Articles d'Innovation Pédagogique


image ip.jpg (32.5kB)
les articles récemment publiés sur le magazine Innovation Pédagogique

Initiatives autour de la transition

Temps de lecture : 5 minutes

[RENCONTRE] une série de portraits et de retour d'expériences pour apporter toute la lumière aux belles initiatives des Profs en transition d'ici et d'ailleurs.

Pour ce nouvel article de notre série [Rencontres], direction le Jura et le village de Saint-Amour ! Rassurez-vous il s'agit bien d'une rencontre pédagogique… avec Clotsinde Perrot, professeur de mathématiques et de sciences physiques en lycée public professionnel.

« Un vrai rôle à jouer ! »

Cela fait maintenant un peu moins de 10 ans que Clotsinde a fait le choix du cœur pour cette région, ce village et ce lycée où elle se sent bien, prémisse essentielle à la construction de soi évidement, de sa vie et de tous les beaux projets qui vont avec.

Petite structure officiant autour du métal, industriel et artisanal de la ferronnerie d'art et de la gravure sur métal, le lycée Ferdinand Fillod est un lieu « où l'on se connaît tous et on fonctionne en pédagogie par projet ». L'établissement compte près de 150 apprenants dont beaucoup ont pu connaître une scolarité au collège parfois difficile. Certains jeunes « ne sont pas bien dans leurs baskets » et la première mission du corps enseignant est de leur redonner confiance et goût d'apprendre en les incluant dans la réalisation de projets et de sorties collectives. Cette rencontre avec l'univers du lycée professionnel et ses enjeux sociaux ont été un vrai coup de cœur pour Clotsinde car « il y a ici un vrai rôle à jouer ! ».

Les années y passent sereinement selon un cheminement bienveillant et rassurant pour les élèves. Les premières semaines sont consacrées à cette « mission première de gain de confiance et de motivation » puis arrivent vite les fêtes de fin d'année où le repas fédère autant de profs en poste que d'anciens, témoignant d'une transmission générationnelle et d'un contexte « familial ». Notons également la visite des anciens élèves aux portes ouvertes pour garder le contact, « raconter leurs vies » et notamment leurs poursuites professionnelles. Car pour un étudiant motivé, il y a dans ces domaines des débouchés rapides. On forme donc dans ce lycée au contour familial de bons professionnels mais aussi, et surtout, des citoyens.

« Je suis enseignante ! »

Former des citoyens, voilà l'une des principales ambitions partagées par l'équipe enseignante et sur laquelle « aucun collègue n'est prêt à lâcher ! ». Car en lycée pro, cet enjeu est prégnant : « on revendique qu'on les forme pour leur métier et on les forme en tant que citoyens, dans les dernières années de formation ».

Sur la partie écocitoyenneté, il y a très peu, comme le constate Clotsinde, de sensibilisation dans la sphère familiale, par exemple au bon sens ou aux gestes de tri. Le milieu rural pallie quelque peu à cette carence car les enfants « grandissent avec le respect des saisons », point d'appui pouvant se révéler précieux pour envisager des projets collectifs plus cossus.

Côté enseignants, à son arrivée dans la structure, Clotsinde ne trouve rien d'officiel d'engagé quant à l'environnement. Chacun vivait cela individuellement, selon ses convictions personnelles. Le constat des déchets générés par la vie de l'établissement et le nombre de mégots jetés par terre finissent par décider Clotsinde à agir. Son constat est sans appel : « je suis enseignante, je ne peux pas en vouloir aux élèves s'ils ne sont pas assez sensibilisés à ces enjeux, c'est à nous, enseignants de former et d'expliquer ! ». Si au départ, elle ne sait pas trop comment se lancer, Clotsinde sait par avance qu'il lui faudra du temps, un statut « officiel » et la recherche de l'implication de tous les acteurs.

Photos ci-dessous : fabrication “maison” de cendriers et création de papier recyclé.

lycée pro fabrication cendrier

lycée pro fabrication papier recyclé

« Ne pas tout porter à moi toute seule »

Clotsinde profite notamment d'une réforme autour de l'accompagnement personnel des élèves pour disposer d'heures validées par le proviseur, autour de ce projet naissant : cela prendra la forme d'une classe écocitoyenne. Le démarrage est programmé en septembre 2019 avec une classe de seconde. Il durera trois ans, temps de la scolarité de ses élèves qui le mèneront donc de bout en bout.

Dès le lancement, Clotsinde est attentive aux écueils qui gravitent autour des actions de ce type. Elle fait valider le projet et un budget officiel par sa direction et son inspection. De plus, Clotsinde souhaite avoir les coudées franches pour ne pas n'être cantonnée qu'aux disciplines qu'elle enseigne : « je refuse le carcan de la matière, je raisonne par projet ». Cette demande sera aussi validée. Cette expérience démontre pleinement que borner son projet dès le départ et en faire les demandes officielles permettent de s'installer confortablement dans sa mise en œuvre.

Autre écueil à éviter : la sensation d'imposition. Il ne s'agit pas que les propositions viennent unilatéralement de Clotsinde et de ses élèves et s'appliquent verticalement aux autres acteurs de l'établissement. Les porteurs de projet doivent être « au cœur d'un projet collaboratif et inclusif ». Ainsi germe l'idée de la charte : chacun évoluant dans la structure s'engage à mener des actions dépendant de son champ d'actions. « Nous sommes allés voir chaque parti en leur proposant de trouver des voies où ils décident de s'engager. » Ainsi, le chef des travaux, en charge des ateliers, a défini diverses zones de stockage et responsabilise les usagers autour du matériel réutilisable, des chutes, etc. De son côté, le CPE s'engage à généraliser le tri sur l'établissement, notamment au niveau de l'internat. Quant au proviseur, il a banni l'utilisation de son véhicule pour circuler entre les bâtiments de la cité scolaire et effectue tous les trajets à pied. Également, il a engagé une réflexion pour éviter la redondance papier / numérique dans la communication de l'établissement. Le gestionnaire de l'établissement et les familles seront aussi impliqués dans cette démarche notamment dans le cadre de l'élaboration d'un « cartable vert ». Enfin, et au premier plan, les élèves sont invités à gagner en responsabilité : gestes écocitoyens, gestion de leurs supports et surtout propositions d'améliorations.

Nous le comprenons aisément, par cette démarche inclusive, Clotsinde cherche à impliquer, responsabiliser et surtout à ne pas tout porter sur ces épaules. Elle sait pertinemment par l'observation d'expériences passées que le risque est double. Premièrement, risquer que tout s'arrête si elle devait quitter l'établissement. Deuxièmement, risquer l'épuisement et l'isolement.

« Ça leur appartient, ça ne m'appartient plus ! »

Le projet prend forme rapidement grâce à une temporalité régulière d'échanges, des outils spécifiques dédiés dont une boite mail et surtout à une ambition partagée. Ce sont les élèves qui sont au cœur des processus de rédactions puis qui soumettent les textes aux différents signataires.

La méthodologie est efficace : les élèves sont invités à prendre conscience d'une problématique, à observer, échanger puis proposer les solutions envisageables. Tout cela favorise l'autonomie des élèves, surtout quand ils disposent des ateliers pour concevoir eux-mêmes des éléments de réponse. Le rôle de l'accompagnant est donc de favoriser les occasions, de créer les situations de rencontre avec ces problématiques. Puis vient l'équilibre subtil quant à « savoir lâcher prise au bon moment quand la situation est suffisamment amorcée pour aller à son terme ».

La charte et le projet lié sont à ce jour en place ; la classe écocitoyenne en est au milieu de sa mission, elle communique sur son travail via un compte Instagram « classeecocitoyenne » par la mise en place de publications écrites collaborativement. D'autres collègues enseignants sont entrés sur le projet pour assurer la cohérence entre les différents niveaux de classe : depuis ce début d'année, un autre collègue dispose d'une heure de classe écocitoyenne avec la classe de seconde entrante. Cette nouvelle classe a un autre fonctionnement complémentaire. Elle refait un nouvel état des lieux afin d'apporter de nouvelles idées et d'améliorer d'autre domaines non travaillés comme la cantine de la cité scolaire.

Le lycée a été labellisé niveau 2 E3D par le rectorat de l'académie de Besançon et un comité de pilotage a été mis en place en décembre 2020 avec les différents acteurs de l'établissement, élèves inclus. Et si les projets de l'année passée ont été ralentis à cause de la situation sanitaire, c'est reparti pour cette année !

Des bilans réguliers permettent de mesurer le chemin accompli. Parmi les actions engagées, notons…

  • Journée de ramassage de déchets en collaboration avec la mairie de Saint-Amour (septembre 2020)
  • Evolution des poubelles de tri dans l'établissement et cendriers (en cours)
  • Partenariat avec Monsieur Savon, savonnier de Saint-Amour, afin de fabriquer son savon soi-même et réfléchir à l'impact des emballages (en cours)
  • Travail sur le recyclage du papier (fait et d'autres perspective sont envisagées)

D'un point de vue enseignant, utilisation des crayons gras pour tableaux blancs pour tous depuis plus d'un an, réorganisation des documents distribués afin de limiter les pertes et diminution des photocopies dans l'établissement.

eleves lycee pro charte ecocitoyenne

charte écocitoyenne lycée

Un petit mot avant de se quitter ?

« J'aimerais transformer le lycée et que ça se voit, les élèves aussi d'ailleurs », Clotsinde veut aller plus loin… et les perspectives sont en effet nombreuses ! Atelier papier recyclé avec l'école primaire de Saint-Amour pour la fin d'année, visite du centre de tri, faire évoluer les visuels de recyclage qui sont peu parlants pour les élèves, collaborer avec des agriculteurs, faire venir des animaux « en résidence » pour la tonte des pelouses de l'établissement, etc.

Mais vous l'aurez compris, notre collègue souhaite avant tout « éviter que tout soit tracé et quadrillé ». Ce projet qu'elle a insufflé et qu'elle suit avec autant de passion que de responsabilité professionnelle n'est plus le sien ; il appartient à l'ensemble de la communauté éducative et c'est bien là l'essentiel. Chacun de ses acteurs, élèves ou encadrants, s'est engagé pour contribuer selon ses possibilités à préserver l'environnement. Dans la micro-société que constitue ce lycée, les (futurs) écocitoyens font preuve de cohérence, de résilience, d'autonomie, de sens pratique et collectif pour résoudre les défis qui se présentent à eux.

– – – – – –

Nota : Vous pouvez retrouver Clotsinde Perrot sur notre groupe Facebook pour échanger et lui poser vos questions en direct mais aussi dans cette émission de la Terre au Carré sur France Inter (de la 30ème à 36ème minutes).

L'article Lycée pro : un vrai rôle à jouer ! est apparu en premier sur Profs en transition.


Accéder à l'intégralité du contenu
La cécité botanique et le déficit de nature sont un réel problème pour l'avenir, les grands défis de notre siècle étant liés au végétal.

Cet article est publié dans le cadre du Forum national « Activons les sciences en classe ! » organisé en ligne par la Fondation La main à la pâte le 27 mars 2021, dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez toutes les informations sur cet événement sur le site activons-les-sciences.fr.


Route, effet de neige, soleil couchant. Musée des Beaux-Arts de Rouen, CC BY-SA

Si l'on vous montre un tableau de Claude Monet (à droite), que voyez-vous ? Deux enfants, marchant sur une route enneigée…

Shutterstock

Et sur la photo suivante ? Un lapin aux aguets, les oreilles dressées… Peu de gens citeront les arbres aux branches dénudées, dans le premier cas, ou les pâquerettes du pré, dans le second.

Si vous êtes dans cette situation, vous êtes atteint de « cécité botanique » (plant blindness en anglais). Chez beaucoup d'enfants, celle-ci se traduit par un manque d'intérêt pour les plantes par rapport aux animaux : un enfant préfèrera toujours élever un lapin plutôt que cultiver une jardinière de pâquerettes…

Ce concept a été mis en évidence en 1998 par James Wandersee et Elizabeth Schussler et est aujourd'hui largement documenté par les scientifiques. C'est le fait de ne pas voir les plantes qui nous entourent et de ne pas prendre conscience de leur statut d'êtres vivants.

Pourtant, l'omniprésence du monde végétal et son importance pour la vie sur Terre ne sont plus à démontrer. Selon des chiffres publiés en 2018, l'ensemble des plantes pèse 450 gigatonnes (Gt) de carbone sur les 550 Gt de la biomasse terrestre totale, soit 82 % ! Et, d'un point de vue qualitatif, les plantes sont indispensables à toute forme de vie sur la planète car, par leur photosynthèse, elles sont une entrée privilégiée du carbone dans les cycles du vivant.

De plus, par leur capacité à stocker la matière organique, les plantes sont de formidables puits de carbone, un levier puissant dans la lutte contre le réchauffement climatique. D'un point de vue alimentaire, elles sont des sources de nourriture pour l'humanité et sont, ou ont été, pour une majorité des civilisations humaines à travers les âges, la base de notre alimentation.

Les origines du mal

La cécité botanique est souvent un corollaire du syndrome de manque de nature (« déficit de nature »), un concept inventé par le journaliste américain Richard Louv en 2004, et largement étudié depuis par les chercheurs en psychologie et sciences cognitives.

En février 2020, une étude publiée dans Frontier Psychology montre que les enfants connectés à la nature sont plus heureux que les autres, et plus à même de développer des comportements « durables ». On voit donc clairement que la cécité botanique et le déficit de nature sont un réel problème pour l'avenir, les grands défis de notre siècle étant liés au végétal (lutte contre les changements climatiques globaux, sécurité alimentaire, nécessité de nouveaux médicaments pour soigner les maladies…). Ces problèmes pourraient avoir à court terme des conséquences désastreuses non seulement sur l'environnement, mais aussi sur la santé humaine.

Quelles sont les racines du syndrome de cécité botanique ? Celle-ci trouverait d'abord son terreau dans les propriétés mêmes des plantes : leur manque de mouvement et leur apparente insensibilité n'attirent pas l'attention, d'autant que le manque de contraste de leurs couleurs fait qu'elles se fondent dans le décor…

Et notre cerveau, bombardé de milliers d'informations quotidiennes, a tendance à filtrer les signaux et à focaliser notre attention sur ce qui est vital ou létal dans l'instant, pour nous. Par leurs propriétés intrinsèques, les plantes font partie des signaux qui sont systématiquement écartés, plus que les animaux… Nous regardons le monde végétal sans le voir !

Le syndrome de cécité botanique prend aussi racine dans l'éducation même des enfants, au contact des premiers éducateurs que sont leurs parents. Effectivement, la (re)connaissance des plantes par les enfants est positivement corrélée à celle de leurs parents, si ceux-ci se considèrent comme essentiels à la transmission de ce savoir. L'implication des parents pourrait donc être un facteur déterminant dans la lutte contre la cécité botanique.

Ensuite, à l'école, l'enseignement des sciences végétales est insuffisamment présent dans les programmes scolaires, et ce même à l'Université dans les filières formant les futurs professeurs. Et, lorsqu'un enseignement de botanique est dispensé, il est souvent jugé trop théorique par les étudiants. Pourtant, là aussi, la tendance serait facile à inverser avec des programmes dédiés à la connaissance de la biodiversité et à la pratique des sciences en classe.

En France, pourtant, les programmes scolaires proposent déjà depuis 2007 un levier efficace, dans les enseignements dits « Éducation à », et parmi elles, l'EDD, « Éducation au développement durable ». Cependant le problème majeur réside sûrement encore dans le manque de temps et d'espace dévolu à cet enseignement, dans la progression annuelle des classes.

Pour le chercheur Jean‑Louis Martinand, « il y a EDD si, et seulement si, ce sont des enjeux de développement humain et de durabilité environnementale qui constituent les « contenus » de cette « éducation », dans un « dispositif pragmatique et démocratique ». Et justement, le dispositif « 1 2 3 Plant'haie » s'inscrit dans ces deux dimensions.

Le dispositif « 1 2 3 Plant'haie »

La Maison pour la science en Auvergne (MPSA) est un service de l'Université Clermont Auvergne, situé à Clermont-Ferrand, sur le campus scientifique. Créée en 2012 par l'université clermontoise, sous l'impulsion de la Fondation la Main à la pâte elle-même sous l'égide de l'Académie des sciences, elle organise et anime, en partenariat avec le rectorat de l'académie de Clermont, des actions de Développement professionnel en sciences destinées aux professeurs des écoles et aux professeurs de collège de l'académie. Les formateurs intervenant dans ces actions sont les enseignants-chercheurs et chercheurs de l'Université, en binôme avec des formateurs de terrain, professeurs du premier et du second degré.

Plantation de la haie de l'école à Orcines (63) par les élèves, les professeurs, en présence de membres des familles et des élus. Author provided

En septembre 2018, la Maison pour la science en Auvergne a créé le dispositif « 1 2 3 Plant'haie ! », en partenariat avec le rectorat et avec le soutien financier de la Fondation Yves Rocher. Impactant les quatre départements auvergnats, le dispositif permet d'implanter une haie champêtre, choisie par les classes, dans les 31 écoles et collèges participants. Il offre également aux professeurs inscrits dans le dispositif de la formation continue en sciences (18 à 24h en présentiel), l'accompagnement de leurs projets de science en classe, et l'apport de matériel pédagogique à leurs classes.

En 2018-2019, la constitution de chaque haie a été choisie par les quelques mille élèves des écoles choisies, à l'issue d'un travail de longue haleine portant sur la connaissance de la biodiversité végétale autour de l'école, le choix des espèces à implanter et les raisons de ces choix. Plus de 800 plants de noisetiers, aubépines, églantiers, érables, prunelliers et autres néfliers… ont rejoint les cours d'école au printemps 2020, plantés par les élèves eux-mêmes.

Toutes les haies, de la plus petite à la plus grande, constituent autant de haies « témoins » de celles qui poussent (ou poussaient !) dans les campagnes des communes concernées.

Le dispositif 1 2 3 Plant'haie à l'échelle de l'Auvergne. Author provided

La haie de l'école, au-delà d'être la concrétisation de ce travail des classes, deviendra au fil des années un véritable objet de science disponible à la porte de la classe, proche et familier des élèves. Elle est un outil évolutif qui s'étoffera avec les années, accueillant de plus en plus de biodiversité, un coin de nature reconstitué dans la cour pour une observation minutieuse de la vie de la haie et de ses fonctionnalités au cours des saisons.

Elle est aussi un outil permettant de convoquer toutes les disciplines de l'école : les sciences bien sûr, avec la biologie des plantes et des animaux, la physique, les technologies, mais aussi les maths, le français par la production d'écrits et d'oraux, sans oublier le bien-vivre ensemble et le bien-être de l'élève qui participe au développement humain de l'EDD.

Un projet qui intègre des partenaires locaux

« 1 2 3 Plant'haies » ne peut survivre que s'il s'appuie sur un réseau de partenaires locaux, relais indispensables à son enracinement sur le terrain. C'est d'abord la communauté éducative au sens large. Au-delà du professeur, il y a le personnel de l'école ou du collège qui met aussi la main à la pâte dans les projets des classes (ATSEM en classes maternelles, cuisinier dans certaines écoles, personnels de direction des établissements…).

haie saint mamet. Author provided

A l'échelle des circonscriptions et des départements, ce sont les équipes pédagogiques des inspections académiques qui assurent la logistique des formations délocalisées dans les départements, et qui accompagnent au plus près les projets de classes.

Dans une optique de coéducation, les familles des élèves sont également les partenaires naturels du projet. Ainsi, le travail d'identification des espèces, les enquêtes menées par les élèves auprès des anciens du village, la plantation elle-même au printemps 2020, tous ces temps ont été l'occasion d'ouvrir ici et là la porte de l'école aux parents ou aux grands-parents, faisant du dispositif un projet intergénérationnel.

Enfin, au-delà de la communauté éducative, les acteurs de la société civile ont été sollicités par les écoles elles-mêmes : les mairies des communes, élus et employés municipaux, des formateurs des Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement (CPIE) ou des membres d'associations « nature », des structures spécialisées accompagnant salariés ou élèves en situation de handicap (ESAT du Marand dans le Puy-de-Dôme, EREA d'Aurillac dans le Cantal), des habitants volontaires et bénévoles des communes… Enfin, la Mission Haie Auvergne a conseillé, supervisé la commande et livré les plants, produits localement par une pépinière auvergnate, pour les 36 haies plantées au printemps 2020. « 1 2 3 Plant'haie » est donc finalement un outil puissant d'intégration de l'école à la société.

The Conversation

La Maison pour la science en Auvergne a reçu des financements de La Fondation Yves Rocher, pour le dispositif « 1 2 3 Plant'haie ».


Accéder à l'intégralité du contenu

salle[BureauVert] est une initiative lancée par le réseau Profs en transition dont l'objectif est de réduire l'impact écologique de nos espaces et usages bureautiques, dans l'univers scolaire évidemment mais aussi bien au-delà dans nos pratiques quotidiennes !

Temps de lecture : 2 minutes

Le réseau Profs en transition est heureux de mettre à disposition de vos salles informatiques ces affiches et fonds d'écran qui rappelleront aux usagers les bases d'une pratique numérique et bureautique vertueuse. Déclinés selon les fameux 5R, ces visuels existent sous formats affiche, 16:9, 4:3 et carré.

Téléchargez ici les versions qui vous conviennent puis amusez-vous à les déployer dans un maximum de salles infos et de postes de travail, le défi [Bureau Vert] est lancé !

Bureau vert affiche

Bureau vert fond écran 16:9

Bureau vert fond écran 4:3

Bureau vert fond écran carré

Pour aller plus loin dans la compréhension des impacts de la pollution numérique, voici un article “état des lieux”. Enfin, pour agir de façon encore plus précise et efficace, nos propositions détaillées sous ce lien !

L'article 5R pour un bureau vert est apparu en premier sur Profs en transition.


Accéder à l'intégralité du contenu

Après le succès des deux premières éditions, la formation de deux mois co-conçue par le Campus de la Transition, le mouvement Colibris et la Coopérative des Oasis revient ce printemps. Une expérience « totale » et « transformante » pour les participants qui en ressortent plus conscients, outillés et armés pour s'engager, chacun à leur manière et à leur échelle, dans la Grande Transition. Explications.

Plus que jamais, l'urgence écologique et sociale nous met sous pression et nous confronte à des défis qui dépassent l'entendement individuel. Souvent vécue de façon isolée, cette prise de conscience peut amener à des questionnements profonds sur notre place dans ce monde en pleine mutation et bouleverser nos plans de vie, nos représentations du monde.

Pourquoi le T-Camp ? Une aventure humaine et transformatrice

Le T-Camp aspire humblement à accompagner ce processus grâce un cadre sécurisant, stimulant et transformant : une pédagogie qui parle à la Tête autant qu'au Corps et au Cœur, des enseignements interdisciplinaires et des intervenants inspirants et inspirés, hautement reconnus dans leur domaine de spécialité. Les deux premières éditions nous ont confortés dans l'intuition que c'est par l'expérience et le partage qu'une transformation individuelle peut s'opérer pour ouvrir le champ des possibles vers une transition collective plus juste et plus humaine. Du « je » au « nous », du logique au sensible, des sciences dites dures aux sciences sociales : à la logique du « ou » qui a historiquement dominé l'éducation la coupant d'une partie d'elle-même, le T-Camp promeut la culture du « et » car, à l'image du vivant interconnecté et interdépendant, les savoirs se relient au service d'une vision large, coopérative et non réductrice d'une de ses dimensions.

« Former pour transformer » : une approche pédagogique et académique qui a fait ses preuves

Cette démarche est nourrie par un large projet académique collaboratif, le programme FORTES' qui a d'ailleurs donné lieu à la publication du Manuel de la Grande Transition suite à une demande du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Structuré en 6 « portes », ce socle pédagogique rassemble un vaste panel de connaissances et de compétences allant de la compréhension du système Terre aux questions d'éthique en passant par les enjeux plus concrets et fondamentaux que sont les enjeux juridiques mais aussi économiques.
Parce que les enjeux de la transition écologique et sociale sont complexes et systémiques, son enseignement ne peut en faire l'économie. C'est notre conviction et notre ambition : fournir aux T-Campeurs les outils critiques et sensibles, théoriques et pratiques à même de leur permettre de « comprendre pour agir ».
Avec aussi, et c'est important de le préciser, une attention active accordée aux émotions et à ce qui traverse, émerge, se déploie en chacun dans l'apprentissage de ces transitions intimes et collectives. Prendre conscience du caractère destructeur de beaucoup d'aspects de nos modes de vie est souvent anxiogène et peut créer un profond mal-être s'il n'est pas accompagné ou si la distorsion avec son environnement est trop grande. Prendre soin du vivant, c'est aussi et d'abord prendre soin de soi et du groupe.

T-Camp 2021 : en ligne & en présence

Dans la continuité de 2020, cette année réserve son lot d'incertitudes, notamment sur le plan sanitaire. Mais il en fallait davantage pour décourager les organisateurs du T-Camp ! Voilà pourquoi une organisation particulière sera mise en place cette année, qui permettra à la promotion de se retrouver aussi bien en ligne qu'en présentiel — c'est une nécessité pour bien appréhender et vivre cette pédagogie Tête-Corps-Cœur.
Tout commencera par deux week-ends à distance, au cours desquels les participants apprendront à collaborer en intelligence collective, facilités par nos intervenants, pour imaginer ensemble une représentation de l'état du monde.
A l'issue de ce socle de connaissances communes, une semaine entière sera consacrée à rencontrer des experts du climat et de la transition en général. L'économiste Alain Grandjean (Carbone 4), la climatologue Marie-Antoinette Mélières, le sociologue Dominique Bourg, le directeur du Shift Project Mathieu Auzanneau et bien d'autres partageront leurs réflexions, afin que chacun puisse parfaire sa représentation de la situation actuelle et commencer à creuser des pistes d'avenir alternatives et encourageantes.
Après deux semaines passées en ligne, il sera temps de se rencontrer pour de vrai ! Selon la spécialité choisie, 35 jeunes se rassembleront au Campus à Forges en Seine-et-Marne, et 20 au château d'Arvieu en Aveyron pour 6 semaines de plus. Avec un seul objectif : Incarner la transition.
Les enseignements se poursuivront dans une perspective d'expérimentation et de recherche de solutions. Egalement, ces semaines en immersion ont vocation à servir de tremplin vers un parcours de vie propre à chacun des participants, en cohérence avec leurs aspirations et la compréhension des enjeux globaux de notre siècle. Au programme : mise en pratique de méthodes de gouvernance et de coopération, exploration de nouveaux récits collectifs, expérimentation de la démarche low-tech

Alors n'hésitez pas : si vous n'attendez que le T-Camp, le T-Camp n'attend que vous !

