Résilience et Education


une page pour partager des ressources et co-construire une bibliographie sur Résilience et Education

les publications en 2021

Résilience via le magazine Innovation Pédagogique

En ouvrant les Chemins de la coopération en juillet 2020, la Ville de Brest et ses partenaires ont souhaité poursuivre la dynamique de coopération et de partage du Forum des usages coopératifs initialement prévu à cette date.


A l'été 2021, le thème de la convergence des transitions étant particulièrement d'actualité et porteur de solutions dans le contexte sanitaire qui perdure, le Comité d'organisation du Forum crée un événement en ligne pendant la période du 28 juin au 6 juillet 2021 : "Les chemins de la coopération 2021" :

Avec une web conférence le 1er juillet - 10h d'Ariel Kyrou et une conférence le 30 juin à 18h à l'auditorium de la médiathèque des Capucins à Brest "Pourquoi et comment la science-fiction peut-elle aider à une transition de société ?".
Son ouvrage "Dans les imaginaires du futur ", prend "au sérieux" les sources de fiction et les mêle à des réflexions philosophiques un a priori affiché pour une "utopie anarchiste et terrestre".
La science-fiction propose des horizons et des pistes de chemin pour des futurs alternatifs (nous débloquer grâce aux imaginaires, nous redonner le goût du temps et l'envie de "faire", la nécessité de "prototypes" du futur entre utopie et dystopie, etc.)


Ariel Kyrou

Des rendez-vous pour chacun des 7 chemins vont être proposés en visio : coopérations ouvertes pour la santé, l'éducation, les lowtech, l'inclusion sociale et numérique, les Fabcities, les circuits courts et l'autonomie alimentaire, le climat et la biodiversité

Programmation

Lowtech et transitions

Coordination : Hugues Aubin, Ville de Rennes, Rennes métropole

Jeudi 1er Juillet - 14h00-15h30
La déferlante low tech

Changement climatique, écologie, résilience et communs : partage d'enjeux et d'actions entre low-tech, réparation et éco-conception
Introduction J.Jouzel, climatologue, GIEC "Quel intérêt des low tech dans le cadre du réchauffement climatique"

  • L'aventure du low tech lab avec Clément Chabot
  • Zoom sur le low tech lab, le solar sun trip, californouaille, low tech skol
  • Fablabs, low tech et pédagogie : avec le Senfablab dans le quartier du Grand Yoff à Dakar - Mouhamadou Ngom - Senfablab.
  • La conception en économie circulaire face aux low tech : Comment envisager répondre à des besoins par des objets co-conçus, frugaux, mais productibles en série ?
    3 exemples récents et une méthodologie par Yves Quéré, responsable de l'Open Factory Université de Bretagne Occidentale.
  • Echange/débat.

Fabcities, Villes résilientes

Coordination : Romain Chefdor Rennes Métropole et Yves Quéré UBO Open Factory (et toute une équipe)

mercredi 30 juin - 14h00-16h30
Fabcities

14h - 15h : Table ronde : présentation des modèles et des projets sur les territoires et des structuration.
Intervention de Brest, de Rennes, d'AURA et de Toulouse-Occitanie.
Modération N. Friant (référent régional FabLabs )

15h - 16h : Atelier
Animation par FabCity Brest et FabCity Rennes
Tour de table sous la forme de Pecha Cucha
Intervention de :

  • CNAM ;
  • RESET ;
  • Sensor.community ;
  • FabCitizen …
  • Présentation Sense Océan (capteurs eau) Hack2eau (Rennes)
  • Food Brest (Alimentation) & Mad@Brest (lien sur Rennes et Brest)
  • Data Terra (lien vers les indicateurs / éthique de la data et prospectif)
    Cet atelier sera sous la forme de contributions communes pour aboutir à un appel à projets, à une feuille de route sur les datas environnementales entre les acteurs.
    Angle de présentation : Genèse du projet sous 4 axes :
    1 - Production de données (Sense Océan, Sensor.Community …)
    2 - Coalition autour de la donnée
    3 - Ouverture de la donnée
    4 - Indicateurs
    Organisation d'un évènement fin 2021 autour de la donnée : quels souhaits des acteurs.

Enseigner les transitions et en transition

Coordination : Michel Briand, Jean Marie Gilliot Telecom Bretagne,

le 30 juin à 16h : La Rentrée du climat
Un second webinaire du groupe créé à l'initiative de Riposte Créative Pédagogique .

au programme
- Présentation de la dynamique de coopération ouverte
- La Rentrée du climat avec Hakara Tea

Ce webinaire présentera l'initiative de la Rentrée du climat qui vise à déployer massivement des ateliers sur la Fresque du climat cet automne et de contribuer ainsi à sensibiliser des milliers d'étudiants et d'enseignants.

