Articles d'Innovation Pédagogique


image ip.jpg (32.5kB)
les articles récemment publiés sur le magazine Innovation Pédagogique

Initiatives autour de la transition

En ouvrant les Chemins de la coopération en juillet 2020, la Ville de Brest et ses partenaires ont souhaité poursuivre la dynamique de coopération et de partage du Forum des usages coopératifs initialement prévu à cette date.


A l'été 2021, le thème de la convergence des transitions étant particulièrement d'actualité et porteur de solutions dans le contexte sanitaire qui perdure, le Comité d'organisation du Forum crée un événement en ligne pendant la période du 28 juin au 6 juillet 2021 : "Les chemins de la coopération 2021" :

Avec une web conférence le 1er juillet - 10h d'Ariel Kyrou et une conférence le 30 juin à 18h à l'auditorium de la médiathèque des Capucins à Brest "Pourquoi et comment la science-fiction peut-elle aider à une transition de société ?".
Son ouvrage "Dans les imaginaires du futur ", prend "au sérieux" les sources de fiction et les mêle à des réflexions philosophiques un a priori affiché pour une "utopie anarchiste et terrestre".
La science-fiction propose des horizons et des pistes de chemin pour des futurs alternatifs (nous débloquer grâce aux imaginaires, nous redonner le goût du temps et l'envie de "faire", la nécessité de "prototypes" du futur entre utopie et dystopie, etc.)


Ariel Kyrou

Des rendez-vous pour chacun des 7 chemins vont être proposés en visio : coopérations ouvertes pour la santé, l'éducation, les lowtech, l'inclusion sociale et numérique, les Fabcities, les circuits courts et l'autonomie alimentaire, le climat et la biodiversité

Programmation

Lowtech et transitions

Coordination : Hugues Aubin, Ville de Rennes, Rennes métropole

Jeudi 1er Juillet - 14h00-15h30
La déferlante low tech

Changement climatique, écologie, résilience et communs : partage d'enjeux et d'actions entre low-tech, réparation et éco-conception
Introduction J.Jouzel, climatologue, GIEC "Quel intérêt des low tech dans le cadre du réchauffement climatique"

  • L'aventure du low tech lab avec Clément Chabot
  • Zoom sur le low tech lab, le solar sun trip, californouaille, low tech skol
  • Fablabs, low tech et pédagogie : avec le Senfablab dans le quartier du Grand Yoff à Dakar - Mouhamadou Ngom - Senfablab.
  • La conception en économie circulaire face aux low tech : Comment envisager répondre à des besoins par des objets co-conçus, frugaux, mais productibles en série ?
    3 exemples récents et une méthodologie par Yves Quéré, responsable de l'Open Factory Université de Bretagne Occidentale.
  • Echange/débat.

Fabcities, Villes résilientes

Coordination : Romain Chefdor Rennes Métropole et Yves Quéré UBO Open Factory (et toute une équipe)

mercredi 30 juin - 14h00-16h30
Fabcities

14h - 15h : Table ronde : présentation des modèles et des projets sur les territoires et des structuration.
Intervention de Brest, de Rennes, d'AURA et de Toulouse-Occitanie.
Modération N. Friant (référent régional FabLabs )

15h - 16h : Atelier
Animation par FabCity Brest et FabCity Rennes
Tour de table sous la forme de Pecha Cucha
Intervention de :

  • CNAM ;
  • RESET ;
  • Sensor.community ;
  • FabCitizen …
  • Présentation Sense Océan (capteurs eau) Hack2eau (Rennes)
  • Food Brest (Alimentation) & Mad@Brest (lien sur Rennes et Brest)
  • Data Terra (lien vers les indicateurs / éthique de la data et prospectif)
    Cet atelier sera sous la forme de contributions communes pour aboutir à un appel à projets, à une feuille de route sur les datas environnementales entre les acteurs.
    Angle de présentation : Genèse du projet sous 4 axes :
    1 - Production de données (Sense Océan, Sensor.Community …)
    2 - Coalition autour de la donnée
    3 - Ouverture de la donnée
    4 - Indicateurs
    Organisation d'un évènement fin 2021 autour de la donnée : quels souhaits des acteurs.

Enseigner les transitions et en transition

Coordination : Michel Briand, Jean Marie Gilliot Telecom Bretagne,

le 30 juin à 16h : La Rentrée du climat
Un second webinaire du groupe créé à l'initiative de Riposte Créative Pédagogique .

au programme
- Présentation de la dynamique de coopération ouverte
- La Rentrée du climat avec Hakara Tea

Ce webinaire présentera l'initiative de la Rentrée du climat qui vise à déployer massivement des ateliers sur la Fresque du climat cet automne et de contribuer ainsi à sensibiliser des milliers d'étudiants et d'enseignants.

  • Pour vous inscrire et obtenir le lien par retour de mél, merci de répondre à ce court formulaire en cliquant ici
  • Pour participer au groupe "Transition écologique en coopération ouverte dans l'enseignement supérieur francophone", s'inscrire sur la liste sympa

Un groupe pour croiser les initiatives, mutualiser les ressources et favoriser la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte(pour un monde vivable et désirable qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences creative commons) et répondre aux questions :

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles implications des étudiants ? comment les favoriser ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

au programme
Présentation de la dynamique de coopération ouverte

  • le Master en humanités environnementales université de Nantes
  • et sous réserve la Rentrée du climat par la Fresque du climat

Transitions & inclusions sociale et numérique

Coordination : Élisabeth Le Faucheur, Brest métropole et ville

2 temps : un temps de présentation d'étude et de projets inspirants -Jeudi 1er juillet, 14h - et un temps d'atelier en mode intelligence collective -Vendredi 2 juillet, 14h.

Jeudi 1er juillet - 14h-15h30
Accès aux droits & inclusion numérique : de l'urgence à se coordonner à la nécessité d'une approche stratégique collective

En mode Pitch !

Accueil des participants
Introduction

  • Enquête Capuni crise : « Focus sur les éloignés du numérique » Géraldine Guérillot, Gis Marsouin -
  • Présentation de la dernière étude LabAcces :
    « Lieux et acteurs de la médiation numérique : quels impacts des demandes d'aides e-administrative sur l'offre et les pratiques de médiation ? »
    Cette étude, issue d'observations et d'entretiens menés dans des lieux de Médiations numériques, montre l'impact de la dématérialisation sur les actions des médiateurs numérique, le paradoxe entre l'ambition capacitante de la médiation et la réalité d'espaces numériques utilisés comme des guichets pour l'e-administration, dans un transfert de charge des missions d'accompagnement des usagers des administrations aux acteurs de la « Médiation numérique », sans enrôlement formel clair et explicite de la part des organismes dématérialisant. Il interroge aussi la nécessaire définition des segments d'offres des médiations utiles pour l'accès aux droits, et qu'il conviendrai d'analyser et de définir plus précisément.
    Benoît Vallauri, Ti Lab, LabAccès
  • "Brest, le chantier métropolitain « Inclusion numérique et accès aux droits », le choix de coopérer et de s'outiller pour se coordonner"
    Initié en 2019 le chantier métropolitain réunit collectivités, opérateurs, acteurs associatifs… agissant dans le champ du numérique, du social, dans le culturel, ou le socioculturel. Pour développer une culture commune et la mise en réseau, la stratégie s'appuie sur une formation territoriale mais aussi la conduite d'un état des lieux des pratiques des habitants, et de l'offre d'accompagnement en matière d'accès aux droits et d'inclusion numérique. Cet état des lieux est enrichi par l'approche du LabAccès et la déclinaison sur Brest métropole du PorTREA (Portrait territorialisé de la Relation E-Administrative).
    Élisabeth Le Faucheur, Brest métropole et ville - Hélène Trellu, Conseil Départemental du Finistère - Benoit Vallauri, Ti Lab, LabAccès
  • « Numérique responsable : quelle place donnée à l'Inclusion numérique ? »
    Hervé LeLuherne , Région Bretagne
  • Place aux questions
  • Présentation de la session du vendredi 2 et appel à candidats
    La séance du vendredi laisse place aux porteurs et porteuses de projets qui souhaitent faire appel à l'intelligence collective pour bénéficier de retours sur leurs expériences, de pistes d'évolution, d'idées. En fin de séance le jeudi, une présentation de l'organisation du vendredi sera réalisée.
    Si d'ores et déjà, vous souhaitez soumettre votre projet à des regards nouveaux, vous pouvez vous inscrire en complétant ce formulaire .

Vendredi 2 juillet - 14h-15h30
Atelier : Accès aux droits, inclusion numérique et intelligence collective

Cet atelier propose un temps d'intelligence collective aux porteurs et porteuses de projet qui souhaitent présenter leurs projets, leurs questions et recueillir des retours, des idées pour une mise en perspective d'évolution, de solutions...
En pratique : pour proposer un sujet, un projet, il suffit de compléter le formulaire ci-joint .
Réunit en plénière dans un premier temps, la salle de visio se divisera en sous-groupe auto-organisés autour des différents projets identifiés.

Vers une santé ouverte

Coordination : Hugues Aubin, Ville de Rennes, Rennes métropole

Vendredi 2 juillet - 14h00-15h30
Open santé : vers des communs opérants

Comment créer de boucles libérant le potentiel des biens communs numériques dans le registre de la santé au sens large ? Revue de projets pilotes et débat en France et à l'international.

  • La rencontre des mondes : la ferme d'impression 3D de l'APHP et le projet covid 3d. Philippe Cochin AP-HP - Phillppe Cochin- COVID3D APHP : Impression 3D pour la crise COVID
  • Articuler bien communs numériques, entreprises et lieux de soins : Y.Quere/Erwan Lehr - CHU de Brest/UBO.
  • Tirer des enseignements de crise pour travailler sur la durée : projet pilote d'open santé du Réseau Français des fablabs avec le CHU de Montpellier. Mentzo de Winter, administrateur du Réseau Français des Fablabs et président du Labsud.
  • Coopération internationale : le projet Makers Nord Sud - Medard Agbayazon, président du Réseau des Fablabs francophones d'Afrique de l'Ouest. http://www.makersnordsud.org
  • Echange/débat

Climat et biodiversité

Coordination Jacques François Marchandise FING et Louis Julien de La Bouere

Jeudi 1er juillet - 17h - 18h30
Climat et biodiversité : les données au service des projets collectifs et territoriaux

Animation : JF marchandise, M Brient (FING) et LJ de la Bouëre (Tiriad) ,en attente l'agence bretonne de la biodiversité
Socialisation des données et biodiversité :

  • Comment les associations locales peuvent se saisir/se saisissent des données environnementales pour orienter leurs actions ? associations qualité de vie, mobilités etc...
  • Comment relier données environnementales et pédagogie ?
  • place des données environnementales, notamment biodiversité, dans les programmes de SVT, Histoire Géo
  • Comment un territoire peut ou se saisit des données biodiversité pour appuyer sa politique de transition écologique ?

Circuits courts et autonomie alimentaire

Coordination : Mélanie Siche Conseil départemental 29

Vendredi 2 juillet - 10h30 - 12h30
Atelier transnational FR - UK - Table-ronde sur la précarité alimentaire dans le cadre du projet EU INTERREG C-CARE

Mot d'accueil, objectif de l'atelier (partager des constats, des initiatives et des difficultés en matière de lutte contre le précarité alimentaire)

  • Les chèques alimentaires/cartes de paiement (quelles modalités, pourquoi, points forts de ce mode de fonctionnement et faiblesses) / côté UK témoignage sur aide alimentaire aux enfants (free school meal, chèques alimentaires)
  • Présentation d'une épicerie sociale / côté UK témoignage d'une Banque alimentaire (food bank)
  • Témoignage de la CRESS (étude en cours) pour parler de la coordination des acteurs
  • Conclusion et ouverture sur l'accompagnement des publics précaires (formation travailleurs sociaux et bénévoles d'associations)

La participation à ces événements est sur inscription. (formulaire à venir)

Les Chemins de la coopération c'est aussi un site ouvert où se croisent initiatives, acteurs et ressources, pour témoigner des dynamiques de réseaux, capitaliser des ressources et se créer collectivement une base d'acteurs et de contenus pour le Forum des usages coopératifs attendu en 2022.

http://forum-usages-cooperatifs.net/


Accéder à l'intégralité du contenu

Accord de Grenoble pour pousser leurs établissements à s'engager dans la transition écologique

Description de cette initiative Pour accélérer la transition socio-écologique de l'enseignement syupétieur et de la Recherche
une initative de la COP 2 étudiante : Accord de Grenoble (pdf)
"La COP2 Étudiante, c'est plus de 70 groupes de travail dans autant d'établissements d'enseignement supérieur, et c'est déjà plus de 50 établissements ayant signé ou manifesté leur intention de signer l'Accord de Grenoble ! //extrait de la [1]// "HEC Paris, Polytech Grenoble, Essec Business School... Une vingtaine d'établissements de l'enseignement supérieur viennent de signer l'Accord de Grenoble. Ils s'engagent à mettre en œuvre des plans d'actions pour réaliser les onze objectifs de l'accord, allant de la formation des étudiants aux enjeux écologiques à la réduction des gaz à effet de serre. Une initiative portée par la COP2 Étudiante, une association qui veut faire basculer l'enseignement supérieur dans la transition écologique.
extrait repris de l'article de Novethic



laccorddegrenoblepourpousserleursetabliss_cop2.jpg

Nom du porteur de l'initiative COP 2 étudiante

Auteur de la fiche Michel Briand

Type d'acteur Association

Echelle d'action Globale

Code postal 38000

Ville 3 parvis Louis Néel, Grenoble

Comment contacter cette initiative cop2etudiante@lilo.org
+33 7 81 77 51 45
3 parvis Louis Néel, 38000 Grenoble

Mot Clef Transition écologique

Quel partage ? Copyright


LaccordDeGrenoblePourPousserLeursEtabliss (Initiatives pédagogiques ), écrite par Elzbieta
créée le 28.05.2021 à 10:43, mise à jour le 28.05.2021 à 10:45


[1] https://cop2etudiante.org/ page d'accuil de la COP étudiante


Accéder à l'intégralité du contenu

“La pédagogie Tête-Cœur-Corps est ce qui m'a le plus marqué et impressionné dans la formation”.

