ingénieurs valident leurs diplômes sans jamais travailler dans ce secteur ! Ils vont faire autre chose. Chercher un sens qu'ils ne trouvent pas dans le métier qu'ils ont choisi.

InternetActu.net : Un autre constat est frappant dans votre livre, c'est combien les ingénieurs se révèlent un peu déconnectés des réalités. Vous citez notamment les enquêtes de la société des ingénieurs et scientifiques de France qui montrent par exemple, pour un sondage de 2011, que 14 % des ingénieurs pensent que si les choses continuent sur leur lancée, nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure (contre 89 % des Français ou 83 % des cadres). 87 % des ingénieurs estiment que le génie de l'homme permettra que la Terre reste vivable (contre 51 % des Français et 57 % des cadres). Derrière ces chiffres, on sent qu'un monde de perception sépare les ingénieurs du reste de la population. Vous soulignez notamment que les ingénieurs sont peu politisés, dociles et profondément technosolutionnistes. Pouvez-vous nous expliquer en quoi ? N'est-ce pas là un signe de difficultés supplémentaires pour adresser les défis éthiques auxquels ils sont confrontés ?

Fanny Verrax : Attention à ne pas stigmatiser les ingénieurs ! Sur ce sujet comme sur d'autres, ça n'a d'ailleurs peut-être pas beaucoup de sens de parler « des ingénieurs » en général. Il convient tout d'abord de distinguer entre différentes générations, par exemple entre ceux qui ont été formés pendant les Trente Glorieuses, une époque où la majorité de la population partage cette foi dans le progrès technique et la croissance économique, et des ingénieurs qui ont grandi après le choc pétrolier de 1973, après Tchernobyl, ou aujourd'hui dans un contexte fortement marqué par les théories de l'Anthropocène. Il y a donc sans doute une tendance générale à plus de précautions et moins de foi béate dans le technosolutionnisme.

Cela étant dit, oui, les sondages cités montrent que les ingénieurs gardent une vision plus optimiste de l'avenir que la plupart des Français, et dans laquelle la technique a un grand rôle à jouer. Une interprétation possible de cette tendance pourrait reposer sur les phénomènes bien connus d'évitement de la dissonance cognitive. Une autre interprétation insisterait plutôt sur la formation des ingénieurs, dans laquelle la place accordée aux humanités et aux sciences sociales et environnementales reste encore assez faible. C'est tout l'enjeu d'une initiative comme Formic : Former l'ingénieur citoyen, portée par Ingénieurs sans Frontières, qui vise à penser une formation humaniste et éthique des ingénieurs.

InternetActu.net : Votre livre adresse 3 grands défis éthiques aux ingénieurs : un défi organisationnel qui pose la question d'une éthique qui s'adapte aux contraintes des entreprises et aux complexités technologiques qui sont les leurs et pas seulement une morale individuelle ou déontologique. Une responsabilité dans le développement technique même. Et une responsabilité environnementale. Face à chacun de ces défis, vous soulignez surtout les difficultés : ils ne semblent pas toujours impliqués dans la responsabilité sociale de l'entreprise, qui semble leur être imposée ; ils rechignent à reconnaître leur responsabilité dans le développement technique et peinent à être moteur d'une démocratie technique ; quant aux responsabilités environnementales nouvelles qui s'adressent à eux, là encore, ils ne semblent pas toujours moteurs de ces transformations… On est trop souvent, soulignez-vous, dans une approche de réduction des impacts (par exemple dans les techniques d'analyse de cycle de vie) que d'évitement ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Ces enjeux à venir sont certes difficiles, mais ne résultent-ils pas d'un trop long aveuglement, d'une trop longue assurance de la supériorité de la technique sur la société ?

Fanny Verrax : Oui. Le droit français impose depuis 1976 aux industriels, notamment dans le Bâtiment et les travaux publics, la séquence ERC : « Eviter, Réduire, Compenser », c'est-à-dire que là où on ne peut éviter l'impact environnemental il convient au moins de le réduire, et là où on ne peut réduire, alors on compense. Si l'intention initiale est louable, cette séquence pose néanmoins plusieurs problèmes. L'un d'entre eux, comme nous le soulignons dans l'ouvrage, est que dans la réalité les stratégies de compensation sont largement favorisées, alors même que celles-ci naissent d'une confusion ontologique. Pour prendre un exemple simple, quoique fantaisiste, brûler un hectare de végétation dans une forêt primaire en Amazonie n'est pas compensé par le fait de planter un hectare de pins Douglas dans les Landes Françaises. Or l'approche technosolutionniste ne sait pas gérer cette absence d'équivalence.

InternetActu.net : Vous plaidez, en conclusion pour une meilleure formation à l'esprit critique, pour une meilleure prise en compte du sens politique de la technique en invitant les ingénieurs à s'appuyer davantage sur la société civile (explorer un « pluralisme de perspectives ») et à imaginer un droit de refus qui nécessite d'améliorer l'ouverture démocratique de la technique ! La clé de l'éthique de la technologie, c'est plus de démocratie ?

Fanny Verrax : C'est davantage de réflexivité, de capacités d'analyses économiques et politiques des phénomènes techniques, de modes de gouvernance horizontaux et transparents, dans la formation comme dans les pratiques des ingénieurs, oui, oui et oui ! A titre d'exemple, le philosophe et spécialiste de l'éthique américain Michael Davis recommande aux entreprises qui emploient des ingénieurs d'instaurer un temps de discussion régulier sous la forme de brown bag lunch éthiques. Au déjeuner, chaque salarié apporte ainsi son sandwich et une question éthique empruntée à l'actualité ou au secteur professionnel pour en discuter dans un espace qui n'est pas celui de la prise de décision. L'avantage principal de cette pratique est que quand un problème surgit sur le lieu de travail, les modalités de la discussion – certains philosophes parleraient d'ethos de la discussion – sont déjà en place.

Cependant, dans un contexte de faillite des démocraties occidentales, j'insisterais peut-être plutôt sur un renouvellement du contrat social dans sa forme rousseauiste, c'est-à-dire un modèle dans lequel on ne s'embarrasse pas d'un souverain ou d'un manager pour promouvoir l'intérêt général. Peut-être pas plus de démocratie donc au sens qu'on lui donne habituellement, mais plus d'engagement, c'est certain.

Propos recueillis par Hubert Guillaud

- Laure Flandrin est maîtresse de conférences en sciences sociales à l'École Centrale de Lyon et chercheuse associée au Centre Max Weber.

- Fanny Verrax (@fverrax) est philosophe. Elle travaille comme consultante et chercheuse indépendante dans le domaine des humanités environnementales et de l'éthique professionnelle.


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