  • Pour vous inscrire et obtenir le lien par retour de mél, merci de répondre à ce court formulaire en cliquant ici
  • Pour participer au groupe "Transition écologique en coopération ouverte dans l'enseignement supérieur francophone", s'inscrire sur la liste sympa

Un groupe pour croiser les initiatives, mutualiser les ressources et favoriser la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte(pour un monde vivable et désirable qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences creative commons) et répondre aux questions :

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles implications des étudiants ? comment les favoriser ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

au programme
Présentation de la dynamique de coopération ouverte

  • le Master en humanités environnementales université de Nantes
  • et sous réserve la Rentrée du climat par la Fresque du climat

Transitions & inclusions sociale et numérique

Coordination : Élisabeth Le Faucheur, Brest métropole et ville

2 temps : un temps de présentation d'étude et de projets inspirants -Jeudi 1er juillet, 14h - et un temps d'atelier en mode intelligence collective -Vendredi 2 juillet, 14h.

Jeudi 1er juillet - 14h-15h30
Accès aux droits & inclusion numérique : de l'urgence à se coordonner à la nécessité d'une approche stratégique collective

En mode Pitch !

Accueil des participants
Introduction

  • Enquête Capuni crise : « Focus sur les éloignés du numérique » Géraldine Guérillot, Gis Marsouin -
  • Présentation de la dernière étude LabAcces :
    « Lieux et acteurs de la médiation numérique : quels impacts des demandes d'aides e-administrative sur l'offre et les pratiques de médiation ? »
    Cette étude, issue d'observations et d'entretiens menés dans des lieux de Médiations numériques, montre l'impact de la dématérialisation sur les actions des médiateurs numérique, le paradoxe entre l'ambition capacitante de la médiation et la réalité d'espaces numériques utilisés comme des guichets pour l'e-administration, dans un transfert de charge des missions d'accompagnement des usagers des administrations aux acteurs de la « Médiation numérique », sans enrôlement formel clair et explicite de la part des organismes dématérialisant. Il interroge aussi la nécessaire définition des segments d'offres des médiations utiles pour l'accès aux droits, et qu'il conviendrai d'analyser et de définir plus précisément.
    Benoît Vallauri, Ti Lab, LabAccès
  • "Brest, le chantier métropolitain « Inclusion numérique et accès aux droits », le choix de coopérer et de s'outiller pour se coordonner"
    Initié en 2019 le chantier métropolitain réunit collectivités, opérateurs, acteurs associatifs… agissant dans le champ du numérique, du social, dans le culturel, ou le socioculturel. Pour développer une culture commune et la mise en réseau, la stratégie s'appuie sur une formation territoriale mais aussi la conduite d'un état des lieux des pratiques des habitants, et de l'offre d'accompagnement en matière d'accès aux droits et d'inclusion numérique. Cet état des lieux est enrichi par l'approche du LabAccès et la déclinaison sur Brest métropole du PorTREA (Portrait territorialisé de la Relation E-Administrative).
    Élisabeth Le Faucheur, Brest métropole et ville - Hélène Trellu, Conseil Départemental du Finistère - Benoit Vallauri, Ti Lab, LabAccès
  • « Numérique responsable : quelle place donnée à l'Inclusion numérique ? »
    Hervé LeLuherne , Région Bretagne
  • Place aux questions
  • Présentation de la session du vendredi 2 et appel à candidats
    La séance du vendredi laisse place aux porteurs et porteuses de projets qui souhaitent faire appel à l'intelligence collective pour bénéficier de retours sur leurs expériences, de pistes d'évolution, d'idées. En fin de séance le jeudi, une présentation de l'organisation du vendredi sera réalisée.
    Si d'ores et déjà, vous souhaitez soumettre votre projet à des regards nouveaux, vous pouvez vous inscrire en complétant ce formulaire .

Vendredi 2 juillet - 14h-15h30
Atelier : Accès aux droits, inclusion numérique et intelligence collective

Cet atelier propose un temps d'intelligence collective aux porteurs et porteuses de projet qui souhaitent présenter leurs projets, leurs questions et recueillir des retours, des idées pour une mise en perspective d'évolution, de solutions...
En pratique : pour proposer un sujet, un projet, il suffit de compléter le formulaire ci-joint .
Réunit en plénière dans un premier temps, la salle de visio se divisera en sous-groupe auto-organisés autour des différents projets identifiés.

Vers une santé ouverte

Coordination : Hugues Aubin, Ville de Rennes, Rennes métropole

Vendredi 2 juillet - 14h00-15h30
Open santé : vers des communs opérants

Comment créer de boucles libérant le potentiel des biens communs numériques dans le registre de la santé au sens large ? Revue de projets pilotes et débat en France et à l'international.