A 26 ans, après trois ans d'activité dans un bureau d'études, Laura tourne le dos à une carrière d'ingénieur en bâtiment pour embrasser le champ de la gouvernance partagée et de la démocratie participative. Pour s'outiller et acquérir le bagage nécessaire à sa reconversion, la jeune femme a décidé de rejoindre le T-Camp, la formation immersive de trois mois du Campus co-conçue avec les Colibris et la Coopérative des Oasis. Au-delà du socle large et pointues de connaissances qui lui a apporté une vision globale des enjeux climatiques et sociaux, c'est avant tout l'expérience humaine, la force du groupe et l'espace laissé aux ressentis et émotions qui aura marqué la jeune femme. Interview.

Pourquoi as-tu décidé de suivre cette formation ? Comment as-tu connu le Campus de la Transition ? Et pourquoi as-tu décidé de rejoindre la formation du T-Camp ?

J'ai connu le T-Camp et le Campus de la Transition grâce à une amie qui était avec moi en école d'ingénieur et qui a suivi la formation en 2019. L'expérience qu'elle m'a partagée m'a beaucoup plu pour tout d'abord avoir un socle de connaissances sur les enjeux climatiques qui balaie des thèmes sur la gouvernance, l'agriculture jusqu'à la finance. Vivre une immersion dans un collectif pendant deux mois était un autre aspect qui m'attirait car ça se conjugue bien avec mon intérêt pour la démocratie participative et l'intelligence collective dans le cadre de ma reconversion professionnelle : savoir comment nous allions nous organiser et faire groupe est en soi une expérience formatrice. Enfin, le T-Camp permet d'aller à la rencontre de différents écolieux et de se faire un réseau dans le domaine de la transition et de rencontrer des personnes inspirantes.

Quel est le déclic qui t'a donné envie de te « mettre en transition » ?

Après une école d'ingénieur, je suis partie en Martinique et j'y ai été frappée par les problèmes d'autonomie alimentaire, énergétique et de justice sociale. Au même moment, sortait le film « Demain ». Puis, j'ai travaillé pendant trois ans dans un bureau d'études sur le bâtiment bas carbone et me suis retrouvée confrontée à des conflits humains dans l'entreprise que je ne pouvais pas résoudre faute d'outils. Je me suis tournée vers une formation de facilitatrice à Aix-en-Provence « Intelligences & Création Collectives » et le T-Camp m'est apparu comme une formation très complémentaire pour me reconvertir dans le domaine de la gouvernance partagée.

Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans le T-Camp ?

Tout le contenu m'a intéressé mais ce qui m'a le plus marqué est cet équilibre « tête-corps-coeur » qui est tenu tout le long de la formation et qui est l'essence même de la pédagogie du T-Camp. Il y a l'aspect intellectuel avec beaucoup de conférences sur le diagnostic et les enjeux climatiques et la transmission de connaissances très techniques.

Le corps est très présent par le fait de se déplacer et d'avoir été dans les écolieux mais aussi par tous les ateliers de mise en pratique et en mouvement qui permettent d'intégrer et de s'approprier la théorie . Par exemple, aujourd'hui, nous avons travaillé sur la gestion des conflits avec la mise en place de jeux de rôle dans la foulée de l'enseignement : ça permet de comprendre la CNV (communication non violente) en pratique, par l'observation, le ressenti, le besoin puis l'action.

Le cœur est un fil rouge de la formation qui inclut beaucoup de développement personnel avec l'Institut Aristote qui nous accompagne, mais aussi avec les rituels tels que les « mots du matin » où l'on partage notre météo intérieure, le cadre de bienveillance, les moments « off » avec le groupe.

Au-delà de la pédagogie « Tête-Corps-Cœur », le T-Camp n'est pas juste une formation où j'aurai reçu des cours d'intervenants de haute volée tels qu'Alain Grandjean, etc. J'ai avant tout vécu une expérience humaine, unique, magique. Je sais que le T-Camp va rester comme un espace et un moment-ressource dans ma vie, que ce soit avec le groupe ou avec les personnes rencontrées dans les écolieux : je pourrai toujours les appeler si j'ai besoin d'eux et inversement. C'est hyper enrichissant et soutenant pour mieux appréhender l'avenir.

Tu évoques le développement personnel : quel rôle joue-t-il dans la formation du T-Camp et qu'est-ce-que cela t'a apporté ?

Une meilleure connaissance de moi-même à travers le regard des autres et notamment de mon binôme. Le processus est vraiment source d'apprentissage sur soi : on a d'abord fait notre « récit de vie » en s'appuyant sur les évènements qui nous ont marqués et qui nous ont fait développer telle ou telle compétence ou révélé telle qualité.

En parallèle, selon la méthode dite du « 360 degrés positif », nous sommes allés interroger nos proches sur des situations qui ont pu les marquer et qui ont révélé mes qualités et mes forces. Ces deux « exercices » ont abouti à un « personnage talent ». On a poursuivi avec l'Ikigai pour comprendre nos besoins, nos atouts, nos zones d'ombre, puis nous avons eu à faire un exercice d'éloge de nous-même, en nous demandant par exemple d'imaginer ce que nous serions à 80 ans.

Ce processus, avec ces différents outils de coaching, créent une synergie pour faire émerger et prendre conscience de nos potentiels, identifier nos talents et apprendre à s'appuyer dessus pour choisir une voie plus épanouie tant au niveau personnel que professionnel. Dans les prochains jours, on va ainsi passer au plan d'action et à la mise en pratique pour s'orienter professionnellement.

Me concernant par exemple, je n'avais pas du tout en tête ce qu'a révélé mon « personnage-talent », à savoir ma curiosité et ma soif d'apprendre qui se sont dégagées des différents ateliers.

Qu'est-ce qui a « bougé » en toi, évolué avec cette formation ?

Il y a un espace immense dans la formation qui est laissé au partage des émotions et des ressentis qui n'existe pas dans la société actuelle et c'est un grand manque dont je n'avais pas conscience. Que ce soit dans le cadre professionnel ou personnel, je sais désormais que je laisserai une place à cette dimension relationnelle pour ne pas être que dans l'intellectuel et le « faire ».

Le T-Camp propose trois spécialités (permaculture, dynamique territoriale et sociopolitique) : quelle spécialité as-tu choisi et pour quelles raisons ?

J'ai choisi la spécialité « dynamique territoriale » et j'ai été absolument passionnée par l'expérience que vit le village d'Arvieu en transition où nous nous sommes rendus. On nous a vraiment donné la possibilité de comprendre la dynamique d'un territoire au niveau local qui a déclenché depuis deux ans une vraie démarche de démocratie participative. En immersion, on a pu comprendre les leviers d'action, la manière dont se co-construisent les projets politiques du village avec les habitants. Ça a confirmé mon envie de travailler dans le champ de la démocratie participative.

Les T-Campeurs ont lancé leur compte instagram

Les participants à la formation du T-Camp qui se déroule actuellement ont eu la belle idée de lancer leur compte insta pour témoigner de leur expérience. N'hésitez pas à aller découvrir leur compte « tcampeurs.en.transition » : leurs stories racontent entre autres le tour de France des écolieux qu'ils ont réalisé comme ici au village d'Arvieu où s'est rendu Laura.

Et à voir leurs sourires et posts, on sait la promesse pédagogique tenue : « Former pour transformer » grâce à une approche « Tête-Cœur-Corps », à l'immersion, à la force du groupe.


Accéder à l'intégralité du contenu

Chemins de Transition

Description de cette initiative Face à la crise écologique qu'affronte l'humanité, l'Université de Montréal et Espace pour la vie s'allient pour proposer Chemins de transition. Un grand projet dont l'objectif est d'engager la communauté universitaire, au côté des citoyen·ne·s et des autres forces vives de la société dans le nécessaire débat sur la transition, afin d'identifier collectivement les chemins les plus porteurs pour assurer un futur souhaitable au Québec.
Ce travail est structuré autour de trois grands défis :
  • Comment nourrir en santé toujours plus d'humains sans épuiser les ressources terrestres, dans un contexte de changements climatiques ?
  • Comment faire converger transition numérique et transition écologique ?
  • Comment habiter le territoire québécois de façon sobre et résiliente dans un contexte de transition écologique ?

Des apprentissages partagés pour un maximum d'impact
Tout au long du projet, l'équipe de Chemin de Transition veille à capturer et vulgariser les principaux apprentissages sur chacun des défis de la transition abordés, puis à les partager au plus grand nombre par l'intermédiaire de différents outils, événements, et réseaux, notamment :

  • Une école d'été (juin 2021), afin de permettre aux étudiant.e.s, aux citoyen·ne·s et acteur·trice·s qui se sentent le plus interpellé·e·s d'approfondir leur expertise sur la transition.
  • Des partenariats novateurs afin que les résultats du projet puissent orienter l'action des décideurs québécois sur les chemins les plus porteurs.
  • Des ateliers citoyens, dont le contenu sera partagé et rendu public
  • La démarche de Chemins de transition est structurée autour de trois grands défis. Ces défis ont en commun le fait qu'ils soulèvent des enjeux majeurs et remettent en cause notre capacité de développement et d'épanouissement dans les limites de la planète. Ils sont complexes en ce sens qu'on ne connait pas nécessairement l'idéal à atteindre et que plusieurs chemins sont possibles pour résoudre ces contradictions. Ils nécessitent donc l'apport d'une diversité d'expertises et de points de vue pour être abordés adéquatement.
    • Alimentation : Comment nourrir en santé toujours plus d'humains sans épuiser les ressources terrestres, dans un contexte de changements climatiques ?
    • [1] : Comment faire converger transition numérique et transition écologique ?
    • Territoire : Comment habiter le territoire québécois de façon sobre et résiliente dans un contexte de transition écologique ?

en apprendre plus sur la démarche

un texte reptis du site Chrmins de Tranistion



cheminsdetransition_chemins.jpg

Nom du porteur de l'initiative Université de Montréal et Espace pour la vie

Auteur de la fiche Michel Briand

Type d'acteur Université

Echelle d'action Globale

Ville Montréal

Comment contacter cette initiative Mélanie McDonald ?
Responsable de projet
melanie.mcdonald@umontreal.ca
Franck Scherrer
Directeur académique et instigateur de Chemins de transition
Vice-recteur associé et professeur titulaire, Faculté de l'aménagement – École d'urbanisme et d'architecture de paysage, Université de Montréal
franck.scherrer@umontreal.ca

Mot Clef Transition écologique

autres remarques une vidéo de préentation :https://youtu.be/8f-TvRUwFuM

Quel partage ? Copyright


CheminsDeTransition (Initiatives pédagogiques )
créée le 03.06.2021 à 08:07, mise à jour le 03.06.2021 à 08:14


[1] -Numérique : Comment faire converger transition numérique et transition écologique ? Numérique


Accéder à l'intégralité du contenu

Vulgariser et rendre accessible les concepts et outils de la transition écologique, économique et sociale, c'est l'objectif de la chaîne YouTube lancée par le journaliste indépendant Aloïs le Noan.

Diffuser auprès de tous les publics – étudiants, enseignants et professionnels – les outils de compréhension et leviers d'action pour se mettre en transition est au cœur de la mission du Campus. Car pour adopter la bonne posture et construire une société bas-carbone et plus inclusive, encore faut-il disposer d'une bonne compréhension des phénomènes systémiques à l'œuvre.

Comprendre pour agir

Pour ce faire, le Campus s'appuie sur plusieurs outils : ses formations bien sûr dispensées à des étudiants de l'enseignement supérieur et à des professionnels, ainsi que son Manuel de la Grande Transition co-conçu par plus de 70 enseignants-chercheurs et praticiens et paru aux éditions Les Liens qui libèrent en octobre 2020.

Avec cette chaîne YouTube – « Et Maintenant ? Penser et agir pour la transition écologique » – qui diffuse une fois par mois un long entretien avec un expert de l'écosystème du Campus, spécialiste d'une des problématiques clés de la transition écologique et sociale, c'est une autre manière de sensibiliser, d'acculturer – bref de « [se] former pour transformer ».

