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les articles récemment publiés sur le magazine Innovation Pédagogique

Initiatives autour de la transition

Temps de lecture : 5 minutes

[RENCONTRE] une série de portraits et de retour d'expériences pour apporter toute la lumière aux belles initiatives des Profs en transition d'ici et d'ailleurs.

Pour ce nouvel article de notre série [Rencontres], direction le Jura et le village de Saint-Amour ! Rassurez-vous il s'agit bien d'une rencontre pédagogique… avec Clotsinde Perrot, professeur de mathématiques et de sciences physiques en lycée public professionnel.

« Un vrai rôle à jouer ! »

Cela fait maintenant un peu moins de 10 ans que Clotsinde a fait le choix du cœur pour cette région, ce village et ce lycée où elle se sent bien, prémisse essentielle à la construction de soi évidement, de sa vie et de tous les beaux projets qui vont avec.

Petite structure officiant autour du métal, industriel et artisanal de la ferronnerie d'art et de la gravure sur métal, le lycée Ferdinand Fillod est un lieu « où l'on se connaît tous et on fonctionne en pédagogie par projet ». L'établissement compte près de 150 apprenants dont beaucoup ont pu connaître une scolarité au collège parfois difficile. Certains jeunes « ne sont pas bien dans leurs baskets » et la première mission du corps enseignant est de leur redonner confiance et goût d'apprendre en les incluant dans la réalisation de projets et de sorties collectives. Cette rencontre avec l'univers du lycée professionnel et ses enjeux sociaux ont été un vrai coup de cœur pour Clotsinde car « il y a ici un vrai rôle à jouer ! ».

Les années y passent sereinement selon un cheminement bienveillant et rassurant pour les élèves. Les premières semaines sont consacrées à cette « mission première de gain de confiance et de motivation » puis arrivent vite les fêtes de fin d'année où le repas fédère autant de profs en poste que d'anciens, témoignant d'une transmission générationnelle et d'un contexte « familial ». Notons également la visite des anciens élèves aux portes ouvertes pour garder le contact, « raconter leurs vies » et notamment leurs poursuites professionnelles. Car pour un étudiant motivé, il y a dans ces domaines des débouchés rapides. On forme donc dans ce lycée au contour familial de bons professionnels mais aussi, et surtout, des citoyens.

« Je suis enseignante ! »

Former des citoyens, voilà l'une des principales ambitions partagées par l'équipe enseignante et sur laquelle « aucun collègue n'est prêt à lâcher ! ». Car en lycée pro, cet enjeu est prégnant : « on revendique qu'on les forme pour leur métier et on les forme en tant que citoyens, dans les dernières années de formation ».

Sur la partie écocitoyenneté, il y a très peu, comme le constate Clotsinde, de sensibilisation dans la sphère familiale, par exemple au bon sens ou aux gestes de tri. Le milieu rural pallie quelque peu à cette carence car les enfants « grandissent avec le respect des saisons », point d'appui pouvant se révéler précieux pour envisager des projets collectifs plus cossus.

Côté enseignants, à son arrivée dans la structure, Clotsinde ne trouve rien d'officiel d'engagé quant à l'environnement. Chacun vivait cela individuellement, selon ses convictions personnelles. Le constat des déchets générés par la vie de l'établissement et le nombre de mégots jetés par terre finissent par décider Clotsinde à agir. Son constat est sans appel : « je suis enseignante, je ne peux pas en vouloir aux élèves s'ils ne sont pas assez sensibilisés à ces enjeux, c'est à nous, enseignants de former et d'expliquer ! ». Si au départ, elle ne sait pas trop comment se lancer, Clotsinde sait par avance qu'il lui faudra du temps, un statut « officiel » et la recherche de l'implication de tous les acteurs.

Photos ci-dessous : fabrication “maison” de cendriers et création de papier recyclé.

lycée pro fabrication cendrier

lycée pro fabrication papier recyclé

« Ne pas tout porter à moi toute seule »

Clotsinde profite notamment d'une réforme autour de l'accompagnement personnel des élèves pour disposer d'heures validées par le proviseur, autour de ce projet naissant : cela prendra la forme d'une classe écocitoyenne. Le démarrage est programmé en septembre 2019 avec une classe de seconde. Il durera trois ans, temps de la scolarité de ses élèves qui le mèneront donc de bout en bout.

Dès le lancement, Clotsinde est attentive aux écueils qui gravitent autour des actions de ce type. Elle fait valider le projet et un budget officiel par sa direction et son inspection. De plus, Clotsinde souhaite avoir les coudées franches pour ne pas n'être cantonnée qu'aux disciplines qu'elle enseigne : « je refuse le carcan de la matière, je raisonne par projet ». Cette demande sera aussi validée. Cette expérience démontre pleinement que borner son projet dès le départ et en faire les demandes officielles permettent de s'installer confortablement dans sa mise en œuvre.