  • La rencontre des mondes : la ferme d'impression 3D de l'APHP et le projet covid 3d. Philippe Cochin AP-HP - Phillppe Cochin- COVID3D APHP : Impression 3D pour la crise COVID
  • Articuler bien communs numériques, entreprises et lieux de soins : Y.Quere/Erwan Lehr - CHU de Brest/UBO.
  • Tirer des enseignements de crise pour travailler sur la durée : projet pilote d'open santé du Réseau Français des fablabs avec le CHU de Montpellier. Mentzo de Winter, administrateur du Réseau Français des Fablabs et président du Labsud.
  • Coopération internationale : le projet Makers Nord Sud - Medard Agbayazon, président du Réseau des Fablabs francophones d'Afrique de l'Ouest. http://www.makersnordsud.org
  • Echange/débat

Climat et biodiversité

Coordination Jacques François Marchandise FING et Louis Julien de La Bouere

Jeudi 1er juillet - 17h - 18h30
Climat et biodiversité : les données au service des projets collectifs et territoriaux

Animation : JF marchandise, M Brient (FING) et LJ de la Bouëre (Tiriad) ,en attente l'agence bretonne de la biodiversité
Socialisation des données et biodiversité :

  • Comment les associations locales peuvent se saisir/se saisissent des données environnementales pour orienter leurs actions ? associations qualité de vie, mobilités etc...
  • Comment relier données environnementales et pédagogie ?
  • place des données environnementales, notamment biodiversité, dans les programmes de SVT, Histoire Géo
  • Comment un territoire peut ou se saisit des données biodiversité pour appuyer sa politique de transition écologique ?

Circuits courts et autonomie alimentaire

Coordination : Mélanie Siche Conseil départemental 29

Vendredi 2 juillet - 10h30 - 12h30
Atelier transnational FR - UK - Table-ronde sur la précarité alimentaire dans le cadre du projet EU INTERREG C-CARE

Mot d'accueil, objectif de l'atelier (partager des constats, des initiatives et des difficultés en matière de lutte contre le précarité alimentaire)

  • Les chèques alimentaires/cartes de paiement (quelles modalités, pourquoi, points forts de ce mode de fonctionnement et faiblesses) / côté UK témoignage sur aide alimentaire aux enfants (free school meal, chèques alimentaires)
  • Présentation d'une épicerie sociale / côté UK témoignage d'une Banque alimentaire (food bank)
  • Témoignage de la CRESS (étude en cours) pour parler de la coordination des acteurs
  • Conclusion et ouverture sur l'accompagnement des publics précaires (formation travailleurs sociaux et bénévoles d'associations)

La participation à ces événements est sur inscription. (formulaire à venir)

Les Chemins de la coopération c'est aussi un site ouvert où se croisent initiatives, acteurs et ressources, pour témoigner des dynamiques de réseaux, capitaliser des ressources et se créer collectivement une base d'acteurs et de contenus pour le Forum des usages coopératifs attendu en 2022.

http://forum-usages-cooperatifs.net/


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Que retirer d'une formation au Campus de la Transition en général, de la summer school Oikonomia en particulier ? Astrid, jeune étudiante en école de commerce (ESSEC) ; et Agnès en reconversion professionnelle après une quinzaine d'années dans le marketing et la communication, reviennent sur les bénéfices et les apports multiples qu'elles ont tirés de leur formation l'été dernier à Forges, dans l'écolieu du Campus.

Une expérience formatrice

Astrid : “La summer school a été une expérience extraordinaire, avec une formation complète aux enjeux larges de la transition, mais aussi des rencontres précieuses avec des personnes engagées dans ces mouvements de transition. Je recommande absolument !

Les contenus académiques sont de très haut niveau, notamment ceux sur l'économie, le juridique ou encore le domaine plus pratique de l'évaluation de la performance environnementale. J'ai donc trouvé que c'était hyper formateur : je pense d'ailleurs justement me replonger bientôt dans mes notes de l'été dernier tant c'était dense.”

Agnès : “Je suis persuadée que ce secteur nécessite une véritable expertise, et c'est la raison pour laquelle, je me suis tournée vers le Campus de la transition pour me former. La méthode du Campus m'a séduit et convaincu, car elle articule non seulement une pédagogie particulièrement complète en immersion dans un écolieu inspirant, mais encore une recherche- action inédite.

Après une carrière dans la finance puis comme chef de projet dans le secteur de l'éducation, j'ai décidé de poursuivre ma vie professionnelle dans un domaine porteur de sens. Courir après le temps, dans un monde ultra parasité par nos modes de consommation, n'avait plus pour moi aucun sens. Déjà très sensible aux enjeux environnementaux, il m'a paru comme une évidence que le tournant de ma carrière professionnelle donnerait la part belle à un engagement pour la défense d'une société plus résiliente et respectueuse de l'environnement.”

Des contenus pointus et de haut niveau

Astrid : « L'approche de la Grande Transition par les six piliers définis par Cécile Renouard nous a permis d'acquérir un grand nombre de connaissances sur la transition, sur des domaines divers et pourtant interdépendants, et donc nécessaires à prendre en compte pour réaliser la Transition. »

Astrid : « Sur les aspects scientifiques, ces cours m'ont permis de revoir les grands phénomènes à l'œuvre dans le changement climatique, avec un focus très pointu sur les conséquences différenciées dans le monde et sur les différents écosystèmes. J'ai aussi découvert des aspects de la transition qui m'étaient jusque-là inconnus, notamment les travaux sur l'éthique, la notion de communs, l'imagination et les nouveaux récits, et le droit. »

Agnès : “La formation « Oikonomia Summer School » que j'ai suivie avec le Campus en 2020, a été essentielle pour ma reconversion professionnelle et personnelle. Elle m'a permis d'affiner mes connaissances dans des domaines aussi variés que l'économie de la transition, les enjeux climatiques, les nouvelles gouvernances, l'éthique de la transition…, et d'acquérir ainsi une véritable expertise.”