Dans la droite ligne des valeurs et convictions portées par le Campus, Aloïs le Noan, journaliste indépendant, explique la démarche qui l'a motivée à créer cette chaîne YouTube :

“Nous vivons un moment très particulier dans l'histoire de notre pays et de la planète. Chaque jour ou presque, des messages alarmistes nous parviennent des quatre coins du monde sur la disparition des espèces, la montée des eaux, les pollutions et le réchauffement climatique.
Et maintenant ? Pour se sentir moins seul face à la complexité des enjeux et pour savoir comment agir, il est important d'entendre la voix de celles et ceux qui réfléchissent et agissent pour transformer nos habitudes et nos modes de vie.
La chaîne privilégie le temps long : ici pas de contrainte de temps, pas de pression éditoriale, pas de discours formaté ni d'impression de voir toujours les mêmes visages. Chaque invité dispose du temps nécessaire pour développer sa vision, ses réflexions, ses doutes et ses propositions.
Prendre le temps pour ECOUTER/COMPRENDRE/AGIR avec l'enthousiasme de celles et ceux qui pensent que cette grande transition écologique et sociale est possible ! »

Le Manuel de la Grande Transition décrypté en vidéo

Au cœur de la pédagogie inter et trans-disciplinaire du Manuel de la Grande Transition, qui fournit le socle de compétences et de connaissances nécessaires pour comprendre la transition dans toutes ses dimensions, un concept permet de saisir la systémie et la complexité des phénomènes à l'œuvre et se « mettre en mouvement » face au réchauffement climatique et à la dégradation du vivant : 6 portes ouvrant sur l'action. Savoir, savoir-être et savoir-agir s'y complètent et s'y enrichissent mutuellement dans une dynamique globale, intégrant la pédagogie ‘tête-corps-cœur' mise en œuvre au Campus de la Transition depuis sa création. Pour donner de la chair à cette pédagogie innovante, qui mieux que Cécile Renouard, présidente du Campus et co-pilote du Manuel pour en expliquer la substance et l'intelligence : retrouvez sa vidéo « Connaissez vous les 6 portes de la transition écologique et sociale ? »

Également, sur la questions des imaginaires, Émeline Baudet, docteure en littérature comparée, livre des clés narratives qui favorisent la construction d'un autre récit pour éviter l'alternative entre l'effondrement et la fuite en avant technologique. : « Quelles histoires pour répondre à la crise écologique ? »

Avec humour, Aloïs le Noan est aussi allé à la rencontre de Rémi Beau philosophe spécialiste des questions d'éthique environnementale, pour l'interviewer sur la dimension sociale de la transition écologique : “La grande transition écologique et sociale, une lubie d'écolo ?”.

Enfin, avec l'entretien de Nathalie Frascaria-Lacoste, professeure à AgroParisTech, « Et Maintenant ? » aborde la question de la biodiversité et de l'ingénierie écologique à travers les éco-quartiers et la gestion durable des territoires : « Planter des arbres : oui, mais comment ? ».

Belle écoute !

Pour ne pas manquer les prochains épisodes : abonnez-vous à la chaîne.

Et aussi, parce que ces vidéos sont faites pour être accessible au plus grand nombre : n'hésitez pas à soutenir l'initiative. Parlez-en autour de vous, partagez sur vos réseaux, commentez en direct sur la chaîne et donnez-nous votre avis.


Accéder à l'intégralité du contenu

Enseigner la transition

un webinaire de la session "Enseigner les transitions et en transition" des chemins de la coopération et du Forum des usages coopératifs

avec Hakara Tea

Ce webinaire présentera l'initiative de la Rentrée du climat qui vise à déployer massivement des ateliers sur la Fresque du climat cet automne et de contribuer ainsi à sensibiliser des milliers d'étudiants et d'enseignants.

Une animation sous licence CC by nc nd, pour en faciliter la diffusion.

- Pour vous inscrire et obtenir le lien par retour de mél, merci de répondre à ce court formulaire en cliquant ici
- Pour participer au groupe "Transition écologique en coopération ouverte dans l'enseignement supérieur francophone", s'inscrire sur la liste sympa

"Face à l'urgence climatique l'information est la première condition d'une action efficace sur le plan individuel comme sur le plan collectif.

La Rentrée Climat offre l'occasion de former des dizaines de milliers d'étudiant·es aux enjeux climatiques . L'ensemble des établissements de l'enseignement supérieur est invité à se joindre au dispositif. Le programme est ouvert aux établissements sur l'ensemble de l'année académique.

Le dispositif Rentrée Climat est porté par l'association La Fresque du Climat.
L'objectif de l'association est de sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux climatiques, afin que chacun·e puisse mieux décrypter l'information et agir efficacement sur les plan individuel et collectif.

La Fresque du Climat est un outil pédagogique qui articule les conclusions du GIEC pour mieux comprendre les composantes du dérèglement climatique et sa dimension systémique.

D'une durée de 3h, l'atelier mobilise l'intelligence collective et la créativité des participant·es. Une personne formée à l'animation encadre les équipes afin de les guider durant l'atelier, de faciliter la communication entre les membres et d'apporter des explications complémentaires. Il faut compter 1 personne animatrice pour 12 participant·es.

L'atelier est aussi déployé en format numérique 100% en ligne. Cependant, l'animation sur ce format nécessite davantage d'expérience et le besoin d'animateur·rices est doublé."

Un texte repris du site de la Rentrée du Climat

Voir aussi

PS : la présentation du Master en humanités environnementales à l'université de Nantes par Sylvie Nail aura lieu à la rentrée en septembre-octobre.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le groupe "Hybridation en coopération ouverte" créé à la sortie du premier confinement sur Riposte Créative Pédagogique montre l'intérêt d'un partage d'expériences, de ressources face à une crise qui bouleverse les conditions de formation. La vingtaine de webinaires réalisés ou en cours en sont un reflet vivant.

Face à une crise écologique qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, voici maintenant la création du groupe "Transition en coopération ouverte" justifiée par l'urgence de la crise. Ce nouveau groupe en coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) [1] privilégie les productions et contenus réutilisables .

Avec un second webinaire le 30 juin à 16h

L'agenda du groupe

Un second webinaire le 30 juin à 17h
Une rencontre pour échanger sur les coopérations possibles, les ressources à mutualiser et un programme à co-construire.

Proposition pour la rencontre

  • Présentation de la dynamique
  • Petit exercice collaboratif : souvenirs du futur
  • Nos premier plus petit pas possibles

- pour participer au webinaire bientôt le lien pour s'inscrire
- pour s'abonner à la liste d'échanges

Et déjà une collecte sur le pad pour

  • noter un liens sur la transition écologique dans l'enseignement supérieur
  • indiquer une envie de faire

Et enrichir les bases de données ressources et initiatives

Avec les formulairer
-saisir une ressource,
-saisir une initiative
il est facile de signaler une ressource ou une initiative
autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone qui complète la centaine de ressources déjà partagées.


De la mutualisation à la coopération ouverte

Depuis 6 ans, Le magazine Innovation pédagogique met en réseau les publications d'une trentaine de sites qui acceptent de partager leur contenu. Au fil des années, la production éditoriale et la notoriété du site se sont accrues comme en rend compte ce graphe des visiteurs mensuels :

Avec la crise du Covid, les échanges d'expériences, réflexions, se sont multipliés avec plus de 200 articles publiés autour de l'hybridation et de la "Riposte Pédagogique". Dans un temps de crise où le monde ne peut plus fonctionner comme avant, l'urgence pousse de nombreuses personnes à coopérer au delà de leur seul établissement.

Pour favoriser cette coopération ouverte, un espace collaboratif "Riposte Créative Pédagogique, a été créé à l'image de Riposte Créative Territoriale [2] initié avec la direction Innovation du CNFPT et d'une dizaine d'autres espaces s'appuyant sur le même outil et la même démarche d'écriture ouverte et de partage des contenus.

Nous y apprenons un partage de ressources, de retours d'expériences au delà de nos établissements [3] avec par exemple le groupe "Hybridation en coopération ouverte" et la vingtaine de webinaires réalisés.

Alors que les publications sur Innovation pédagogique sont proposées à la publication par leur auteur ou via un flux RSS, dans les "Riposte", l'écriture est directe, modifiable et révisable (on peut facilement revenir en arrière) ; c'est un wiki. Et comme à l'école nous n'avons pas écrit à écrire publiquement pour être lu, dans les Riposte nous proposons un petit pas, le plus simple possible, pour écrire, avec l'usage de formulaires, tel celui des fiches ressources.

Les deux espaces sont reliés : les articles d'Innovation Pédagogique sur l'hybridation et en riposte pédagogique à la crise du Covid sont proposés sur Riposte pédagogique. Et les webinaires sont relayés sur Innovation Pédagogique.

Sous le "capot" des Riposte se trouve le logiciel libre yeswiki [1], particulièrement facile à utiliser dans l'esprit d'outil convivial [4] développé par Ivan iIllitch, un outil qui

- augmente l'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle ;
- ne suscite ni esclave, ni maître ;
- renforce le pouvoir d'agir

Les bases de données facilement modifiables, fournissent aussi une cartographie lorsque l'adresse d'une initiative est renseignée comme dans Riposte Créative Bretagne.

C'est cette démarche en coopération ouverte [5] que nous proposons pour la création de ce groupe autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone et en formation d'adultes.

Pourquoi un groupe en coopération ouverte autour de la Transition écologique ?

Je reprends ici la page de présentation du groupe dans Riposte Pédagogique.

Ce groupe travaille sur la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences Creative Commons ; pour répondre aux nombreuses questions qui se posent

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

Cette initiative est complémentaire des démarches internes d'établissements ou de consortium qui ont mis ces questions à leur agenda. L'espace gare d'aiguillage est là pour faire le lien vers les autres initiatives rendues publiques (et ne pas refaire ce qui a déjà été fait, en précisant les conditions de leur réutilisabilité ou non).

La particularité de ce groupe en Riposte Pédagogique est son caractère ouvert avec une volonté de partage des ressources et de favoriser la réutilisabilité de ce ce qui existe déjà.

Comme nous le disions dans le préambule, l'urgence de la crise plaide pour un partage où chacun ne refasse pas dans son coin où nous enrichissons des apports des autres et inventons une intelligence collective autour de communs en actes !

Pour quoi faire ?

Espace collaboratif ouvert chacun.e peut y participer selon son envie, et même avec un petit temps disponible (il suffit de quelques minutes pour ajouter une ressource à la base de données par exemple, signaler une ressource à un collègue concerné, ajouter un lien à la gare d'aiguillage).

Que peut-on déjà faire ?

- Rejoindre le groupe transition en coopération ouverte

Pour rejoindre le groupe, il suffit de vous inscrire sur la liste sympa en cliquant ici [2]

-Participer au premier webinaire le 25 mai en s'inscrivant via le petit formulaire

-Consulter les articles issus d'Innovation Pédagogique

Une soixantaine d'articles sont proposés autour

Ces pages sont alimentées par les flux RSS associés à des mots clés mis sur les articles d'Innovation pédagogique et la page d'accueil qui présente les 5 derniers articles associés évolue au fil des publications, (d'autres sources pourront être ajoutées).

-Référencer une ressource

La base de données ressources permet de référencer ce que vous pensez être une ressource (retour d'expérience, programme, descriptif d'Unité d'Enseignement etc ..). Dés qu'un certain nombre de ressources seront disponibles elles seront proposées directement dans cet espace (via un filtre sur le mot clé transition).

-Documenter la gare d'aiguillage

Les Ripostes Créative fonctionnent dans un logique d'archipel [6, 7] et n'ont pas vocation à regroupe mais à relier. C'est l'idée de gare d'aiguillage [8] qui renvoie vers les ressources dejà existantes.

La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations à l'animation de projets coopératifs Animacoop [9] est un espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration.

Pour la transition écologique dans l'enseignement supérieur une pagea été créée qu'il reste à documenter !

- Expérimenter un cercle d'apprentissage

L'archipel des Riposte Créative est aussi l'occasion d'un croisement des initiatives et nous pourrons nous inspirer des 10 cercles d'apprentissages mis en place par le CNFPT dans Riposte Créative Territoriale pour apprendre ensemble. Voir aussi le cercle apprenant sur la coopération entre ingénieurs, conseillers pédagogiques mis en place par le groupe hybridation en coopération ouverte (première réunion le 3 mai).

-Proposer un webinaire

Avec de 30 à 100 participants, la quinzaine de webinaires de Riposte Pédagogique ont été à la fois de riches temps de rencontres mais constituent aussi via les enregistrements et les ressources associées une base de contenus utiles sur différentes facettes de la pédagogie dans ce temps de crise.
là aussi une organisation collaborative où chacun.e peut proposer et organiser démultiplie le champs des possibles dans une organisation agile et frugale.

Voilà pour quelques propositions que nous avons déjà pratiquées [10] ; mais un groupe coopératif [9] ne manquera d'en faire émerger de nouvelles idées !

Toutes les coopérations avec des réseaux existants est bienvenue, ce groupe n'a aucune autre ambition que de faciliter la transition écologique dans un fonctionnement par consentement où celui qui a envie de faire fat dans la mesure où il n'y a pas d'objection sur le fond du projet !

Alors à bientôt pour croiser nos envies d'une transition écologique en actes dans l'enseignement supérieur francophone et ne formation des adultes.

Les publications citées

[1] Coopération ouverte pour un monde vivable et désirable, texte élaboré lors desrencontres Co-construire à Tournai, août 2019.

[2] La démarche Riposte Créative Territoriale, est présentée dans le film "Silence de l'innovation" réalisé par Thomas Troadec (54 mn), mars 2021.

[3] Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d'écriture collaborative réutilisable, par Michel Briand et Laurent Marseault, 21 juin 2020.

[4] Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative » espace en coopération ouverte, entretien avec Laurent Marseault et Florent Merlet, 15 avril 2021.

[5] La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et audio de la conférence de Michel Briand au colloque QPES 2019, dans Innovation Pédagogique, juin 2019.

[6] Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault, 12 mars 2021.

[7] - Agora des archipels, un espace de rencontres et de partage entre acteurs de la transition qui se retrouvent dans un fonctionnement u, qu'ils soient des individus, des collectifs en archipel.

[8] - La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations Animacoop espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration, un exemple de circulation ds flux sur Riposte Creative Bretagne.

[9] Animacoop formation à l'animation de projets coopératifs ]] et aussi Interpole, l'espace ressource de la CIA (Collectif Inter Animacoop).

[10] Créer et animer une "Riposte Creative, formation action autour de la coopération ouverte proposée au CNFPT par Michel Briand et Laurent Marseault et mise en oeuvre pour le département de la Gironde avec Julie Chabaud (février, mars 2021).

Quelques liens autour de la coopération ouverte

-Autour des compétences qui favorisent la coopération : L'état d'esprit collaboratif, « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer par Elzbieta Sanojca dans Innovation Pédagogique, 11 mars 2018.