Pour en savoir plus :
– RDV sur le site officiel du T-Camp
– Téléchargez la plaquette détaillée de la formation
– Venez rencontrer en ligne l'équipe d'organisation et des ancien.nes T-Campeurs qui partageront leur expérience le jeudi 11 février à 18h et le mercredi 24 février à 18h


Accéder à l'intégralité du contenu

un articlerepris du site ingénieurs sans frontières, une publication sous licence cc by sa nc

L'ingénieur·e citoyen·ne : une introduction

Dans notre société, l'ingénieur·e occupe une position d'expert·e de la technique, souvent présentée comme neutre. A l'inverse, l'ingénieur·e citoyen·ne, intégrant les valeurs de justice sociale et environnementale à son action, est un·e médiateur·rice des choix techniques qui participent à la construction de la société.

Une campagne crescendo

La campagne est pensée pour suivre la prise de conscience des élèves-ingénieur·es vis-à-vis de leurs formations (voir frise ci-contre). Ainsi, les actions du début d'année s'appuient notamment sur les campagnes EAD1, comme AlimenTerre ou le Festisol. Ces campagnes sont rattachées aux réflexions du comité sur les formations des ingénieur·es et leurs limites pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.

Une campagne organisée pour et avec les Groupes Locaux (GL)

Pour mettre en place cette campagne, différents temps forts sont définis sur l'année. Afin d'introduire chacun d'entre eux, une réunion de lancement est organisée avec les groupes intéressés. A la fin du temps fort, lors du Retour d'Expérience, les GL montrent l'impact de leurs actions dans leurs écoles, donnent leur avis, proposent des améliorations etc.

A noter que les GL ne sont pas tenus de suivre strictement la chronologie, ils peuvent l'adapter selon leurs besoins.

Un accompagnement personnalisé peut être mis en place auprès des GL qui le souhaitent2.

Lancement du premier temps fort : l'Apostrophe pour une ingénierie citoyenne

L'Apostrophe, en interpellant par des phrases clivantes, permet de créer une dynamique d'échange à la fois entre les membres du GL et au sein de l'école. Elle se pense comme une introduction au débat sur l'ingénierie citoyenne.
Cet outil a été présenté, courant octobre, aux GL ainsi qu'aux organisations avec lesquelles FormIC souhaite porter son plaidoyer (Ingénieur·es Engagé·es, Together for Earth, Pour un réveil écologique, ...).

Treize groupes intéressés ont été recensés à ce jour mais il est possible de rejoindre la dynamique à n'importe quel moment de l'année.

Ce qui reste à venir

Dès janvier 2021, les GL seront amenés à réfléchir et débattre sur le lien entre la formation et la gouvernance de leur école (l'Observatoire des formations citoyennes3 et différents outils seront alors mobilisés). Cela leur permettra de s'approprier ces thématiques et de perpétuer la dynamique les années suivantes.
Autour d'avril est prévu le week-end de formation sur les thématiques FormIC, ouvert à tou·tes les membres de la fédération et aux organisations listées précédemment.

Finalement, la campagne est pensée pour être au service du plaidoyer, afin de transformer durablement le contenu et la gouvernance des formations en ingénierie. Elle doit permettre d'interpeller son administration, pour ensuite présenter des revendications soutenues nationalement par le comité. D'où la représentation multi-scalaire du plaidoyer ci-contre.

1 Campagnes portées par l'équipe Éducation au Développement d'ISF

2 N'hésitez pas à contacter le comité via l'adresse contact.formic@isf-france.org pour en en savoir plus.

3 Plus d'informations sur : http://observatoiredesformationscitoyennes.org/

5 février 2021
Nathan Coutable et Fédora Accoca-Pidolle, membres du comité FormIC
Thématique
Gouvernance
Catégorie
Échanger et débattre
Campagne
L'ingénieur.e citoyen.ne c'est moi ?
Partager sur Facebook Partager sur Facebook
Partager sur Twitter Partager sur Twitter
Partager sur Google Plus Partager sur Google+


Accéder à l'intégralité du contenu

Expert « mobilité durable », Jean-Baptiste Gaborieau est arrivé il y a plus d'un an au Campus de la Transition. Cet ingénieur de 33 ans, passionné par la question des transports et amoureux de la cuisine italienne dont, avec maestria, il sait régaler les papilles au Campus, revient sur l'étude menée par le laboratoire de recherche-action dans le cadre du programme « Mobilité Bas Carbone ». Interview.

Est-ce que tu peux te présenter et nous dire ce que tu fais au Campus ?

Je viens d'avoir 33 ans, je suis originaire de Vendée, breton d'adoption, italien de cœur et seine-et- marnais de conviction.

Ingénieur expert des transports, j'ai passé ma thèse en Italie à l'Ecole polytechnique de Turin où je me suis intéressé aux mécanismes de choix modaux du point de vue de la psychologie sociale, autrement dit sur les raisons qui nous poussent à choisir tel ou tel mode de transport.

Je suis arrivé au Campus il y a un peu plus d'un an pour travailler sur le projet de recherche-action « Mobilité Bas Carbone » qui se lançait avec le soutien de la Fondation Michelin. Au-delà, c'était rejoindre une aventure humaine qui fait sens pour moi et qui est l'incarnation des valeurs que je défends : la vie en collectif, le soin et le partage au sein du groupe et la conviction que m'engager pour la transition est le seul engagement qui pourra donner du sens à mon existence.

Pourquoi t'être intéressé au domaine des transports en particulier ?

Par curiosité d'abord car s'intéresser au domaine des transports, c'est s'intéresser à l'urbanisme, à l'aménagement du territoire et à son histoire et géographie mais aussi à la psychologie sociale et individuelle, à la sociologie de la technique.

Je vois les transports comme un précipité des enjeux de la transition écologique et sociale, une cristallisation d'un ensemble de problématiques diluées dans nos quotidiens : dépendance au pétrole, contribution au réchauffement climatique, architecte mécanique de nos villes modernes, aménageur de nos territoires, facteur de choix pour nos modes de vie, nos lieux de résidence et de travail.

Le transport se joue partout, tout le temps : pour l'approvisionnement et la distribution des biens de consommations, pour l'ajustement (prédateur) des chaînes de valeurs industrielles, pour l'instruction, le travail, la santé, les loisirs. Le transport arrive bien sûr avec son lot d'externalités (artificialisation du sol, pollution, bruit, embouteillage, etc.) et ses promesses de révolution technique (électrification et hydrogène, avènement du véhicule autonome et connecté).

Il inspire des modes de vies alternatifs en provoquant des résistances à ses grands projets inutiles et révèle les inégalités en donnant aux uns les moyens d'une hyper-mobilité faite de transit de non-lieux en non-lieux (aéroport, parking d'autoroute, etc.) tout en laissant les plus vulnérables d'entre-nous sans moyen d'émancipation. Et les Gilets jaunes l'ont bien fait comprendre : c'est dans nos territoires ruraux que la transition écologique passera l'épreuve de la justice sociale.

Quelles sont les ambitions du programme de recherche-action « Mobilité Bas Carbone » lancé il y a un an ?

L'ambition de départ était triple : définir la trajectoire de décarbonation pour les besoins de déplacement du Campus, développer sur le territoire un nouveau service de transport qui soit inclusif et bas carbone et, enfin, accompagner et aider le territoire sur ces thématiques là en proposant aux élus et aux acteurs locaux notre expertise sur la question de la mobilité (préparation de documents cadres, réponse aux appels à subvention…)

Pour ce faire, on a constitué un comité de pilotage représentatif de la diversité des acteurs qui portent le projet : un élu du territoire avec la présence de Damien Buzzi, adjoint au maire de Forges – hameau de 400 habitants où se situe le Campus de la Transition et dont Montereau est, à 7 km, la ville la plus proche – qui est aussi président du Syndicat des transports collectifs (SITCOME) ; des experts du Campus dont notamment Cécile Schwartz, responsable de la recherche-action ; Benoit Quittre, un des fondateurs du Campus qui fut trésorier de l'association ; Patrick Hendrick, un professeur de l'Université libre de Bruxelles spécialiste de la mécanique et de la propulsion ; et Bertrand Bonhomme, un parrain de la fondation Michelin, très impliquée dans la question de la mobilité durable.

Le projet « Mobilité Bas Carbone » est pensé dans une démarche de recherche-action, c'est important de le préciser : on ne travaille pas hors-sol mais avec la volonté d'accompagner le territoire local et d'y avoir un impact notamment par l'observation, puis l'expérimentation de modèles alternatifs.

Concrètement, quelles sont les étapes que vous avez franchies cette année et quels sont les enseignements que vous tirez de la première phase d'observation ? En bref, comment se vit la mobilité sur le territoire de Montereau et son agglomération ?

Pensé sur trois ans, le projet « Mobilité Bas Carbone » a démarré en septembre 2019 par une phase d'étude multi-méthodologique : prise de contact avec les acteurs locaux, définition d'un état des lieux de mobilité sur le territoire, analyse comparative des solutions de mobilité en milieu rural et, enfin, lancement d'une enquête territoriale.

Nous avons pu en tirer de riches enseignements. Ainsi, grâce aux données de l'Insee (flux domicile-travail, trafic, profils socio-économique de la population locale, infrastructure…), on a une photographie actuelle de la mobilité : alors qu'elle a été pensée comme une ville dortoir dans les années 60 où résidaient les ouvrier travaillant à Paris, Montereau se révèle être de fait un pôle régional d'attraction, du fait notamment de sa proximité avec la Bourgogne. On note ainsi plus d'échanges et de flux avec des villes comme Sens ou Fontainebleau qu'avec Paris.

On a aussi observé un taux de motorisation (nombre de voiture par personne) faible, proche de celui de Paris, alors que Montereau se situe dans un territoire semi-rural qui aurait supposé un taux beaucoup plus élevé : ceci s'explique par la population, très défavorisée qui y réside. En conséquence de quoi un des axes du projet « Mobilité Bas Carbone » est de travailler sur une trajectoire de 7 km pour rejoindre la gare en centre-ville, ce qui n'est pas classique en milieu rural, davantage caractérisé par des trajets domicile-travail qui font en moyenne plus de 30 km.

Enfin, la présence d'un port fluvial à la confluence de la Seine et de l'Yonne d'où partent notamment des productions céréalières à destination des grands ports hollandais ainsi que l'activité industrielle d'aciérie génèrent un trafic important de poids lourds.

On a ensuite mené une enquête territoriale à l'aide d'entretiens semi-directifs et d'un questionnaire diffusé en ligne et en boîte aux lettres, qui nous a permis d'avoir un niveau d'analyse plus fin et qualitatif des profils socio-économiques des personnes et de leur pratiques quotidiennes en matière de mobilité. Les données sont encore en cours d'analyse mais on peut d'ores-et-déjà constater que la dépense carbone par kilomètre parcouru augmente en fonction de la distance de la résidence principale par rapport à Montereau. Autrement dit, plus on habite loin du centre-ville, plus l'on dépense par kilomètre.

Qu'en retenir pour le territoire ? Et bien, d'un côté, si les habitants du quartier de Surville ont une mobilité sobre car ils disposent de tous les services nécessaires aux pieds des immeubles (pharmacie, supermarché, etc.), ils manquent d'opportunités de mobilité pour se former et aller chercher du travail : c'est sur cet enjeu qu'il nous les accompagner, sans augmenter pour autant l'empreinte environnementale. A contrario, l'enjeu pour les villages alentour comme Echouboulains ou Forges est de décarboner la mobilité quotidienne.

Enfin, l'analyse comparée des solutions de mobilité en France et en Europe (covoiturage organisé différemment, autopartage en petite communauté, pratique d'auto-stop, cyclabilisation des territoires…) a montré la nécessité d'une boîte à outils pour remplacer la fonction « couteau-suisse » d'une voiture. Je m'explique : il n'y a aucune solution de mobilité qui peut remplir les besoins d'une voiture individuelle, il faut donc développer un dispositif multimodal, c'est-à-dire plusieurs modes de transports compatibles entre eux.

Comment réagissent les acteurs locaux face à cet enjeu de mobilité durable ?

Globalement, les relations sont positives car nous n'adoptons pas une posture d'expert venu leur apprendre la mobilité mais nous nous mettons à leur disposition comme une ressource pour avancer et progresser sur ce sujet.

Les acteurs en lien avec le projet sont multiples et variés : élus des collectivités locales, chambre de commerce et d'industrie de Montereau, grandes entreprises industrielles installées sur le territoire telles que la SAM (Société de l'Aciérie de Montereau) ou Silec qui produit et installe des câbles dont l'activité industrielle se traduit par un trafic important de poids lourds, institutions locales (SITCOME, Syndicat de l'énergie), l'Institut Paris Région d'urbanisme qui accompagne les collectivités d'Île-de-France dans l'aménagement et l'urbanisme.

As-tu rencontré des freins ou des résistances ?

Le découpage administratif et la multiplicité des autorités impliquées nécessitent de travailler étroitement en concertation mais ne facilitent pas la mise en œuvre rapide de projets : ainsi, par exemple, quand une départementale traverse un village, il faut savoir que si la route appartient au département, les travaux de voirie relèvent de la compétence de la communauté de communes et que les trottoirs sont du domaine de la commune !

Un autre élément important à prendre en compte est la conjoncture réglementaire : ainsi, depuis la loi dite LOM d'Orientation des Mobilités de décembre 2019, n'importe quelle intercommunalité peut demander à avoir la compétence d'autorité organisatrice de la mobilité sur son territoire, sauf en Île-de-France où la seule autorité compétente reste Île-de-France Mobilité (anciennement STIF) pour laquelle le Pays de Montereau n'est pas à date une priorité. En partie aussi parce que la délégation de marché public touche à sa fin et que ce calendrier administratif ne favorise pas actuellement une expérimentation avec le service public sur le transport en bus ou à la demande.

Quel rôle joue la Fondation d'entreprise Michelin dans ce projet de recherche-action du Campus ?

Le premier, essentiel, est de financer cette phase 1 dédiée aux études préalables ! Par ailleurs, les équipes de la Fondation Michelin nous apportent leur réseau et leur connaissance du terrain (expertise, retour d'expérience de solutions de mobilité testées ailleurs, etc.). De leur côté, le projet « Mobilité Bas Carbone » les intéresse car il existe très peu d'études sur la mobilité rurale. Or, Michelin se définit depuis toujours comme un acteur incontournable de la mobilité (pensez aux cartographies et différents guides routiers) et se fixe une mission de déploiement de la mobilité durable qui joue à la fois sur l'efficience, l'inclusivité, la sécurité et l'impact environnemental.

Quelles sont les prochaines étapes maintenant que vous avez cartographié et analysé les usages de mobilité ?

A la fois pour engager le maximum de personnes et aussi en raison des freins administratifs que j'expliquais plus haut, on a fait le choix de retenir une solution qui fasse consensus entre l'équipe de recherche du Campus, les élus et le comité de pilotage en posant les bases d'un service expérimental : une mobilité cyclable et partagée qui soit pensée en tant que système.

Pour faire une analogie avec l'automobile, de la même manière qu'une voiture ne pourrait pas marcher s'il n'y avait pas d'infrastructures routières et de pompe à essence alentour, il ne suffit pas de mettre à disposition des vélos pour que chacun se mette à rouler : il faut mettre en place tout un écosystème qui rende possible une utilisation maximale, en toute sécurité et légalité (infrastructures avec des pistes cyclables, des parkings réservés, service de réparation, animation du territoire, réglementation urbaine, etc.)

On aimerait aussi développer l'auto-partage en travaillant avec des associations telles que Rezo Pouce ou d'autres communautés d'autostop. Par exemple, tous les véhicules municipaux pourraient être libres le week-end pour les habitants.

Les prochaines Rencontres de Forges – cycle trimestriel de conférences thématiques – porteront justement sur la mobilité durable : qu'est-il prévu pour cette journée d'échanges et de débats ?

Nous avions prévu en effet des Rencontres de Forges ce mois-ci sur ce thème avec des tables-rondes, des ateliers et animations, un débat aussi avec des élus et des associations engagées sur ce sujet mais, en raison du confinement, nous le reportons au premier semestre 2021. Ce n'est donc que partie remise !

Et d'ici là, pour célébrer avec notre communauté le premier anniversaire du programme de recherche « Mobilité Bas Carbone », on organise dans quelque jours, le 17 novembre prochain à 18h, un webinaire avec un invité de choix : Eric le Breton. Maître de conférence en sociologie de la mobilité à l'université de Rennes 2, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont Bouger pour s'en sortir, mobilité quotidienne et intégration sociale et Mobilité, la fin du rêve ?, il nous partagera son expérience des dispositifs d'inclusion, qu'ils soient émergents ou concertés. Je partage sa réflexion qu'il résume ainsi : « Les enjeux de la mobilité inclusive sont devant nous, dans le champ du développement durable comme dans ceux de la démocratie et de la cohésion sociale ».

Et bien sûr, Cécile Schwartz qui porte le projet « Mobilité Bas Carbone » présentera les enseignements de l'étude menée cette année et les expérimentations à venir.

Dans la droite ligne des valeurs du Campus et du territoire sur lequel il s'ancre, nous avons choisi de nous intéresser à « La mobilité durable & inclusive : quelles voies, quelles voix en zone rurale ». L'inscription est gratuite et on vous y attend nombreux.ses !

Pour terminer sur une note plus personnelle, quelle est ta vision de la mobilité durable et quelle graine as-tu envie de planter prochainement pour faire grandir la conscience collective sur cette question de la mobilité ?

D'un point de vue personnel, j'essaie de développer une pensée qui va à contre-courant de ce qui peut se dire dans l'espace public : on y parle de mobilité courante comme de l'eau courante, qui serait disponible tout le temps, de droit à la mobilité. A l'inverse, j'essaie de réfléchir à une immobilité durable : comment se déplacer le moins possible pour répondre à l'ensemble de mes besoins ? Ce n'est pas un plaidoyer pour être immobile et rester chez soi mais il s'agit davantage de reprendre le temps de voyager et de se déplacer, de penser autrement le temps et la vitesse car, profondément, je ne crois pas que le sens de l'existence humaine se fasse de « non-lieu » en « non lieu » à des vitesses élevées.

Plus pratiquement, j'ai très envie de redonner goût à la marche et, dans cette perspective, j'aimerais créer pour le Campus des podcasts sous forme d'audio-balades où l'on pourrait redécouvrir la faune, la flore, le patrimoine qu'il soit naturel, religieux ou industriel.

Propos recueillis par Maud Vincent, responsable de la communication du Campus de la Transition


Accéder à l'intégralité du contenu

Le point d'étape et les ateliers collaboratifs du rapport « Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations de l'ingénieur » se tiendront le 9 février prochain, de 9h00 à 16h15.

NEWSLETTER : Si ces sujets vous intéressent et que vous souhaitez être tenu.e.s informé.e.s de nos activités en la matière, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift ! (environ 3 mails/an). Vous pouvez également retrouver l'ensemble des contenus vidéos produits dans le cadre de ce projet sur notre chaîne Youtube dédiée « Former les ingénieur.e.s aux enjeux climat-énergie ».

COMMENT ASSISTER ?

Date : mardi 9 février, de 9h00 à 16h15.
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne

Programme de la journée

09h00 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

09h15 Introduction : une démarche qui s'inscrit dans une stratégie d'établissements ambitieuse

09h30 Présentation du rapport intermédiaire : ClimatSup INSA

  • Clémence Vorreux, Coordinatrice du projet ClimatSup INSA, The Shift Project
  • Damien Amichaud, Chef de projet ClimatSup INSA, The Shift Project
  • Anne-Laure Tournier, Chargée de projet ClimatSup INSA, The Shift Project
  • Sam Allier, Chargé de projet ClimatSup INSA, The Shift Project

11h00 Table ronde : Comment engager une telle démarche son établissement ?

14h00 Ateliers collaboratifs

Des ateliers seront organisés pour évoquer collectivement certains points de notre étude, qui nécessitent davantage d'échanges entre professionnels du secteur. La liste sera bientôt mise en ligne et envoyée aux participants déjà inscrits.

15h30 Restitution des ateliers

16h00 Conclusion

16h15 Fin de l'événement

L'article [Invitation] Ateliers collaboratifs « Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations de l'ingénieur » [Mardi 9/02, 9h/16h15] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

La 30ème édition des Ateliers du Shift se tiendra le mardi 2 février prochain, en format webinaire de 17h à 20h30.

Consacrés aux thématiques énergie-climat, les Ateliers rassemblent plusieurs fois par an un grand nombre de professionnels qui souhaitent progresser vers une économie libérée de la dépendance aux énergies fossiles. Interventions d'experts, tables rondes et débats se succèdent tout au long de la journée dans une ambiance conviviale et propice aux échanges. Les Ateliers sont aussi l'occasion d'aborder les projets en cours au Shift. Notre objectif : confronter les points de vue et favoriser les échanges afin d'alimenter tant les réflexions que les actions collectives sur les sujets traités.

COMMENT ASSISTER ?

Date : mardi 2 février, de 17h à 20h30.
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook .
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

Nous nous réjouissons de vous retrouver le 2 février prochain pour échanger, débattre et avancer ensemble vers une économie décarbonée !

Programme de la soirée *

Chaque présentation sera suivie d'un Q&A avec les intervenant.e.s (le public sera invité à poser ses questions via l'onglet Q&R sur Zoom)

16h45 – Accueil Zoom

17h Mot d'introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

17h10 Présentation du projet « Stratégies de résilience des territoires »

Ce nouveau projet vise à interpeler les élus locaux et les autres acteurs territoriaux sur le caractère systémique et irréversible des effets du changement climatique et de la déplétion énergétique. Il sera produit un état des lieux des stratégies territoriales à l'aune du concept de résilience énergie-climat, et des recommandations pour aider les collectivités territoriales à élaborer et mettre en œuvre des stratégies de résilience à la hauteur des enjeux.

  • Laurent Delcayrou, Chef du projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project
  • Corentin Riet, Chargé de projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project

17h30 Des nouvelles du « pic pétrolier » : le Shift poursuit ses travaux sur le possible déclin de l'approvisionnement en pétrole de l'UE à horizon 2030

Un groupe de travail a été constitué, avec une publication à paraître au mois d'avril.

  • Olivier Rech, Chef de projet « Pétrole », The Shift Project
  • Hugo Duterne , Chargé de projet « Pétrole », The Shift Project
  • Animé par Matthieu Auzanneau, Directeur, The Shift Project

17h50 Focus sur le dernier rapport du Shift « Déployer la sobriété numérique »

Ce nouveau rapport, paru en octobre 2020, constitue le troisième volet du travail du Shift sur le numérique. Il vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique, dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

  • Hugues Ferreboeuf, Directeur du groupe de travail, The Shift Project
  • Maxime Efoui, Coordinateur du projet, The Shift Project
  • Céline Lescop, Co-pilote du groupe de travail, The Shift Project / AXA

18h10 Retour sur le dernier rapport du Shift sur la mobilité bas-carbone

Le rapport « Décarboner la mobilité en Vallée de la Seine » publié en décembre 2020 et soutenu par l'Ademe, vient éclairer les acteurs territoriaux en Normandie et en Île-de-France, ainsi que les politiques de mobilité nationales. Il pourra également alimenter le débat public qui précèdera les élections régionales de juin 2021.

  • Nicolas Raillard, Co-auteur du rapport, The Shift Project
  • Paul Boosz, Co-auteur du rapport, The Shift Project

18h30-18h45 : Pause

18h45 Les Shifters lancent Shift Your Job, un site web pour concilier emploi et climat

  • Ariane Phélizot, Membre des Shifters (Association bénévole du Shift) et responsable du projet « Shift Your Job »

19h05 Time to Shift : le podcast des Shifters qui éclaire sur les enjeux énergétiques et climatiques contemporains

  • Lucie Pedrola, Membre des Shifters et créatrice du podcast « Time To Shift »

19h15 Lancement de la Fresque Mobilité, un outil directement inspiré de la Fresque du Climat

  • Laurent Perron, Membre des Shifters et pilote de la Fresque mobilité

19h25 Imaginer l'économie de demain : que deviennent l'emploi et la croissance ?

Emploi et croissance : voilà deux mots que l'on retrouve un peu partout dans l'expression politique et les médias, du moins en France. Timothée Parrique, auteur d'une thèse sur l'économie politique de la décroissance, nous rappellera l'histoire de ce terme, ce qu'il recouvre et de quoi les débats actuels autours de la notion révèlent. Dominique Méda, sociologue du travail, présentera plusieurs scénarios possibles pour l'avenir du travail.

  • Timothée Parrique, docteur en économie, université de Clermont Auvergne et Stockholm Resilience Centre
  • Dominique Méda, sociologue, directrice de l'IRISSO à l'université Paris-Dauphine
  • Yannick Saleman, chef de projet « Emploi », The Shift Project
  • Animé par Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

20h15 Conclusion

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

20h30 – Fin de l'événement

* Intervenant.e.s à confirmer

L'article [Invitation] Ateliers du Shift (Mardi 2 février 2021 – 17h/20h30) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

A la suite de la création de Riposte Creative Territoriale avec le CNFPT, nous (Michel Briand, Anne Lechêne, Laurent Marseault) avons ébauché en juin ce que pourrait être la trame d'une formation action aux communs pour un public d'acteur-ice.s des collectivités locales, réalisation envisagée avec la Coop des communs.

Dans un souci de coopération ouverte, cette proposition est publiée ici sous licence CC by sa.

L'organisation pédagogique proposée est insiprée de la formation action "Créer et animer une "Riposte Creative", formation action autour de la coopération ouverte (en communs proposée par Laurent Marseault et Michel Briand au CNFPT.

"Les communs du territoire : nouvelle forme de coopération et de services de proximité"

Dans les situations de crise et face à l'urgence des transitions, de nombreux acteur.ice.s locaux s'impliquent dans des initiatives de solidarité et de transformation sociale et écologique. Cela rend d'autant plus actuel le mouvement autour des communs qui depuis quelques années à travers les jardins partagés, les circuits courts, l'alimentation durable, l'ESS, l'économie circulaire, de nouveaux services de proximité, participent à la vie de la cité et sa transformation.

Ce contexte questionne un changement de posture de l'acteur public davantage partenaire, animateur que prescripteur.

Cette formation vise à expliciter la compréhension des communs et des nouvelles formes de coopération territoriale en outillant les participants pour en être un interlocuteur actif capable d'appuyer l'action locale de ces énergies positives en intelligence collective.