Une pédagogie innovante « tête-corps-coeur »

Astrid : « En m'inscrivant à la Summer School, je savais que j'allais recevoir des enseignements théoriques sur la transition. Cependant, j'ai été très surprise de voir combien le travail sur les émotions, la reconnexion à soi et aux autres étaient complémentaires des enseignements classiques. En effet, ces moments, au contraire des grandes leçons universelles, nous permettent d'accéder à un niveau trop peu creusé et pourtant essentiel : notre rapport personnel à la transition, dans les émotions qu'elle suscite et les réactions qu'elle engendre chez nous, et nos rapports aux autres. »

Agnès : “La formation Oikonomia Summer School permet de découvrir une pédagogie innovante et transversale mise en action et enseignée par les acteurs du Campus de la Transition, nommée “tête, corps, cœur”. Elle aide dans les processus d'apprentissage à intégrer à la fois les émotions, la corporéité, mais aussi la dimension spirituelle de l'humain.

Cette pédagogie permet d'acquérir des savoirs durables et transformants, et forme à une pratique des relations qui tend vers le collectif.

Pour toucher du doigt cette nouvelle approche, Oikonomia Summer School, nous permet de faire l'apprentissage notamment du « travail qui relie ». Des ateliers permettent de remettre en perspective notre rapport au collectif, de privilégier les interconnexions possibles et profitables. Il s'agit ici d'expérimenter un véritable changement de regard, d'attitude envers soi-même mais aussi sur le groupe. Ce travail avec un collectif permet la recherche de solutions en commun et surtout de les partager pour aller de l'avant.

C'est une véritable nouvelle façon de travailler qui remet au centre le partage et la reliance avec son milieu de vie. Cette prise en compte de l'humain dans sa globalité mais aussi en lien avec les autres et son milieu de vie a été pour moi une vraie découverte que je vous engage vivement à expérimenter”

Une aventure humaine

Astrid : « Au-delà des connaissances acquises, j'ai retiré un grand bénéfice personnel à rencontrer des personnes très sympas et passionnés de l'environnement. Certains sont devenus des amis et on se revoit régulièrement. »

Agnès : “Ce cursus permet également d'avoir de nombreux échanges, avec les enseignants, mais aussi les étudiants qui sont pour partie étudiants en écoles de management, mais aussi qui comme moi ont déjà une certaine expérience professionnelle. Toutes ces transversalités sont très certainement à l'origine même de la grande richesse de cette formation académique.”

Et après ?

Agnès : “Maintenant je m'engage professionnellement dans la transformation des campus universitaires car il me paraît comme une évidence que rien ne pourra changer sans une transformation majeure mais réaliste de nos enseignements supérieurs, aussi bien dans le fonctionnement des campus que dans la mise en place de nouvelles façons d'enseigner qui prennent en compte la transition écologique.”

Astrid : “Aujourd'hui, je poursuis ce chemin de transition. Le réseau des personnes rencontrées au Campus m'a aidée à me développer à la fois dans ma vie associative et dans mes projets personnels. La preuve : je suis revenue au Campus pour contribuer à la vie de l'écolieu en tant que volontaire bénévole, au potager, en cuisine !”

La 2e édition de Summer School Oikonomia aura lieu du 28 juin au 16 juillet : plus que quelques jours pour vous inscrire !

Vous aussi, les enjeux environnementaux et sociaux vous touchent et vous souhaitez vous former à la transition écologique, économique et sociale dans une perspective humaniste et avec une pédagogie innovante et respectueuse du vivant ?

Rejoignez la promotion 2021 de la Summer School Oikonomia et venez vous « mettre en transition » dans un cadre immersif au sein de notre écolieu à Forges en Seine-et-Marne.

Les infos et les inscriptions ici.

Et si vous souhaitez nous posez des questions, n'hésitez pas à assister à notre webinaire de présentation de la formation mardi 8 juin prochain à 18h30.


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L'engouement pour l'école à l'extérieur est une réalité. Depuis un an, les tribunes se sont multipliées pour inciter les enseignants à sortir dans la nature avec leurs classes. Pédiatres et médecins ont souligné l'intérêt de ce mouvement pour la santé des enfants, et le ministère de l'Éducation nationale leur a emboîté le pas, en soutenant les initiatives locales qui fleurissent de toutes parts.

Mais derrière ce consensus apparent, il convient de penser à pérenniser cet essor et proposer une réelle réflexion sur l'enseignement dehors, pour que l'engouement ne soit pas un effet de mode mais bien une autre façon d'enseigner.

Articuler les apprentissages

Ce mouvement de l'école en dehors n'est pas né avec la crise sanitaire, il a une histoire, des principes et des pratiques très divers, avec des objectifs différents. Au niveau international, le courant des Forest schools et des « outdoor schools » propose une réelle alternative éducative. Ce n'est pas encore, et de loin, le cas en France.

De même, l'éducation au développement durable, portée par le domaine associatif, se retrouve plongée au cœur d'une nouvelle synergie : une rencontre entre les associations d'éducation à l'environnement avec les établissements scolaires pour les accompagnements de projets.