-La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces par Romain Lalande et Laurent Marseault sur Vecam, 4 mars 2018.

-La coopération ouverte, un concept en émergence, par Elzbieta Sanojca, Michel Briand, dans Innovation Pédagogique, 15 mai 2018.

-E-book Cooptic un manuel à l'usage des animateurs de réseau et les contenus bonifiés par Gatien Bataille dans sa formation cooptic

-Histoires de coopération, une trentaine d'interview d'acteurs de la coopération ouverte sur le blog Coopérations, mars 2019.


Quelques projets en coopération ouverte

-Bretagne Créative
"L'innovation sociale ouverte, c'est donc donner à voir son projet/son idée, échanger avec les autres pour croiser et enrichir les savoirs-faire et compétences. Sources d'efficience et créatrices de lien social sur les territoires, les démarches collaboratives sont une manière de pérenniser et de multiplier ces initiatives tout en favorisant le bien commun."

-Riposte Créative Territoriale
L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ?
Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. »

-Riposte Créative Bretagne

« Une marmite ne commence pas à bouillir par le couvercle, mais toujours par le fond ! » Proverbe de Haute-Bretagne un espace collaboratif ouvert pour

  • donner à voir et mutualiser les initiatives en complémentarité des services et groupes mis en place
    -* exprimer des besoins prenant en compte les personnes en précarité, en situation de fragilité et éloignées des services proposés
  • favoriser l'attention, le soin, et une convivialité, et ainsi contribuer au bien vivre ensemble
  • favoriser des transformations créatives solidaires et en transition pour l'après

-Faire ecole ensemble
association - collégiale et à durée de vie limitée - qui facilite le soutien citoyen de la communauté éducative durant l'épidémie de COVID-19. Ses actions s'organisent par programmes et se destinent à être supportés par des coalitions d'organisations pérennes.

-Outils libres
Internet avait été conçu comme un réseau décentralisé, qui donne du pouvoir et de la liberté aux citoyens. Sortir nos informations des gros silos de données pour revenir à des petites structures ouvertes et inter-connectées, c'est possible avec un peu de savoir faire technique et de la bonne volonté. Dans le cadre du mouvement plus global des logiciels libres, et par sa rencontre et collaboration avec l'association Framasoft, Colibris a rejoint le Collectif d'Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) et met à disposition gratuitement des solutions libres et respectueuses de la vie privée.

-Transiscope
Aujourd'hui, de nombreux d'acteurs de la transition et des alternatives ont entamé un travail de recensement et de cartographie de leurs organisations, actions et écosystèmes.

Dans la majorité des cas, néanmoins, ces informations sont éparpillées sur les sites de chacune de ces organisations et les données ne peuvent pas communiquer entre elles en raison de choix techniques différents : aucune visualisation agrégée n'était jusqu'à présent possible.

Pour permettre de relier ces alternatives, une dizaine de collectifs travaillent depuis deux ans pour développer des outils libres permettant de connecter les différentes bases de données existantes et de les visualiser au même endroit : TRANSISCOPE

-Collectif Yeswiki
L'outil libre facilitant la coopération ouverte.
YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs.

A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité !

YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements.


[1] YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs. A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité. YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements. texte repris de la page d'accueil de YesWiki

[2] Cette liste est hébergée par Infinihébergeur associatif brestois et membre du collectif Chatons (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires)


Accéder à l'intégralité du contenu

Le collectif Paysages de l'Après Pétrole organise des ateliers pluridisciplinaires sur la spatialisation des enjeux énergétiques. Deux membres d'ISF ReSET ont tenté l'aventure.

Un article repris de la revue Ingénieurs sans frontières, une publication sous licence CC by sa

Un workshop de rencontres entre l'ingénierie, l'art et les paysages, et une trentaine d'êtres humains

Le domaine agricole va se transformer du fait des transitions, mais vers quoi et comment ? Les paysagistes sortent leurs crayons de couleur, les calques, retournent arpenter le site et faire un ou deux crobars. Les ingénieur·es se penchent sur les deux ou trois possibles techniques qui leur paraissent intéressantes, calculent, évaluent, scandent le temps technique, appellent des expert·es. Le mélange n'est pas encore au rendez-vous… les ateliers pluridisciplinaires sur des temps courts, appelés « workshops » chez les concepteur·rices (architectes, urbanistes, paysagistes), permettent d'envisager des possibles, comme un pas de côté, dans la longue série d'études techniques commanditées par une collectivité territoriale pour son développement. Ce rassemblement un peu farfelu crée souvent des rencontres inopinées, des désirs ambivalents de comprendre la méthode de la voisine ou du voisin, qui nous parait parfois moins efficace que la nôtre. Et pourtant, si on s'y essayait ? Serait-ce même indispensable pour réussir les transformations souhaitées ? Une ingénieure en énergie éolienne sait à quoi correspond un GWh/an, mais qu'en est-il de la maire, du boulanger et du paysagiste ?

C'est ainsi qu'est proposé le cadre de travail du workshop par une école de paysage et une association qui promeut les démarches paysagères pour construire les mondes à venir. La chaire paysage et énergie de l'Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles Marseille, le Collectif Paysages de l'Après-pétrole et le centre d'écodéveloppement de Villarceaux se sont ainsi associés pour proposer à une quinzaine d'étudiant·es de tous bords, dont deux adhérent·es d'Ingénieurs Sans Frontières, de questionner ensemble le devenir énergétique du petit territoire du Vexin normand. L'accompagnement artistique, par deux encadrant·es professionnel·les, favorise la rencontre et l'appréhension de cet enjeu énergétique autrement que sous l'unique prisme technique.

Les participant·es se sont rencontré·es, ont visité des sites où la question d'énergie est prégnante et ont commencé à envisager des possibles…. Et ont dû abréger la session pour cause de covid. Mais l'expérience est là, et le retour de nos deux jeunes ingénieur·es à l'esprit critique en proposent une lecture vécue. Avec l'une des organisatrices du workshop, également adhérente à ISF, elle·ils présentent des pistes de réflexion sur les façons de co-construire l'application de la technique.

Vécus mélangés mais enthousiastes des ingénieur·es

A : Pourquoi êtes-vous venu·e ?

T : La conscience de la réalité du changement climatique commence à être massivement répandue, et de nombreux dispositifs d'évaluations existent pour étudier la pertinence des projets sur des critères techniques souvent quantitatifs. Pourtant, cette accumulation de méthodes d'évaluations s'est accompagnée d'une hausse colossale de la quantité d'énergies fossiles extraites et consommées, ainsi que d'une hausse moins remarquable d'installation de dispositifs d'énergies renouvelables. Pas de transition, juste une accumulation de consommations. Nous n'avons pas du tout observé de baisse de la consommation d'énergie. Dans les projets sur lesquels j'ai pu travailler dans mes stages, j'ai pu voir que ces méthodes d'évaluations font leurs chemins et parfois proposent des objectifs intérressants. Seulement, les équipes ont tellement l'habitude de considérer que l'énergie est illimitée que le sujet n'est pas considéré comme une limite. On raisonne à l'envers, on fait des estimations de consommations basées sur les surfaces projetées, pas sur la quantité d'énergie disponible.

Voir un cadre de travail qui prend en compte l'énergie est déjà un soulagement en soi. Mais en plus de présenter des outils, ce workshop aborde ces sujets avec une perspective sensible trop souvent oubliée dans les projets urbanistiques. Car on ne fait pas que des projets pour vivre, on les fait surtout pour y vivre.

F : Je participais au workshop en tant qu'étudiante en L3 de sociologie. Mon projet professionnel est de construire de façon "intelligente", dans le sens bioclimatique du terme. Commençant par un parcours d'études en architecture, j'ai choisi de me réorienter en ingénierie spécialité génie climatique et énergétique afin d'obtenir un bagage technique. J'ai alors pu me confronter au monde normalisé de l'ingénierie par rapport à celui créatif de l'architecture. J'ai également compris que le fait qu'il y ait théoriquement un seul résultat possible pour un énoncé technique est plus que questionnable dans la pratique. A l'inverse, qu'il y ait de nombreuses propositions valables permettant de répondre à une même situation intiale est une notion facilement appréhendable dans le cas de l'architecture.

L'approche sociologique me permet de penser le rapport de l'humain à l'habitat.

Du fait de mon parcours, j'étais très intéressée par l'approche pluridisciplinaire de ce workshop mais aussi par sa thématique.

A : Qu'est ce qui vous a plu dans ce workshop ?

F,T : Les profils variés des participant·es ainsi que des encadrant·es ont permis de créer directement un environnement propice à l'interconnaissance. C'est donc dans cet état d'esprit que nous avons découvert quatre systèmes énergétiques différents au cours d'un parcours à vélo nous permettant une approche sensible du territoire par l'échelle humaine de notre moyen de locomotion - contrairement à la voiture qui écrase et densifie les paysages par la vitesse.

Les trois acteurs du territoire rencontrés nous ont présenté les systèmes énergétiques qu'ils avaient adopté et dont nous avons pu questionner la pertinence en échangeant avec qu'eux sur leurs visions et leurs réflexions par rapport aux changements que connait le monde agricole ces dernières décennies. De la production alimentaire, ils sont devenus également fournisseurs d'énergie (électrique, thermique).

Nous avons aussi pu échanger sur la question de la ré-autorisation des néocotinoïdes. Un agriculteur en conventionnel et en bio nous as beaucoup surpris car il était pour leur ré-autorisation, mais il nous as semblé qu'il ne nous donnait que des arguments contre. En paraphrasant, il nous disait que "Si on a le droit de les utiliser, certains vont le faire et ceux qui ne le font pas seront désavantagés, donc je m'en sers aussi. Pour que cela ne se fasse pas il faudrait que le consommateur accepte une baisse de production et parfois de payer plus cher." Nous étions assez confus, car il nous semble que cet argumentaire justifie parfaitement leur interdiction. Il faut certes vérifier que les gens puissent toujours acheter à manger, mais c'est un sujet qui nous semble plus facilement réglable que celui de la polinisation sans abeilles.

T : Ce workshop fût aussi l'occasion de croiser des regards sur l'espace et de contribuer à rendre possible cette interdisciplinarité si souvent désirée dans les colloques, que ce soit à l'EIVP ou à l'école de paysage de Versailles, mais si peu concrète en milieu pro où les taches sont réglés par les contrats. Et puis, l'évènement a su briser un peu l'autorité qu'on associe à chaque profession. J'ai beaucoup apprecié de ne pas être vu comme une autorité technique, je pense que cela a grandement amélioré la qualité des échanges.

A : Qu'est ce qui selon vous pourrait être amélioré ? Avez-vous "rencontré" une culture professionnelle différente de la vôtre ?

F, T : Il manquait un brise-glace au programme, il a donc été un peu difficile de devenir un groupe. L'annonce du confinement a créé un fort moment d'empathie et a renforcé les échanges. Comme c'était un peu court, nous sommes resté·es avec les gens que nous connaissions au début. Il y a eu quelques échanges sur des lectures sur l'agroécologie, sur ce qui nous réunissait plus que sur nos cultures professionelles et leurs différences.

Vers des pratiques d'ingénieur·es critiques et capables de prendre en compte la dimension sensible de l'espace ?

L'expérience vécue dans le Vexin normand est l'une des expériences qui permet de croiser les méthodes professionnelles et les savoirs faires à partir du paysage. D'autres expériences, comme le workshop mené par la chaire paysage et énergie en 2018 "Imaginer le paysage énergétique du futur du plateau de Saclay" (http://www.ecole-paysage.fr/site/chaire-entreprises-paysage-energie_fr/Workshop-Concours-Saclay.htm) ou encore le workshop étudiant réalisé par le collectif PAP à Avignon EN 2017 " Avignon, cité des P.A.P. – un territoire péri-urbain en quête de mobilités d'après-pétrole, vers de nouveaux paysages." sont d'autres moments qui favorisent la rencontre des méthodes interdisciplinaires. Quels sont réellement ces appports à la formation d'un·e ingénieur·e citoyen·ne ? Le manifeste FormIC publié en 2013 par ISF France dénonce un rapport neutre à la technique enseigné dans les écoles d'ingénierie. La dimension sensible est constitutive des choix et des motivations politiques des acteur·rices, et interfère avec les choix techniques pris sur les territoires, en l'occurence, ici, sur l'énergie. Si d'ici on voit les éoliennes, comment cela m'affecte-t-il ? Vais-je être oppressé·e ou enthousiasmé·e par celles-ci ? C'est le travail de la·du paysagiste que de prévoir les ambiances spatiales ainsi créées. Ce savoir faire, alliant sensible et technique pour fabriquer des espaces agréables et vivants, est une des conditions de réussite de fabrication de nos modes de vie à venir, moins pollués, plus soutenables et beaucoup plus respectueux de la biodiversité et des gens. Les ingénieur·es ont donc à gagner de croiser leurs savoirs faires avec ces compétences, ouvrant ainsi sur des imaginaires plus en prise avec l'art. Car c'est aussi par l'art que le changement d'imaginaire vers ces mondes plus durables pourra exister et rendre opérationnelles des idées complexes et nouvelles.

Les trois membres d'ISF France impliqué·es dans ce workshop ont donc souhaité prolonger l'expérience : lors des RESIC 2021, un atelier en ligne a proposé de "Dessiner le monde d'après", où les participant·es ingénieur·es furent invité·es à mettre les chiffres de côté pour laisser la place au crayon et imaginer des premières idées d'aménagement. Malgré la distance, 6 groupes ont proposé des dessins de territoires pleins de réflexions et d'action en adéquation avec un ce monde souhaité et spatialement harmonieux. L'expérience a amené de l'enthousiasme, et des sujets thématiques variés (éducation, santé, logements, alimentation, accès à la nature, ...). Dess(e)ins à développer ; à vous de participer !