Objectifs de formation

La formation se propose :
- d'aider les acteurs à savoir de quoi on parle quand on utilise le concept de communs,
- d'identifier le changement des pratiques autour des communs, leur sens et leurs contributions à la transition écologique et solidaire ;
- d'ouvrir des perspectives sur un changement de posture de l'acteur public davantage partenaire, animateur que prescripteur ;
- d'identifier les besoins auxquels les intiatives en communs répondent, en coopérant avec eux ;
- de faire l'expérience d'une coopération ouverte et apprenante au sein d'un groupe informel ;
- d'avancer vers une grille d'analyse des expériences de communs, en en dégageant les originalités et les apports pour l'action ;
- de comprendre en quoi l'approche par les communs peut servir à renforcer les capacités d'action.

Programme et déroulé

séquence 1 - 2h Les communs autour de nous

- Présentation de la formation
- Météo, (qui et état d'esprit personnel en arrivant)
- Présentation et attentes en ligne questions de clarification
- introduction de la plate forme wiki
- Les communs autour de nous explicitation induite par ce que les participants en connaissent

  • post it individuels puis agrégés
  • élicitation : ce qu'est un commun grille de lecture (en sous jaçant faisceau et non définition)
    - choix par chacun d'un commun de son territoire pour l'étape 2
    - vidéo apport (5 à 10 mn)
    - élaboration d'une grille de lecture d'un commun (outil pad sur le wiki)

-Travail intermédiaire : écrire la présentation sur une à 2 pages d'un commun de son territoire

Séquence 2 - 2h Les communs du territoire

- partage des publications et partage sincère
- rapport d'étonnement
- éléments de typologies des communs, à quels besoins répondent ils ?
- forum ouvert : quelles relations entre collectivités et communs ?
- ce que nous voulons en faire
- axes d'approfondissements : choix de 2 axes

Travail intermédiaire : les communs en France et en Europe
réalisation collaborative d'une webographie

Séquence 3 et 4 - approfondissement de 2 des axes choisis

- travail spécifique sur le changement de posture

  • importance du faire avec, être en attention, donner à voir, la compostabilité, la gouvernance
    - exemples possibles :
  • communs et services de proximité
  • communs et solidarités
  • communs et services publics
  • communs et transitions (alimentation, énergie, mobilité...)

- voir aussi les axes descommuns et municipales 2014
et les plaidoyers pour les communs dans le contexte municipal (2020)

- choix d'un sujet à approfondir et d'un groupe
- ressources vidéo ou texte associées webographie complétée
- solliciter des chercheurs contributeurs en fonction des deux axes (Coop des communs)

Séquence 5 - synthèse tournée vers l'action 2 atelier de co-développement un par axe

- appropriation de ce qu'est un atelier de co-développement
- travail spécifique sur les freins et facilitations

Et après ?

- vers une communauté apprenante
- voire, après une ou deux séquences en groupes de 10-15 personnes, un élargissement de ce contenu en MOOC connectiviste

Le contexte de cette écriture

Au printemps 2020, la Coop des Communs réfléchit à développer une offre de formation, de façon à soutenir les acteurs dans leurs approches de la transition par les communs, une démarche qui fait écho à la dynamique de Riposte Creative Territoriale animée par Cécile Joly et Florent Merlet, accompagnée à sa création par Laurent Marseault et Michel Briand.

Un premier document sommaire-inventaire des thèmes a été créé par Nicole Alix et Anne Lechêne.

Sollicité pour contribuer par Anne et Nicole j'ai évoqué la possibilité d'articuler
- 1 une "bibliothèque des communs" : série de webinaires courts. avec des contenus vidéo sous licence CC By SA. Ils pourront être joués en mode webinaires interactifs (webinaire + débat) ;
- 2 une série de formations-actions dans un format de 15h, type Riposte créative territoriale actuellement en création avec Laurent Marseault pour le CNFPT, en licence CC By SA et avec un wiki sur des formats 2 x 3h (sur les 3h : 2h en groupe + 1h de travail perso) avec une production mise en commun sur le wiki ;
- 3 et pourquoi pas ensuite un MOOC connectiviste sur les communs avec des contenus sous licence CC By SA ?

Ce petit texte ébauche de formation action est le résultat d'un travail de remue méninges avec Anne Lechêne et Laurent Marseautl, brique de cette réflexion plus large.

Production en CC by sa Michel Briand, Anne Lechene, Laurent Marseault


Accéder à l'intégralité du contenu

En janvier 2020, s'était tenu à l'Académie des sciences un colloque sur le changement climatique, au cours duquel était organisé une table ronde avec de jeunes participants, étudiants, doctorants, chercheurs, qui ont fait le choix de s'engager pour le climat, notamment en participant à des actions de médiation scientifique (le Train du climat). Nous avons interviewé trois d'entre eux, et vous livrons leurs réponses à l'occasion la Journée mondiale pour le climat, ce 8 décembre.

Vous souvenez vous de votre première sensibilisation aux questions climatiques ?
Aurélien Bigo : J'ai eu quelques cours sur le développement durable et en lien avec le climat durant mes études de géologie, étant donné la proximité de la thématique avec le thème de la formation. Néanmoins, ces enjeux n'étaient pas forcément intégrés à l'ensemble de la formation.

Camille Jonchères : Le problème du climat est intervenu dans ma vie par la formation que j'ai suivie. J'étais dans l'avant-dernière année universitaire en sociologie, où après avoir hésité avec le parcours recherche, j'ai choisi le parcours « études et diagnostiques sociologiques ». Professionnalisant, ce master se caractérisait par un stage de six mois. Au moment de la recherche de stage, j'ai été recrutée par l'Association climatologique de moyenne Garonne (ACMG) pour intégrer un programme européen (Adaptaclima). Ma connaissance était alors très générale, mais j'ai pu rapidement m'outiller sur l'actualité du front de la recherche et des enjeux associés au changement climatique et ses impacts. Ce bagage sur les essentiels m'a permis ensuite de construire mon identité professionnelle sur des bases solides. Cela a été une véritable immersion, teintée de passion et de créativité ; à la fin du stage, je voulais rejoindre ces troupes qui réfléchissent au problème et imaginent comment y répondre !

Florian Tirana : Je me souviens d'un moment en particulier qui a pour moi été le point de bascule de ma prise de conscience du problème climatique. Il s'agit de l'interview donnée par Nicolas Hulot sur France Inter, où il annonce sa démission [le 28 août 2018]. J'étais bien sûr parfaitement au courant de la situation avant, comme beaucoup d'entre nous, mais je ne réalisais pas, je crois, l'urgence et l'imminence du problème. Voir M. Hulot défait à cause de son incapacité à faire changer les choses, et s'interroger sur le soutien de la société civile, a été un vrai choc. En tant qu'ingénieur, formé dans une grande école publique, j'ai senti que j'avais la possibilité de faire quelque chose, pour faire bouger les lignes. Je me suis donc senti responsable de m'engager dans cette voie-là, depuis ce moment-là.

Lors de votre scolarité, cette question du climat a-t-elle été abordée ?
CJ : Je n'ai pas le souvenir que le climat ait été abordé. Je me souviens seulement d'une semaine régulière du « développement durable », mais que je n'associais pas à une problématique plus large ou même à des constats scientifiques. Je garde seulement le souvenir d'exercices pour apprendre à trier les déchets.

FT : Au lycée, le développement durable était au programme de géographie, d'une manière très peu percutante et sans aborder la question du climat. Rétrospectivement, je trouve ça extrêmement dommageable, les notions étaient présentées comme de vagues objectifs de long terme, pas si importants que ça. Évidemment, l'urgence de l'ampleur de la situation devrait, à mon sens, être au cœur de l'enseignement.
À Polytechnique, j'ai suivi plusieurs cours de climatologie donnés par des chercheurs de l'Institut Pierre-Simon-Laplace. Cette fois-ci, le contenu était convaincant, mais limité à la trentaine de personnes assistant au cours. D'ailleurs, dans notre école, de plus en plus de gens sont sensibilisés, mais, pour la grande majorité, cela ne change ni leur mode de vie, ni leur orientation politique. L'inertie du bon vieux statu quo demeure très persistante, et je pense que pour beaucoup, c'est difficile d'admettre que le climat nous concerne ici et maintenant, et que ça implique des modifications radicales de notre mode de vie personnel. Certaines personnes cependant sont engagées et très actives dans des associations internes à l'école ou dans des mouvements écologistes plus larges. Je suis moi-même militant à Extinction Rebellion.

Pouvez-vous citer des livres, dessins animés ou films qui vous ont touchés à ce sujet ?
AB : Un film qui m'a marqué était Une vérité qui dérange, d'Al Gore, pour la justesse de la démonstration scientifique sur les dangers que représente le changement climatique. Il y a eu également le film Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, pour l'indispensable imaginaire d'un avenir meilleur que peut représenter la transition, afin de donner au public le plus large possible l'envie d'agir.

CJ : Rétrospectivement, je pense que le premier objet médiaculturel qui m'a touché est Princesse Mononoké, de Hayao Miyazaki, où la nature est un personnage à part entière. Ensuite ce sont des livres que j'ai lu pour mon métier, en premier lieu Écologie et Société, de Yanni Gunnell (Armand Colin, 2009).

FT : Perdre la Terre de Nathaniel Rich m'a beaucoup touché, dans la mesure où on réalise que ces questions sont anciennes, que tout le monde savait mais que cela n'a pas suffit à faire bouger les grandes puissances. Le petit manifeste Pour éviter le chaos climatique et financier de Jean Jouzel et Pierre Larrouturou est aussi très percutant, à mettre en toutes les mains !

Comment interagir dans un monde numérique lorsque l'on connaît l'impact des serveurs sur le climat ?
AB : Il me paraît important avant tout de peser le pour et le contre de nos actions, et utiliser le numérique comme un outil qui peut être utile mais n'est pas une fin en soi, et doit ainsi être utilisé avec modération. Aussi, il ne peut pas complètement remplacer des échanges plus directs et une éducation en présentiel, interactive, qui suscite les interrogations et le débat, éducation qu'il faut pouvoir privilégier autant que possible, car le sujet peut parfois être anxiogène et nécessite des réponses pensées collectivement.

CJ : Cette question interroge à mon sens les contradictions que produisent le changement climatique et ses impacts. Pour moi, la question de l'impact de l'usage individuel du numérique en lien avec l'empreinte carbone d'un serveur, revient à ramener la gestion de l'eau potable aux écogestes du lavage de dents ou de la douche/baignoire. C'est important comme indicateur de changement social, mais cela ne dit rien du problème structurel sous-jacent. Donc, j'interagis dans un monde numérique où je développe des liens et participe à des communautés d'idées (j'utilise souvent les ressources du libre), où j'essaye de participer à l'effort collectif pour avancer vers une société désirable. Ainsi, je peux par exemple travailler avec des institutions publiques à interroger puis réduire leur empreinte numérique et trouver des manières de relocaliser des serveurs.

FT : Limiter sa consommation de « GAFA », je dirais. Cependant, statistiquement, il y a beaucoup d'autres choses à changer qui ont un impact bien plus fort : consommer moins de viande, changer ses pratiques de transport, isoler son logement... Le rapport de Carbone 4 intitulé Faire sa part permet de bien remettre les choses en place quant aux ordres de grandeur de l'impact carbone de chacune de ces mesures.

Quelle action vous semblerait (plus ou moins) facile à mettre en œuvre à l'école ou au collège et au lycée ?
CJ : Il me semble que le climat pourrait être une belle problématique transversale où puiserait chaque discipline pour incarner ses enseignements. C'est l'avantage de la complexité du sujet, il est possible de s'y rattacher de plein de manières, et donner ce panorama pluridisciplinaire préparerait les esprits aux futurs métiers qui devront casser les silos. Idéalement, je souhaiterais que des projets d'établissements soutiennent et valorisent (notamment pour l'obtention des diplômes, sur les temps de cours et avec un personnel rémunéré) des réalisations coconstruites entre jeunes, professionnels et scientifiques pour rendre tangibles les enjeux du climat et expérimenter des réponses.

FT : Chaque matière est concernée par la question du climat, qui est absolument systémique de notre mode de vie sur Terre. Les enseignants ont à mon sens une responsabilité, dans la mesure de leurs possibilités, sur ce que représente le changement climatique, et comment nous pouvons lutter. Si peu de gens remettent aujourd'hui en cause l'existence-même du changement climatique, beaucoup restent indifférents et ne remettent pas vraiment en question notre mode de vie et notre économie. Il est crucial pour moi d'insister sur l'ampleur du changement et des catastrophes à venir si l'on ne fait rien, pour rendre concret et tangible le climat.

D'après vous, les scientifiques peuvent-ils agir ? Ou bien est-on condamné au climato-pessimisme ?
CJ : En tant que scientifique, je m'interroge sur l'intérêt de mon métier pour la société et j'essaie de jouer mon rôle social. Je me préoccupe beaucoup de l'intelligibilité de ce que je participe à produire et j'essaie (mais c'est un essentiel de mon métier de sociologue) d'écouter et comprendre mes interlocuteurs pour trouver un pont de connaissance. Je considère qu'il n'y a que des mécanismes produisant des condamnés, je m'implique tous les jours, avec beaucoup d'alliés, pour en trouver d'autres.

FT : Sans remise en cause de notre économie et de nos modes de vies en société, il est absolument insensé d'espérer pouvoir sortir de ce problème. Les scientifiques ont une responsabilité d'informer sur les enjeux du climat partout où ils le peuvent, dans la mesure de leur temps. Je pense qu'on ne pourra enclencher de véritable transition sans prise de conscience collective de l'ampleur du problème - et cette prise de conscience, à la source, vient toujours des scientifiques, qui seuls sont capables de comprendre l'évolution du climat.

Aurélien Bigo, après avoir fait des études d'ingénieur en géologie et suivi un master d'économie de l'environnement, réalise désormais une thèse sur la transition énergétique dans les transports.
Camille Jonchères est doctorante Cifre (doctorat en entreprise) en sociologie et climatologie à la région Nouvelle-Aquitaine.
Florian Tirana est étudiant à Polytechnique, en quatrième année du cycle ingénieur, spécialisé en sciences de l'environnement.

Propos recueillis par Jean-Michel Zakhartchouk


À lire également sur notre site :
Changement climatique : éduquer pour agir et ne pas désespérer, portrait de Mathilde Tricoire

Changement climatique : les mobilisations pédagogiques dans le monde, par Pierre Léna

Convention citoyenne pour le climat : aller plus loin sur l'éducation, entretien avec Mathieu Sanchez

Enseigner le climat, un défi pour le futur, conférence de Mathilde Tricoire aux Rencontres d'été 2020 du CRAP-Cahiers pédagogiques

« Depuis que nous faisons grève les jeudis, la question climatique est au centre du débat. », entretien avec Adélaïde Charlier

Pour une culture générale du climat, par Valérie Masson-Delmotte


Photo JF Dars/Académie des sciences

Sur la librairie

Cet article vous a plu ? Poursuivez votre lecture avec ce dossier sur le même thème...


Urgence écologique : un défi pour l'école
Ce dossier nous invite à aller plus loin que l'éducation à l'environnement ou au développement durable. Comment permettre à nos élèves de prendre conscience des enjeux de cette indispensable transition écologique : apport de connaissances, actions locales, formation à l'écocitoyenneté…

JPEG

Des petits gestes à l'écocitoyenneté
Alors que la course contre la montre est engagée contre les catastrophes annoncées, notre responsabilité est grande. Il s'agit de construire chez nos élèves des repères solides, pour permettre à chacun de se positionner et d'agir de manière rationnelle dans un monde où les fake news prolifèrent. Comment faire droit à la complexité des faits, sans naïveté ? Comment agir collectivement, sans se limiter aux « petits gestes » ? La question écologique nous oblige à lier culture scientifique et citoyenneté. Ce Petit cahier nous met le pied à l'étrier, en attendant le dossier du mois de mars 2020.


Accéder à l'intégralité du contenu

Enseigner la transition

Avec de nouveaux formats d'ateliers autour de l'alimentation, les enfants comprennent que la manière dont on traite la planète se répercute sur notre santé. Ella Olsson/Unsplash, CC BY

Dans la mesure où les produits ultra-transformés sont associés à des risques significativement accrus de maladies chroniques, veiller à une alimentation saine est un vecteur essentiel de protection de la santé. La prévalence des maladies chroniques est aussi associée à un accroissement des inégalités sociales de santé, les populations les plus défavorisées étant les plus affectées, et consommant le plus d'aliments ultra-transformés. Notons que la prévalence de l'obésité, favorisant le développement d'autres maladies chroniques, est passée de 8,5 à 15,0 % en France entre 1997 et 2012, pour atteindre 17 % en 2015.

En réaction à cette évolution de l'obésité, les pouvoirs publics agissent depuis une vingtaine d'années, notamment à travers la création du Programme National Nutrition Santé. La question d'une éducation à l'alimentation est également émergente : elle est incluse depuis 2016 dans le code de l'éducation et est encouragée par l'avis n°84 du Conseil national de l'alimentation.

L'alimentation humaine est très influencée par les représentations qui lui sont associées : on mange autant ce qui est « culturellement comestible » que ce qui l'est biologiquement. Selon le sociologue Claude Fischler, c'est aussi, en plus de leur culture, l'expérience quotidienne et répétée des enfants avec leur alimentation qui influence leurs représentations alimentaires.

Les enjeux autour de l'éducation à l'alimentation sont donc absolument conséquents : son organisation à l'école publique pourrait permettre aux enfants non seulement d'acquérir des connaissances mais aussi de comprendre, en tant que futurs citoyens, comment leurs choix alimentaires influencent leur santé, ainsi que celle de l'environnement.

L'attention doit cependant être également portée sur son approche pédagogique. En effet, il est connu que les allégations de santé peuvent être inefficaces lorsque celles-ci s'adressent à des populations sans tenir compte de leurs spécificités culturelles. Il s'installe en effet souvent une « distance culturelle » entre les discours de santé publique et les milieux populaires, qui tend à largement limiter leurs effets. Il semble de même que les discours de santé qui relèvent de l'injonction peuvent non seulement être inefficaces, mais de surcroît stigmatiser les populations auxquelles ils s'adressent.

De trop grandes disparités

Ces quelques éléments nourrissent la réflexion à propos de ce que pourrait (et ne doit pas) être une telle éducation à l'alimentation. Mais qu'en est-il réellement aujourd'hui ? Une enquête de terrain sociologique de type qualitative réalisée au sein d'écoles élémentaires de la région Normandie nous a montré que cette éducation est particulièrement compliquée à réaliser pour les enseignants, qui ne disposent pas de formation en la matière.

Elle s'apparente ainsi à diverses formes « d'éducation à », comme « l'éducation au développement durable », ou encore « l'éducation à l'égalité des filles et des garçons ». Celles-ci sont stipulées dans le code de l'éducation, mais ne s'inscrivent pas dans un programme et ne sont pas contrôlées par les inspecteurs de l'éducation. Autrement dit, leur exercice ne dépend que de la bonne volonté des enseignants, de leur sensibilité particulière, mais aussi des ressources dont ils disposent (en termes de temps et d'énergie).

Une multiplication des injonctions d'exercer ces types « d'éducation à » entraîne souvent de la confusion chez les enseignants. Nous avons par exemple pu constater sur le terrain la mise en place d'une « classe du goût » en guise d'éducation à l'alimentation, dans une école située dans un quartier prioritaire : celle-ci servait davantage la finalité d'éduquer au « vivre ensemble » (les enfants étaient chargés de ramener en classe des aliments et plats provenant du pays d'origine de leurs parents), sans questionner les effets que peuvent avoir la nourriture sur la santé.

Ainsi, si l'éducation à l'alimentation a été pensée par le ministère de l'Éducation afin de répondre aux problématiques de santé qui lui sont liées (principalement à celle de l'obésité), il semble que, sur le terrain, les enseignants font comme ils peuvent avec ce qu'ils ont. La plupart des écoles et des enseignants auprès desquels nous avons enquêté n'ont jamais abordé la question de l'alimentation à l'école, faute de manque de temps et d'informations les guidant sur la manière de procéder.

Une réflexion globale

Dans le contexte actuel, nous pensons qu'il faudrait considérer avec plus d'attention la question de l'éducation à l'alimentation, jusqu'à envisager un programme national commun aux différents établissements scolaires.

Nous avons pour notre part mené des expérimentations afin d'identifier des solutions pratiques, à la fois conscientes des avancées en alimentation humaine et des problématiques sociologiques. En nous basant sur les réflexions que nous avons évoquées ci-dessus, nous en sommes arrivés à une « éducation à l'alimentation holistique ».

« Holistique » par le fait que la compréhension des liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement dépend moins de l'acquisition de connaissances particulières et isolées les unes des autres que d'une compréhension générale et englobante. Mais aussi parce qu'une compréhension holistique des enjeux propres à ces liens permet aux enfants de s'impliquer dans le développement d'une réflexion et d'une discussion. La méthode que nous proposons consiste à communiquer aux enfants des phrases d'accroches, simples à comprendre, qui leur permettront de prendre la parole en mobilisant des connaissances dont ils disposent personnellement et qu'ils ont acquises en dehors de l'école.

Cette approche se distingue des slogans actuellement diffusés, dans la mesure où elle permet aux enfants de devenir pleinement acteurs. Par exemple, nous avons proposé à des enfants de 10 ans de deux écoles situées dans des quartiers prioritaires de s'exprimer à propos d'une citation d'Héraclite : « la santé de l'homme est le reflet de la santé de la terre »

Une implication personnelle

Alors qu'ils semblaient, lorsqu'ils étaient interrogés individuellement, peu concernés et intéressés par ces sujets, ils ont là été en mesure de développer une discussion et une réflexion cohérente. L'un expliquait que la terre a besoin des arbres pour respirer, un autre lui répondait que nous en avions aussi besoin, tandis qu'un autre encore évoquait le fait que nous avons besoin des abeilles pour la pollinisation.

Cette discussion contribua à amener l'idée plus générale que la manière dont on traite la planète se répercutera sur notre santé, notamment parce que la qualité de ce qu'on mange en dépend. Les enfants se sentent directement impliqués et concernés par les réflexions développées. L'éducateur, lui, amène à une réflexion globale via des phrases d'accroche, et fournira éventuellement des informations dans des échanges de questions/réponses avec les enfants.

La collaboration de la sociologie, de l'alimentation humaine et des sciences de l'environnement nous a permis de développer un ensemble de réflexions pour une éducation à l'alimentation adaptée aux enjeux sanitaires et sociaux. Nous pensons qu'il est important d'enseigner aux plus jeunes une totalité plutôt que des « parties », notamment à propos des effets de nos choix alimentaires sur la santé globale.

La mise en place d'une réflexion sur les liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement permettrait aux enfants de se l'approprier, tandis que l'enseignement d'informations isolées les unes des autres semble inefficace auprès des enfants issues de milieux sociaux défavorisés, qui ne se sentent souvent pas concernés par celles-ci. Nous souhaitons proposer de mieux expérimenter cette approche éducative, si possible à l'échelle nationale et dans le cadre d'un programme.

The Conversation

Anthony Fardet est membre des comités scientifiques/experts de Siga, Wuji & co, MiamNutrition, Complexus Care, centre ERASME Jean Monnet et du Projet Alimentaire Territorial Grand Clermont-PNR Livradois Forez. Il est aussi adhérent aux associations GREFFE et ANIS Etoilé.

Louis Lebredonchel does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le groupe "Hybridation en coopération ouverte" créé à la sortie du premier confinement sur Riposte Créative Pédagogique montre l'intérêt d'un partage d'expérience, de ressources au face à une crise qui bouleverse les conditions de formation. La vingtaine de webinaires réalisés ou en cours en sont un reflet vivant.

Face à une crise écologique qui qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, voici maintenant la proposition d'un groupe "Transition en coopération ouverte" justifiée à nos yeux par l'urgence de la crise justifie à nos yeux. Ce nouveau groupe en coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) [1] privilégie les productions et contenus réutilisables .

Avec une première rencontre le 25 mai à 17h

De la mutualisation à la coopération ouverte

Depuis 6 ans, Le magazine Innovation pédagogique met en réseau les publications d'une trentaine de sites qui acceptent de partager leur contenu. Au fil des années, la production éditoriale et la notoriété du site se sont accrues comme en rend compte ce graphe des visiteurs mensuels :

Avec la crise du Covid, les échanges d'expériences, réflexions, se sont multipliés avec plus de 200 articles publiés autour de l'hybridation et de la "Riposte Pédagogique". Dans un temps de crise où le monde ne peut plus fonctionner comme avant, l'urgence pousse de nombreuses personnes à coopérer au delà de leur seul établissement.

Pour favoriser cette coopération ouverte, un espace collaboratif "Riposte Créative Pédagogique, a été créé à l'image de Riposte Créative Territoriale [2] initié avec la direction Innovation du CNFPT et d'une dizaine d'autres espaces s'appuyant sur le même outil et la même démarche d'écriture ouverte et de partage des contenus.

Nous y apprenons un partage de ressources, de retours d'expériences au delà de nos établissements [3] avec par exemple le groupe "Hybridation en coopération ouverte" et la vingtaine de webinaires réalisés.

Alors que les publications sur Innovation pédagogique sont proposées à la publication par leur auteur ou via un flux RSS, dans les "Riposte", l'écriture est directe, modifiable et révisable (on peut facilement revenir en arrière) ; c'est un wiki. Et comme à l'école nous n'avons pas écrit à écrire publiquement pour être lu, dans les Riposte nous proposons un petit pas, le plus simple possible, pour écrire, avec l'usage de formulaires, tel celui des fiches ressources.

Les deux espaces sont reliés : les articles d'Innovation Pédagogique sur l'hybridation et en riposte pédagogique à la crise du Covid sont proposés sur Riposte pédagogique. Et les webinaires sont relayés sur Innovation Pédagogique.

Sous le "capot" des Riposte se trouve le logiciel libre yeswiki [1], particulièrement facile à utiliser dans l'esprit d'outil convivial [4] développé par Ivan iIllitch, un outil qui

- augmente l'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle ;
- ne suscite ni esclave, ni maître ;
- renforce le pouvoir d'agir

Les bases de données facilement modifiables, fournissent aussi une cartographie lorsque l'adresse d'une initiative est renseignée comme dans Riposte Créative Bretagne.

C'est cette démarche en coopération ouverte [5] que nous proposons pour la création de ce groupe autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone et en formation d'adultes.

Pourquoi un groupe en coopération ouverte autour de la Transition écologique ?

Je reprends ici la page de présentation du groupe dans Riposte Pédagogique.