Au-delà de la volonté de sortir avec sa classe dans la nature et de « passer une matinée à l'extérieur » avec les enfants, il convient de penser cette forme d'apprentissages au sein des enseignements en mêlant les acquisitions de connaissances formelles et informelles, en articulant les apprentissages à l'extérieur des murs de la classe et ceux qui sont réalisés de manière plus conceptuelle en classe.

Si les bienfaits en termes de bien-être et de santé sont évidents, qu'en est-il au niveau des apprentissages ? Que ce soient des apprentissages disciplinaires ou transversaux, les possibles sont nombreux, quel que soit l'âge des élèves.

Quant aux apprentissages non formels, liés aux valeurs telles que la coopération, l'entraide, le développement de l'esprit critique, là encore, les occasions sont très nombreuses de les travailler avec les élèves. Connaitre les attentes des enseignants et les accompagner dans cette démarche est un chantier majeur pour l'institution scolaire.

Le défi éco-pédagogique

Les enseignements à l'extérieur ne se légitiment pas uniquement par leurs impacts sur les apprentissages scolaires et le bien-être de l'enfant. L'école en dehors n'implique-t-elle pas une nouvelle relation pédagogique entre enseignants et élèves, ainsi qu'une redéfinition de la forme scolaire ?

Le défi éco-pédagogique proposé par l'école en dehors vise à transformer les pratiques éducatives en travaillant à partir de nos représentations culturelles. Une invitation à mettre en place une éducation centrée sur le bien commun, comme le proposent les aires terrestres éducatives, qui permettrait de revisiter la place de l'homme dans les écosystèmes.

Comment construire une autre façon d'enseigner régulière, quelle que soit la météo, dans un lieu extérieur à la classe ? L'objectif est bien de proposer une complémentarité entre l'enseignement en classe et hors de la classe.

Le pédagogue belge Ovide Decroly soulignait déjà au début du XXe siècle que pour lui : « la classe, c'était quand il pleut ». Façon de dire que la classe a sa place dans les apprentissages mais que les apprentissages concrets en lien avec l'environnement doivent être une priorité.




À lire aussi :
L'école dehors : l'exposition à la nature ne fait pas tout !


En 2021, l'objectif est aussi de penser cet enseignement dans les zones rurales comme dans les zones urbaines. Les initiatives parisiennes montrent bien que cela est possible. Les perspectives sont multiples et complémentaires : penser autrement les espaces scolaires, les liens avec l'environnement mais aussi les apprentissages scolaires et non scolaires.

Approches ludiques

L'école dehors, c'est aussi, au sein même de l'établissement, développer les liens avec la nature. Le ministère de l'Éducation nationale, par la labellisation d'établissement E3D, semble d'ailleurs attentif à faire connaitre les projets et les initiatives des enseignants dans ce domaine.

De leur côté, les maires multiplient les mesures de végétalisation des espaces scolaires, rendant concret ce mouvement. Un mouvement de fond ou la France doit rattraper son retard par rapport à d'autres pays comme le Canada

Une étude récente marque bien de façon précise le lien étroit entre la réussite scolaire et le contact avec la nature. À l'extérieur, une pédagogie active s'impose pour mettre en valeur l'activité intellectuelle et l'activité motrice par l'expérimentation.

Le jeu occupe aussi une place centrale dans l'éducation par la nature. L'enfant explore le milieu naturel librement, il s'agit d'un environnement riche sur le plan de la créativité et de la réflexion (il va observer, catégoriser les éléments qui les entourent : arbres, roches, feuilles, etc.). Il faut saisir les occasions qui se présentent de faire des hypothèses, en discuter, questionner, en faire une leçon…

Peu à peu, l'enseignant apprend ainsi à suspendre ce qu'il avait prévu pour écouter un oiseau chanter, regarder un vélo passer, sentir le vent qui met les cheveux en mouvement. C'est ainsi que les élèves apprennent à lâcher prise et à vivre l'instant présent. Par le biais de la littérature de jeunesse, il est aisé de réinvestir en classe ce que les enfants ont découvert dans la forêt, sur la plage, tout en enrichissant leurs connaissances.

Développement de l'enfant

Dans la nature, il est également possible de réaliser des apprentissages plus formels comme en mathématiques où l'on va pouvoir réinvestir des notions géométriques et arithmétiques en travaillant sur la croissance de l'arbre.

L'essor actuel de l'école dehors permet d'observer les premiers résultats en France d'une approche sensorielle et cognitive qui tient compte du développement de l'enfant et favorise les expériences concrètes. Cette pédagogie donne sens à l'apprentissage des enfants et permet aux élèves à profil particulier, dys ou haut potentiel, d'apprendre comme les autres.




À lire aussi :
Le corps à l'école : une dimension oubliée


Fédérer les initiatives locales et évaluer les résultats de l'école dehors en France deviennent des enjeux majeurs pour intégrer durablement cette école dehors dans l'enseignement public français. Enseigner à l'extérieur peut permettre ce lien nouveau avec la nature et, en s'intégrant à une réflexion plus globale sur la façon d'enseigner et les finalités éducatives, devenir la révolution pédagogique du XXIe siècle.