Accéder à l'intégralité du contenu
Avec de nouveaux formats d'ateliers autour de l'alimentation, les enfants comprennent que la manière dont on traite la planète se répercute sur notre santé. Ella Olsson/Unsplash, CC BY

Dans la mesure où les produits ultra-transformés sont associés à des risques significativement accrus de maladies chroniques, veiller à une alimentation saine est un vecteur essentiel de protection de la santé. La prévalence des maladies chroniques est aussi associée à un accroissement des inégalités sociales de santé, les populations les plus défavorisées étant les plus affectées, et consommant le plus d'aliments ultra-transformés. Notons que la prévalence de l'obésité, favorisant le développement d'autres maladies chroniques, est passée de 8,5 à 15,0 % en France entre 1997 et 2012, pour atteindre 17 % en 2015.

En réaction à cette évolution de l'obésité, les pouvoirs publics agissent depuis une vingtaine d'années, notamment à travers la création du Programme National Nutrition Santé. La question d'une éducation à l'alimentation est également émergente : elle est incluse depuis 2016 dans le code de l'éducation et est encouragée par l'avis n°84 du Conseil national de l'alimentation.

L'alimentation humaine est très influencée par les représentations qui lui sont associées : on mange autant ce qui est « culturellement comestible » que ce qui l'est biologiquement. Selon le sociologue Claude Fischler, c'est aussi, en plus de leur culture, l'expérience quotidienne et répétée des enfants avec leur alimentation qui influence leurs représentations alimentaires.

Les enjeux autour de l'éducation à l'alimentation sont donc absolument conséquents : son organisation à l'école publique pourrait permettre aux enfants non seulement d'acquérir des connaissances mais aussi de comprendre, en tant que futurs citoyens, comment leurs choix alimentaires influencent leur santé, ainsi que celle de l'environnement.

L'attention doit cependant être également portée sur son approche pédagogique. En effet, il est connu que les allégations de santé peuvent être inefficaces lorsque celles-ci s'adressent à des populations sans tenir compte de leurs spécificités culturelles. Il s'installe en effet souvent une « distance culturelle » entre les discours de santé publique et les milieux populaires, qui tend à largement limiter leurs effets. Il semble de même que les discours de santé qui relèvent de l'injonction peuvent non seulement être inefficaces, mais de surcroît stigmatiser les populations auxquelles ils s'adressent.

De trop grandes disparités

Ces quelques éléments nourrissent la réflexion à propos de ce que pourrait (et ne doit pas) être une telle éducation à l'alimentation. Mais qu'en est-il réellement aujourd'hui ? Une enquête de terrain sociologique de type qualitative réalisée au sein d'écoles élémentaires de la région Normandie nous a montré que cette éducation est particulièrement compliquée à réaliser pour les enseignants, qui ne disposent pas de formation en la matière.

Elle s'apparente ainsi à diverses formes « d'éducation à », comme « l'éducation au développement durable », ou encore « l'éducation à l'égalité des filles et des garçons ». Celles-ci sont stipulées dans le code de l'éducation, mais ne s'inscrivent pas dans un programme et ne sont pas contrôlées par les inspecteurs de l'éducation. Autrement dit, leur exercice ne dépend que de la bonne volonté des enseignants, de leur sensibilité particulière, mais aussi des ressources dont ils disposent (en termes de temps et d'énergie).

Une multiplication des injonctions d'exercer ces types « d'éducation à » entraîne souvent de la confusion chez les enseignants. Nous avons par exemple pu constater sur le terrain la mise en place d'une « classe du goût » en guise d'éducation à l'alimentation, dans une école située dans un quartier prioritaire : celle-ci servait davantage la finalité d'éduquer au « vivre ensemble » (les enfants étaient chargés de ramener en classe des aliments et plats provenant du pays d'origine de leurs parents), sans questionner les effets que peuvent avoir la nourriture sur la santé.

Ainsi, si l'éducation à l'alimentation a été pensée par le ministère de l'Éducation afin de répondre aux problématiques de santé qui lui sont liées (principalement à celle de l'obésité), il semble que, sur le terrain, les enseignants font comme ils peuvent avec ce qu'ils ont. La plupart des écoles et des enseignants auprès desquels nous avons enquêté n'ont jamais abordé la question de l'alimentation à l'école, faute de manque de temps et d'informations les guidant sur la manière de procéder.

Une réflexion globale

Dans le contexte actuel, nous pensons qu'il faudrait considérer avec plus d'attention la question de l'éducation à l'alimentation, jusqu'à envisager un programme national commun aux différents établissements scolaires.

Nous avons pour notre part mené des expérimentations afin d'identifier des solutions pratiques, à la fois conscientes des avancées en alimentation humaine et des problématiques sociologiques. En nous basant sur les réflexions que nous avons évoquées ci-dessus, nous en sommes arrivés à une « éducation à l'alimentation holistique ».

« Holistique » par le fait que la compréhension des liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement dépend moins de l'acquisition de connaissances particulières et isolées les unes des autres que d'une compréhension générale et englobante. Mais aussi parce qu'une compréhension holistique des enjeux propres à ces liens permet aux enfants de s'impliquer dans le développement d'une réflexion et d'une discussion. La méthode que nous proposons consiste à communiquer aux enfants des phrases d'accroches, simples à comprendre, qui leur permettront de prendre la parole en mobilisant des connaissances dont ils disposent personnellement et qu'ils ont acquises en dehors de l'école.

Cette approche se distingue des slogans actuellement diffusés, dans la mesure où elle permet aux enfants de devenir pleinement acteurs. Par exemple, nous avons proposé à des enfants de 10 ans de deux écoles situées dans des quartiers prioritaires de s'exprimer à propos d'une citation d'Héraclite : « la santé de l'homme est le reflet de la santé de la terre »

Une implication personnelle

Alors qu'ils semblaient, lorsqu'ils étaient interrogés individuellement, peu concernés et intéressés par ces sujets, ils ont là été en mesure de développer une discussion et une réflexion cohérente. L'un expliquait que la terre a besoin des arbres pour respirer, un autre lui répondait que nous en avions aussi besoin, tandis qu'un autre encore évoquait le fait que nous avons besoin des abeilles pour la pollinisation.

Cette discussion contribua à amener l'idée plus générale que la manière dont on traite la planète se répercutera sur notre santé, notamment parce que la qualité de ce qu'on mange en dépend. Les enfants se sentent directement impliqués et concernés par les réflexions développées. L'éducateur, lui, amène à une réflexion globale via des phrases d'accroche, et fournira éventuellement des informations dans des échanges de questions/réponses avec les enfants.

La collaboration de la sociologie, de l'alimentation humaine et des sciences de l'environnement nous a permis de développer un ensemble de réflexions pour une éducation à l'alimentation adaptée aux enjeux sanitaires et sociaux. Nous pensons qu'il est important d'enseigner aux plus jeunes une totalité plutôt que des « parties », notamment à propos des effets de nos choix alimentaires sur la santé globale.

La mise en place d'une réflexion sur les liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement permettrait aux enfants de se l'approprier, tandis que l'enseignement d'informations isolées les unes des autres semble inefficace auprès des enfants issues de milieux sociaux défavorisés, qui ne se sentent souvent pas concernés par celles-ci. Nous souhaitons proposer de mieux expérimenter cette approche éducative, si possible à l'échelle nationale et dans le cadre d'un programme.

The Conversation

Anthony Fardet est membre des comités scientifiques/experts de Siga, Wuji & co, MiamNutrition, Complexus Care, centre ERASME Jean Monnet et du Projet Alimentaire Territorial Grand Clermont-PNR Livradois Forez. Il est aussi adhérent aux associations GREFFE et ANIS Etoilé.

Louis Lebredonchel does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le 29 mars, le groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n'a sorti ses recommandations qu'après huit mois d'attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Un article repris du magazine ingénieurs sans frontières, un site sous licence CC by sa

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l'ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d'ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d'intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation.

L'objectif retenu par le groupe de travail est d'avoir, à terme "100% des apprenant⋅es dans le système d'enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours" alors qu'aujourd'hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l'ensemble des apprenant⋅es.

Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d'enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre :

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d'accréditation de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d'accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d'ingénieur⋅es d'enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d'enseignements traitant de la transition écologique.

La CTI représente un acteur central dans l'écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d'accréditation.

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu'il s'agisse de l'adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l'ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante.

Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l'ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l'entoure, défend ardemment l'interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L'intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n'est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l'établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l'enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n'est pas pour cela que les étudiant⋅es s'en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s'assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d'impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l'établissement.

Au travers du programme "Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne", Ingénieurs Sans Frontières s'engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d'ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d'outils et d'une diversité d'acteurs autour de ces questions

La société civile n'a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait.
Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l'éthique et le rôle de l'ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l'ingénieur⋅e, au travers d'outils spécifiquement conçus pour agir auprès d'un public d'étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d'ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l'objectif de sensibiliser au rôle joué dans la transition écologique.

Ce rapport, bien qu'intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l'administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l'absence d'action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s'emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d'ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d'action Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s'appuyant notamment sur ce programme d'ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.


Accéder à l'intégralité du contenu
- la suite des articles "Enseigner la transition"

Rapports enseignement supérieur et transition

Le Shift est heureux de vous convier au webinaire de présentation de son nouveau rapport intermédiaire : « La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique », le jeudi 6 mai de 14h à 18h30. Ces travaux intermédiaires ont été réalisés dans le cadre du projet Stratégies de résilience des territoires, initié au mois de septembre 2020.

Les inscriptions sont ouvertes !

Cette présentation (14h/16h15) sera suivie d'ateliers collaboratifs (16h15/18h30) afin de pouvoir discuter de ces premières conclusions avec toutes les parties prenantes intéressées. Attention : afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers seront réservés à un nombre très limité de participants. Vous pouvez vous y inscrire, mais nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

Comment assister ?

Date : Jeudi 6 mai 2021, en format webinaire, de 14h à 18h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

14h00 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

14h10 Mot d'introduction

  • Matthieu Auzanneau, Directeur, The Shift Project

14h20 Présentation du rapport intermédiaire : Stratégies de résilience des territoires

  • Laurent Delcayrou, Chef de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Corentin Riet, Chargé de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Fiona Mille, Membre des Shifters et contributrice du projet « Stratégies de Résilience des territoires »

15h10 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

15h25 Table-ronde

16h00 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

16h15 Mot de conclusion

Pause de 5 minutes

16h20 – Ateliers collaboratifs

Les participants sélectionnés sont répartis par atelier dans des salles virtuelles, et confiés à un.e animateur.rice pour une durée de 1h30. Afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers sont réservés à un nombre très limité de professionnels du secteur de l'administration publique. Nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

  • Atelier 1 : Mettre en œuvre de premières actions pour la transition écologique et la résilience de son territoire

  • Atelier 2 : Renforcer les capacités des acteurs en faveur de la transition écologique et de la résilience du territoire
  • Atelier 3 : Imaginer ensemble une vision désirable, sobre et résiliente de son territoire
  • Atelier 4 : Faire évoluer son organisation pour mener la transition écologique et bâtir la résilience de son territoire
  • Atelier 5 : Inventer de nouvelles coopérations et solidarités territoriales, de l'immeuble au bassin versant

17h50 – Restitution des ateliers en plénière

18h25 – Conclusion

18h30 – Fin de l'événement

A propos du projet

Avec le projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project entend interpeller non seulement les élus, mais aussi l'ensemble des acteurs territoriaux, sur les implications structurelles de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours sur les territoires, et fournir des éléments pour l'action permettant de bâtir des stratégies locales de résilience.

Le projet permettra d'exposer les implications systémiques, de long terme et irréversibles, de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours et d'illustrer les risques qu'elles font peser selon les territoires et selon les populations. La résilience des territoires sera considérée comme un horizon mobilisateur pour appréhender la complexité et la dimension holistique de ces enjeux et ainsi faciliter le renouvellement des visions et des trajectoires de développement sur les territoires. Le foisonnement actuel d'actions, d'acteurs, d'outils mobilisés en réponse aux problématiques climat-énergie fera l'objet d'un état des lieux critique. Le projet étudiera l'intérêt en termes de résilience territoriale, d'initiatives locales innovantes se réclamant de la transition, très actives sur les territoires ainsi que certains travaux de prospective et de recherche particulièrement inspirants. Tout au long du projet, l'action et le rôle de la Région comme chef d'orchestre des initiatives de transition et d'adaptation au niveau local seront questionnés. Des recommandations spécifiques à destination des acteurs régionaux – mais aussi de l'Etat – seront formulées.

Nous développerons en trois cahiers les messages et principes clefs pour bâtir des stratégies de résilience des territoires à la hauteur de l'enjeu. Considérant la résilience comme un processus de long terme, nous proposerons des pistes d'action pour amorcer le changement sur son territoire.

L'article [Invitation] Présentation rapport intermédiaire « Stratégies de résilience des territoires » & Ateliers (Jeudi 6 mai à 14h) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Shift publie un nouveau point d'avancement du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), sous forme de fiches approfondies pour chaque secteur et chaque chantier transversal du programme.

Ces nouveaux documents mis en ligne aujourd'hui succèdent aux publications déjà partagées depuis le lancement du PTEF : le premier Rapport de la Vision globale_v0, publié en juillet 2020, et le Rapport de Synthèse de la Vision globale_v1 publié quant à lui en octobre 2020.

En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, via la consultation et la mobilisation du plus grand nombre d'acteurs possible.