Ce groupe travaille sur la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences Creative Commons ; pour répondre aux nombreuses questions qui se posent

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

Cette initiative est complémentaire des démarches internes d'établissements ou de consortium qui ont mis ces questions à leur agenda. L'espace gare d'aiguillage est là pour faire le lien vers les autres initiatives rendues publiques (et ne pas refaire ce qui a déjà été fait, en précisant les conditions de leur réutilisabilité ou non).

La particularité de ce groupe en Riposte Pédagogique est son caractère ouvert avec une volonté de partage des ressources et de favoriser la réutilisabilité de ce ce qui existe déjà.

Comme nous le disions dans le préambule, l'urgence de la crise plaide pour un partage où chacun ne refasse pas dans son coin où nous enrichissons des apports des autres et inventons une intelligence collective autour de communs en actes !

Pour quoi faire ?

Espace collaboratif ouvert chacun.e peut y participer selon son envie, et même avec un petit temps disponible (il suffit de quelques minutes pour ajouter une ressource à la base de données par exemple, signaler une ressource à un collègue concerné, ajouter un lien à la gare d'aiguillage).

Que peut-on déjà faire ?

- Rejoindre le groupe transition en coopération ouverte

Pour rejoindre le groupe, il suffit de vous inscrire sur la liste sympa en cliquant ici [2]

-Consulter les articles issus d'Innovation Pédagogique

Une soixantaine d'articles sont proposés autour

Ces pages sont alimentées par les flux RSS associés à des mots clés mis sur les articles d'Innovation pédagogique et la page d'accueil qui présente les 5 derniers articles associés évolue au fil des publications, (d'autres sources pourront être ajoutées).

-Référencer une ressource

La base de données ressources permet de référencer ce que vous pensez être une ressource (retour d'expérience, programme, descriptif d'Unité d'Enseignement etc ..). Dés qu'un certain nombre de ressources seront disponibles elles seront proposées directement dans cet espace (via un filtre sur le mot clé transition).

-Documenter la gare d'aiguillage

Les Ripostes Créative fonctionnent dans un logique d'archipel [6, 7] et n'ont pas vocation à regroupe mais à relier. C'est l'idée de gare d'aiguillage [8] qui renvoie vers les ressources dejà existantes.

La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations à l'animation de projets coopératifs Animacoop [9] est un espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration.

Pour la transition écologique dans l'enseignement supérieur une pagea été créée qu'il reste à documenter !

- Expérimenter un cercle d'apprentissage

L'archipel des Riposte Créative est aussi l'occasion d'un croisement des initiatives et nous pourrons nous inspirer des 10 cercles d'apprentissages mis en place par le CNFPT dans Riposte Créative Territoriale pour apprendre ensemble. Voir aussi le cercle apprenant sur la coopération entre ingénieurs, conseillers pédagogiques mis en place par le groupe hybridation en coopération ouverte (première réunion le 3 mai).

-Proposer un webinaire

Avec de 30 à 100 participants, la quinzaine de webinaires de Riposte Pédagogique ont été à la fois de riches temps de rencontres mais constituent aussi via les enregistrements et les ressources associées une base de contenus utiles sur différentes facettes de la pédagogie dans ce temps de crise.
là aussi une organisation collaborative où chacun.e peut proposer et organiser démultiplie le champs des possibles dans une organisation agile et frugale.

Voilà pour quelques propositions que nous avons déjà pratiquées [10] ; mais un groupe coopératif [9] ne manquera d'en faire émerger de nouvelles idées !

Toutes les coopérations avec des réseaux existants est bienvenue, ce groupe n'a aucune autre ambition que de faciliter la transition écologique dans un fonctionnement par consentement où celui qui a envie de faire fat dans la mesure où il n'y a pas d'objection sur le fond du projet !

Alors à bientôt pour croiser nos envies d'une transition écologique en actes dans l'enseignement supérieur francophone et ne formation des adultes.

Les publications citées

[1] Coopération ouverte pour un monde vivable et désirable, texte élaboré lors desrencontres Co-construire à Tournai, août 2019.

[2] La démarche Riposte Créative Territoriale, est présentée dans le film "Silence de l'innovation" réalisé par Thomas Troadec (54 mn), mars 2021.

[3] Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d'écriture collaborative réutilisable, par Michel Briand et Laurent Marseault, 21 juin 2020.

[4] Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative » espace en coopération ouverte, entretien avec Laurent Marseault et Florent Merlet, 15 avril 2021.

[5] La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et audio de la conférence de Michel Briand au colloque QPES 2019, dans Innovation Pédagogique, juin 2019.

[6] Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault, 12 mars 2021.

[7] - Agora des archipels, un espace de rencontres et de partage entre acteurs de la transition qui se retrouvent dans un fonctionnement u, qu'ils soient des individus, des collectifs en archipel.

[8] - La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations Animacoop espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration, un exemple de circulation ds flux sur Riposte Creative Bretagne.

[9] Animacoop formation à l'animation de projets coopératifs ]] et aussi Interpole, l'espace ressource de la CIA (Collectif Inter Animacoop).

[10] Créer et animer une "Riposte Creative, formation action autour de la coopération ouverte proposée au CNFPT par Michel Briand et Laurent Marseault et mise en oeuvre pour le département de la Gironde avec Julie Chabaud (février, mars 2021).

Quelques liens autour de la coopération ouverte

-Autour des compétences qui favorisent la coopération : L'état d'esprit collaboratif, « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer par Elzbieta Sanojca dans Innovation Pédagogique, 11 mars 2018.

-La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces par Romain Lalande et Laurent Marseault sur Vecam, 4 mars 2018.

-La coopération ouverte, un concept en émergence, par Elzbieta Sanojca, Michel Briand, dans Innovation Pédagogique, 15 mai 2018.

-E-book Cooptic un manuel à l'usage des animateurs de réseau et les contenus bonifiés par Gatien Bataille dans sa formation cooptic

-Histoires de coopération, une trentaine d'interview d'acteurs de la coopération ouverte sur le blog Coopérations, mars 2019.


Quelques projets en coopération ouverte

-Bretagne Créative
"L'innovation sociale ouverte, c'est donc donner à voir son projet/son idée, échanger avec les autres pour croiser et enrichir les savoirs-faire et compétences. Sources d'efficience et créatrices de lien social sur les territoires, les démarches collaboratives sont une manière de pérenniser et de multiplier ces initiatives tout en favorisant le bien commun."

-Riposte Créative Territoriale
L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ?
Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. »

-Riposte Créative Bretagne

« Une marmite ne commence pas à bouillir par le couvercle, mais toujours par le fond ! » Proverbe de Haute-Bretagne un espace collaboratif ouvert pour

  • donner à voir et mutualiser les initiatives en complémentarité des services et groupes mis en place
    -* exprimer des besoins prenant en compte les personnes en précarité, en situation de fragilité et éloignées des services proposés
  • favoriser l'attention, le soin, et une convivialité, et ainsi contribuer au bien vivre ensemble
  • favoriser des transformations créatives solidaires et en transition pour l'après

-Faire ecole ensemble
association - collégiale et à durée de vie limitée - qui facilite le soutien citoyen de la communauté éducative durant l'épidémie de COVID-19. Ses actions s'organisent par programmes et se destinent à être supportés par des coalitions d'organisations pérennes.

-Outils libres
Internet avait été conçu comme un réseau décentralisé, qui donne du pouvoir et de la liberté aux citoyens. Sortir nos informations des gros silos de données pour revenir à des petites structures ouvertes et inter-connectées, c'est possible avec un peu de savoir faire technique et de la bonne volonté. Dans le cadre du mouvement plus global des logiciels libres, et par sa rencontre et collaboration avec l'association Framasoft, Colibris a rejoint le Collectif d'Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) et met à disposition gratuitement des solutions libres et respectueuses de la vie privée.

-Transiscope
Aujourd'hui, de nombreux d'acteurs de la transition et des alternatives ont entamé un travail de recensement et de cartographie de leurs organisations, actions et écosystèmes.

Dans la majorité des cas, néanmoins, ces informations sont éparpillées sur les sites de chacune de ces organisations et les données ne peuvent pas communiquer entre elles en raison de choix techniques différents : aucune visualisation agrégée n'était jusqu'à présent possible.

Pour permettre de relier ces alternatives, une dizaine de collectifs travaillent depuis deux ans pour développer des outils libres permettant de connecter les différentes bases de données existantes et de les visualiser au même endroit : TRANSISCOPE

-Collectif Yeswiki
L'outil libre facilitant la coopération ouverte.
YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs.

A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité !

YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements.


[1] YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs. A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité. YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements. texte repris de la page d'accueil de YesWiki

[2] Cette liste est hébergée par Infinihébergeur associatif brestois et membre du collectif Chatons (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires)


Accéder à l'intégralité du contenu

Le 29 mars, le groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n'a sorti ses recommandations qu'après huit mois d'attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Un article repris du magazine ingénieurs sans frontières, un site sous licence CC by sa

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l'ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d'ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d'intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation.

L'objectif retenu par le groupe de travail est d'avoir, à terme "100% des apprenant⋅es dans le système d'enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours" alors qu'aujourd'hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l'ensemble des apprenant⋅es.

Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d'enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre :

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d'accréditation de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d'accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d'ingénieur⋅es d'enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d'enseignements traitant de la transition écologique.

La CTI représente un acteur central dans l'écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d'accréditation.

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu'il s'agisse de l'adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l'ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante.

Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l'ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l'entoure, défend ardemment l'interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L'intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n'est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l'établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l'enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n'est pas pour cela que les étudiant⋅es s'en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s'assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d'impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l'établissement.

Au travers du programme "Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne", Ingénieurs Sans Frontières s'engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d'ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d'outils et d'une diversité d'acteurs autour de ces questions

La société civile n'a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait.
Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l'éthique et le rôle de l'ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l'ingénieur⋅e, au travers d'outils spécifiquement conçus pour agir auprès d'un public d'étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d'ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l'objectif de sensibiliser au rôle joué dans la transition écologique.

Ce rapport, bien qu'intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l'administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l'absence d'action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s'emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d'ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d'action Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s'appuyant notamment sur ce programme d'ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.


Accéder à l'intégralité du contenu

Pour Ingénieurs sans frontières, les formations en ingénierie se doivent de transmettre les clés de compréhension d'une controverse sociotechnique et de l'ensemble des discours et des intérêts qui se construisent autour des innovations. Ceci afin de former des ingénieur·es capables de composer en interdisciplinarité et de façon démocratique. Mais il semble nécessaire de lever plusieurs freins dans la gouvernance.

Un articlerepris du site Ingénieurs sans frontières

Au niveau des établissements, la formation est négociée entre différent·es acteur·rices (cf l'infographie en page 2). L'État et les entreprises, qui financent bien plus abondamment les écoles que les inscriptions des étudiant·es, cherchent à produire des ingénieur·es adapté·es à un marché de l'emploi et à des pratiques industrielles à l'origine des problèmes socio-environnementaux. Leur pouvoir est tel qu'il est difficile d'exprimer la notion de "décroissance" dans les classes comme dans les instances de gouvernance des écoles. Cette dépolitisation ne s'arrête pas à leurs portes, elle est aussi visible au niveau national au sein des organismes d'accréditation des diplômes comme la commission des titres d'ingénieur où le premier syndicat des patron·nes de France occupe une place très confortable.

Et pourtant, face à cette forme d'ingénierie qui domine les formations françaises, quelques exceptions montrent que des alternatives sont possibles. L'ENGEES (école de l'eau et environnement à Strasbourg) forme à la co-construction territoriale dans la gestion de la ressource en eau, sous l'impulsion du laboratoire interdisciplinaire GESTE (sociologie, économie, ingénierie). Cependant sa formation technique est assez conventionnelle, invisibilisant les alternatives car modelée pour les besoins de Veolia. A l'inverse, l'ICAM de Lille vient de créer une spécialité Low Tech malheureusement technocentrée et inscrite dans le paradigme de l'économie circulaire industrielle, un capitalisme vert qui défend toujours les intérêts d'une minorité. Enfin, on peut citer un cas plus rare, celui d'APTERIA à Sciences Agro Bordeaux qui forme des ingénieur·es à exercer dans le monde associatif et/ou la fonction publique.

L'une des conditions clés est d'avoir des enseignant·es-chercheur·ses qui s'engagent dans la transformation de la formation, par leurs enseignements et par les instances de gouvernance qu'elles·ils investissent.

Parallèlement à ces transformations marginales, on voit fleurir des initiatives prometteuses qui repolitisent partiellement la question des formations : The Shift Project qui mène le projet Climat en partenariat avec le groupement des INSA ; le collectif interdisciplinaire de chercheur·euses FORTES qui vient de développer son Manuel de la Grande Transition avec le soutien du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; ou encore Pour un réveil écologique qui ouvre un groupe de travail avec le même ministère pour conduire une réflexion sur l'évolution de l'enseignement supérieur. Mais ces alliances peuvent-elles amorcer un changement suffisamment radical ? En tout cas, voici différents freins et leviers que les étudiant·es peuvent contourner et mobiliser dans leur stratégie pour transformer les formations.


Accéder à l'intégralité du contenu

Les T'éduc proposent un rendez-vous régulier à la communauté éducative et aux médiateurs culturels et scientifiques. Ils les invitent à une réflexion collective autour d'un thème avec l'appui et l'expertise d'intervenants et la participation de tous. Ils nourrissent les approches éducatives et la dynamique de projet et incitent à la réflexion autour des nouvelles formes de médiation.

Le monde éducatif doit aujourd'hui prendre part dans la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique. Si les programmes scolaires commencent tout juste à prendre en compte l'importance de ce défi, des pratiques très riches se développent à tous les niveaux de l'enseignement, à l'école comme dans les musées. La Cité des sciences et de l'industrie a notamment fait de cette question une priorité de sa programmation et des différents lieux ressources qu'elle propose. Et si les sciences sont en première ligne, toutes les disciplines sont concernées.

L'objet de ce T'éduc est de permettre à des acteurs engagés de faire part de leur expérience, de leur combat pour une plus grande intégration des questions climatiques dans l'ordinaire de la classe et pas seulement dans des projets occasionnels. Dépasser les simples « petits gestes éco-citoyens », aborder un sujet anxiogène fortement relayé dans les médias… Un vaste chantier que nous vous proposons d'explorer avec nous.

Avec la participation de (liste complète à venir) :
-Pierre Lena, Membre de l'Académie des sciences, Président d'honneur et co-fondateur de La main à la pâte ;
-Mathilde Tricoire, Responsable pédagogique de l'Office for Climate Education (OCE) ;
-Nicolas Demarthe, Animateur de La main à la pâte, ancien professeur des écoles et formateur.

Un webinaire animé par Marie-Catherine Mérat.


Programmation 2014-2015
Information et inscription : educ-formation@universcience.fr

Avec la collaboration des Cahiers pédagogiques

JPEG - 13 ko

Accéder à l'intégralité du contenu

A l'heure des grands bouleversements qui reconfigurent notre planète et les conditions de son habitabilité, c'est apprendre à s'adapter dont il est question aujourd'hui. Au-delà des contenus d'enseignement, cet apprentissage ne procède pas seulement de connaissances mais aussi de valeurs et de comportements. En tant que capacités d'action permettant de faire face à une diversité de situations, les compétences sociales constituent un vaste continuum difficilement intégrable dans l'organisation actuelle du système scolaire [1].

Plusieurs travaux convergent cependant sur l'intérêt de l'approche par compétences dans le cadre de l'éducation au développement durable (EDD). Le Réseau des universités pour la formation et l'éducation au développement durable a mis en ligne en 2016 un Guide compétences développement durable & responsabilité sociétale [2] proposant cinq métacompétences transversales.

Des compétences collectives pour apprendre à vivre ensemble autrement, trouver de nouvelles façons de faire société, savoir travailler à plusieurs. Parce que l'éducation au développement durable se réalise pleinement dans le cadre de configurations didactiques qui prennent vraiment sens lorsqu'elles s'inscrivent dans des travaux de groupe [3].

Des compétences systémiques, car on ne peut faire abstraction des aspects scientifiques, techniques, environnementaux d'une question, de ses conséquences sociales et des implications juridiques. Systémiques, car une action sur une partie a une influence sur le tout. Systémiques aussi, parce que les savoirs mis en jeu sont distribués entre experts et citoyens, entre professionnels et militants, entre scientifiques et habitants et que, entre savoirs académiques et savoirs dits « profanes, sauvages ou autochtones », ces « questions socialement vives » [4] suscitent des controverses.

Des compétences éthiques, en lien avec la responsabilité et le souci des autres que certains travaux de recherche en philosophie de l'éducation relient au care (solidarité, ouverture aux autres, justice, égalité et responsabilité). Ce sont également les compétences que l'on développe lors des débats et des discussions philosophiques qui supposent de travailler sur les normes en vigueur dans la société.

Des compétences prospectives, que l'on peut relier à la compétence heuristique de certains travaux, celle qui permet de trouver de nouvelles solutions aux problèmes qui se posent, de décaler son regard, de penser autrement. Si l'on considère que la compétence prospective fait appel au sens du futur, on peut la rapprocher de ce que d'autres chercheurs appellent la « compétence politique ».

Toutes ces compétences permettant d'envisager des changements, pour s'adapter à un monde en reconfiguration, dont on ne connait pas encore les caractéristiques et que chacun contribue à faire advenir.

On retrouve cette approche par compétences dans un récent appel à communication de la revue scientifique Environmental Education Research, qui sollicite des articles explorant les compétences stratégique, normative, systémique, de résolution de problème et d'anticipation. La compétence normative est entendue ici comme la capacité à identifier les valeurs qui sous-tendent le développement durable. La compétence stratégique consiste à réaliser des liens entre la connaissance et l'action. Enfin, la compétence de résolution de problème est reliée à la prospective, dans l'acception des travaux de Michel Fabre [5]. Il existe autant de travaux sur les compétences que de façons de les considérer et les articuler, ainsi la compétence critique est parfois associée aux compétences éthique ou prospective.

Une façon de prendre en compte ces compétences transversales, que l'on pourrait qualifier de haut niveau, dans les programmes d'études, est de les relier aux dix-sept Objectifs de développement durable (ODD) promus par l'Agenda 2030 de l'Unesco. Si leur diversité rend leur appréhension malaisée, les regrouper par thématiques permet de gagner un peu de lisibilité, même si les ODD changement climatique, biodiversité marine et forestière qui sont souvent associés ne peuvent être dissociés des questions sociales de lutte contre la pauvreté et d'accès à l'eau ou des sujets d'égalité de genre, d'éducation et de paix. L'Agenda 2030 est un des piliers des deux dernières circulaires relatives à l'EDD. Le projet Fecodd (Formation éducation compétences ODD) [6] travaille actuellement à transformer ces objectifs stratégiques et politiques en objectifs pédagogiques, de façon à pouvoir intégrer les ODD dans chacune des disciplines et thématiques traitées au cours de la scolarité. Des propositions sont en cours pour les maquettes des masters MEEF (métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation).

Anne-Françoise Gibert
Chargée d'études et de recherche, service Veille et analyse de l'Institut français de l'éducation (ENS de Lyon)


[1] Marie Gaussel, « À l'école des compétences sociales », Dossier de veille de l'IFÉ n° 122, 2018, https://urlr.me/NRwZQ.

[3] Jean Simonneaux, Configurations didactiques. Dictionnaire critique des enjeux et concepts des « éducations à », L'Harmattan, 2017.

[5] Voir Le sens du problème. Problématiser à l'école ?, De Boeck, 2016.

Sur la librairie


Lire, comprendre
La compréhension occupe-t-elle la place qu'elle devrait dans l'enseignement de la lecture ? Si le travail de compréhension s'est longtemps borné à la « vérification » par des questions, orales ou écrites, les dispositifs et les pratiques se sont diversifiés, et comprendre est devenu un objet d'enseignement.


Accéder à l'intégralité du contenu

Nous avons le plaisir de vous inviter à la visioconférence « Quelle stratégie d'établissement pour former à la transition écologique ? Partage de bonnes pratiques entre écoles d'ingénieurs » organisée par le Shift Project dans le cadre de son projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux énergie climat » mené en partenariat avec le groupe INSA. Ce webinaire se tiendra le mardi 12 janvier 2021, de 16h à 18h30.

Cette visioconférence vise à tendre le micro aux établissements qui souhaitent partager leur expérience, et formuler leurs questionnements. Elle est centrée sur le cas des écoles d'ingénieur, qui sont au cœur de notre réflexion actuellement, mais tous les établissements sont bien sûr invités à cet événement et pourront en retirer des enseignements.

COMMENT ASSISTER ?

Date : mardi 12 janvier, de 16h à 18h30.
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne

[Si le sujet « Enseignement Supérieur & Recherche » vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift !]

Retrouvez toutes les vidéos des webinaires du projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux énergie climat » sur notre chaîne Youtube dédiée.

Programme

15h45 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

16h – Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

16h10 Paysage de la transition des enseignements dans l'enseignement supérieur

  • Clémence Vorreux, Responsable Enseignement supérieur, The Shift Project

16h50 Présentation du projet ClimatSup INSA

  • Damien Amichaud, Chef de projet ClimatSup INSA
  • Anne-Laure Tournier, Chargée de projet ClimatSup INSA
  • Sam Allier, Chargé de projet ClimatSup INSA
  • Claude Maranges, Coordinateur du projet ClimatSup INSA

17h20 – Questions-réponses

17h30 Témoignages : quelle voie votre établissement (ou groupe) a-t-il choisi pour faire évoluer ses enseignements ?

17h50 – Table ronde : Echanges de bonnes pratiques entre établissements

18h20 Conclusion

L'article [Invitation] Webinaire « Quelle stratégie d'établissement pour former à la transition écologique ? » Partage de bonnes pratiques entre écoles d'ingénieurs [mardi 12/01 à 16h] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Table ronde organisée par le CRI-Savanturiers et le CRAP-Cahiers pédagogiques le samedi 21 novembre de 14h à 15h30

Comment faire école pour la génération Anthropocène qui nous somme de créer une société mondiale qui protège les droits des générations futures ?

Alors que nous sommes confrontés à des crises planétaires pressantes, l'institution scolaire a déployé progressivement de nombreux dispositifs pour traiter la question environnementale à l'école mais est demeurée prisonnière d'une vision fragmentée de l'ambition scolaire en matière des défis liés à l'Anthropocène. Aujourd'hui, un nombre croissant d'enseignants prend conscience de l'urgence de réinventer radicalement l'école ; inventer une école qui assume sa part de responsabilité politique dans la formation de la génération anthropocène.

Mais qui est cette génération anthropocène ? Quelles sont les approches institutionnelles déployées en France et à l'étranger ? Comment naissent les initiatives liant éducation et anthropocène sur le terrain ? Quelles perspectives pour la communauté éducative à court et moyen termes ?

Pour répondre à ces questions, Savanturiers a réuni autour de Ange Ansour : Yann Le Lann, sociologue, Jean-Michel Zakhartchouk, enseignant, et Françoise Ribola, Coordinatrice académique EDD de l'Académie de Versailles.


Programmation 2014-2015
Inscription


Programmation 2014-2015
Télécharger le flyer

PDF - 517.6 ko

Accéder à l'intégralité du contenu

Le thème du changement climatique est au premier abord vaste et effrayant. Comment tenter de le regarder en face sans devenir collapsologue ? La réponse constructive et enthousiaste de Mathilde Tricoire, responsable pédagogique de l'OCE (Office for Climate Education).

Petite, elle rêvait de devenir vétérinaire. Une décennie plus tard, la classe préparatoire l'en décourage. Elle songe à la recherche en éthologie, là, c'est la réalité du manque de débouchés du secteur qui la détourne. Elle s'oriente vers l'enseignement des Sciences de la vie et de la Terre avec en tête le plaisir exprimé par son père d'enseigner et le souvenir de son enseignante de terminale, passionnée et passionnante. Elle obtient le Capes et l'agrégation dans la foulée, prend son premier poste en collège dans l'académie d'Orléans-Tours, puis enchaîne avec des remplacements avant d'être nommée dans un lycée pilote rural à Romorantin.

La curiosité des élèves, « leur envie de se connecter avec les enseignants » la poussent à aller au-delà des cours magistraux en explorant la pédagogie active. Une collègue, Valérie Rambaud, lui ouvre les portes de la classe inversée. Elle tâtonne, implique les élèves dans des projets, s'épanouit. Elle a envie d'explorer et d'enrichir encore ses connaissances. Alors, elle candidate à une thèse mixant pédagogie et écologie qui finalement, par manque de subventions, ne se fera pas. Et puis, par hasard, en dialoguant avec une collègue, elle apprend que l'OCE ouvre un poste d'animation pédagogique. Une expérience en formation, la maîtrise de l'anglais et la connaissance du changement climatique sont requises. Elle ne coche pas toutes les cases mais se lance avec succès. « J'ai été surprise car je n'avais que 4 ans d'enseignement. Ils m'ont fait confiance. C'était une opportunité fantastique qui m'a ouvert des portes. »

Son détachement commence à la rentrée 2019. L'OCE est une fondation abritée par la Main à la Pâte, observant le même objectif, promouvoir la science à travers une pédagogie active, avec une cible plus précise, l'éducation au changement climatique en lien avec les rapports du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). La fondation est strictement non lucrative, financée à égalité par les secteurs public et privé.

Ressources et formations

Des ressources clé en main sont proposées aux enseignants du primaire et du secondaire en France et dans les pays en développement. Les rapports du GIEC font environ 800 pages. Ils sont construits à partir d'une compilation de données pour établir des modèles prospectifs en fonction des orientations. « Un de notre rôle est de didactiser ces rapports pour les enseignants en une vingtaine de pages et de leur suggérer des utilisations en classe. » Pour chaque thème, « Océan et cryosphère » l'an passé, « Terres émergées » cette année, un triptyque est proposé composé d'une synthèse du rapport du GIEC, d'un guide pédagogique et de ressources, dont des vidéos de trois à cinq minutes et des jeux. Les enseignants peuvent également bénéficier de formations courtes pour s'approprier la thématique et les ressources, élaborer des scénarios d'utilisation en classe.