Cet article a été co-écrit avec Corine Martel, docteure en écologie, conseillère pédagogique sciences – EDD de l'Hérault et directrice du centre de ressources EducNatu'RE.


The Conversation

Sylvain Wagnon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.


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Jean Duvillard nous plonge dans les outils d'analyse des situations éducatives depuis sa posture de formateur d'enseignants, dans un ouvrage qui s'appuie sur de nombreuses situations de travail en classe. Il s'intéresse aux gestes, aux micro-gestes professionnels porteurs de sens dans la relation éducative « apaisée ». Le but est d'exposer des outils sur la manière de former au mieux les futurs professionnels à l'observation de soi, à développer la perception de ce qui se joue dans les interactions parfois très complexes d'une classe, aux postures parasites qui peuvent interférer sur la relation éducative et la mettre à mal. L'enseignant peut-il acquérir des savoirs d'observation de soi, « d'introspection située », pour mieux saisir ce qu'il fait, ce qu'il provoque et ainsi réguler éthiquement en situation ?

Dans la première partie, l'auteur expose les raisons qui nous poussent à développer des savoirs d'observation de soi-même au travail. Le travail de formation consiste à faire repérer au stagiaire les points aveugles des gestes qu'il utilise, ce qui est déclencheur parfois de crise ou peut brouiller la situation éducative. S'ensuit parfois un ressentiment négatif, autant chez les élèves que chez les enseignants. L'enseignant doit créer un cadre instituant qui permette aux élèves d'avoir de la confiance et d'apprendre. En fait, les micro-gestes du discours enseignant, les micro-gestes du regard remettent la symbolique de l'éthique, du philosophique, de l'émotionnel, du didactique et du pédagogique au cœur des actes les plus ordinaires ou anodins de la classe.

Dès lors, l'objectif central de la formation va être d'apprendre à s'observer, à prendre la distance indispensable pour agir.

En arrière fond, l'auteur convoque quelques incursions et préalables théoriques sur les enjeux de l'observation, parmi lesquels : Edmund Husserl et le concept de « phénoménologie », les travaux de Christian Alin sur la « Geste Formation », Anne Jorro et « l'enseignant qui agit dans plusieurs mondes », Jean-Pierre Changeux sur « l'homme neuronal », Maurice Merleau-Ponty sur la « phénoménologie de la perception », Charles Sanders Peirce sur la théorie du « système triadique » des signes perçus, Marcel Mauss sur la dimension de la réciprocité, de « la dette de don » établissant le rapport de confiance, indispensable, et bien d'autres, sur les théories de l'énaction par exemple.

Jean Duvillard compare souvent la pratique de l'enseignant et la pratique musicale. Celle-ci n'est-elle pas composée de gestes longuement et fréquemment exercés ? Dans l'improvisation, le musicien fait remonter et mobilise des gestes préalablement appris, inscrits dans un corps entrainé, ainsi que les partitions ou des thèmes fortement répétés. De la même façon, pour les jeunes enseignants, dès la formation initiale mais également continue, l'auteur met en évidence l'importance de l'entrainement des gestes de la relation pédagogique.

Dans la seconde partie de l'ouvrage, toujours au service de « l'introspection gestuée », l'auteur présente des situations prototypiques des débutants entrant dans le métier, vécues en « jeux de situation » qui, comme « l'entretien d'autoconfrontation » constitue un outil de formation (outils déployés à l'Inspé de Lyon depuis une quinzaine d'années, en formation initiale). On y trouve le protocole de formation sur la façon de garder le contrôle d'une situation de crise. Un processus en sept étapes : « 1. Être capable de repérer l'incident, « ce que je perçois de ce que je dois faire… », 2. Être capable de relever l'incident, 3. Être capable de différer, 4. La rencontre, 5. Sanctionner, 6. Être capable de donner une valeur ajoutée à la sanction, 7. Être capable de retrouver un regard à égale dignité ». Dans chacune des sections, les manières d'accompagner le dispositif.

Dans la troisième partie, Jean Duvillard précise le dispositif de « jeu de situation », qui se distingue sensiblement du « jeu de rôle », ce dernier exigeant des participants de s'impliquer dans une fiction. Dans « le jeu de situation », le participant joue son propre rôle et travaille de l'intérieur ses propres micro-gestes, dans une situation de travail type. Pour que ce soit possible et protecteur des individus, les règles de jeu s'imposent : la confidentialité des capsules vidéo de films de classe, et le fait de commencer par ce qui est positif dans la situation revécue et analysée. C'est une démarche de formation en quatre étapes : 1. Présentation et choix du cas à mettre en scène, 2. La mise en œuvre du dispositif, 3. Des propositions de fin alternatives, 4. Analyse-relecture de la situation. L'auteur met en perspective une formation qui ne se situe pas que dans le registre du dire, mais aussi dans l'expérimentation du faire, par l'énaction. On s'intéresse à la manière dont l'esprit humain se réorganise en situation, aux prises et en interaction avec l'environnement. Dans cette manière de faire, le droit à l'erreur est acquis ! Et les micro-gestes à remettre sur le métier.