Nous diffusons aujourd'hui une petite vingtaine de fiches qui donnent un aperçu de l'avancement de chaque équipe du PTEF à fin 2020, sachant que bon nombre d'entre elles préparent déjà les rapports sectoriels approfondis qui seront publiés courant 2021-2022. Chacune de ces fiches peut se lire séparément, mais il est probable que vous ayez envie de ne pas limiter votre lecture à un seul secteur, tant ils sont liés les uns aux autres.

L'ensemble du contenu de ces fiches – point de départ, leviers de décarbonation proposés, réalité du secteur ou de l'économie après transformation, données, calculs, etc. – a naturellement vocation à être un objet de débat continu, a fortiori dans la période pré-électorale décisive que nous connaissons.

Votre contribution est donc plus que souhaitable tant sur la recherche que sur la diffusion. Un bon point de départ pour cela est de répondre à notre grande consultation, la Big Review, ou encore de rejoindre l'association des Shifters.

Publication complète

Fiches sectorielles approfondies

L'article Nouvelles publications du Plan de transformation de l'économie française est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le 5 novembre dernier, FAImaison a organisé un arpentage du rapport du Shift Project « Déployer la sobriété numérique ». Ce texte se veut un compte-rendu de cet arpentage et des échanges auxquels il a donné lieu.

un article repris du magazine Faimaison, un publication sous licence par défaut CC by sa

Pour rappel, l'arpentage est une méthode d'éducation populaire permettant de lire collectivement un ouvrage : les participants et participantes se
répartissent la lecture de l'ouvrage et résument ensuite au groupe ce qu'elles
ont lu. Ici nous avions décidé que chacun et chacune, à l'issue de sa lecture,
rapporterait au groupe une chose qu'elle a apprise et une chose qui l'a
surprise.

Dans la continuité des deux précédents rapports de The Shift Project, parus en 2018 et 2019, Déployer la sobriété numérique se veut un guide de mise en oeuvre de la sobriété numérique, c'est-à-dire « une prise de conscience de l'impact environnemental du numérique » selon leurs mots.

Dans l'ensemble nous avons tous et toutes été surprises par le ton du rapport :
technique, voire technocratique, il nous a rebutées et nous a donné le
sentiment d'être destiné aux « décideurs » alors que nous aurions souhaité, sur
un sujet aussi important, un document utilisable par les citoyens et citoyennes.

Bien que ce texte pose des questions intéressantes, telles celles de
l'extraction des matières première ou de l'économie de l'attention, il laisse
un goût d'inabouti en bouche, ces sujets étant survolés au profit d'une analyse
majoritairement quantifiée de la consommation électrique d'éventuels systèmes
dits « intelligents ».

L'autre grand absent du rapport est le politique : rédigé à destination des
chefs d'entreprises ou d'institutions, il ne traite que des sujets sur lesquels
ceux-ci s'autorisent à agir et constitue par conséquent plus un outil de
lobbying ou de marketing que de transformation de la société. Il ne conçoit la mise en oeuvre de la sobriété numérique que d'un point de vue vertical et descendant, sans se poser la question de l'appréhension citoyenne de ces enjeux.

Le premier rapport semblait plus prometteur quant à l'état des lieux réalisés

En conséquence, si l'on peut partager les constats desquels part le Shift
Project, dont le rapport fournit d'intéressantes illustrations, il ne nous
semble pas possible de pouvoir utiliser ce dernier afin de construire une
alternative politique au développement actuel de l'informatique.

Références :

Nous avons échangé quelques références au cours de nos discussions.


Accéder à l'intégralité du contenu

Après 5 mois de travail, l'équipe du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle : Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations du Groupe INSA » (mené en partenariat avec le Groupe INSA) publie son rapport intermédiaire – la méthode, l'état des lieux, le référentiel de connaissances et de compétences –, et organise des ateliers collaboratifs afin de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes intéressées. Ce projet vise à proposer une méthode pour mieux intégrer les enjeux écologiques dans les formations de l'ingénieur, grâce au cas d'étude du Groupe INSA.

La publication de ce rapport intermédiaire fera l'objet d'une présentation en ligne et d'ateliers collaboratifs le mardi 9 février 2021. Retrouvez dès à présent la page de l'événement ; retrouvez prochainement le compte-rendu de cet événement ainsi que son replay.

Pour en savoir plus sur le projet.

Le rapport intermédiaire est disponible !

A PROPOS DU PROJET :

Mener la transition vers une économie et une société décarbonée, sobre et résiliente implique de mobiliser tous les secteurs de la société. Tous les étudiants doivent être formés aux enjeux énergie-climat. Quant à l'ingénieur du XXIème siècle, il est la cheville ouvrière de la transition écologique et énergétique. Il ou elle, décideur ou technicien, doit intégrer dans ses décisions la raréfaction des ressources disponibles, notamment énergétiques, l'effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, et autres enjeux physiques, ainsi que leurs conséquences sociétales. Cependant, ceux-ci demeurent peu formés à ces enjeux.

Le 9 novembre dernier, The Shift Project a présenté au grand public le lancement du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle » qui vise l'intégration des enjeux socio-écologiques au cœur de toutes les formations du Groupe, en partenariat avec celui-ci.

[Si le sujet « Enseignement Supérieur & Recherche » vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift ! Vous pouvez également retrouver toutes les vidéos des webinaires du projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux climat-énergie » sur notre chaîne Youtube dédiée. ]

L'article Publication du rapport intermédiaire « Former l'ingénieur du XXIe siècle » est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Manuel de la Grande Transition est un travail collectif dans sa rédaction et sa conception. Cette belle aventure a réuni 70 enseignants-chercheurs, des étudiants et des professionnels qui ont participés à la réflexion pendant des jours, des semaines et plusieurs mois afin de vous présenter un travail complet et des outils concrets sur la transition écologique et sociale.

Le Manuel de la Grande Transition est également un travail collectif dans sa publication. Vous avez été 143 à contribuer à notre financement participatif sur le site Hello Asso. Sans ces dons, le Manuel ne pourrait avoir fait son apparition sur les étals des librairies de France dès la mi- octobre. Grâce à vous, c'est 20 050 euros qui nous permettent d'amorcer le projet et de commander les premiers livres. Et nous vous adressons à tous et à toutes un grand merci !

La crise du COVID-19, la fermeture des librairies s'en suivant, nous avons eu peur que le public ne puisse se procurer facilement l'ouvrage. Il n'en a rien été puisque vous avez été nombreuses et nombreux à pré-commander, à commander en ligne et à acheter en boutique le Manuel. Et c'est également pour cela aussi que nous vous adressons un GRAND merci ! Pour continuer à lire et à nous soutenir, il est toujours possible de vous procurer l'ouvrage en librairies mais aussi en ligne.

C'est grâce à un même travail collectif que nous pourrons changer, nous former et nous transformer pour faire face aux enjeux du 21ème siècle !

Cécile Renouard, Rémi Beau, Christophe Goupil, Christian Koenig, l'équipe FORTES' et le Campus de la Transition.


Accéder à l'intégralité du contenu
- la suite des articles "Rapports surenseigner la transition"


Numérique responsable

Michaël Bourgatte, « Casilli Antonio (2019). En attendant les robots. Enquête sur le travail du clic », Revue française des sciences de l'information et de la communication [En ligne], 22 | 2021, mis en ligne le 01 mai 2021, consulté le 24 mai 2021. URL : http://journals.openedition.org/rfsic/11495 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rfsic.11495

Qui a lu le premier opus de Tintin au pays des soviets aura sans doute gardé en mémoire ces vignettes donnant à voir des usines fumantes lesquelles se révélaient n'être que des façades en carton-pâte dès lors qu'on les approchait. Hergé, sous les traits de son jeune reporter, cherchait alors à dévoiler la face cachée d'un socialisme soviétique défaillant dans un savant mélange d'humour et de politique. Loin de comparer pied à pied ce volume de Tintin et le livre d'Antonio Casilli, une analogie au moins est possible. Si la proposition est cette fois-ci scientifique, elle n'est ni dénuée d'humour (qui connait un tant soit peu l'auteur sait qu'il n'en est pas dépourvu), ni d'engagement politique (bis).

En attendant les robots d'Antonio Casilli est un livre qui se positionne à la frontière de la sociologie et des sciences politiques, disciplines dont l'auteur se revendique lui-même dans les dernières pages du livre. Une perspective qui est entérinée par la présence d'une postface au volume signée par Dominique Méda dont l'approche se situe également à cet endroit. À première vue, la perspective d'Antonio Casilli peut donc apparaître éloignée des préoccupations d'un chercheur en SIC. Or, il n'en est rien. D'emblée, il me semble en effet important de dire que ce livre servira avec certitude les desseins de ceux qui, en SIC, donneront un grand cours d'introduction au numérique en Licence ou plus largement sur les cultures numériques. Un livre qui entrera également dans les bibliographies de ceux qui veulent explorer le fonctionnement de cette industrie avec leurs étudiants. Du point de vue de la méthode employée, le livre est aussi un modèle du genre (explorer les relations entre la théorie et le terrain, les modalités de conduite d'enquêtes, etc.). Finalement, il pourra alimenter un grand nombre de recherches en SIC sur le numérique tant il aborde de nombreuses questions.

En attendant les robots regarde l'envers du décor de la Silicon Valley pour nous montrer la coulisse d'un capitalisme en berne. Derrière le faste apparent de l'univers de la High Tech californienne, des innovations et des dollars, une machine infernale d'exploitation humaine plus ou moins féroce est en marche, dans l'ombre, depuis des années. Quand on triomphe de l'automation et de l'intelligence artificielle, il n'est en fait que le produit d'une exploitation humaine plus ou moins consentie. Si l'épaisseur du volume (près de 400 pages) pourrait rebuter le lecteur, il convient de préciser d'emblée qu'une bonne partie de celui-ci (près d'un quart) est consacré à la postface (précieuse), aux notes (nombreuses) et à la bibliographie (riche) qui assoient ce livre comme une référence incontournable sur le sujet. En outre, le texte est écrit dans une langue aussi exigeante qu'accessible, ce qui met sa lecture à la portée de tous, enseignants-chercheurs, étudiants et même grand public.

L'entrée en matière est aussi efficace qu'incisive. En quelques lignes à peine, le sujet est posé : de jeunes entrepreneurs du numérique ne sont pas en capacité d'automatiser leurs services ou bien ils doivent faire en sorte que leurs machines apprennent à répondre à des requêtes. Ainsi, ils promeuvent une idée sous la forme d'une proof-of-concept auprès d'investisseurs, puis sous-traitent un travail de collecte ou encore de modération de données en ligne à une main-d'œuvre bon marché. Cette dernière réalise un travail sous-terrain, à la main, qui singe une action automatique ou accompagne l'apprentissage de la machine. Ces « travailleurs du clic » comme Antonio Casilli les appelle, sont ici ou là dans l'océan Indien, à Madagascar, aux Philippines, en Inde ou au Kenya. Payés un salaire de misère, il est toujours plus économique de les employer en nombre que de conclure un contrat onéreux avec une petite équipe d'informaticiens compétents qui pourraient œuvrer au déploiement d'une véritable IA.

La question du digital labor, autrement traduite par « travail précaire du numérique », est l'axe de spécialité de l'auteur. L'engouement grandissant autour des IA et leur capacité à générer des flux économiques sans précédent a conduit à l'émergence d'une situation nouvelle et quasi inattendue de déplacement ou de transformation du travail de l'ouvrier. Le voici désormais au service de la machine, là où la question de l'automatisation avait longtemps été envisagée d'une seule manière : celle du grand remplacement. Autre mutation : la sur-précarisation de ce travailleur qui n'a plus guère de compétence réelle à faire valoir, sinon être résilient (on pensera en particulier à cette modératrice philippine travaillant pour Youtube et capable d'absorber une quantité journalière d'images phénoménale dans la minisérie Les travailleurs du clic produite par France Télévision et supervisée par Antonio Casilli lui-même).

Les observations de l'auteur s'inscrivent dans une histoire longue du capitalisme et elles soulèvent de nouvelles questions politiques de fond. En effet, la situation d'une très grande partie des travailleurs du numérique va clairement à l'encontre des idéaux utopiques qui animaient les précurseurs de l'informatique et des réseaux, lesquels idéaux ont ensuite été repris par les hérauts de cette nouvelle économie : mettre en commun les ressources de l'humanité, bannir le principe de la propriété privée et finalement faire disparaître le travail aliénant de la surface du globe. Le principe de la propriété privée reste de mise, tandis que de nouveaux métiers particulièrement dégradants ont vu le jour. Métiers dans lesquels le travail de l'ouvrier n'aboutit même plus à la production d'un bien tangible qui a une valeur concrète. La valeur se trouve désormais dans les données permettant de le caractériser, de l'identifier ou de le localiser.

Cette logique algorithmique – à partir de laquelle les nouveaux entrepreneurs de la Tech réfléchissent – ne trouve pas toujours de concrétisation technique, ce qui explique pourquoi il faut remplacer la machine par des hommes ou faire travailler des hommes pour qu'ils apprennent à la machine à devenir performante. Dans le premier cas de figure, les usagers eux-mêmes sont mis à contribution, plus ou moins à leur insu, et très souvent gratuitement, en notant ou commentant des biens et des personnes. En faisant cela, ils donnent de la valeur à des plateformes comme Airbnb qui met en relation une offre et une demande, le propriétaire d'un bien immobilier et une personne souhaitant louer ce bien. Airbnb se concentre ainsi sur les performances techniques de son service. Les utilisateurs font le reste en produisant les données qui lui permettent de grossir et de se renforcer selon un double principe cumulatif et de raffinement continu. Dans le second cas de figure, des travailleurs faiblement rémunérés réalisent des tâches répétitives pour entraîner la machine, laquelle apprend toujours selon le même modèle cumulatif et de raffinement. Les modérateurs de vidéos Youtube, comme dans l'exemple précédemment cité, évitent ainsi aux internautes de tomber sur des images non appropriées (pornographie, violence…), mais dans le même temps, ils creusent leur tombe, puisque la machine sera capable à plus ou moins long terme de faire ce travail de modération sans assistance humaine ou presque.