Expériences aves des enfants à Besançon

Mathilde Tricoire découvre progressivement son rôle de responsable pédagogique, de la création de ressources à l'animation de formations. Elle a intégré une équipe de six personnes en compagnie de deux scientifiques, un formateur issu de la Main à la Pâte, une cheffe de projet et un chargé de communication. Les locaux sont dans l'enceinte de Jussieu (université Pierre-et-Marie-Curie), favorisant ainsi les contacts avec le milieu scientifique. Une société externe vient en appui pour le développement des ressources multimédias. « Nous réalisons un premier jet des ressources puis un comité scientifique et pédagogique international va les relire et les valider. Elles sont ensuite testées en classe en France et à l'international pour vérifier qu'elles sont utilisables. »

Elle a animé des formations pour la Malaisie, à la Réunion dans le cadre du plan académique de formation, et auprès d'enseignants métropolitains, avec l'Institut de recherche pour le développement notamment. Elle a participé à la rédaction de ressources avec l'Inspection générale pour prendre en compte l'introduction du changement climatique dans les programmes du lycée. « Ce qui est vraiment chouette, c'est toute ces opportunités que je ne m'imaginais pas avoir à ce stade de ma carrière et toute la confiance que l'on m'accorde. »

De vagues connaissances

Elle remarque que le climat est un sujet que tout le monde pense connaître. Or, lors des formations, elle constate que ces connaissances sont vagues. Les enseignants ne sont pas tous à l'aise en classe lorsqu'ils traitent du changement climatique, un thème qui peut vite frayer avec le politique, susceptible de recevoir de temps à autre de la part des élèves des remarques climatosceptiques. Être formés est alors important pour aborder le sujet en se basant sur une approche scientifique mais pas seulement. « C'est un sujet très émotionnel. On risque de générer de la peur ou du déni si on se contente d'exposer des faits scientifiques. Il faut arriver à connecter raison et côté émotionnel. »


Animation d'une formation à La Réunion

Le changement climatique n'est pas un phénomène équitable. Ses conséquences sont plus ou moins violentes selon l'endroit où l'on habite, son activité professionnelle, son niveau de vie. « Toutes les disciplines sont concernées car le thème touche aussi aux questions sociales, aux aspects politiques, à la notion de justice climatique. »

Dans l'approche de l'éducation au changement climatique développée par l'OCE, la capacité d'agir des élèves est centrale. Mathilde Tricoire donne pour exemple le Climathon prévu à Strasbourg. L'idée est de rassembler trois classes de collège pour réfléchir ensemble à une solution de réduction des îlots de chaleur urbains. Des enseignants, des élus locaux et des experts seront là pour apporter des éclairages. Les élèves aborderont toutes les dimensions du projet pour en établir la faisabilité, y compris les aspects budgétaires et les acteurs à impliquer. Ensuite, sur le reste de l'année, la solution sera expérimentée, suivie et évaluée. Hélas, le coronavirus a retardé le démarrage du projet.

« J'apprécie de me concentrer sur le sujet du changement climatique et de trouver des solutions pédagogiques pour inclure les élèves dans l'action, les faire agir pas seulement en disant d'arrêter de manger des tomates en hiver. » Dépasser le déni, le sentiment d'impuissance, voire de culpabilité individuelle, par une approche pluridisciplinaire et la mise en œuvre d'une action réaliste avec des résultats sur le collectif, l'objectif de l'éducation au changement climatique pourrait se résumer ainsi.

Monique Royer

Le site de l'OCE : https://www.oce.global/fr


À lire également sur notre site :
Enseigner le climat, un défi pour le futur, conférence de Mathilde Tricoire

Pour une culture générale du climat, par Valérie Masson-Delmotte

Le défi du climat doit être aussi un défi pour l'école !, par Marie Duru-Bellat

Sur la librairie

Cet article vous a plu ? Poursuivez votre lecture avec ce dossier sur le même thème...


Urgence écologique : un défi pour l'école
Ce dossier nous invite à aller plus loin que l'éducation à l'environnement ou au développement durable. Comment permettre à nos élèves de prendre conscience des enjeux de cette indispensable transition écologique : apport de connaissances, actions locales, formation à l'écocitoyenneté…

JPEG

Des petits gestes à l'écocitoyenneté
Alors que la course contre la montre est engagée contre les catastrophes annoncées, notre responsabilité est grande. Il s'agit de construire chez nos élèves des repères solides, pour permettre à chacun de se positionner et d'agir de manière rationnelle dans un monde où les fake news prolifèrent. Comment faire droit à la complexité des faits, sans naïveté ? Comment agir collectivement, sans se limiter aux « petits gestes » ? La question écologique nous oblige à lier culture scientifique et citoyenneté. Ce Petit cahier nous met le pied à l'étrier, en attendant le dossier du mois de mars 2020.


Accéder à l'intégralité du contenu

Alors qu'en France, des annonces sont faites d'un renforcement des préoccupations environnementales dans les programmes scolaires et d'un encouragement aux pratiques allant dans ce sens, qu'en est-il au niveau international ?

La préoccupation d'une éducation au changement climatique est apparue rapidement dans les programmes des Nations-unies. Elle figure dans la convention créant l'United Nations Framework Convention on Climate Change (UN-FCC) en 1992. Elle fait surgir en 2009 l'organisation United Nations Climate Change Learning Partnership (UN : CC Learn), qui commence à produire des ressources pour les professeurs, et induit le programme de Doha 2012–2020 lors de la Conference of Parties COP18, sous le nom Action for Climate Empowerment (ACE), piloté depuis le bureau UN-FCCC de Bonn.

De son côté, l'Unesco, directement en prise avec les ministères de l'éducation des pays membres, se mobilise lentement sur la question climatique. Un pas important est franchi avec l'Accord de Paris (COP 21 en 2015) qui, dans son article 12, fait obligation aux signataires de « développer l'éducation au changement climatique ». La même année, la publication des dix-sept objectifs du développement durable (ODD) et de l'Agenda 2030 des Nations-unies intègre, au risque de la diluer entièrement, la question climatique dans l'immense ensemble rassemblé sous le triple énoncé : « Éradiquer la pauvreté, protéger la planète, garantir la prospérité pour tous ».

La place croissante que tient le climat dans les enjeux politiques et les débats publics, mais surtout la mobilisation des jeunes avec les marches et grèves scolaires pour le climat, dont l'amplitude augmente après 2019 avec l'engagement de Greta Thunberg, met progressivement cette éducation à l'agenda des systèmes éducatifs.

Une grande diversité, mais un socle commun

Nous limitant ici aux âges scolaires, de nombreuses formes sont possibles : soit une introduction du changement climatique dans les programmes scolaires, soit sa place dans les multiples déclinaisons de l'éducation informelle. Autorités éducatives, lentes à s'ébranler souvent, et professeurs sont concernés dans le premier cas, ONG (organisations non gouvernementales) plus réactives mais moins structurelles le sont dans le second, avec des collaborations possibles entre ces deux partenaires. Cette introduction peut se faire de façon spécifique, directement en prise sur les concepts scientifiques et les enjeux collectifs d'adaptation ou d'atténuation au changement climatique, ou de façon moins ciblée au sein d'une éducation au développement durable.

Depuis deux décennies, un nombre considérable de travaux de réflexion universitaire sur cette éducation a été publié. Ils convergent pour l'essentiel sur quelques éléments : nécessité de communiquer aux élèves une vision systémique ; interdisciplinarité dans la mise en œuvre par les professeurs, impliquant les sciences dures mais également les sciences humaines et sociales ; dimension éthique de solidarité et de justice climatique ; équilibre à trouver entre des perspectives d'avenir inquiétantes et une mobilisation positive de la jeunesse pour la construction d'une transition écologique ; rôle majeur à donner à l'expression des jeunes ; indispensable accompagnement des professeurs par des ressources adaptées. Une grande inventivité pédagogique et un travail collectif, impliquant des partenaires scientifiques, s'imposent.

Notant l'émergence graduelle des principes de cette éducation, il est néanmoins bien difficile de donner en 2020 une vue d'ensemble de la multitude et de l'extrême diversité des actions concrètes entreprises dans le monde. Quel que soit le chemin suivi, le rôle et l'accompagnement des professeurs sont la clé, comme le vérifie la diversité des actions évoquées ici.

Entre l'ébauche et les évolutions fortes

Les transformations radicales de curriculum demeurent encore rares. De telles évolutions sont entreprises en Nouvelle-Zélande (âges 11 à 15) et en Californie (K-12, soit la totalité primaire-secondaire), annoncées en Italie (K-12) mais orientées plus largement autour du développement durable, et ébauchées en France.

Mais de nombreuses évolutions plus locales, souvent plus expérimentales au sein des écoles, existent aux États-Unis, en Allemagne, en Irlande, en Angleterre, ainsi que dans divers pays d'Amérique latine (Chili, Brésil, Colombie, Mexique, Pérou), d'Afrique ou d'Asie (Malaisie). Ces évolutions plus ou moins institutionnelles sont soutenues et relayées par des réseaux de coopération globale. Certains, telle l'Alliance for Climate Education aux États-Unis, sont puissamment soutenus par de grandes institutions publiques, telles la NASA ou la National Oceanic and Atmospheric Administration, ou par les scientifiques et les universités. Ces dernières sont nombreuses à s'être engagées dans une Global Alliance of Universities on Climate et peuvent intervenir dans la formation et l'accompagnement des professeurs, les douze campus de l'Université de Californie étant particulièrement remarquables.

D'autres réseaux de soutien sont souvent mis en place par des ONG, qui offrent un appui aux professeurs, des ressources pour la classe ou des modalités d'implication des élèves. Mentionnons le réseau des Eco-Schools (Foundation of Environmental Education) relié à l'Unesco, le réseau des écoles associées à l'Unesco qui sont assez généralistes (EDD), tandis que le réseau britannique EduCCate ou The Alliance for Climate Education aux États-Unis sont plus spécifiques et se rapprochent du réseau de l'Office for Climate Education basé en France.

Pour évoquer brièvement son action, l'OCE répond à de multiples demandes de formation et d'accompagnement en Asie, en Afrique et surtout en Amérique latine. Partout sont faits les mêmes constats : forte appétence mais grande ignorance de la science climatique chez les enseignants ; attente d'outils pédagogiques activités pour répondre à l'intérêt des jeunes ; difficultés parfois d'insertion dans des curricula souvent rigides.

C'est pour pallier ce dernier obstacle qu'à l'intention des lycées (high schools), l'ONG indienne Tropicsu propose une base de données de ressources sur le changement climatique, qui se veulent adaptables à la majorité des disciplines, de l'histoire à la physique.

En Europe, une récente enquête portée par la Fédération d'académies ALLEA (sciences & sciences humaines) a mis en évidence une faible présence des questions climatiques dans les cursus scolaires, de nombreuses actions parallèles au système éducatif et un besoin clairement exprimé d'évolutions plus radicales. Un programme spécifique au développement de stratégies pédagogiques nouvelles s'impose à l'Union européenne, dont un récent appel d'offre (septembre 2020) montre une première prise en compte de l'éducation autour du futur Green Deal (pacte vert).

Il paraît donc indiscutable que l'irruption croissante des questions climatiques dans le débat public, peut-être renforcée à l'avenir par la perception des interdépendances dues à l'épidémie de Covid-19, ainsi que les mobilisations de la jeunesse, interpellent de façon nouvelle les systèmes éducatifs. On peut en espérer une réaction efficace et des changements profonds, mais le risque existe d'une dilution des questions climatiques, comme d'ailleurs de celles liées à la biodiversité, toutes deux résultant directement d'analyses scientifiques rigoureuses. Noyées dans des objectifs de développement durable à la traduction pédagogique incertaine, ces questions pourraient manquer leur objectif éducatif : comprendre les faits, être capable de discerner leurs conséquences, apprécier les nécessités d'agir sans perdre espoir.

Pierre Léna
Physicien, membre de l'Académie des sciences


À lire également sur notre site :
Convention citoyenne pour le climat : aller plus loin sur l'éducation, entretien avec Mathieu Sanchez

Enseigner le climat, un défi pour le futur, conférence de Mathilde Tricoire aux Rencontres d'été 2020 du CRAP-Cahiers pédagogiques

Pour une culture générale du climat, par Valérie Masson-Delmotte

Éducation à l'environnement - Lettre ouverte du CRAP-Cahiers pédagogiques au ministre de l'Éducation nationale

Le défi du climat doit être aussi un défi pour l'école !, par Marie Duru-Bellat

Sur la librairie


Urgence écologique : un défi pour l'école
Ce dossier nous invite à aller plus loin que l'éducation à l'environnement ou au développement durable. Comment permettre à nos élèves de prendre conscience des enjeux de cette indispensable transition écologique : apport de connaissances, actions locales, formation à l'éco-citoyenneté…

Voir le sommaire et les articles en ligne


Accéder à l'intégralité du contenu


Rapports enseignement supérieur et transition

Le Shift est heureux de vous convier au webinaire de présentation de son nouveau rapport intermédiaire : « La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique », le jeudi 6 mai de 14h à 18h30. Ces travaux intermédiaires ont été réalisés dans le cadre du projet Stratégies de résilience des territoires, initié au mois de septembre 2020.

Les inscriptions sont ouvertes !

Cette présentation (14h/16h15) sera suivie d'ateliers collaboratifs (16h15/18h30) afin de pouvoir discuter de ces premières conclusions avec toutes les parties prenantes intéressées. Attention : afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers seront réservés à un nombre très limité de participants. Vous pouvez vous y inscrire, mais nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

Comment assister ?

Date : Jeudi 6 mai 2021, en format webinaire, de 14h à 18h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

14h00 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

14h10 Mot d'introduction

  • Matthieu Auzanneau, Directeur, The Shift Project

14h20 Présentation du rapport intermédiaire : Stratégies de résilience des territoires

  • Laurent Delcayrou, Chef de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Corentin Riet, Chargé de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Fiona Mille, Membre des Shifters et contributrice du projet « Stratégies de Résilience des territoires »

15h10 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

15h25 Table-ronde

16h00 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

16h15 Mot de conclusion

Pause de 5 minutes

16h20 – Ateliers collaboratifs

Les participants sélectionnés sont répartis par atelier dans des salles virtuelles, et confiés à un.e animateur.rice pour une durée de 1h30. Afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers sont réservés à un nombre très limité de professionnels du secteur de l'administration publique. Nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

  • Atelier 1 : Mettre en œuvre de premières actions pour la transition écologique et la résilience de son territoire

  • Atelier 2 : Renforcer les capacités des acteurs en faveur de la transition écologique et de la résilience du territoire
  • Atelier 3 : Imaginer ensemble une vision désirable, sobre et résiliente de son territoire
  • Atelier 4 : Faire évoluer son organisation pour mener la transition écologique et bâtir la résilience de son territoire
  • Atelier 5 : Inventer de nouvelles coopérations et solidarités territoriales, de l'immeuble au bassin versant

17h50 – Restitution des ateliers en plénière

18h25 – Conclusion

18h30 – Fin de l'événement

A propos du projet

Avec le projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project entend interpeller non seulement les élus, mais aussi l'ensemble des acteurs territoriaux, sur les implications structurelles de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours sur les territoires, et fournir des éléments pour l'action permettant de bâtir des stratégies locales de résilience.

Le projet permettra d'exposer les implications systémiques, de long terme et irréversibles, de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours et d'illustrer les risques qu'elles font peser selon les territoires et selon les populations. La résilience des territoires sera considérée comme un horizon mobilisateur pour appréhender la complexité et la dimension holistique de ces enjeux et ainsi faciliter le renouvellement des visions et des trajectoires de développement sur les territoires. Le foisonnement actuel d'actions, d'acteurs, d'outils mobilisés en réponse aux problématiques climat-énergie fera l'objet d'un état des lieux critique. Le projet étudiera l'intérêt en termes de résilience territoriale, d'initiatives locales innovantes se réclamant de la transition, très actives sur les territoires ainsi que certains travaux de prospective et de recherche particulièrement inspirants. Tout au long du projet, l'action et le rôle de la Région comme chef d'orchestre des initiatives de transition et d'adaptation au niveau local seront questionnés. Des recommandations spécifiques à destination des acteurs régionaux – mais aussi de l'Etat – seront formulées.

Nous développerons en trois cahiers les messages et principes clefs pour bâtir des stratégies de résilience des territoires à la hauteur de l'enjeu. Considérant la résilience comme un processus de long terme, nous proposerons des pistes d'action pour amorcer le changement sur son territoire.

L'article [Invitation] Présentation rapport intermédiaire « Stratégies de résilience des territoires » & Ateliers (Jeudi 6 mai à 14h) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Shift publie un nouveau point d'avancement du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), sous forme de fiches approfondies pour chaque secteur et chaque chantier transversal du programme.

Ces nouveaux documents mis en ligne aujourd'hui succèdent aux publications déjà partagées depuis le lancement du PTEF : le premier Rapport de la Vision globale_v0, publié en juillet 2020, et le Rapport de Synthèse de la Vision globale_v1 publié quant à lui en octobre 2020.

En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, via la consultation et la mobilisation du plus grand nombre d'acteurs possible.

Nous diffusons aujourd'hui une petite vingtaine de fiches qui donnent un aperçu de l'avancement de chaque équipe du PTEF à fin 2020, sachant que bon nombre d'entre elles préparent déjà les rapports sectoriels approfondis qui seront publiés courant 2021-2022. Chacune de ces fiches peut se lire séparément, mais il est probable que vous ayez envie de ne pas limiter votre lecture à un seul secteur, tant ils sont liés les uns aux autres.

L'ensemble du contenu de ces fiches – point de départ, leviers de décarbonation proposés, réalité du secteur ou de l'économie après transformation, données, calculs, etc. – a naturellement vocation à être un objet de débat continu, a fortiori dans la période pré-électorale décisive que nous connaissons.

Votre contribution est donc plus que souhaitable tant sur la recherche que sur la diffusion. Un bon point de départ pour cela est de répondre à notre grande consultation, la Big Review, ou encore de rejoindre l'association des Shifters.

Publication complète

Fiches sectorielles approfondies

L'article Nouvelles publications du Plan de transformation de l'économie française est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le 5 novembre dernier, FAImaison a organisé un arpentage du rapport du Shift Project « Déployer la sobriété numérique ». Ce texte se veut un compte-rendu de cet arpentage et des échanges auxquels il a donné lieu.

un article repris du magazine Faimaison, un publication sous licence par défaut CC by sa

Pour rappel, l'arpentage est une méthode d'éducation populaire permettant de lire collectivement un ouvrage : les participants et participantes se
répartissent la lecture de l'ouvrage et résument ensuite au groupe ce qu'elles
ont lu. Ici nous avions décidé que chacun et chacune, à l'issue de sa lecture,
rapporterait au groupe une chose qu'elle a apprise et une chose qui l'a
surprise.

Dans la continuité des deux précédents rapports de The Shift Project, parus en 2018 et 2019, Déployer la sobriété numérique se veut un guide de mise en oeuvre de la sobriété numérique, c'est-à-dire « une prise de conscience de l'impact environnemental du numérique » selon leurs mots.

Dans l'ensemble nous avons tous et toutes été surprises par le ton du rapport :
technique, voire technocratique, il nous a rebutées et nous a donné le
sentiment d'être destiné aux « décideurs » alors que nous aurions souhaité, sur
un sujet aussi important, un document utilisable par les citoyens et citoyennes.

Bien que ce texte pose des questions intéressantes, telles celles de
l'extraction des matières première ou de l'économie de l'attention, il laisse
un goût d'inabouti en bouche, ces sujets étant survolés au profit d'une analyse
majoritairement quantifiée de la consommation électrique d'éventuels systèmes
dits « intelligents ».

L'autre grand absent du rapport est le politique : rédigé à destination des
chefs d'entreprises ou d'institutions, il ne traite que des sujets sur lesquels
ceux-ci s'autorisent à agir et constitue par conséquent plus un outil de
lobbying ou de marketing que de transformation de la société. Il ne conçoit la mise en oeuvre de la sobriété numérique que d'un point de vue vertical et descendant, sans se poser la question de l'appréhension citoyenne de ces enjeux.

Le premier rapport semblait plus prometteur quant à l'état des lieux réalisés

En conséquence, si l'on peut partager les constats desquels part le Shift
Project, dont le rapport fournit d'intéressantes illustrations, il ne nous
semble pas possible de pouvoir utiliser ce dernier afin de construire une
alternative politique au développement actuel de l'informatique.

Références :

Nous avons échangé quelques références au cours de nos discussions.


Accéder à l'intégralité du contenu

Après 5 mois de travail, l'équipe du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle : Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations du Groupe INSA » (mené en partenariat avec le Groupe INSA) publie son rapport intermédiaire – la méthode, l'état des lieux, le référentiel de connaissances et de compétences –, et organise des ateliers collaboratifs afin de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes intéressées. Ce projet vise à proposer une méthode pour mieux intégrer les enjeux écologiques dans les formations de l'ingénieur, grâce au cas d'étude du Groupe INSA.

La publication de ce rapport intermédiaire fera l'objet d'une présentation en ligne et d'ateliers collaboratifs le mardi 9 février 2021. Retrouvez dès à présent la page de l'événement ; retrouvez prochainement le compte-rendu de cet événement ainsi que son replay.

Pour en savoir plus sur le projet.

Le rapport intermédiaire est disponible !

A PROPOS DU PROJET :

Mener la transition vers une économie et une société décarbonée, sobre et résiliente implique de mobiliser tous les secteurs de la société. Tous les étudiants doivent être formés aux enjeux énergie-climat. Quant à l'ingénieur du XXIème siècle, il est la cheville ouvrière de la transition écologique et énergétique. Il ou elle, décideur ou technicien, doit intégrer dans ses décisions la raréfaction des ressources disponibles, notamment énergétiques, l'effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, et autres enjeux physiques, ainsi que leurs conséquences sociétales. Cependant, ceux-ci demeurent peu formés à ces enjeux.

Le 9 novembre dernier, The Shift Project a présenté au grand public le lancement du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle » qui vise l'intégration des enjeux socio-écologiques au cœur de toutes les formations du Groupe, en partenariat avec celui-ci.

[Si le sujet « Enseignement Supérieur & Recherche » vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift ! Vous pouvez également retrouver toutes les vidéos des webinaires du projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux climat-énergie » sur notre chaîne Youtube dédiée. ]

L'article Publication du rapport intermédiaire « Former l'ingénieur du XXIe siècle » est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Manuel de la Grande Transition est un travail collectif dans sa rédaction et sa conception. Cette belle aventure a réuni 70 enseignants-chercheurs, des étudiants et des professionnels qui ont participés à la réflexion pendant des jours, des semaines et plusieurs mois afin de vous présenter un travail complet et des outils concrets sur la transition écologique et sociale.

Le Manuel de la Grande Transition est également un travail collectif dans sa publication. Vous avez été 143 à contribuer à notre financement participatif sur le site Hello Asso. Sans ces dons, le Manuel ne pourrait avoir fait son apparition sur les étals des librairies de France dès la mi- octobre. Grâce à vous, c'est 20 050 euros qui nous permettent d'amorcer le projet et de commander les premiers livres. Et nous vous adressons à tous et à toutes un grand merci !

La crise du COVID-19, la fermeture des librairies s'en suivant, nous avons eu peur que le public ne puisse se procurer facilement l'ouvrage. Il n'en a rien été puisque vous avez été nombreuses et nombreux à pré-commander, à commander en ligne et à acheter en boutique le Manuel. Et c'est également pour cela aussi que nous vous adressons un GRAND merci ! Pour continuer à lire et à nous soutenir, il est toujours possible de vous procurer l'ouvrage en librairies mais aussi en ligne.

C'est grâce à un même travail collectif que nous pourrons changer, nous former et nous transformer pour faire face aux enjeux du 21ème siècle !

Cécile Renouard, Rémi Beau, Christophe Goupil, Christian Koenig, l'équipe FORTES' et le Campus de la Transition.


Accéder à l'intégralité du contenu

L'association Expérience P2E présentera en ligne le 10 février 2021 de 17h30 à 19h les conclusions des quatre années de développement et d'expérimentation du Passeport Efficacité Energétique au côté des professionnels et des territoires.

Seront notamment abordés le rôle de l'outil et de la méthode Passeport pour l'ingénierie et la médiation énergétique, son utilité pour stimuler la demande en rénovation performante locale ou encore les blocages restant à lever pour permettre une massification de la rénovation performante des maisons individuelles, dans une approche globale en une fois ou par étape.

COMMENT ASSISTER ?

Date : Mercredi 10 février 2021, de 17h30 à 19h00.
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook .
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

Pour toute question, contactez contact@experience-p2e.org

Dans le cas où vous ne pourriez pas assister à ce webinaire, sachez qu'un replay sera disponible sur Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

L'article [Invitation] Présentation des conclusions de l'expérimentation P2E (10 février 2021 à 17h30) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le 10 Septembre dernier, l'équipe du Shift était invitée au Ground Control pour parler du chemin restant à parcourir pour décarboner notre société et la rendre plus résiliente.

Après un mot d'introduction de Jean-Marc Jancovici, président du Shift, l'équipe a eu l'occasion de présenter le PTEF, son Plan de transformation de l'économie française mis en chantier après la crise sanitaire et qui rassemble des mesures concrètes « permettant de réduire nos émissions de gaz à effet de serre mais aussi de faire face aux chocs à venir dans une vingtaine de secteurs. »

Au cours de cet événement, un focus a été réalisé sur trois secteurs spécifiques du PTEF :

Retrouvez toutes les interventions en replay

Partie 1/5 : Intervention de Jean-Marc Jancovici, autour de « La double contrainte carbone : comprendre la problématique climat-énergie »

Partie 2/5 : Le numérique dans la transformation – Maxime Efoui-Hess

Partie 3/5 : La culture dans la transformation – Samuel Valensi

Partie 4/5 : L'enseignement supérieur et la recherche dans la transformation – Clémence Vorreux

Partie 5/5 : Échange entre le public et l'équipe du Shift Project

L'article Comment tendre vers une société décarbonée et résiliente ? [Conférence Ground Control – Jeudi 10 Septembre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Shift a pu consolider une Vision globale_v1 du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), grâce aux nombreux retours engrangés depuis la publication de la Vision globale_v0 le 16 juillet. Nous vous proposons ici de découvrir les 20 synthèses des 20 fiches consolidées, chacune faisant entre 1 et 2 pages : ensemble, elles constituent le Rapport de Synthèse. Sur cette page et en introduction, vous en apprendrez davantage sur la stratégie d'élaboration et de diffusion du Plan. Bonne lecture !

Une Vision globale_v1 à parfaire, à débattre, et à compléter par des mesures

Le Plan de transformation de l'économie française (PTEF) doit permettre de dessiner les grandes lignes d'un chemin conduisant la France à se décarboner au bon rythme, et à se rendre résiliente face aux chocs.