À la lecture de ce livre, étant moi-même formatrice, j'ai rencontré un collègue soucieux de la formation à la relation éducative, dans un métier qui se complexifie de plus en plus face aux demandes exigeantes qui lui sont apposées.

Andreea Capitanescu Benetti


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Faire l'école dehors demande de sortir d'une vision binaire et de considérer l'humain comme appartenant intégralement au monde de la nature. Shutterstock

Depuis quelques années, un croissant appel à l'éducation en plein air se fait entendre dans les familles et les écoles françaises. Dans un contexte sociétal marqué par une prise de conscience de la rupture entre les humains et leur environnement dit « naturel », la « pédagogie par la nature » s'impose comme un retour au bon sens.

Comme en témoignent les appels, sur The Conversation, de Mariani Brussoni, de Tegwen Gadais et Audrey-Anne Beauchamp, la révolution verte de l'éducation est en marche, pour reprendre le sous-titre du livre de Moïna Fauchier-Delavigne et Matthieu Chéreau, L'enfant dans la nature ! Et ce, jusqu'à l'incitation récente du ministère de l'Éducation nationale (lien) à augmenter les sorties en nature, face à l'épidémie de la Covid-19.

Ces appels de la sphère éducative et associative s'appuient sur une série de recherches – tant en neurosciences éducatives qu'en psychologie cognitive, en passant par les sciences de l'environnement – prouvant les indéniables bénéfices du plein air pour la santé humaine (Frumkin, Bratman & Breslow, 2017). À partir de ces constats, un enfant en bonne santé serait un enfant qui apprend mieux.

Les résultats constatés par les chercheurs au sein d'écoles en nature convergent effectivement vers les mêmes conclusions : la motivation des enfants est augmentée, leur anxiété et stress sont réduits et leurs compétences sociales et relationnelles apparaissent comme exponentielles (Kuo & Jordan, 2019). Mettez les enfants dehors, donc, vous en ferez des élèves heureux et « performants », s'exclame-t-on, enthousiastes et, sans doute, de manière trop simpliste.

Il faut en effet souligner que les quelque 200 études que l'on a répertoriées (revue de littérature à paraître) insistent sur le fait qu'il est difficile, voire impossible, de séparer les variables « environnement naturel » des variables « pédagogiques ». En d'autres termes, c'est l'association du plein air, mais aussi des postures des adultes accompagnateurs avec les activités menées qui génère les impacts d'ordre cognitif et social mis en avant. Laissons donc un instant de côté les – indéniables – apports du plein air pour nous intéresser aux fondements pédagogiques qui consolident ces apports.

Les six piliers des forest schools

Les écoles « dehors » ou « dans la nature » françaises trouvent leurs origines dans une pluralité de mouvements historiques : des jardins d'enfants scandinaves au courant du plein air Fröbelien, en passant par les Forest Schools, l'Outdoor/Adventure Learning/Education anglo-saxonnes, les initiatives françaises s'inspirent, en tentant une nécessaire adaptation socio-culturelle, d'une grande variété d'approches.

Néanmoins, malgré l'atomisation des pratiques et des inspirations des « praticiens du Dehors », ils s'accordent généralement sur les mêmes grands principes, inspirés des Forest Schools

  • Un environnement naturel – non construit par l'homme – si possible boisé,

  • Des sessions régulières, qui rendent possible la consolidation des savoirs et compétences,

  • Une communauté d'apprentissage, qui permet les apprentissages collaboratifs et l'initiation aux compétences dites « sociales » ou « relationnelles »,

  • Un développement holistique de l'individu (c'est-à-dire une prise en compte dans sa globalité), qui préfère l'appréhension transversale du monde plutôt qu'un découpage disciplinaire,

  • Une éducation au risque, vectrice de développement moteur, de confiance en soi et de prise d'initiative nécessaires à la construction de l'individu,

  • Des professionnels qualifiés, par leur expérience et/ou par un cursus d'études spécifiques.

Sur ces six piliers, seul le premier a trait à l'environnement en tant que lieu d'apprentissage. Les cinq autres concernent la démarche pédagogique. Preuve, s'il en est, de la nécessité d'une (trans)formation – avant qu'elle ne soit une révolution – éducative. Enseignants, éducateurs, animateurs et parents sont en effet amenés à réaménager leurs pratiques et postures afin de tirer profit du potentiel de l'éducation en plein air.

Des postures d'accompagnement à développer

Le courant de recherche en éducation dit « socio-constructiviste » encourage, depuis plusieurs décennies, les postures de médiation, de mise en retrait, de « lâcher prise » et d'engagement actif de l'enfant, qui sous-tendent – entre autres – les piliers de l'école en nature.

L'école du dehors, pas davantage que d'autres pédagogies encore désignées comme « alternatives », ne les a donc pas inventées, ni pratiquées en premier lieu. En revanche, faire école dehors ne peut se passer de ces postures : cela « oblige », en quelques sortes, à ces postures. Les constats obtenus par les recherches citées en début d'article supposent, en effet, l'adoption de postures socio-constructivistes, communicatives, actionnelles, interactives et sensorielles par les adultes accompagnateurs.