Amazon est le maître d'œuvre de cette précarisation à travers sa filiale Mechanical Turk. L'entreprise orchestre à grande échelle la répartition de tâches nécessitant des petites mains mal payées. Des tâches qui consistent à documenter des images, filtrer des vidéos ou transcrire des documents. Mechanical Turk est une plateforme de mise en relation d'entrepreneurs avec des personnes précaires prêtes à travailler en ligne pour un commanditaire selon un principe de libre inscription, lequel travail permet de pallier le manque de performance de l'IA (ce qui est encore très clairement le cas aujourd'hui dans des domaines comme l'analyse des images). Le nom de cette compagnie a été choisi en référence à ce qui a été présenté – au 18e siècle – comme un automate capable de jouer aux échecs, lequel était creux et contenait en fait un être humain. Pour ajouter de la féérie au subterfuge, l'inventeur de cette fausse machine lui avait donné les attributs d'un mystérieux ottoman à moustache enturbanné, d'où son nom.

Dans ce catalogue des défaillances, des aberrations ou encore des impensés de l'économie numérique, il faut aussi pointer le fonctionnement des réseaux sociaux qui soutiennent des formes originales de communication à travers la publication de posts ou de stories, mais qui, dans le même temps, moissonnent les traces de leurs utilisateurs pour attirer des annonceurs et favoriser la vente de produits ou de services. On ne manquera pas non plus d'évoquer le cas d'Uber (VTC, Eat) sur lequel Antonio Casilli s'arrête longuement, en ce sens où l'entreprise se distingue (malheureusement) à plusieurs endroits dans la logique de précarisation des travailleurs qu'elle emploie : les usagers de ses services notent et commentent, produisant ainsi gratuitement de la donnée sur les chauffeurs ou sur les restaurants labélisés ; tandis que ses opérateurs sur le terrain – conducteurs ou livreurs – sont faiblement rémunérés, au pourcentage et à la tâche accomplie, sans réel contrat ni protection salariale.

Dans la partie conclusive à l'ouvrage, Antonio Casilli fixe son attention sur le cadre théorique du digital labor. Là où on a trop souvent tendance à considérer certains gestes comme des activités ludiques et/ou bienveillantes (le fameux Captcha de vérification d'une transaction en ligne étant aussi un exercice d'entraînement des robots à la reconnaissance de chiffres, de lettres ou d'images), les tenants du digital labor, dont Antonio Casilli fait partie, les identifient comme du travail non rémunéré. Tandis que travailleurs du numérique qui sont salariés le sont dans des conditions déplorables : contrats précaires et/ou au pourcentage. Parmi les théoriciens du digital labor, certains vont jusqu'à assimiler ces pratiques à de l'impérialisme, du néo-esclavagisme ou de nouvelles formes de colonialisme, une radicalité qu'Antonio Casilli récuse parce qu'il refuse de banaliser l'usage de mots ayant un sens historique bien déterminé. Son objectif unique est de montrer – par l'enquête et le recueil de données – que « ce ne sont pas les machines qui font le travail des hommes, mais les hommes qui sont poussés à réaliser un digital labor pour les machines, en les accompagnant, en les imitant, en les entraînant » (p. 24).

Cette situation ouvre la voie à un projet politique dont Antonio Casilli se fait le porte-parole dans les dernières pages de son livre : celui de la pérennisation de ces tâches dans de saines conditions (signature de véritables contrats avec des contraintes et des obligations, une juste rémunération, une protection sociale, etc.). Sans qu'aucune réponse n'ait pour l'heure été apportée, la perspective théorique du digital labor se présente en tout cas comme un moyen privilégié d'engager des changements sociaux. En effet, le mouvement est parvenu à révéler une situation inconnue ou mal connue du grand public et il a alimenté les discours médiatiques avec l'espoir d'attirer l'attention des politiciens. Car il y a encore un véritable marché du numérique à constituer qui n'en est qu'à ses balbutiements.


Accéder à l'intégralité du contenu

Avez-vous déjà jeté un ordinateur car la carte mère était cassée ou jeté un téléphone car l'écran était brisé ? Si oui, vous vous êtes peut-être demandé si on ne pouvait pas réutiliser des composants plutôt que de tout jeter. La réponse est que c'est possible, mais difficile. Mickaël Bettinelli effectue sa thèse au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, il vient nous expliquer dans binaire pourquoi la réutilisation des composants électroniques est un processus compliqué, et comment l'intelligence artificielle peut faciliter ce processus. Pauline Bolignano

Un articlerepris du blog binaire, une publication sous licence CC by sa

Les produits jetés au quotidien sont des produits qui ne remplissent plus leur rôle, souvent parce qu'une pièce cassée mais aussi parce que nous décidons de renouveler notre matériel électronique au profit de nouveaux produits plus performants. Certains composants de ces produits sont pourtant toujours fonctionnels. Par exemple, la batterie d'un téléphone âgé peut être la seule cause de la panne mais nous jetons l'ensemble du téléphone.

Le recyclage répond partiellement au problème puisqu'il permet de récupérer les matériaux des produits que l'on jette. Malheureusement, tous les matériaux et tous les produits ne sont pas recyclés. Pire, en plus d'être un procédé coûteux, le recyclage ne permet pas toujours de récupérer tous les matériaux des produits que nous recyclons. Prenons l'exemple des batteries de véhicules électriques, on estime pouvoir n'en recycler qu'environ 65% à 93% [1] et cette récupération est complexe à mettre en œuvre. De plus, une batterie de véhicule électrique ne peut plus être utilisée dans l'automobile après 20% de perte de ses capacités. Nous nous retrouvons donc avec un grand nombre de batteries en bon état qui ne peuvent plus être utilisées dans leur application initiale et dont le recyclage est coûteux.

C'est pourquoi de nombreuses études proposent de réutiliser ces batteries pour stocker les énergies renouvelables irrégulières comme l'énergie éolienne ou solaire [2]. Leur réutilisation nous permet à la fois de remplir un besoin et de maximiser l'utilisation des batteries. De manière plus générale, ce procédé est appelé le remanufacturing. C'est une pratique récente et encore peu développée qui consiste à démonter des produits jetés pour remettre à neuf et réintégrer leurs composants fonctionnels dans de nouvelles applications. Il s'agit par exemple de téléphones neufs qui ont été produits à l'aide de composants récupérés sur d'autres modèles défectueux. Puisque les produits remanufacturés n'utilisent pas que des composants neufs, ils ont l'avantage de coûter moins cher à la fabrication et à la vente, mais surtout, ils permettent d'économiser de l'énergie et des matériaux.

Face à la grande quantité et la diversité de composants dont nous disposons, il n'est pas évident pour un humain de les réutiliser au mieux durant le processus de remanufacturing. Aujourd'hui, les entreprises qui pratiquent le remanufacturing utilisent souvent un nombre de composants limité. Les employés peuvent donc les mémoriser et les réutiliser au besoin. Mais avec le développement du remanufacturing, le nombre de composants pourrait vite exploser, rendant l'expertise humaine inefficace à gérer autant de stock.

Pour répondre à ce besoin, ma thèse se concentre sur la conception d'un système d'aide à la décision permettant d'élaborer de nouveaux produits à partir d'un inventaire de composants réutilisables. Un opérateur humain peut interagir avec le système pour lui demander de concevoir des produits possédant certaines caractéristiques physiques spécifiques. Une fois l'objectif entré dans le système, celui-ci cherche parmi les composants disponibles ceux qui sont utilisables pour répondre au besoin de l'utilisateur. Mais attention, les composants nécessaires à l'utilisateur ne sont pas forcément tous disponibles dans l'inventaire ! Il doit donc être capable de faire un compromis entre ce que veut l'utilisateur et ce qu'il peut réaliser.

Pour réaliser ce système d'aide à la décision, nous nous aidons des systèmes multi-agents, un sous domaine de l'intelligence artificielle. Un système multi-agent est composé d'une multitude de programmes autonomes, appelés agents, capables de réfléchir par eux même et de communiquer ensemble. Comme chez les humains, leur capacité de communication leur permet de s'entraider et de résoudre des problèmes complexes. Dans le cadre de notre système d'aide à la décision, chaque composant de l'inventaire est représenté comme un agent. Leur problème va être de former des groupes dont l'ensemble des membres doit représenter un produit le plus proche possible de la demande utilisateur. Par exemple, si un utilisateur demande au système de lui concevoir un tout nouveau téléphone portable avec 64Go de mémoire, les agents qui représentent des composants mémoire vont former un groupe ensemble jusqu'à être le plus proche possible des 64Go. Ils peuvent ensuite s'assembler avec un écran, une batterie, un boîtier, etc. Une fois tous les composants du téléphone présents dans le groupe, le système d'aide à la décision peut proposer à l'utilisateur ceux qui ressemblent le plus à sa demande. Si l'utilisateur est satisfait, il peut alors acheter les composants proposés. Ces derniers iront ensuite à l'assemblage pour construire le produit physique.

Avec le développement du remanufacturing, nous pouvons espérer que les produits soient conçus de manière à être réparés et leurs composants réutilisés. Dans ce cas, l'avantage de ce système d'aide à la décision sera sa capacité à gérer une grande quantité de composants issus d'une grande diversité de produits. On pourrait alors imaginer concevoir des produits en mêlant des composants issus d'objets très différents comme dans le cas de la réutilisation des batteries de véhicules électriques pour le stockage des énergies renouvelables, et ainsi réduire de plus en plus notre impact environnemental.

Mickaël Bettinelli, doctorant au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, Grenoble INP.


[2] DeRousseau, M., Gully, B., Taylor, C., Apelian, D., & Wang, Y. (2017). Repurposing used electric car batteries : a review of options. Jom, 69(9), 1575-1582.


Accéder à l'intégralité du contenu

The Shift Project publie ce mardi 30 mars 2021 une note d'analyse sur l'impact environnemental du numérique et le déploiement de la 5G. Cette nouvelle étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial, établis par le Shift en 2018, et de formuler des propositions pour le déploiement d'une « 5G raisonnée », par opposition à une 5G de masse.

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment relancer le débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

  1. Téléchargez la note d'analyse complète (47p.)
  2. Téléchargez la synthèse (8p.)

Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G

Contexte et constats

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles débats instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir et d'affiner notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont contribué, notamment grâce à la production de chiffres, à une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Depuis, les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements ont été lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire nous a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Le contexte du déploiement en cours de la 5G sur nos territoires constitue une véritable occasion de réfléchir ensemble à une trajectoire compatible avec les contraintes énergie-climat pour nos usages numériques et à l'adaptation de nos mécanismes de prises de décisions face à l'ampleur de nos choix technologiques et de leurs implications.
Les débats sur nos choix technologiques ne concernent pas une adhésion ou non à la technologie en tant que telle. Pour qu'ils soient bénéfiques, les débats doivent questionner ce qui motive les directions que nous donnons à notre système connecté, ce qui les justifient et les actions à mettre en place à l'échelle de la société. Revenir sur la cristallisation du débat concernant la5G va permettre de démontrer la nécessité de construire une discussion collective
plus large et plus efficace sur nos choix technologiques, autour d'une gouvernance concertée au service d'objectifs explicites.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

Objectifs clés de la note

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner et piloter un système numérique pertinent basé sur des choix technologiques réfléchis et raisonnés ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos modes de vie et nos choix technologiques pour aboutir à une gouvernance du numérique compatible avec la contrainte climatique et énergétique.

Pour rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Sur la base de ces constats, nous formulons ainsi trois propositions majeures afin de rendre notre système numérique résilient :

  • Bâtir une nouvelle gouvernance du numérique
    • Au niveau national, initier et harmoniser les objectifs de décarbonation et les outils d'évaluation et suivis quantitatifs.
    • Au niveau des territoires, donner aux élus les moyens d'organiser la concertation de la
      société civile pour déterminer les usages prioritaires et modalités de déploiement.
    • Au niveau européen, développer des organes de gouvernance cohérents et d'une ampleur adaptée aux infrastructures de l'Union, à ses usages et ses acteurs économiques.
  • Inventer les nouveaux modèles économiques
    • Sortir de la rentabilisation des services par les volumes de données massifs.
    • Rentabiliser les usages construits sur la modularité, l'après-première vie et l'allongement de la durée de vie des terminaux, matériels et équipements réseaux.
  • Développer les outils d'un pilotage du numérique
    • Fixer des objectifs quantifiés et normatifs pour le numérique, dont l'atteinte assure la comptabilité avec la trajectoire 2°C.
    • Développer des outils robustes d'évaluation de l'impact énergie et carbone.
    • Développer les outils de suivi permettant de mesurer les effets de la gouvernance numérique et de l'ajuster pour atteindre les objectifs.

L'article Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G – Publication de la nouvelle étude du Shift sur le numérique est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Le Shift est heureux de vous inviter au webinaire de présentation de sa nouvelle étude « Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? », le mardi 30 mars de 18h à 20h30. Cette étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial et de formuler des propositions pour une « 5G mesurée ».

Comment rendre le numérique compatible avec les Accords de Paris ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Comment assister

Date : Mardi 30 mars 2021, en format webinaire, de 18h à 20h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

17h50 – Accueil Zoom et ouverture du live Facebook

18h Mot d'introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

18h15 Présentation de l'étude sur la 5G

  • Hugues Ferreboeuf, Chef de projet Numérique, The Shift Project
  • Maxime Efoui-Hess, Coordinateur de projet Numérique, The Shift Project

19h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

19h15 Table-ronde/Réactions à la présentation*

20h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

20h20 Conclusion

20h30 – Fin de l'événement

* Intervenant.e.s à confirmer

A propos de l'étude

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Dans notre dernier rapport (octobre 2020), nous proposions des mesures très opérationnelles pour mettre en œuvre la sobriété numérique.