Le Rapport de Synthèse rend compte de la première étape de notre travail, qui a pu être initiée grâce au succès de la campagne de financement participatif lancée en mai dernier, et à la mobilisation de dizaines de professionnels bénévoles. Il synthétise notre vision globale de la transformation de l'économie, et non encore « le Plan » : l'élaboration de celui-ci se poursuivra durant l'année qui vient.

Cette vision globale reste à parfaire (encore), à débattre (toujours), et à compléter (bien sûr !) par des propositions de mesures opérationnelles avant de devenir un plan (un vrai ?) à proprement parler.

Cette vision globale de la transformation sert ainsi de point de départ pour mobiliser les acteurs sectoriels et territoriaux concernés. Le but de cette mobilisation : recueillir leurs avis, faire avancer les réflexions sur la décarbonation et la résilience dans leurs domaines respectifs, et ce faisant élaborer, secteur par secteur, des mesures plus concrètes permettant de déclencher la transformation dans les bons ordres de grandeur.

Ces démarches et leurs résultats alimenteront de manière originale et, nous l'espérons, utile, le débat public précédant l'élection présidentielle française de 2022. Cette deuxième étape débute maintenant.

Que contient ce Rapport de Synthèse ?

Il contient les synthèses de 20 fiches. Elles exposent, pour chacun des 15 secteurs économiques traités, les axes de transformation envisagés et une description après transformation, ainsi que les prérequis en matière d'emploi afin que la transformation puisse s'opérer. A ces secteurs s'ajoutent 4 chantiers transversaux et un rappel des menaces auxquelles le PTEF vise à répondre.

Ensemble, ces fiches reflètent l'état d'avancement de notre travail de définition d'une vision cohérente, multisectorielle, d'une économie transformée – appelée Vision globale_v1 (celle-ci sera publiée plus tard en intégralité, sous la forme d'un Rapport Complet).

Comment avons-nous travaillé ?

Nous avons retenu une approche s'intéressant aux flux physiques plutôt qu'aux flux monétaires : nos indicateurs sont d'abord des Kilowatt-heure, des tonnes de CO2, des passagers.km, des tonnes de denrées alimentaires, des m2 de terres arables ou de bâtiments, des nombres de véhicules etc.

Il s'agit aussi d'une approche qui prend en compte les individus dans leurs interactions avec les flux physiques, à la fois en tant que consommateurs (de biens et de services : focus sur les modes de vie) et producteurs (de biens et de services : focus sur l'emploi) et citoyens (évidemment concernés, et également destinataires de nos travaux).

Il s'agit enfin d'une approche qui, sans être exhaustive, se veut systémique se focalisant sur les interactions entre secteurs : bilan des besoins en énergie, en matière, en emplois et en financement ainsi que proposition de réponses à ces besoins.

À quoi servent ces fiches de synthèses ?

Ces fiches de synthèse provisoires font état d'un certain nombre de questions clés que nous avons commencé à explorer.

Les fiches reflètent la maturité du débat dans les différents secteurs :

  • pour certains secteurs, comme ceux des services, l'heure est encore à la bonne compréhension du niveau actuel d'émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
  • pour d'autres secteurs, elle est à la bonne compréhension de l'efficacité des différents leviers qui peuvent être actionnés (fret, mobilité longue distance, industrie…) ;
  • pour les secteurs les plus matures, l'heure est à la définition des modalités de mise en œuvre des leviers apparus comme les plus efficaces (mobilité quotidienne, numérique, logement…).

Les fiches posent les « conditions aux limites » de transformation des différents secteurs en mettant l'accent sur flux physiques transitant entre ces secteurs, ainsi que sur les limites en termes de production d'énergie et de matière destinée à l'économie dans son ensemble.

La suite du chantier s'articulera sur l'année et demie à venir

Nous comptons alimenter le débat public français en général, et faire avancer sur chaque sujet en mobilisant les acteurs sectoriels d'une part et les acteurs territoriaux d'autre part.

  • Acteurs sectoriels : préciser certains chiffrages (bilan carbone, efficacité des leviers disponibles), explorer et débattre des conditions de mise en œuvre des actions possibles.
  • Acteurs territoriaux : expliciter le Plan de transformation en le confrontant aux contraintes et opportunités locales, afin de le consolider et de le rendre aussi concret et actionnable que possible.
  • Débat public : partager les enseignements et propositions du Plan de transformation, en particulier auprès dees acteurs politiques et de la société civile, dans le contexte du débat public précédant l'élection présidentielle française de 2022.

Le travail sera alimenté par une large consultation

En vue d'alimenter le travail sectoriel et de nourrir le débat public français, Les Shifters (l'association des bénévoles du Shift) mènent entre octobre 2020 et l'été 2021 une grande consultation sous le nom de code de « Big Review » :

Votre contribution est possible pour la suite du travail : elle pourra être sectorielle, transversale, porter sur la valorisation et vulgarisation du travail ou consister simplement à vous rendre disponible pour un entretien avec l'équipe du Shift Project dans votre domaine d'expertise. Pour les plus motivé.e.s d'entre vous, rendez-vous sur cet autre formulaire en ligne pour proposer votre contribution : vous serez sollicité.e le moment venu.


Contact : preparerlavenir@theshiftproject.org / 06 95 10 81 91

Pour recevoir des nouvelles des travaux du Shift, inscrivez-vous à notre Newsletter.

A propos

The Shift Project a mis en chantier un Plan de transformation de nos activités essentielles (se nourrir, se loger, se déplacer, se soigner, travailler, comprendre, échanger), afin de les rendre saines et robustes pour les temps de crise économique et écologique dans lesquelles nous sommes entrés depuis quelques temps.

La crise est une occasion unique de mettre la résilience et le climat au cœur de la relance, et c'est l'objectif que se fixe le Shift par ce projet audacieux de planification de la transition. Sa force et son succès reposeront sur le poids que nous parviendrons à donner à ces propositions afin qu'elles trouvent un public large et puisse atteindre les décideurs économiques et politiques.

Et quel meilleur vecteur qu'un plan de transformation cohérent, multisectoriel, centré sur l'emploi et les modes de vie, s'adressant aux citoyen·ne·s et aux professionnel·le·s de tous les secteurs, leur permettant d'entrevoir ce que pourrait être la transition pour eux et leur métier ?

L'article Le Shift publie la synthèse de a « Vision globale » de son Plan de transformation (PTEF) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

un articlerepris du site the shift project

L'actualité du numérique, marquée par les débats houleux sur le déploiement de la 5G et les déclarations du président Macron, est particulièrement riche.

C'est dans ce contexte que nous organisons jeudi 15 octobre prochain à 18h une vidéo-conférence de présentation du nouveau rapport du Shift : « Déployer la sobriété numérique ».

Pour assister, c'est simple :

  • Inscrivez-vous dès maintenant sur le formulaire en ligne
  • Rendez-vous jeudi 15 octobre de 18h à 20h30 sur ce lien Zoom et en direct sur notre page Facebook.
  • Le webinaire est limité à 1000 personnes, merci d'assister en priorité en live sur notre page Facebook.
  • N'hésitez pas à diffuser largement l'invitation dans vos réseaux !

The Shift Project travaille depuis 2017 sur l'impact environnemental du numérique. Le troisième volet de ce travail (voir rapport intermédiaire) vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats établis dans ces précédents travaux ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.


« Comment déployer la sobriété numérique ? »

Programme de la soirée

17h45 – Rendez-vous sur Zoom + live Facebook
18h00 Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe
  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA

18h30 Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, The Shift Project
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, The Shift Project
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project

19h30 Réactions :

  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, contributeur au rapport

19h45 Questions-réponses avec le public

  • Animé par Jean-Marc Jancovici

20h30 – Conclusion et fin du webinaire

COMMENT ASSISTER ?

Date : jeudi 15 octobre au soir, de 18h à 20h30
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

L'article INVITATION : Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique » [Webinaire – 15 octobre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Un article repris d'internet actu, une publication de la Fing sous licence CC by

Quelle éthique pour l'ingénieur ? est un manuel dense, riche, complet, en exemples comme en concepts, qui semble plus long que ses 260 pages tant il donne de clés pour s'interroger sur les limites et les failles de la question éthique. Ce livre, signé de la philosophe Fanny Verrax et de la spécialiste en sciences sociales Laure Flandrin, examine nombre d'aspects des enjeux de l'éthique à l'adresse des ingénieurs à l'heure où les controverses liées à la technologie, à son impact social, politique, économique et écologique notamment, sont plus nourries que jamais. L'ouvrage ne fait pas l'impasse sur les difficultés auxquelles sont confrontés ceux qui ont en charge le déploiement des technologies : il souligne au contraire très bien combien les ingénieurs se révèlent un peu déconnectés des réalités. Dociles, peu politisés, profondément technosolutionnistes, les ingénieurs doivent relever à la fois un défi éthique organisationnel, à l'intérieur des entreprises qui sont les leurs, démocratiques, leur demandant d'ouvrir leurs savoir-faire à la discussion avec la société, et écologique, car ils sont au premier plan dans la transition écologique qui s'annonce.

Les deux enseignantes et chercheuses soulignent que si l'éthique individuelle est difficile, l'éthique des organisations l'est plus encore, car elle nécessite des réponses adaptées et spécifiques, où, bien souvent, nombre de processus sont à construire. La politisation de l'ingénieur est au coeur des questions éthiques qui le traverse, et pour cela, il va peut-être devoir apprendre à désapprendre, apprendre à faire moins confiance à sa rationalité, défaire ses certitudes sur le monde… accepter que la technique ne soit ni neutre ni autonome, comme on nous la présente trop souvent, s'ouvrir à d'autres savoirs et faire entrer de la démocratie dans l'orientation des choix technologiques. Pour peser sur les choix techniques que les ingénieurs prennent pour nous, il va nous falloir introduire plus de démocratie dans un milieu qui n'en a pas beaucoup l'habitude. Discussion !

Internetactu.net : Dans le monde de la technologie, la question de l'éthique est désormais au coeur des enjeux. Toutes les grandes entreprises cherchent des modalités pour inscrire ces questions dans leurs priorités, en embauchant des éthiciens, en créant des comités d'éthiques, en se dotant de processus de fonctionnement et de normalisation… Pourtant, ces problèmes ne sont pas récents. Cela fait longtemps que les entreprises interrogent les modalités concrètes du déploiement de cadres éthiques. Mais, comme vous le soulignez dans votre ouvrage « les cadres institutionnels pour exercer la responsabilité demeurent inexistants » et ce alors que l'exigence de responsabilisation s'impose comme « une norme forte dans son statut, mais faible dans son contenu ». On a l'impression que les entreprises cherchent inlassablement des modalités éthiques, sans parvenir vraiment à trouver les moyens de les rendre concrètes. La question éthique dans la technologie est-elle une question insoluble ? Pourquoi échoue-t-elle avec autant de constance ?

Fanny Verrax : Dire que la question éthique est une question insoluble n'est pas la conclusion la plus enthousiasmante qu'on puisse formuler. Effectivement, par rapport au solutionnisme technologique que pratiquent souvent les ingénieurs, l'éthique peut paraître compliquée. Mais si on compare les propositions éthiques aux grandes réponses des autres domaines de la pensée, comme le formulent les sciences sociales, alors les propositions éthiques ne paraissent plus aussi insolubles. L'éthique propose de sortir de solutions très linéaires pour comprendre les enjeux afin d'y apporter des réponses qui ne soient pas monolithiques. Dans leurs cours d'informatique, de mécanique ou de mathématiques, les jeunes ingénieurs apprennent surtout à résoudre des problèmes. La question de l'éthique leur demande une autre approche. Ce n'est pas une démarche qui n'apporte pas de solutions… Mais ce n'est pas non plus une boîte à outils magique.

InternetActu.net : Les processus éthiques mis en place, finalement, bien souvent fonctionnent mal. C'est d'ailleurs peut-être le parent pauvre de votre ouvrage : si vous observez très bien tous les enjeux de la question éthique, vous donnez peu de solutions, de processus, de méthodes pour l'éthique… tant individuelle que collective ou organisationnelle… Cela signifie-t-il qu'il n'y a pas de solution éthique autre que contextuelle ?

Fanny Verrax : S'il n'y a pas de boîtes à outils magiques, cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de boîte à outils. Notre livre se veut à la fois un manuel et un essai. Manuel, parce qu'il y a des savoirs stabilisés sur ces enjeux notamment en terme philosophique, mais c'est peut-être moins le cas sur le sujet de l'éthique des ingénieurs et sur cette réflexion en France. Essai, parce que l'ouvrage se veut aussi manifeste, et défend une thèse : la responsabilité de l'ingénieur ne peut se penser ni de façon purement individuelle, ni seulement politique. Nous avons cherché avec Laure Flandrin à proposer une boîte à outils réflexive plutôt que systématique, permettant d'apporter des outils de contextualisation et d'analyse… Avec ce livre, face à des enjeux complexes, notre objectif était de produire une première étape de réflexion, de proposer un ouvrage généraliste qui s'adresse à tous types d'ingénieurs.

Il existe des boîtes à outils pertinentes effectivement souvent spécifiques. Pourtant, quant à une approche collective de l'éthique, quand on tente de construire une démarche institutionnelle et organisationnelle de ces principes, on passe nécessairement par une simplification des outils et concepts. C'est bien souvent le prix à payer pour la standardisation. Je viens d'être désignée comme experte en éthique auprès de la Commission européenne pour évaluer la conformité éthique des projets de recherche financés par la Commission européenne, une position qui permet d'engager un dialogue avec les équipes de recherche. Dans ce cadre, j'ai suivi une formation dédiée à Bruxelles où l'on nous présentait les directives à utiliser pour l'examen de ces projets. Ces directives peuvent sembler un peu simplistes parfois, car elles consistent à répondre à des listes de questions très simples, auxquelles il faut répondre par oui ou non, du type : « votre projet de recherche implique-t-il des animaux ? » Cela donne l'impression effectivement de vider l'éthique de sa subtilité, de sa complexité. Pourtant, elle n'est pas incompatible avec une démarche éthique individuelle plus complexe, au contraire. La responsabilité nécessite de lier ces deux démarches. C'est ce que nous tentons de souligner d'ailleurs dans notre livre, en montrant que la responsabilité individuelle n'est pas en opposition avec une responsabilité collective, mais offre au contraire une complémentarité pour une meilleure compréhension des enjeux éthiques.

InternetActu.net : Une chose m'a marqué dans votre livre. On a l'impression que l'éthique dans le monde des ingénieurs a tendance à être bien plus conséquentialiste qu'ailleurs (on mesure les conséquences des actions : on peut mentir si cela a un effet positif). Dans de nombreuses professions, comme chez les médecins ou les avocats, l'éthique est plutôt déontologique (des règles et devoirs fixent la morale). Pour tout à chacun, elle tient certainement plus à l'éthique des vertus (l'action morale est celle qui respecte des principes moraux comme l'honnêteté ou le courage). Ces différentes formes d'éthiques finalement ne seraient-elles pas à l'origine d'un conflit, d'une dissonance, d'une incompréhension grandissante entre la société et le monde de l'ingénieur ?

Fanny Verrax : Au quotidien, effectivement l'éthique qui nous orienterait le plus tiendrait de l'éthique des vertus chère à Aristote. En Europe, il y a une influence indéniable de l'Eglise sur l'éthique, qu'on appelle d'ailleurs alors la morale, jusqu'au XVIIIe. Avec l'arrivée des Lumières, Kant propose une approche radicalement nouvelle de l'éthique car fondée sur la raison qui donnera naissance à la déontologie. Un siècle plus tard, l'économiste et philosophe britannique John Stuart Mill formalise quant à lui un troisième cadre méta-éthique, le conséquentialisme, devenu le cadre majoritaire des décisions de nos sociétés, notamment dès qu'autrui est concerné.

Effectivement, là où je vous rejoins, c'est que quand vous souhaitez avoir une approche un peu quantifiable ou computationnelle, la démarche conséquentialiste est la plus pertinente… Donc il y a une affinité plus spontanée entre les ingénieurs et cette démarche : elle permet de calculer un rapport, de mettre en balance des effets positifs et des effets négatifs. Elle se combine aussi très bien à nombre d'approches quantifiables comme l'analyse de risque. Effectivement, d'autres pratiques professionnelles, comme dans les professions médicales, favorisent une approche plutôt déontologique, qui érige des valeurs en principes d'action.

Cette spécificité des ingénieurs tient au fait que leur profession, particulièrement en France, est peu structurée. Les codes déontologiques ont besoin d'associations professionnelles, de corporations fortes pour s'imposer. L'autre raison tient bien sûr à la logique combinatoire de l'éthique conséquentialiste : calculer l'impact, faire la somme entre les effets positifs et négatifs des conséquences d'une innovation, entre en convergence naturelle avec leurs pratiques professionnelles quotidiennes.

InternetActu.net : Une des solutions pour améliorer l'éthique des ingénieurs, consisterait donc à améliorer leur organisation et représentation professionnelle ? Vous soulignez également que leurs lacunes à comprendre les enjeux de l'éthique tient au fait que contrairement à bien d'autres professions, leur statut majoritairement salarié les place dans une situation particulière de tension entre les obligations de loyauté qu'ils ont à l'égard de leur entreprise et celles qu'ils devraient avoir pour l'intérêt général…

Fanny Verrax : Attention, il n'y a pas que les ingénieurs qui sont salariés, mais il est vrai, qu'à type de compétences équivalentes par rapport à d'autres professions, ils sont particulièrement salariés et peu exercent comme freelance, contrairement par exemple à des professions comme avocat ou architecte… Cela implique que la démarche éthique se pose différemment pour eux, tant d'un point de vue individuel que collectif. Dans les chaînes hiérarchiques dans lesquelles ils se situent, ils prennent rarement des décisions seuls et ne sont pas orientés par une déontologie de métier. Collectivement, dans le cadre des entreprises où ils travaillent, ils sont confrontés à 3 grands dilemmes : le choix de leur domaine d'activité, l'alerte éthique et la question du mensonge professionnel.

Pourtant, je ne suis pas convaincue qu'une organisation plus structurée des métiers de l'ingénieur serait une garantie suffisante contre les malversations. Il n'y a pas moins de mensonges professionnels aux Etats-Unis où les associations professionnelles d'ingénieurs sont plus structurées et puissantes qu'en France, alors que les associations y sont plus organisées, ont un code de déontologie et peuvent exclure des membres. Ces codes de déontologie, chartes et serments éthiques brouillent parfois la frontière entre l'éthique et le droit. Mais ne soyons pas trop critiques ! Ces initiatives n'épuisent certes pas le sujet et ne se substituent pas aux autres formes d'éthiques. Ces checklists et chartes formelles de principes ont souvent des vertus, comme d'éviter les points aveugles. Elles ne règlent pas tous les problèmes, mais permettent d'éviter le pire ! L'éthique ne se résume pas à une checklist préventive pour éviter les catastrophes… même si bien souvent, il n'y pas besoin d'une réflexion très subtile pour éviter les pires dommages.

InternetActu.net : On a l'impression que le point faible de l'éthique des ingénieurs demeure leur manque d'ouverture aux questions démocratiques : le solutionnisme technologique semble avoir du mal à faire une place à la participation citoyenne pour orienter les choix techniques…

Fanny Verrax : Je n'opposerai pas ces deux facettes. On peut être dans une approche démocratique solutionniste et dans une approche non démocratique qui ne soit pas solutionniste… Certes, les ingénieurs sont clairement solutionnistes. Ils sont les gardiens d'un savoir-faire technique. Or, on ne leur montre pas, notamment dans leur formation, qu'ils peuvent le partager. Au contraire, il y a souvent chez eux une fierté à comprendre « la boîte noire » et à en être les gardiens.

InternetActu.net : Justement, n'y a-t-il pas chez eux une forme de résistance à « ouvrir les boîtes noires » ? À développer et mettre en place des processus plus démocratiques quant à l'orientation des choix techniques qu'ils font pour le reste de la société ?

Fanny Verrax : Soyons indulgents ! Ce n'est pas le seul corps de métier qui a du mal à partager son savoir, à expliquer, à ouvrir un dialogue avec le reste de la société… Ça ne fait pas si longtemps que les médecins comprennent l'apport des associations de patients par exemple et c'est encore loin d'être le cas de tous ! Le fait d'avoir des compétences techniques élevées a tendance à engendrer des formes de corporatisme et de protection des savoir-faire vis-à-vis des savoirs profanes. Mais j'ai l'impression que cette question relève d'un aspect générationnel : les jeunes générations d'ingénieurs sont probablement plus disposées à expliquer et à faire comprendre au grand public le coeur de leur métier, comme l'Association des ingénieurs sans frontières qui met clairement la démocratie technique au coeur de son activité.

Il me semble que dans de plus en plus d'écoles (il y a plus de 200 écoles d'ingénieurs en France et je n'ai travaillé que dans 3 d'entre elles), il y a une demande des élèves pour que cela change, à l'image du manifeste des jeunes ingénieurs pour un réveil écologique. Certaines écoles y répondent par des nouveaux cursus… Mais construire de nouveaux cursus est long et lent : il faut trouver des enseignants, des méthodes… Les écoles, les entreprises et les institutions vont être de plus en plus appelées à répondre à ce défi, qui ne se résoudra pas par un module de deux heures d'enseignement sur le développement durable ! Le vernis démocratique ne suffira pas à répondre à ces enjeux ! Et ce d'autant que de plus en plus de jeunes ingénieurs valident leurs diplômes sans jamais travailler dans ce secteur ! Ils vont faire autre chose. Chercher un sens qu'ils ne trouvent pas dans le métier qu'ils ont choisi.

InternetActu.net : Un autre constat est frappant dans votre livre, c'est combien les ingénieurs se révèlent un peu déconnectés des réalités. Vous citez notamment les enquêtes de la société des ingénieurs et scientifiques de France qui montrent par exemple, pour un sondage de 2011, que 14 % des ingénieurs pensent que si les choses continuent sur leur lancée, nous allons bientôt vivre une catastrophe écologique majeure (contre 89 % des Français ou 83 % des cadres). 87 % des ingénieurs estiment que le génie de l'homme permettra que la Terre reste vivable (contre 51 % des Français et 57 % des cadres). Derrière ces chiffres, on sent qu'un monde de perception sépare les ingénieurs du reste de la population. Vous soulignez notamment que les ingénieurs sont peu politisés, dociles et profondément technosolutionnistes. Pouvez-vous nous expliquer en quoi ? N'est-ce pas là un signe de difficultés supplémentaires pour adresser les défis éthiques auxquels ils sont confrontés ?

Fanny Verrax : Attention à ne pas stigmatiser les ingénieurs ! Sur ce sujet comme sur d'autres, ça n'a d'ailleurs peut-être pas beaucoup de sens de parler « des ingénieurs » en général. Il convient tout d'abord de distinguer entre différentes générations, par exemple entre ceux qui ont été formés pendant les Trente Glorieuses, une époque où la majorité de la population partage cette foi dans le progrès technique et la croissance économique, et des ingénieurs qui ont grandi après le choc pétrolier de 1973, après Tchernobyl, ou aujourd'hui dans un contexte fortement marqué par les théories de l'Anthropocène. Il y a donc sans doute une tendance générale à plus de précautions et moins de foi béate dans le technosolutionnisme.

Cela étant dit, oui, les sondages cités montrent que les ingénieurs gardent une vision plus optimiste de l'avenir que la plupart des Français, et dans laquelle la technique a un grand rôle à jouer. Une interprétation possible de cette tendance pourrait reposer sur les phénomènes bien connus d'évitement de la dissonance cognitive. Une autre interprétation insisterait plutôt sur la formation des ingénieurs, dans laquelle la place accordée aux humanités et aux sciences sociales et environnementales reste encore assez faible. C'est tout l'enjeu d'une initiative comme Formic : Former l'ingénieur citoyen, portée par Ingénieurs sans Frontières, qui vise à penser une formation humaniste et éthique des ingénieurs.

InternetActu.net : Votre livre adresse 3 grands défis éthiques aux ingénieurs : un défi organisationnel qui pose la question d'une éthique qui s'adapte aux contraintes des entreprises et aux complexités technologiques qui sont les leurs et pas seulement une morale individuelle ou déontologique. Une responsabilité dans le développement technique même. Et une responsabilité environnementale. Face à chacun de ces défis, vous soulignez surtout les difficultés : ils ne semblent pas toujours impliqués dans la responsabilité sociale de l'entreprise, qui semble leur être imposée ; ils rechignent à reconnaître leur responsabilité dans le développement technique et peinent à être moteur d'une démocratie technique ; quant aux responsabilités environnementales nouvelles qui s'adressent à eux, là encore, ils ne semblent pas toujours moteurs de ces transformations… On est trop souvent, soulignez-vous, dans une approche de réduction des impacts (par exemple dans les techniques d'analyse de cycle de vie) que d'évitement ! Qu'est-ce qui ne va pas ? Ces enjeux à venir sont certes difficiles, mais ne résultent-ils pas d'un trop long aveuglement, d'une trop longue assurance de la supériorité de la technique sur la société ?

Fanny Verrax : Oui. Le droit français impose depuis 1976 aux industriels, notamment dans le Bâtiment et les travaux publics, la séquence ERC : « Eviter, Réduire, Compenser », c'est-à-dire que là où on ne peut éviter l'impact environnemental il convient au moins de le réduire, et là où on ne peut réduire, alors on compense. Si l'intention initiale est louable, cette séquence pose néanmoins plusieurs problèmes. L'un d'entre eux, comme nous le soulignons dans l'ouvrage, est que dans la réalité les stratégies de compensation sont largement favorisées, alors même que celles-ci naissent d'une confusion ontologique. Pour prendre un exemple simple, quoique fantaisiste, brûler un hectare de végétation dans une forêt primaire en Amazonie n'est pas compensé par le fait de planter un hectare de pins Douglas dans les Landes Françaises. Or l'approche technosolutionniste ne sait pas gérer cette absence d'équivalence.

InternetActu.net : Vous plaidez, en conclusion pour une meilleure formation à l'esprit critique, pour une meilleure prise en compte du sens politique de la technique en invitant les ingénieurs à s'appuyer davantage sur la société civile (explorer un « pluralisme de perspectives ») et à imaginer un droit de refus qui nécessite d'améliorer l'ouverture démocratique de la technique ! La clé de l'éthique de la technologie, c'est plus de démocratie ?