Apprendre autrement avec « l'école dehors » (AFP, février 2021).

Les principales postures d'accompagnement des activités libres ou structurées sont basées sur :

  • une mise en retrait initiale qui n'exclut pas les consignes, en particulier celles relevant de la sécurité des enfants. Une préférence est donnée à la découverte directe des enfants de l'environnement, des outils, des jeux, etc.,

  • une maïeutique discrète basée sur un étayage en demi-teinte. Les questions des enfants sont d'abord renvoyées aux pairs, puis contextualisées, reformulées, approfondies,

  • une observation continuelle, attentive et confiance, qui n'exclut par l'intervention pour préserver la sécurité des enfants ou participer à la gestion d'un conflit, si nécessaire.

Cela étant, rappelons que, de la même manière que pour la « classe intérieure », le débat entre enseignement socio-constructiviste et enseignement direct a toujours lieu. Un accompagnement relevant d'une posture plus transmissive reste nécessaire, entre autres, pour s'assurer de la compréhension première des enfants de la situation en cours.

D'une démarche descendante au « Place Based Learning »

Si la pédagogie par la nature constitue une « révolution verte » de la démarche éducative, c'est d'abord parce qu'elle se base sur l'environnement végétal et animal comme vecteur d'apprentissage. Mais, au-delà de son qualificatif « vert », c'est son caractère révolutionnaire qu'il s'agit d'interroger. Et, sur ce sujet précis, peu d'études ont encore été publiées.

Pourtant, faire l'école dehors peut constituer un véritable moteur de renversement des pratiques, en termes de didactique des disciplines scolaires. Deux principales démarches s'opposent et pourtant se combinent au sein des pratiques pédagogiques en nature :

  • une démarche « classique », de type descendant, où l'enseignant·e prépare ses séances de cours en fonction du programme scolaire. Les éléments naturels présents sur le lieu jouent un rôle de médiateurs et d'outils pour mener à bien les activités de maths, de lecture-écriture, de découverte du monde, etc.

  • une démarche « située », déjà bien ancrée dans le monde anglo-saxon sous le terme « Place Based Learning ». Là, on part sur le terrain et, à partir des éléments présents sur le lieu (les « loose parts »), l'enseignant·e va amener les enfants à créer du lien entre l'activité qu'ils entreprennent spontanément et le programme scolaire qu'ils ont en tête.

Cette deuxième démarche – véritablement transversale et transdisciplinaire – suppose, de la part des enseignant·e·s, une connaissance expérientielle des éléments présents sur leur terrain, une parfaite maîtrise du programme et des compétences de médiation et d'adaptabilité.

Les enseignants créent une interaction entre les éléments trouvés sur le terrain et les programmes scolaires. Shutterstock

Sur le terrain, à partir d'activités dites de « jeu libre » (Loebach et Cox, 2020) les deux démarches se mêlent souvent, au rythme des interactions avec les enfants, de leurs besoins exprimés sur le moment et des opportunités observées par les enseignant·e·s qui n'hésitent pas, alors, à « faire feu de tout bois » !

L'illusion d'une « efficacité naturelle » coupée d'une « efficacité pédagogique » renvoie à la rupture, magnifiquement illustrée par Philippe Descola, entre les deux concepts de « Nature » et de « Culture ». La conception dualiste de l'espèce humaine reste, en effet, fortement ancrée dans l'imaginaire collectif occidental : d'un côté, l'humain et ses propriétés culturelles ; de l'autre, les espèces minérales, végétales, animales et leurs propriétés naturelles.

Or, faire l'école dehors demande de sortir de cette vision binaire en considérant l'humain comme appartenant intégralement au monde de la nature. Les apports des végétaux ou des animaux présents sur les lieux où nous faisons classe dehors agissent, bien entendu, par eux-mêmes. Mais les démarches et postures pédagogiques empruntées par les enseignant·e·s constituent le socle didactique qui donne à la « pédagogie du Dehors » tout son sens et toute son efficacité.

The Conversation

Laura Nicolas est dirigeante bénévole de l'association Sologna Nature et Culture, association d'Education par la Nature


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par Gilles
Le concept de Résilience (wikipedia) est vaste.
Une référence en ce domaine est le britannique John Biwlby(wikipedia). Hélas décédé depuis plus de 20 ans.
En France Boris Cyrulnik(wikipedia) a beaucoup travaillé et écrit sur le sujet. Il serait peut-être intéressant de le contacter pour savoir s'il voudrait laisser, sur ce site ou sur innovation-pédagogique.fr, un billet traitant de la résilience dans l'éducation. Si vous ne le connaissez pas, une vidéo

- Notions sur la résilience : Il s'agit de préparer les élèves et les enseignants à faire face aux aléas et aux enjeux humains et environnementaux auxquels ils pourront être confrontés.
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- Le Bouclier de la Résilience est une distinction qui a pour but de valoriser les établissements scolaires ayant effectué un travail de préparation face aux risques naturels et technologique ; par l'Institut Français des Formateurs Risques Majeurs et protection de l'Environnement (IFFO-RME)