Nous publions cette fois une note d'analyse ayant pour objectifs de :

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner un choix technologique et assurer sa pertinence ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos choix technologiques.

Constats

Les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements sont lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Dans ce contexte, nous avons mis à jour nos scénarios prospectifs de 2018. Nos résultats confirment les tendances identifiées, à savoir une part du numérique dans les émissions mondiales non négligeable (3 à 4 %) et une dynamique préoccupante de la croissance de ses impacts (+ 6 %/an), incompatible avec la trajectoire 2°C.

Les progrès technologiques sur l'efficacité énergétique n'ont jamais suffi à compenser l'augmentation des usages. Le constat est donc indéniable : l'impact du numérique ne fera qu'augmenter si nous ne nous donnons pas les moyens de le piloter.

En l'absence de réinvention des comportements et des modèles d'affaires, le déploiement des nouvelles générations de réseaux (dont la 5G imminente) et le développement des usages associés (IoT, IA, edge computing, progression des usages vidéo très haute résolution sur mobiles) accentueront cette tendance.

Le déploiement de la 5G : une manifestation grandeur nature d'un numérique insoutenable

Avec une augmentation moyenne de 34 % par an sur la période 2013-2019, la consommation électrique associée à nos usages mobiles dans le monde représente en effet 1,5 fois celle de nos usages fixes. Ils sont ainsi au cœur des enjeux posés par les tendances insoutenables déjà identifiées en 2018 (confirmée dans cette mise à jour), or ce sont bien elles qui motivent aujourd'hui le déploiement de notre 5ème génération de réseaux mobiles.

Sur la 5G, un constat fait consensus : son déploiement en masse sur les territoires entraînera une augmentation de la consommation énergétique associée (production et utilisation des terminaux et infrastructures).

Pour une “5G mesurée”

Pour rendre la 5G soutenable, c'est à dire compatible avec les Accords de Paris, il sera impossible de la déployer en masse. Alors où déployer et pourquoi ? Comment déployer une “5G mesurée”, par opposition à une 5G de masse ?

Le débat sur le moratoire et son résultat ont déclenché le déploiement des premières briques d'infrastructures, mais n'ont pas répondu aux deux questions qui doivent structurer nos choix : le « pourquoi » et le « comment » déployer la 5G. Traiter ces questions, du cadre de pertinence et des modalités de déploiement, est indispensable à rendre la 5G soutenable.

Dès lors, à quels usages se limiter (e-santé, Industrie 4.0, etc.) et comment les choisir ? Ces questions ne pourront être adressées qu'à la condition d'une nouvelle méthode de concertation, et donc d'une nouvelle gouvernance.

Rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Ce qu'a démontré le débat sur la 5G en 2020, c'est que nos mécanismes de régulation numérique ne sont pas conçus pour gérer des questions de cette ampleur. Il est indispensable de construire une nouvelle gouvernance du numérique, française puis européenne, qui mobilise tous les acteurs indispensables au pilotage de nos réseaux.

Nous formulons ainsi 3 propositions majeures :

  • Construire une nouvelle gouvernance du numérique (Arcep, société civile, FR-EU-territoires)

– Initiée et orchestrée par les pouvoirs publics,
– Appuyée sur les régulateurs comme l'Arcep, pivots de la gouvernance des réseaux,
– Impliquant la représentation citoyenne et la société civile, premier échelon pour identifier nos usages prioritaires.

  • Inventer des modèles économiques compatibles avec la diminution des impacts (Opérateurs, Services, Fabricants)

– Construits par les opérateurs, fournisseurs de services et fournisseurs d'équipements, qui connaissent les réalités opérationnelles.

  • Développer les outils d'un pilotage soutenable

– Définir des objectifs quantitatifs ;
– Développer des outils d'évaluation des impacts ;
– Ajuster la gouvernance pour les atteindre.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

L'article [Invitation] Webinaire – Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? (Mardi 30 Mars) est apparu en premier sur The Shift Project.


Accéder à l'intégralité du contenu

Nous sommes confrontés à la désinformation sur les réseaux sociaux. Le sujet est tout sauf simple : qu'on modère trop et on porte atteinte à la liberté d'expression ; pas assez, et on laisse les fakenews se propager et mettre en cause les valeurs de notre société. Alors, qui doit dire le vrai du faux et selon quels principes ? Emmanuel Didier, Serena Villata, et Célia Zolynski nous expliquent comment concilier liberté et responsabilité des plateformes. Serge Abiteboul & Antoine Rousseau
Cet article est publié en collaboration avec theconversation.fr.

Un articlerepris du blog binaire

L'élection présidentielle aux États-Unis a encore une fois mis la question des fausses nouvelles au cœur du débat public. La puissance des plateformes et notamment celle des réseaux sociaux est devenue telle que chaque événement d'importance engendre depuis quelques temps des discussions sur ce problème. Pourtant, il semble que les analyses produites à chacune de ces occasions ne sont pas capitalisées, comme s'il n'y avait eu ni réflexions, ni avancées au préalable. Nous voudrions montrer ici la pérennité de certaines conclusions auxquelles nous étions parvenues concernant la modération de la désinformation pendant le premier confinement.

En effet, durant la crise sanitaire engendrée par l'épidémie de SARS-CoV-2, l'isolement des individus en raison du confinement, l'anxiété suscitée par la gravité de la situation ou encore les incertitudes et les controverses liées au manque de connaissance sur ce nouveau virus ont exacerbé à la fois le besoin d'informations fiables et la circulation de contenus relevant de la désinformation (émis avec une claire intention de nuire) ou de la mésinformation (propagation de données à la validité douteuse, souvent à l'insu du propagateur). Les plateformes ont alors très vite accepté le principe qu'il leur fallait modérer un certain nombre de contenus, mais elles ont été confrontées à deux difficultés liées qui étaient déjà connues. Premièrement, ce travail est complexe car toute information, selon le cadre dans lequel elle est présentée, la manière dont elle est formulée ou le point de vue de son destinataire, est susceptible de relever finalement de la mésinformation ou de la désinformation. Deuxièmement, le fait de sélectionner, de promouvoir ou de réduire la visibilité de certaines informations échangées sur les plateformes numériques entre en tension avec le respect des libertés d'information et d'expression qu'elles promeuvent par ailleurs.

Quelles sont donc les contraintes qui s'imposent aux plateformes ? Quelles sont les mesures qu'elles ont effectivement prises dans ces conditions ? Le présent texte s'appuie sur le bulletin de veille rédigé dans le cadre d'un groupe de travail du Comité national pilote d'éthique du numérique (CNPEN) [1] qui nous a permis de mener une dizaine d'auditions (par visioconférence) avec, entre autres, les représentants de Facebook, Twitter et Qwant ainsi que le directeur des Décodeurs du Monde. Il est apparu que les difficultés posées par la modération des fausses nouvelles pouvaient être regroupées en trois catégories. D'une part, celles qui sont associées aux algorithmes, d'autre part celles qui relèvent du phénomène de la viralité et, enfin, celles posées par l'identification et les relations avec des autorités légitimes.

Les algorithmes en question

Bien sûr, les mécanismes de lutte contre la désinformation et la mésinformation développés par les plateformes reposent en partie sur des outils automatisés, compte tenu du volume considérable d'informations à analyser. Ils sont néanmoins supervisés par des modérateurs humains et chaque crise interroge le degré de cette supervision. Durant le confinement, celle-ci a été largement réduite car les conditions de télétravail, souvent non anticipées, pouvaient amener à utiliser des réseaux non sécurisés pour transférer de tels contenus, potentiellement délictueux, ou à devoir les modérer dans un contexte privé difficilement maîtrisable. Or les risques d'atteintes disproportionnées à la liberté d'expression se sont avérés plus importants en l'absence de médiation et de validation humaines, seules à même d'identifier voire de corriger les erreurs de classification ou les biais algorithmiques. En outre, l'absence de vérificateurs humains a compliqué la possibilité de recours normalement offerte à l'auteur d'un contenu ayant été retiré par la plateforme. Ces difficultés montrent clairement l'importance pour la société civile que les plateformes fassent plus de transparence sur les critères algorithmiques de classification de la désinformation ainsi que sur les critères qu'elles retiennent pour définir leur politique de modération, qu'ils soient d'ordre économique ou relèvent d'obligations légales. Ces politiques de modération doivent être mieux explicitées et factuellement renseignées dans les rapports d'activité périodique qu'elles sont tenues de publier depuis la loi Infox de décembre 2018 (v. le bilan d'activité pour 2019 publié par le CSA le 30 juillet 2020 [2] et sa recommandation du 15 mai 2019 [3]). Plus généralement, il apparait qu'une réflexion d'ampleur sur la constitution de bases de données communes pour améliorer les outils numériques de lutte contre la désinformation et la mésinformation devrait être menée et devrait aboutir à un partage des métadonnées associées aux données qu'elles collectent à cette fin (voir dans le même sens le bilan d'activité du CSA préc.)

La responsabilité de la viralité

L'ampleur prise à ce jour par les phénomènes de désinformation et de mésinformation tient à l'accroissement de mécanismes de viralité qui se déploient à partir des outils offerts par les plateformes. La viralité est d'abord l'effet du modèle économique de certains de ces opérateurs, qui sont rémunérés par les publicitaires en fonction des interactions avec les utilisateurs qu'ils obtiennent et ont donc intérêt à générer des clics ou toute autre réaction aux contenus. Elle relève ensuite du rôle joué par leurs utilisateurs eux-mêmes dans la propagation virale de la désinformation et de la mésinformation (que ces derniers y contribuent délibérément ou par simple négligence ou ignorance). La lutte contre la désinformation doit donc nécessairement être l'affaire de tous les utilisateurs, responsables de devenir plus scrupuleux avant de décider de partager des informations et ainsi de contribuer à leur propagation virale. Cette remarque va d'ailleurs dans le même sens que le programme #MarquonsUnePause désormais promu par l'ONU [4]. Mais ceci n'est possible que si les plateformes mettent à disposition de leurs utilisateurs un certain nombre d'informations et d'outils afin de les mettre en mesure de prendre conscience, voire de maîtriser, le rôle qu'ils jouent dans la chaîne de viralité de l'information (voir également sur ce point les recommandations du CSA formulées dans le bilan d'activité préc.). En ce sens, les plateformes ont commencé à indiquer explicitement qu'une information reçue a été massivement partagée et invite leurs utilisateurs à être vigilants avant de repartager des contenus ayant fait l'objet de signalement. Mais il serait possible d'aller plus loin. Plus fondamentalement, il est important que les pouvoirs publics prennent des mesures permettant de renforcer l'esprit critique des utilisateurs, ce qui suppose tout particulièrement que ceux-ci puissent être sensibilisés aux sciences et technologies du numérique afin de mieux maîtriser le fonctionnement de ces plateformes et les effets induits par ces mécanismes de viralité. La création d'un cours de « Science numérique et technologie » obligatoire pour toutes les classes de seconde va dans ce sens [5].

La légitimité

Enfin, troisièmement, si la modération des contenus et le contrôle de la viralité jouent un rôle prépondérant dans le contrôle pragmatique de la désinformation et de la mésinformation, ces opérations ne peuvent, in fine, être accomplies sans référence à des autorités indépendantes établissant, ne serait-ce que temporairement, la validité des arguments échangés dans l'espace public. Sous ce rapport, une grande difficulté provient du fait que les plateformes elles-mêmes sont parfois devenues de telles autorités, en vertu de l'adage bien plus puissant qu'on pourrait le croire selon lequel « si beaucoup de monde le dit, c'est que cela doit être vrai ». Pourtant, les plateformes n'ont bien sûr aucune qualité ni compétence pour déterminer, par exemple, l'efficacité d'un vaccin ou le bienfondé d'une mesure de santé publique. Elles sont donc contraintes de se fier à d'autres autorités comme l'État, la justice, la science ou la presse. Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses plateformes se sont ainsi rapprochées, en France, de différents services gouvernementaux (en particulier du Secrétariat d'État au numérique ou du Service d'information du gouvernement). Pourtant, dans le même temps, elles se sont éloignées d'autres gouvernements, comme en atteste leur modération des contenus publiés par Jamir Bolsonaro ou Donald Trump. En l'occurrence, on peut légitimement se réjouir de ces choix. Ils n'en restent pas moins arbitraires dans la mesure où ils ne reposent pas sur des principes explicites régulant les relations entre les plateformes et les gouvernements. À cet égard, une réflexion d'ensemble sur la responsabilité des plateformes ainsi que sur le contrôle à exercer s'agissant de leur politique de modération de contenus semble devoir être menée. À notre sens, ce contrôle ne peut être dévolu à l'État seul et devrait relever d'une autorité indépendante, incluant les représentants de diverses associations, scientifiques et acteurs de la société civile dans l'établissement des procédures de sélection d'informations à promouvoir, tout particulièrement en période de crise sanitaire.

par

Emmanuel Didier, Centre Maurice Halbwachs, CNRS, ENS et EHESS

Serena Villata, Université Côte d'Azur, CNRS, Inria, I3S

& Célia Zolynski Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IRJS DReDIS


[1] Comité national pilote d'éthique du numérique, Enjeux d'éthique dans la lutte contre la désinformation et la mésinformation. Bulletin de veille n°2, Juillet 2020. https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/cnpen-desinformation-v2020-10-01.pdf


Accéder à l'intégralité du contenu
- la suite des articles "Numérique responsable"