Fanny Verrax : C'est davantage de réflexivité, de capacités d'analyses économiques et politiques des phénomènes techniques, de modes de gouvernance horizontaux et transparents, dans la formation comme dans les pratiques des ingénieurs, oui, oui et oui ! A titre d'exemple, le philosophe et spécialiste de l'éthique américain Michael Davis recommande aux entreprises qui emploient des ingénieurs d'instaurer un temps de discussion régulier sous la forme de brown bag lunch éthiques. Au déjeuner, chaque salarié apporte ainsi son sandwich et une question éthique empruntée à l'actualité ou au secteur professionnel pour en discuter dans un espace qui n'est pas celui de la prise de décision. L'avantage principal de cette pratique est que quand un problème surgit sur le lieu de travail, les modalités de la discussion – certains philosophes parleraient d'ethos de la discussion – sont déjà en place.

Cependant, dans un contexte de faillite des démocraties occidentales, j'insisterais peut-être plutôt sur un renouvellement du contrat social dans sa forme rousseauiste, c'est-à-dire un modèle dans lequel on ne s'embarrasse pas d'un souverain ou d'un manager pour promouvoir l'intérêt général. Peut-être pas plus de démocratie donc au sens qu'on lui donne habituellement, mais plus d'engagement, c'est certain.

Propos recueillis par Hubert Guillaud

- Laure Flandrin est maîtresse de conférences en sciences sociales à l'École Centrale de Lyon et chercheuse associée au Centre Max Weber.

- Fanny Verrax (@fverrax) est philosophe. Elle travaille comme consultante et chercheuse indépendante dans le domaine des humanités environnementales et de l'éthique professionnelle.


Accéder à l'intégralité du contenu


Numérique responsable

Avez-vous déjà jeté un ordinateur car la carte mère était cassée ou jeté un téléphone car l'écran était brisé ? Si oui, vous vous êtes peut-être demandé si on ne pouvait pas réutiliser des composants plutôt que de tout jeter. La réponse est que c'est possible, mais difficile. Mickaël Bettinelli effectue sa thèse au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, il vient nous expliquer dans binaire pourquoi la réutilisation des composants électroniques est un processus compliqué, et comment l'intelligence artificielle peut faciliter ce processus. Pauline Bolignano

Un articlerepris du blog binaire, une publication sous licence CC by sa

Les produits jetés au quotidien sont des produits qui ne remplissent plus leur rôle, souvent parce qu'une pièce cassée mais aussi parce que nous décidons de renouveler notre matériel électronique au profit de nouveaux produits plus performants. Certains composants de ces produits sont pourtant toujours fonctionnels. Par exemple, la batterie d'un téléphone âgé peut être la seule cause de la panne mais nous jetons l'ensemble du téléphone.

Le recyclage répond partiellement au problème puisqu'il permet de récupérer les matériaux des produits que l'on jette. Malheureusement, tous les matériaux et tous les produits ne sont pas recyclés. Pire, en plus d'être un procédé coûteux, le recyclage ne permet pas toujours de récupérer tous les matériaux des produits que nous recyclons. Prenons l'exemple des batteries de véhicules électriques, on estime pouvoir n'en recycler qu'environ 65% à 93% [1] et cette récupération est complexe à mettre en œuvre. De plus, une batterie de véhicule électrique ne peut plus être utilisée dans l'automobile après 20% de perte de ses capacités. Nous nous retrouvons donc avec un grand nombre de batteries en bon état qui ne peuvent plus être utilisées dans leur application initiale et dont le recyclage est coûteux.

C'est pourquoi de nombreuses études proposent de réutiliser ces batteries pour stocker les énergies renouvelables irrégulières comme l'énergie éolienne ou solaire [2]. Leur réutilisation nous permet à la fois de remplir un besoin et de maximiser l'utilisation des batteries. De manière plus générale, ce procédé est appelé le remanufacturing. C'est une pratique récente et encore peu développée qui consiste à démonter des produits jetés pour remettre à neuf et réintégrer leurs composants fonctionnels dans de nouvelles applications. Il s'agit par exemple de téléphones neufs qui ont été produits à l'aide de composants récupérés sur d'autres modèles défectueux. Puisque les produits remanufacturés n'utilisent pas que des composants neufs, ils ont l'avantage de coûter moins cher à la fabrication et à la vente, mais surtout, ils permettent d'économiser de l'énergie et des matériaux.

Face à la grande quantité et la diversité de composants dont nous disposons, il n'est pas évident pour un humain de les réutiliser au mieux durant le processus de remanufacturing. Aujourd'hui, les entreprises qui pratiquent le remanufacturing utilisent souvent un nombre de composants limité. Les employés peuvent donc les mémoriser et les réutiliser au besoin. Mais avec le développement du remanufacturing, le nombre de composants pourrait vite exploser, rendant l'expertise humaine inefficace à gérer autant de stock.

Pour répondre à ce besoin, ma thèse se concentre sur la conception d'un système d'aide à la décision permettant d'élaborer de nouveaux produits à partir d'un inventaire de composants réutilisables. Un opérateur humain peut interagir avec le système pour lui demander de concevoir des produits possédant certaines caractéristiques physiques spécifiques. Une fois l'objectif entré dans le système, celui-ci cherche parmi les composants disponibles ceux qui sont utilisables pour répondre au besoin de l'utilisateur. Mais attention, les composants nécessaires à l'utilisateur ne sont pas forcément tous disponibles dans l'inventaire ! Il doit donc être capable de faire un compromis entre ce que veut l'utilisateur et ce qu'il peut réaliser.

Pour réaliser ce système d'aide à la décision, nous nous aidons des systèmes multi-agents, un sous domaine de l'intelligence artificielle. Un système multi-agent est composé d'une multitude de programmes autonomes, appelés agents, capables de réfléchir par eux même et de communiquer ensemble. Comme chez les humains, leur capacité de communication leur permet de s'entraider et de résoudre des problèmes complexes. Dans le cadre de notre système d'aide à la décision, chaque composant de l'inventaire est représenté comme un agent. Leur problème va être de former des groupes dont l'ensemble des membres doit représenter un produit le plus proche possible de la demande utilisateur. Par exemple, si un utilisateur demande au système de lui concevoir un tout nouveau téléphone portable avec 64Go de mémoire, les agents qui représentent des composants mémoire vont former un groupe ensemble jusqu'à être le plus proche possible des 64Go. Ils peuvent ensuite s'assembler avec un écran, une batterie, un boîtier, etc. Une fois tous les composants du téléphone présents dans le groupe, le système d'aide à la décision peut proposer à l'utilisateur ceux qui ressemblent le plus à sa demande. Si l'utilisateur est satisfait, il peut alors acheter les composants proposés. Ces derniers iront ensuite à l'assemblage pour construire le produit physique.

Avec le développement du remanufacturing, nous pouvons espérer que les produits soient conçus de manière à être réparés et leurs composants réutilisés. Dans ce cas, l'avantage de ce système d'aide à la décision sera sa capacité à gérer une grande quantité de composants issus d'une grande diversité de produits. On pourrait alors imaginer concevoir des produits en mêlant des composants issus d'objets très différents comme dans le cas de la réutilisation des batteries de véhicules électriques pour le stockage des énergies renouvelables, et ainsi réduire de plus en plus notre impact environnemental.

Mickaël Bettinelli, doctorant au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, Grenoble INP.


[2] DeRousseau, M., Gully, B., Taylor, C., Apelian, D., & Wang, Y. (2017). Repurposing used electric car batteries : a review of options. Jom, 69(9), 1575-1582.


Accéder à l'intégralité du contenu

The Shift Project publie ce mardi 30 mars 2021 une note d'analyse sur l'impact environnemental du numérique et le déploiement de la 5G. Cette nouvelle étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial, établis par le Shift en 2018, et de formuler des propositions pour le déploiement d'une « 5G raisonnée », par opposition à une 5G de masse.

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment relancer le débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

  1. Téléchargez la note d'analyse complète (47p.)
  2. Téléchargez la synthèse (8p.)

Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G

Contexte et constats

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles débats instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir et d'affiner notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont contribué, notamment grâce à la production de chiffres, à une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Depuis, les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements ont été lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire nous a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Le contexte du déploiement en cours de la 5G sur nos territoires constitue une véritable occasion de réfléchir ensemble à une trajectoire compatible avec les contraintes énergie-climat pour nos usages numériques et à l'adaptation de nos mécanismes de prises de décisions face à l'ampleur de nos choix technologiques et de leurs implications.
Les débats sur nos choix technologiques ne concernent pas une adhésion ou non à la technologie en tant que telle. Pour qu'ils soient bénéfiques, les débats doivent questionner ce qui motive les directions que nous donnons à notre système connecté, ce qui les justifient et les actions à mettre en place à l'échelle de la société. Revenir sur la cristallisation du débat concernant la5G va permettre de démontrer la nécessité de construire une discussion collective
plus large et plus efficace sur nos choix technologiques, autour d'une gouvernance concertée au service d'objectifs explicites.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

Objectifs clés de la note

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner et piloter un système numérique pertinent basé sur des choix technologiques réfléchis et raisonnés ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos modes de vie et nos choix technologiques pour aboutir à une gouvernance du numérique compatible avec la contrainte climatique et énergétique.

Pour rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Sur la base de ces constats, nous formulons ainsi trois propositions majeures afin de rendre notre système numérique résilient :

  • Bâtir une nouvelle gouvernance du numérique
    • Au niveau national, initier et harmoniser les objectifs de décarbonation et les outils d'évaluation et suivis quantitatifs.
    • Au niveau des territoires, donner aux élus les moyens d'organiser la concertation de la
      société civile pour déterminer les usages prioritaires et modalités de déploiement.
    • Au niveau européen, développer des organes de gouvernance cohérents et d'une ampleur adaptée aux infrastructures de l'Union, à ses usages et ses acteurs économiques.
  • Inventer les nouveaux modèles économiques
    • Sortir de la rentabilisation des services par les volumes de données massifs.
    • Rentabiliser les usages construits sur la modularité, l'après-première vie et l'allongement de la durée de vie des terminaux, matériels et équipements réseaux.
  • Développer les outils d'un pilotage du numérique
    • Fixer des objectifs quantifiés et normatifs pour le numérique, dont l'atteinte assure la comptabilité avec la trajectoire 2°C.
    • Développer des outils robustes d'évaluation de l'impact énergie et carbone.
    • Développer les outils de suivi permettant de mesurer les effets de la gouvernance numérique et de l'ajuster pour atteindre les objectifs.

L'article Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G – Publication de la nouvelle étude du Shift sur le numérique est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Shift est heureux de vous inviter au webinaire de présentation de sa nouvelle étude « Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? », le mardi 30 mars de 18h à 20h30. Cette étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial et de formuler des propositions pour une « 5G mesurée ».

Comment rendre le numérique compatible avec les Accords de Paris ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Comment assister

Date : Mardi 30 mars 2021, en format webinaire, de 18h à 20h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

17h50 – Accueil Zoom et ouverture du live Facebook

18h Mot d'introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

18h15 Présentation de l'étude sur la 5G

  • Hugues Ferreboeuf, Chef de projet Numérique, The Shift Project
  • Maxime Efoui-Hess, Coordinateur de projet Numérique, The Shift Project

19h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

19h15 Table-ronde/Réactions à la présentation*

20h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

20h20 Conclusion

20h30 – Fin de l'événement

* Intervenant.e.s à confirmer

A propos de l'étude

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Dans notre dernier rapport (octobre 2020), nous proposions des mesures très opérationnelles pour mettre en œuvre la sobriété numérique.

Nous publions cette fois une note d'analyse ayant pour objectifs de :

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner un choix technologique et assurer sa pertinence ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos choix technologiques.

Constats

Les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements sont lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Dans ce contexte, nous avons mis à jour nos scénarios prospectifs de 2018. Nos résultats confirment les tendances identifiées, à savoir une part du numérique dans les émissions mondiales non négligeable (3 à 4 %) et une dynamique préoccupante de la croissance de ses impacts (+ 6 %/an), incompatible avec la trajectoire 2°C.

Les progrès technologiques sur l'efficacité énergétique n'ont jamais suffi à compenser l'augmentation des usages. Le constat est donc indéniable : l'impact du numérique ne fera qu'augmenter si nous ne nous donnons pas les moyens de le piloter.

En l'absence de réinvention des comportements et des modèles d'affaires, le déploiement des nouvelles générations de réseaux (dont la 5G imminente) et le développement des usages associés (IoT, IA, edge computing, progression des usages vidéo très haute résolution sur mobiles) accentueront cette tendance.

Le déploiement de la 5G : une manifestation grandeur nature d'un numérique insoutenable

Avec une augmentation moyenne de 34 % par an sur la période 2013-2019, la consommation électrique associée à nos usages mobiles dans le monde représente en effet 1,5 fois celle de nos usages fixes. Ils sont ainsi au cœur des enjeux posés par les tendances insoutenables déjà identifiées en 2018 (confirmée dans cette mise à jour), or ce sont bien elles qui motivent aujourd'hui le déploiement de notre 5ème génération de réseaux mobiles.

Sur la 5G, un constat fait consensus : son déploiement en masse sur les territoires entraînera une augmentation de la consommation énergétique associée (production et utilisation des terminaux et infrastructures).

Pour une “5G mesurée”

Pour rendre la 5G soutenable, c'est à dire compatible avec les Accords de Paris, il sera impossible de la déployer en masse. Alors où déployer et pourquoi ? Comment déployer une “5G mesurée”, par opposition à une 5G de masse ?

Le débat sur le moratoire et son résultat ont déclenché le déploiement des premières briques d'infrastructures, mais n'ont pas répondu aux deux questions qui doivent structurer nos choix : le « pourquoi » et le « comment » déployer la 5G. Traiter ces questions, du cadre de pertinence et des modalités de déploiement, est indispensable à rendre la 5G soutenable.

Dès lors, à quels usages se limiter (e-santé, Industrie 4.0, etc.) et comment les choisir ? Ces questions ne pourront être adressées qu'à la condition d'une nouvelle méthode de concertation, et donc d'une nouvelle gouvernance.

Rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Ce qu'a démontré le débat sur la 5G en 2020, c'est que nos mécanismes de régulation numérique ne sont pas conçus pour gérer des questions de cette ampleur. Il est indispensable de construire une nouvelle gouvernance du numérique, française puis européenne, qui mobilise tous les acteurs indispensables au pilotage de nos réseaux.

Nous formulons ainsi 3 propositions majeures :

  • Construire une nouvelle gouvernance du numérique (Arcep, société civile, FR-EU-territoires)

– Initiée et orchestrée par les pouvoirs publics,
– Appuyée sur les régulateurs comme l'Arcep, pivots de la gouvernance des réseaux,
– Impliquant la représentation citoyenne et la société civile, premier échelon pour identifier nos usages prioritaires.

  • Inventer des modèles économiques compatibles avec la diminution des impacts (Opérateurs, Services, Fabricants)

– Construits par les opérateurs, fournisseurs de services et fournisseurs d'équipements, qui connaissent les réalités opérationnelles.

  • Développer les outils d'un pilotage soutenable

– Définir des objectifs quantitatifs ;
– Développer des outils d'évaluation des impacts ;
– Ajuster la gouvernance pour les atteindre.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

L'article [Invitation] Webinaire – Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? (Mardi 30 Mars) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Nous sommes confrontés à la désinformation sur les réseaux sociaux. Le sujet est tout sauf simple : qu'on modère trop et on porte atteinte à la liberté d'expression ; pas assez, et on laisse les fakenews se propager et mettre en cause les valeurs de notre société. Alors, qui doit dire le vrai du faux et selon quels principes ? Emmanuel Didier, Serena Villata, et Célia Zolynski nous expliquent comment concilier liberté et responsabilité des plateformes. Serge Abiteboul & Antoine Rousseau
Cet article est publié en collaboration avec theconversation.fr.

Un articlerepris du blog binaire

L'élection présidentielle aux États-Unis a encore une fois mis la question des fausses nouvelles au cœur du débat public. La puissance des plateformes et notamment celle des réseaux sociaux est devenue telle que chaque événement d'importance engendre depuis quelques temps des discussions sur ce problème. Pourtant, il semble que les analyses produites à chacune de ces occasions ne sont pas capitalisées, comme s'il n'y avait eu ni réflexions, ni avancées au préalable. Nous voudrions montrer ici la pérennité de certaines conclusions auxquelles nous étions parvenues concernant la modération de la désinformation pendant le premier confinement.

En effet, durant la crise sanitaire engendrée par l'épidémie de SARS-CoV-2, l'isolement des individus en raison du confinement, l'anxiété suscitée par la gravité de la situation ou encore les incertitudes et les controverses liées au manque de connaissance sur ce nouveau virus ont exacerbé à la fois le besoin d'informations fiables et la circulation de contenus relevant de la désinformation (émis avec une claire intention de nuire) ou de la mésinformation (propagation de données à la validité douteuse, souvent à l'insu du propagateur). Les plateformes ont alors très vite accepté le principe qu'il leur fallait modérer un certain nombre de contenus, mais elles ont été confrontées à deux difficultés liées qui étaient déjà connues. Premièrement, ce travail est complexe car toute information, selon le cadre dans lequel elle est présentée, la manière dont elle est formulée ou le point de vue de son destinataire, est susceptible de relever finalement de la mésinformation ou de la désinformation. Deuxièmement, le fait de sélectionner, de promouvoir ou de réduire la visibilité de certaines informations échangées sur les plateformes numériques entre en tension avec le respect des libertés d'information et d'expression qu'elles promeuvent par ailleurs.

Quelles sont donc les contraintes qui s'imposent aux plateformes ? Quelles sont les mesures qu'elles ont effectivement prises dans ces conditions ? Le présent texte s'appuie sur le bulletin de veille rédigé dans le cadre d'un groupe de travail du Comité national pilote d'éthique du numérique (CNPEN) [1] qui nous a permis de mener une dizaine d'auditions (par visioconférence) avec, entre autres, les représentants de Facebook, Twitter et Qwant ainsi que le directeur des Décodeurs du Monde. Il est apparu que les difficultés posées par la modération des fausses nouvelles pouvaient être regroupées en trois catégories. D'une part, celles qui sont associées aux algorithmes, d'autre part celles qui relèvent du phénomène de la viralité et, enfin, celles posées par l'identification et les relations avec des autorités légitimes.

Les algorithmes en question

Bien sûr, les mécanismes de lutte contre la désinformation et la mésinformation développés par les plateformes reposent en partie sur des outils automatisés, compte tenu du volume considérable d'informations à analyser. Ils sont néanmoins supervisés par des modérateurs humains et chaque crise interroge le degré de cette supervision. Durant le confinement, celle-ci a été largement réduite car les conditions de télétravail, souvent non anticipées, pouvaient amener à utiliser des réseaux non sécurisés pour transférer de tels contenus, potentiellement délictueux, ou à devoir les modérer dans un contexte privé difficilement maîtrisable. Or les risques d'atteintes disproportionnées à la liberté d'expression se sont avérés plus importants en l'absence de médiation et de validation humaines, seules à même d'identifier voire de corriger les erreurs de classification ou les biais algorithmiques. En outre, l'absence de vérificateurs humains a compliqué la possibilité de recours normalement offerte à l'auteur d'un contenu ayant été retiré par la plateforme. Ces difficultés montrent clairement l'importance pour la société civile que les plateformes fassent plus de transparence sur les critères algorithmiques de classification de la désinformation ainsi que sur les critères qu'elles retiennent pour définir leur politique de modération, qu'ils soient d'ordre économique ou relèvent d'obligations légales. Ces politiques de modération doivent être mieux explicitées et factuellement renseignées dans les rapports d'activité périodique qu'elles sont tenues de publier depuis la loi Infox de décembre 2018 (v. le bilan d'activité pour 2019 publié par le CSA le 30 juillet 2020 [2] et sa recommandation du 15 mai 2019 [3]). Plus généralement, il apparait qu'une réflexion d'ampleur sur la constitution de bases de données communes pour améliorer les outils numériques de lutte contre la désinformation et la mésinformation devrait être menée et devrait aboutir à un partage des métadonnées associées aux données qu'elles collectent à cette fin (voir dans le même sens le bilan d'activité du CSA préc.)

La responsabilité de la viralité

L'ampleur prise à ce jour par les phénomènes de désinformation et de mésinformation tient à l'accroissement de mécanismes de viralité qui se déploient à partir des outils offerts par les plateformes. La viralité est d'abord l'effet du modèle économique de certains de ces opérateurs, qui sont rémunérés par les publicitaires en fonction des interactions avec les utilisateurs qu'ils obtiennent et ont donc intérêt à générer des clics ou toute autre réaction aux contenus. Elle relève ensuite du rôle joué par leurs utilisateurs eux-mêmes dans la propagation virale de la désinformation et de la mésinformation (que ces derniers y contribuent délibérément ou par simple négligence ou ignorance). La lutte contre la désinformation doit donc nécessairement être l'affaire de tous les utilisateurs, responsables de devenir plus scrupuleux avant de décider de partager des informations et ainsi de contribuer à leur propagation virale. Cette remarque va d'ailleurs dans le même sens que le programme #MarquonsUnePause désormais promu par l'ONU [4]. Mais ceci n'est possible que si les plateformes mettent à disposition de leurs utilisateurs un certain nombre d'informations et d'outils afin de les mettre en mesure de prendre conscience, voire de maîtriser, le rôle qu'ils jouent dans la chaîne de viralité de l'information (voir également sur ce point les recommandations du CSA formulées dans le bilan d'activité préc.). En ce sens, les plateformes ont commencé à indiquer explicitement qu'une information reçue a été massivement partagée et invite leurs utilisateurs à être vigilants avant de repartager des contenus ayant fait l'objet de signalement. Mais il serait possible d'aller plus loin. Plus fondamentalement, il est important que les pouvoirs publics prennent des mesures permettant de renforcer l'esprit critique des utilisateurs, ce qui suppose tout particulièrement que ceux-ci puissent être sensibilisés aux sciences et technologies du numérique afin de mieux maîtriser le fonctionnement de ces plateformes et les effets induits par ces mécanismes de viralité. La création d'un cours de « Science numérique et technologie » obligatoire pour toutes les classes de seconde va dans ce sens [5].

La légitimité

Enfin, troisièmement, si la modération des contenus et le contrôle de la viralité jouent un rôle prépondérant dans le contrôle pragmatique de la désinformation et de la mésinformation, ces opérations ne peuvent, in fine, être accomplies sans référence à des autorités indépendantes établissant, ne serait-ce que temporairement, la validité des arguments échangés dans l'espace public. Sous ce rapport, une grande difficulté provient du fait que les plateformes elles-mêmes sont parfois devenues de telles autorités, en vertu de l'adage bien plus puissant qu'on pourrait le croire selon lequel « si beaucoup de monde le dit, c'est que cela doit être vrai ». Pourtant, les plateformes n'ont bien sûr aucune qualité ni compétence pour déterminer, par exemple, l'efficacité d'un vaccin ou le bienfondé d'une mesure de santé publique. Elles sont donc contraintes de se fier à d'autres autorités comme l'État, la justice, la science ou la presse. Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses plateformes se sont ainsi rapprochées, en France, de différents services gouvernementaux (en particulier du Secrétariat d'État au numérique ou du Service d'information du gouvernement). Pourtant, dans le même temps, elles se sont éloignées d'autres gouvernements, comme en atteste leur modération des contenus publiés par Jamir Bolsonaro ou Donald Trump. En l'occurrence, on peut légitimement se réjouir de ces choix. Ils n'en restent pas moins arbitraires dans la mesure où ils ne reposent pas sur des principes explicites régulant les relations entre les plateformes et les gouvernements. À cet égard, une réflexion d'ensemble sur la responsabilité des plateformes ainsi que sur le contrôle à exercer s'agissant de leur politique de modération de contenus semble devoir être menée. À notre sens, ce contrôle ne peut être dévolu à l'État seul et devrait relever d'une autorité indépendante, incluant les représentants de diverses associations, scientifiques et acteurs de la société civile dans l'établissement des procédures de sélection d'informations à promouvoir, tout particulièrement en période de crise sanitaire.

par

Emmanuel Didier, Centre Maurice Halbwachs, CNRS, ENS et EHESS

Serena Villata, Université Côte d'Azur, CNRS, Inria, I3S

& Célia Zolynski Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IRJS DReDIS


[1] Comité national pilote d'éthique du numérique, Enjeux d'éthique dans la lutte contre la désinformation et la mésinformation. Bulletin de veille n°2, Juillet 2020. https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/cnpen-desinformation-v2020-10-01.pdf


Accéder à l'intégralité du contenu

The Shift Project a présenté le 15 octobre dernier le troisième volet de ses travaux sur l'impact environnemental du numérique. Le rapport « Déployer la sobriété numérique » et sa synthèse sont disponibles sous ce lien.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.

Ce troisième rapport vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Ce nouveau rapport a été présenté au grand public lors d'un webinaire, le 15 octobre au soir, en présence de nombreux acteurs de l'écosystème du numérique. Retrouvez ci-dessous le replay de l'événement, ainsi que les supports de présentation sous ce lien.

Programme de la visio-conférence

Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project (TSP)
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe

Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, TSP
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, TSP
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, TSP / EHESP
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, TSP / AXA

Réactions

  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA
  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, membre du groupe de travail

Questions-réponses avec le public – Animé par Jean-Marc Jancovici

L'article Conférence de présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique » [Compte-rendu – 15 octobre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

un articlerepris du site the shift project

L'actualité du numérique, marquée par les débats houleux sur le déploiement de la 5G et les déclarations du président Macron, est particulièrement riche.

C'est dans ce contexte que nous organisons jeudi 15 octobre prochain à 18h une vidéo-conférence de présentation du nouveau rapport du Shift : « Déployer la sobriété numérique ».

Pour assister, c'est simple :

  • Inscrivez-vous dès maintenant sur le formulaire en ligne
  • Rendez-vous jeudi 15 octobre de 18h à 20h30 sur ce lien Zoom et en direct sur notre page Facebook.
  • Le webinaire est limité à 1000 personnes, merci d'assister en priorité en live sur notre page Facebook.
  • N'hésitez pas à diffuser largement l'invitation dans vos réseaux !

The Shift Project travaille depuis 2017 sur l'impact environnemental du numérique. Le troisième volet de ce travail (voir rapport intermédiaire) vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats établis dans ces précédents travaux ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.


« Comment déployer la sobriété numérique ? »

Programme de la soirée

17h45 – Rendez-vous sur Zoom + live Facebook
18h00 Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe
  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA

18h30 Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, The Shift Project
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, The Shift Project
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, The Shift Project

19h30 Réactions :

  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, contributeur au rapport

19h45 Questions-réponses avec le public

  • Animé par Jean-Marc Jancovici

20h30 – Conclusion et fin du webinaire

COMMENT ASSISTER ?

Date : jeudi 15 octobre au soir, de 18h à 20h30
Connexion : rdv sur ce lien Zoom, ou en direct sur notre page Facebook
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.

L'article INVITATION : Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique » [Webinaire – 15 octobre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Une conférence dans le cadre des Chemins de la coopération, de juillet 2020 à Juillet 2021 sur la session "Repenser le numérique en faveur des transitions », un article du Forum des Usages Coopératifs.

Le designer et chercheur en transitions Gauthier Roussilhe intervient sur les impacts environnementaux du numérique, les politiques de transition et sur les méthodes de conception à faible impact (low-tech numérique). Il a donné une conférence à Brest, à l'auditorium des Capucins, le mercredi 23 septembre 2020.

Le numérique est aussi un émetteur de gaz à effet de serre !

Repenser le numérique en faveur des transitions :

Les accords de Paris posent un objectif de réduction carbone qui nous amène à 2 tonnes d'émissions de gaz à effet de serre par an, par habitant en 2050, contre 11 tonnes aujourd'hui. À l'heure où l'infrastructure et les services numériques voient leurs émissions de gaz à effet de serre augmenter de 8% par an, comment ceux-ci peuvent-ils se transformer pour être soutenable ? À l'orée des objectifs de transition, l'intervention fera dans un premier temps l'inventaire des impacts environnementaux du numérique estimés à ce jour. Dans un second temps, des nouvelles pistes de développement et des outils seront proposés pour réorienter le numérique dans une dimension soutenable dans les années à venir.

Cette conférence s'inscrit dans le cycle de conférences « Climat Déclic » et « Cultures Numériques » co-organisée par la Direction Ecologie Urbaine de Brest métropole, l'association Ener'gence et le service Médiations et usages numériques de la ville de Brest.

- Le diaporama de Gauthier Roussilhe (61 diapos, un document sous licence cc by sa}

  • 1 Apaiser
  • 2 Décrire le cadre
  • 3 Ce dont on parle
  • 4 La recherche en train de se faire
  • 5 Des projets en train de se faire
  • 6 guide l'action publique

Accéder à l'intégralité du contenu
Tandis que sur un réseau social, l'entretien d'un « profil » vise à faire valoir une certaine image de soi, la veille collaborative consiste à dynamiser la production de connaissances. Image by Gerd Altmann from Pixabay , CC BY

Comment reprendre la main sur son information à l'heure où nous sommes assaillis de notifications sur nos smartphones et où notre navigation sur les réseaux sociaux est orientée par des algorithmes ? Un récent documentaire diffusé par Netflix, The Social Dilemma, pointe d'ailleurs les dangers liés aux modèles économiques des GAFA, entre dépendances numériques, atteintes à la vie privée et bulles de filtres qui nous enferment dans notre propre vision du monde.

Dans le cadre d'un cours de master destiné à de futurs professionnels du numérique – webdesigners, chargés de projet, social media managers ou réalisateurs multimédia – nous avons mené une expérience autour d'un partage de ressources entre étudiants. Tout commence par une situation problème, sous la forme d'une injonction en apparence banale : « face aux technologies émergentes, inventez votre métier ».

Pour résoudre ce problème, les étudiants vont devoir recueillir et croiser des informations existantes au moyen d'une recherche documentaire, mais aussi mettre en œuvre une stratégie de veille pour suivre les évolutions d'un sujet par nature mouvant. Et, puisqu'il s'agit d'inventer son métier, encore faut-il nourrir son inspiration en adoptant une veille créative.

Bande-annonce du documentaire The Social Dilemna, diffusé par Netflix.

Dans ce cours, il s'agit d'entraîner l'esprit critique et renforcer les compétences en veille. En croisant différents outils et méthodes, cette expérience esquisse quelques pistes pratiques pour l'éducation aux médias en général, que nous avons retracées dans un article de recherche.

Face à l'objectif qui leur a été fixé, nos étudiants ont expérimenté différents outils et méthodes de veille, parmi lesquels des services dont ils étaient coutumiers pour leur divertissement, mais qu'ils ne mobilisaient pas jusque-là pour maintenir une veille organisée – Twitter ou Facebook, par exemple. Le seul outil numérique partagé tout au long du processus était needle, un dispositif de navigation contributif que nous développons depuis 2017, aujourd'hui à l'état de prototype expérimenté par quelques centaines de bêta-testeurs :

Présentation du concept de needle et démonstration du fonctionnement du prototype confié aux étudiants

Avec needle, chaque référence que l'utilisateur ajoute le long de son fil lui permet de découvrir les fils des utilisateurs qu'il y croise et d'entrer en relation avec eux. Tandis que les outils de veille reposent sur la constitution préalable de requêtes et l'identification de sources pertinentes, needle met l'accent sur la découverte fortuite : la sérendipité.

needle est en soi une technologie émergente, conçue au Centre de recherche sur les médiations pour permettre aux internautes de partager des contenus qui les inspirent. Les lecteurs de The Conversation contribuent d'ailleurs activement aux tests de notre prototype suite à leur invitation début 2019.

Réévaluer des outils familiers

Avec needle chacun de nos étudiants a consigné les références identifiées au cours de ses recherches et de sa veille par des moyens classiques. Ces sources étaient destinées à alimenter les écrits qu'ils devaient produire dans la cadre de l'évaluation : une réflexion sur son projet professionnel et un exposé de son dispositif de veille.

Dans le cadre du travail collectif, needle était également utilisé pour mutualiser le fruit des recherches au sein de chaque groupe de quatre étudiants. Cette possibilité de veille collaborative a profité aux étudiants d'un second master, se destinant aux métiers de la veille et – eux aussi – de l'animation de communauté sur les réseaux sociaux. C'est ainsi que l'outil à permis à chacun de croiser les « fils » d'autres utilisateurs au sein de la promotion, mais aussi en dehors, chaque fois que leur propre « fil » comportait une référence en commun avec celui de quelqu'un d'autre. Ce dispositif d'enseignement hybride nous a permis de relier les temps de travail collectif en classe avec le travail individuel entre les séances.

Puisque nous nous adressions à de futurs professionnels du numérique, l'utilisation de needle en tant que technologie émergente visait à confronter les étudiants à l'adoption d'une posture d'analyse et de conseil au regard du champ d'expertise que chacun revendiquait (community management, design d'interface, gestion de projet, etc.). Cette approche a fait l'objet d'un troisième écrit de leur part. Mais cette prise de recul critique est allée bien au-delà du sujet particulier qui occupait notre cours.

Comment Facebook capte votre attention. Un épisode de la série Dopamine (Arte).

Chaque étudiant a dû définir une méthodologie de veille personnelle qui tienne compte à la fois de ses habitudes et de ses intérêts pour tel ou tel média social, mais aussi de ses besoins informationnels. En se gardant de préconiser telle ou telle solution commerciale, il s'agissait pour nous de développer l'esprit critique et la culture numérique des apprenants.

Le recours à un outil expérimental tel que needle a permis aux étudiants de prendre conscience des choix de conceptions des outils communément accessibles, destinés à répondre à des objectifs économiques parfois en contradiction avec l'intérêt général. Par exemple, tisser un « fil » ce n'est pas comme entretenir « profil » : ce que l'on indexe le long de son « fil » n'est pas là pour faire valoir une certaine image de soi, mais pour faire rebondir sa navigation dans des directions nouvelles.

Motivée par la curiosité, la pratique de veille ne s'accompagne d'aucun sentiment d'urgence sous la pression d'incessantes notifications ou d'un « mur » d'actualité qui se déroulerait sans fin. Le fait de devoir envisager les dispositifs grand public dans le contexte d'une utilisation « sérieuse », tel que la veille métier, a conduit les étudiants à prendre conscience d'un certain nombre de biais et de limites de plates-formes telles que Facebook.

Croiser des références

Mobiliser une technologie innovante issue de la recherche publique met en jeu la responsabilité du monde universitaire dans l'environnement numérique et permet à l'apprenant d'interroger ses pratiques numériques sous l'angle critique. needle confronte ses utilisateurs à une proposition alternative aux modalités d'accès et de partage des contenus dominées par les grandes plates-formes des GAFA. Sur needle, les seules données recueillies proviennent des contributions conscientes et volontaires des utilisateurs.

Lorsque nous intégrons needle à nos enseignements, nous soulevons ces questions liées à la vie privée et au libre arbitre face aux interfaces conçues pour capter notre attention et nos données.

Enfin, needle est un moyen pour l'apprenant de rencontrer des cadres de références éloignés des siens, à la faveur du croisement avec d'autres autour de références qui lui sont familières. Les sciences de l'éducation appellent ce type de situation une zone proximale de développement. Pour bâtir de nouvelles connaissances, il nous faut sortir de notre zone de confort sans pour autant être jeté sans repères dans l'inconnu. Tout le contraire des dynamiques de bulle de filtres et de polarisation que l'on observe depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux traditionnels.

Le graphique ci-dessus, produit avec le logiciel Gephi, montre que les « fils » des étudiants de l'enseignement en « technologies émergentes » (en bleu) s'entremêlent abondamment entre eux, tout en rencontrant les fils d'autres communautés d'utilisateurs tels que des documentalistes (en vert), ou des lecteurs du média The Conversation France (en rouge et rose). Cela démontre la capacité de needle à permettre le croisement tant hors des contraintes spatio-temporelles que socio-professionnelles. Author provided

L'expérience ne s'arrête pas aux portes de la salle de classe. En effet needle n'est pas spécialement destiné à la pédagogie. Ainsi nos étudiants ont-ils pu croiser les « fils » de documentalistes de l'Université, ou encore des quelque 200 lecteurs de The Conversation France à avoir été actifs au cours des bêta-tests. Pour avoir mis en évidence le processus à l'œuvre dans l'innovation narrative, nous savons que l'innovation nécessite de puiser à des sources d'inspiration aussi diverses que possible. Voilà qui est devenu une gageure si vous vous reposez sur ce que vous pensez à chercher sur Google et sur ce que vos « amis » partagent sur Facebook, Twitter ou Snapchat…

The Conversation

Julien Falgas est le porteur du projet "needle". Ce projet a bénéficié de financements de l'Université de Lorraine au titre de la valorisation non-économique, et du CPER "langues, connaissances et humanités numériques". Il bénéficie d'un accompagnement de l'Incubateur Lorrain en vue de sa valorisation par la création d'une entreprise.

Audrey Knauf ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.


Accéder à l'intégralité du contenu

Un article repris du site Profs en transition , "Agir ensemble vers une pédagogie écoresponsable, solidaire et citoyenne" avec leur accord

[BureauVert] est une initiative lancée par le réseau Profs en transition dont l'objectif est de réduire l'impact écologique de nos espaces et usages bureautiques, dans l'univers scolaire évidemment mais aussi bien au-delà dans nos pratiques quotidiennes !

Temps de lecture : 8 minutes

Cet article fait suite à l'article précédent La pollution numérique que nous vous invitons à (re)découvrir afin d'avoir en tête les principaux enjeux du numérique et les raisons pour lesquelles il est plus que nécessaire de tendre vers la sobriété dans ses usages. Aller vers la sobriété numérique, c'est participer à la diminution de notre consommation énergétique et agir ainsi concrètement pour la décroissance énergétique.

Suivant la démarche des 5R, habituellement mise en avant dans les pratiques Zéro Déchet, l'article qui suit donne les clés de 13 grands écogestes. Ceux-ci sont regroupés en 5 familles de Règles, classées suivant la démarche précitée des plus aux moins impactantes (Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et enfin Rendre à la Terre), ceci afin de viser efficacement la sobriété dans nos usages numériques.

– Résumé de la démarche des 5R numériques –

5R numériques

1. R comme REFUSER

JE REFUSE LA “MODE” TECHNOLOGIQUE.

En luttant contre l'obsolescence programmée et en refusant de remplacer mon équipement encore fonctionnel :

  • Je prends soin de mon matériel et j'ai recours aux bons gestes pour allonger sa durée de vie qui peut ainsi atteindre 2 fois la durée moyenne de vie observée, soit 5 ans pour un smartphone et 10 ans pour un ordinateur.
  • Je me limite en termes de nombre d'équipements au strict minimum. Je les fais réparer si besoin.
  • Je fais attention aux mises à jour de mon système d'exploitation et autres logiciels installés qui peuvent ralentir les performances de mes équipements. A cet effet, je privilégie l'installation des mises à jour correctives et notamment de sécurité – indispensables contre les failles et les dysfonctionnements – lorsque j'arrive à les distinguer des mises à jour fonctionnelles évolutives – souvent cosmétiques, voire inutiles et qui contribuent à l'obsolescence programmée. Il n'est pas toujours possible ni aisé de distinguer mise à jour corrective et évolutive (un projet de loi avorté portant sur une “garantie logicielle” aurait pu changer la donne, toutefois la disposition a été remplacée par un droit à l'information concernant la durée de compatibilité des logiciels achetés avec un usage normal). Par défaut, je diffère donc le lancement de toute mise à jour lorsque l'éditeur logiciel n'a pas communiqué un avis majeur de sécurité. Je peux aussi me renseigner dans la presse spécialisée, forums ou même presse nationale si des failles/dysfonctionnements majeurs sont connus et qu'une mise à jour est fortement recommandée pour mon système d'exploitation/logiciel. Et pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, d'autres solutions ici.
  • Je fais la chasse aux crapwares (logiciel préinstallé non désiré par l'utilisateur, autrement appelé “pourriciel”) et bloatwares (logiciel utilisant une quantité conséquente de ressources système, autrement appelé “obésiciel”). Ils dégradent les performances de mon équipement et accélèrent aussi l'obsolescence matérielle. Pour lutter contre cela, j'utilise des programmes qui les désinstallent proprement tels que : Ccleaner ou Adwcleaner.

Pour l'achat de matériel neuf, je privilégie les équipements à fort indice de réparabilité (la loi économie circulaire 2021 permettra de disposer d'un logo pour les consommateurs) et possédant un écolabel quant aux garanties de sa durabilité, réparabilité et économie d'énergie (Ecolabel européen et NF Environnement certifiés par l'AFNOR mais aussi d'autres).

JE REFUSE LES MODÈLES DOMINANTS.

J'adopte le “STOP PUB” numérique, en ayant conscience qu'Internet n'est pas gratuit, qu'il se base sur un modèle publicitaire où l'utilisateur et ses données “sont le produit”. En conséquence, je privilégie la protection de ma vie privée en refusant la prolifération de données et leur utilisation à mon insu, accentuant le recours à un modèle énergivore, gourmand en données et hyper-connecté :

  • Je pense à utiliser des outils protecteurs de ma vie privée, qui bloquent les mouchards et m'en informent : TrackMeNot, Ghostery, etc (liste plus complète des outils ici) ou encore des anti-spams (liste ici).
  • J'opte pour Firefox au lieu de Google ou IE/Edge comme navigateur et Linux au lieu de Microsoft comme système d'exploitation, qui protègent mieux mes données personnelles.
  • Je me renseigne sur les alternatives dans le monde du logiciel libre qui sont plus éthiques et respectueuses de la vie privée, par exemple Framasoft et Qwant à la place des services Google, et je me renseigne correctement sur le fonctionnement des moteurs de recherche alternatifs tels Ecosia et Lilo avant de faire mon choix en connaissance de cause.
  • J'opte également pour la possibilité de choisir des logiciels payants qui me garantissent la protection de ma vie privée, ProtonMail par exemple pour la messagerie (cela pose de manière générale et comme vu dans l'article précédent, la question cruciale du modèle économique de l'internet gratuit versus payant).
  • J'ajoute un bloqueur de pubs comme Adblock à mon navigateur.
  • Je désactive les cookies (traceurs de navigation utilisés pour le ciblage publicitaire) selon mes préférences directement dans les réglages de mon navigateur et de manière plus restrictive à la première connexion à un site web.
  • Je paramètre correctement les applications – souvent permissives par défaut – que j'utilise ou que je télécharge pour verrouiller le recueil de mes données personnelles qui ne sont pas strictement nécessaires à l'exécution de l'application, par exemple : la géolocalisation en arrière plan, l'accès à mes données de contacts, l'accès à mes photos, etc.
  • Je prends conscience que certaines données que je partage peuvent être exploitées sans recueillir mon consentement explicite et univoque. Par exemple, mes photos prises avec mon smartphone sont géolocalisées et horodatées et ces données – métadonnées plus précisément – ajoutées automatiquement aux photos peuvent être exploitées au moment de leur téléchargement sur certains réseaux sociaux, plus ou moins “soucieux” du principe de consentement de l'utilisateur). Je désactive donc certaines options pour fournir le moins de données possibles ou j'expurge les “métadonnées” en conséquence (un moyen simple de le faire pour mes photos par exemple ici).
  • Je fais de la veille et me tiens régulièrement informé sur les moyens de protection de ma vie privée face à certaines avancées technologiques qui la fragilisent (exemples ici et ).

2. R comme RÉDUIRE

JE RÉDUIS L'EMPREINTE NUMÉRIQUE DE MES ACTIVITES WEB :

  • Comme vu au point 1.2., je paramètre les cookies correctement pour une protection renforcée contre le pistage auquel m'exposent le navigateur et les sites que je visite.
  • Je fais en sorte d'en dire le moins sur mes habitudes de vie et de ne pas poster de données personnelles me concernant (photos, adresses préférences, etc) au moins en mode Public, sur des sites ouverts ou sur les réseaux sociaux qui ont un modèle économique se basant sur l'exploitation de mes données en contrepartie de services « gratuits ».
  • J'utilise une adresse mail différente de mon adresse principale sur les réseaux sociaux, sites marchands, forums, etc. afin de rendre plus complexe le recoupement de mes données dans les bases marketing.

JE REDUIS MA CONSOMMATION DE DONNÉES :

  • Je réduis la résolution des vidéos que je visualise et des images que je télécharge ou transfère, et notamment les photos prises avec mon smartphone.
  • Je désactive le lancement automatique des vidéos sur mon navigateur et je télécharge au lieu de visionner en streaming lorsque c'est possible et légal.
  • Je réduis le recours au stockage sur le cloud au strict minimum et je stocke en local lorsque c'est possible.
  • Je fais le ménage régulièrement dans mes historiques de mails, dans mes données stockées en local et surtout dans les espaces “cloud”. À cet effet, je peux participer au World Cleanup Day numérique qu'organise le World Cleanup Day pour cette édition 2020.
  • Je supprime les applications inutiles en priorité et je fais de la place avant de songer à racheter des composants mémoire.
  • J'évite l'envoi de pièces jointes trop volumineuses et à plusieurs destinataires si cela n'est pas nécessaire.
  • Lorsque j'ai le choix et la possibilité, je privilégie un accès Internet filaire ou porteur. En mobilité, j'accède donc au réseau internet via une connexion WI-FI, réseau beaucoup moins gourmand en bande passante que celui de la 4G (sans parler de la future 5G), et en sédentaire j'accède de préférence en filaire ou par boitier CPL avec mon PC, notamment pour des opérations gourmandes en données comme des téléchargements et transferts photos vers le cloud.
  • J'enregistre dans mes favoris les liens des sites que je visite fréquemment.
  • J'effectue des recherches sur le moteur avec les mots clés les plus pertinents pour un résultat plus rapide.
  • Je choisis bien en amont les outils qui me conviennent et j'évite de télécharger plusieurs applications à fonctionnalités identiques et que je délaisserai rapidement dans le temps.
  • Je choisis la version papier équivalente lorsque l'usage présente une durée de conservation et de consultation longues car le numérique est moins écologique dans ce cas. Par exemple, une facture numérique est plus écologique car elle sera consultée un nombre limité de fois et ne sera pas conservée très longtemps, mais un manuel scolaire en papier sera plus écologique car utilisé plusieurs années d'affilée et consulté très régulièrement.

JE RÉDUIS MA PRÉSENCE INUTILE SUR INTERNET :

  • Je supprime les comptes sur les sites marchands ou de réseaux sociaux que je ne consulte plus et je me désabonne des newsletters que je ne lis plus (soit en utilisant le lien de désabonnement de la newsletter soit en utilisant des outils comme Cleanfox).
  • Je réduis mon temps de connexion et j'instaure des temps de déconnexion ritualisés.
  • Je maîtrise mon temps passé sur les écrans grâce au rapport quotidien que je peux activer sur mon smartphone.

JE RÉDUIS LA CONSOMMATION ÉLECTRIQUE DE MES APPAREILS :

  • J'active le mode veille (mais pas sur de très courtes durées et de manière trop fréquente car cela peut endommager certains composants électroniques).
  • Je réduis la luminosité de mes écrans (pour diminuer sensiblement la consommation énergétique).
  • J'éteins mes équipements (y compris Box ADSL) lorsque je ne les utilise plus.
  • Je programme ma BOX pour activer/désactiver le WIFI et TV sur des plages dédiées.

3. R comme REUTILISER

JE RÉUTILISE LE MATÉRIEL ENCORE FONCTIONNEL :

  • J'achète du matériel reconditionné ou d'occasion et j'opte pour le don ou la revente de mon propre équipement lorsqu'il ne correspond plus à mon besoin et après l'avoir fait durer le plus longtemps possible.
  • Je fais réparer les composants défectueux dans les filières spécialisées.
  • Je donne une seconde vie à mon vieux smartphone comme baladeur MP3 ou je raccorde mon PC à ma chaîne Hi-Fi pour diffuser morceaux de musique, émissions de radio et Podcasts, ou bien encore je m'en sers comme juke-box numérique.

JE RÉUTILISE LES RESSOURCES NUMÉRIQUES DÉJÀ DISPONIBLES :

  • Je cherche l'équivalent sur CD/DVD ou tout simplement en version papier.
  • Je fais une recherche internet et je télécharge uniquement si je ne dispose pas en local d'une ressource satisfaisante.
  • Au bureau, je pense à mutualiser les ressources avec mes collègues pour constituer un vivier commun le plus large.
  • J'adopte également le réflexe de vérifier si la ressource que je cherche n'est pas déjà disponible au sein de l'école, à la médiathèque municipale, chez moi, mes collègues ou mes proches.

4. R comme RECYCLER

JE FAIS RECYCLER MON MATÉRIEL :

  • Je le dépose dans l'un des points de collectes de déchets d'équipements électriques et électroniques ou dans les magasins partenaires près de chez moi.
  • Je garde toutefois en tête que le taux de recyclabilité du matériel informatique est assez faible, d'où l'intérêt d'agir en priorité sur la durée de vie, encore plus pour les équipements de ce type.

Cela évite à minima que les produits toxiques qu'il contient ne polluent l'environnement.

5. R comme RENDRE A LA TERRE

JE ME RECONNECTE A LA NATURE.

Le plus souvent je privilégie les moments de “reconnexion” à la nature / à l'espace extérieur pour moi et pour mes élèves. Plus de détails sur cette action dans le cadre de notre initiative autour de “L'école du dehors”.

J'INCLUS LA SOBRIETE NUMERIQUE DANS MES APPRENTISSAGES.

Dans le cadre pédagogique, j'aborde la question de la pollution numérique suivant ses différents angles : climatique (émission de GES), environnemental (en terme de ressources, pollution chimique liée aux métaux des batteries entre autres), social (exploitation des travailleurs dans les mines d'extraction des terres rares), psycho-social et psycho-affectif (expansion du jeu vidéo et de l'isolement social, danger des infox et autre désinformation, de la pornographie, de l'impact sur la vie privée) que je peux traiter avec mes élèves par l'éducation aux médias (EMI).

JE SENSIBILISE AUTOUR DE MOI.

  • J'implique mes collègues, mes élèves et plus largement le tissu associatif et les écoles alentours. Cela peut être fait de façon ludique, sous forme de défis, en organisant des campagnes de CleanUp numériques.
  • Je peux faire contribuer mes élèves et leurs parents en les encourageant à venir présenter en classe leurs propres astuces pour la sobriété numérique.
  • Le choix de la présentation sous forme des 5R des gestes en faveur de la sobriété numérique permet de les classer en fonction de leur efficacité. Au regard du poids différent que représente chaque facteur de pollution (une vidéo consomme beaucoup plus qu'un mail, la phase de fabrication d'un PC/smartphone pollue autant sinon plus que la phase d'utilisation, etc.), je peux m'amuser à pondérer chacune des actions, organiser des concours pédagogiques en classe avec mes élèves ou au bureau avec mes collègues, etc. Cela ne veut pas dire que les “petites actions” sont à délaisser, au contraire elles contribuent à instaurer des rituels et des bonnes habitudes qui amènent une réflexion plus poussée et une conscience de plus en plus aiguisée (les petites ruisseaux etc. etc.).
  • Comme outil, je peux utiliser La Fresque Numérique, à l'image de La Fresque du Climat. Outil visuel et pédagogique, il permet d'aborder de façon collaborative les enjeux écologiques du numérique et les solutions pour un numérique responsable.

J'INTERPELLE LA RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE DES PARTENAIRES ET DES ÉLUS.

Je n'hésite pas dans ce cadre à interroger la collectivité quant à son rôle : politique de dotation en matériel informatique, choix des fournisseurs, labels engagés, etc.

Avec ces propositions nombreuses et concrètes, vous voilà donc munis d'une boite à outils qui vous permet d'initier réflexion et action. A vous de jouer !

Plus d'articles autour de l'initiative [BureauVert] : retrouvez également nos articles pour valoriser nos manuels inutilisés, construire une démarche pédagogique écoresponsable et proposer des fournitures scolaires écologiques et durables.

L'article Les 5R de la sobriété numérique est apparu en premier sur Profs en transition.


Accéder à l'intégralité du contenu

La proposition de la convention citoyenne du climat :

Le numérique est un formidable levier pour la transition écologique et la lutte contre le changement climatique. Nous voulons que d'ici 2025 le numérique soit un moyen pour participer à la transition et pas un outil qui contribue toujours davantage à la hausse des émissions.

Un texte à lire sur le site de la convention citoyenne du climat

Dans l'innovation pédagogique et particulièrement dans l'enseignement hybride qui s'est généralisé durant la crise Covid 19, nous retrouvons l'usage d'outils numériques, aussi il nous aurait semblé important de rendre compte de cette proposition.

Malheureusement toute la production de la Convention citoyenne du climat est fermée à clé par le Conseil économique, social et environnemental qui en interdit par défaut la réutilisation.


Extrait de la mention légale :

Toute reproduction, distribution, modification, adaptation, retransmission ou publication, même partielle, de ces différents éléments est strictement interdite sans l'accord exprès par écrit du Conseil économique, social et environnemental. Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L.3335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

On parle d'enjeu de société et la diffusion de l'information est restreinte !
Quel dommage !


Accéder à l'intégralité du contenu