Autre écueil à éviter : la sensation d'imposition. Il ne s'agit pas que les propositions viennent unilatéralement de Clotsinde et de ses élèves et s'appliquent verticalement aux autres acteurs de l'établissement. Les porteurs de projet doivent être « au cœur d'un projet collaboratif et inclusif ». Ainsi germe l'idée de la charte : chacun évoluant dans la structure s'engage à mener des actions dépendant de son champ d'actions. « Nous sommes allés voir chaque parti en leur proposant de trouver des voies où ils décident de s'engager. » Ainsi, le chef des travaux, en charge des ateliers, a défini diverses zones de stockage et responsabilise les usagers autour du matériel réutilisable, des chutes, etc. De son côté, le CPE s'engage à généraliser le tri sur l'établissement, notamment au niveau de l'internat. Quant au proviseur, il a banni l'utilisation de son véhicule pour circuler entre les bâtiments de la cité scolaire et effectue tous les trajets à pied. Également, il a engagé une réflexion pour éviter la redondance papier / numérique dans la communication de l'établissement. Le gestionnaire de l'établissement et les familles seront aussi impliqués dans cette démarche notamment dans le cadre de l'élaboration d'un « cartable vert ». Enfin, et au premier plan, les élèves sont invités à gagner en responsabilité : gestes écocitoyens, gestion de leurs supports et surtout propositions d'améliorations.

Nous le comprenons aisément, par cette démarche inclusive, Clotsinde cherche à impliquer, responsabiliser et surtout à ne pas tout porter sur ces épaules. Elle sait pertinemment par l'observation d'expériences passées que le risque est double. Premièrement, risquer que tout s'arrête si elle devait quitter l'établissement. Deuxièmement, risquer l'épuisement et l'isolement.

« Ça leur appartient, ça ne m'appartient plus ! »

Le projet prend forme rapidement grâce à une temporalité régulière d'échanges, des outils spécifiques dédiés dont une boite mail et surtout à une ambition partagée. Ce sont les élèves qui sont au cœur des processus de rédactions puis qui soumettent les textes aux différents signataires.

La méthodologie est efficace : les élèves sont invités à prendre conscience d'une problématique, à observer, échanger puis proposer les solutions envisageables. Tout cela favorise l'autonomie des élèves, surtout quand ils disposent des ateliers pour concevoir eux-mêmes des éléments de réponse. Le rôle de l'accompagnant est donc de favoriser les occasions, de créer les situations de rencontre avec ces problématiques. Puis vient l'équilibre subtil quant à « savoir lâcher prise au bon moment quand la situation est suffisamment amorcée pour aller à son terme ».

La charte et le projet lié sont à ce jour en place ; la classe écocitoyenne en est au milieu de sa mission, elle communique sur son travail via un compte Instagram « classeecocitoyenne » par la mise en place de publications écrites collaborativement. D'autres collègues enseignants sont entrés sur le projet pour assurer la cohérence entre les différents niveaux de classe : depuis ce début d'année, un autre collègue dispose d'une heure de classe écocitoyenne avec la classe de seconde entrante. Cette nouvelle classe a un autre fonctionnement complémentaire. Elle refait un nouvel état des lieux afin d'apporter de nouvelles idées et d'améliorer d'autre domaines non travaillés comme la cantine de la cité scolaire.

Le lycée a été labellisé niveau 2 E3D par le rectorat de l'académie de Besançon et un comité de pilotage a été mis en place en décembre 2020 avec les différents acteurs de l'établissement, élèves inclus. Et si les projets de l'année passée ont été ralentis à cause de la situation sanitaire, c'est reparti pour cette année !

Des bilans réguliers permettent de mesurer le chemin accompli. Parmi les actions engagées, notons…

  • Journée de ramassage de déchets en collaboration avec la mairie de Saint-Amour (septembre 2020)
  • Evolution des poubelles de tri dans l'établissement et cendriers (en cours)
  • Partenariat avec Monsieur Savon, savonnier de Saint-Amour, afin de fabriquer son savon soi-même et réfléchir à l'impact des emballages (en cours)
  • Travail sur le recyclage du papier (fait et d'autres perspective sont envisagées)

D'un point de vue enseignant, utilisation des crayons gras pour tableaux blancs pour tous depuis plus d'un an, réorganisation des documents distribués afin de limiter les pertes et diminution des photocopies dans l'établissement.

eleves lycee pro charte ecocitoyenne

charte écocitoyenne lycée

Un petit mot avant de se quitter ?

« J'aimerais transformer le lycée et que ça se voit, les élèves aussi d'ailleurs », Clotsinde veut aller plus loin… et les perspectives sont en effet nombreuses ! Atelier papier recyclé avec l'école primaire de Saint-Amour pour la fin d'année, visite du centre de tri, faire évoluer les visuels de recyclage qui sont peu parlants pour les élèves, collaborer avec des agriculteurs, faire venir des animaux « en résidence » pour la tonte des pelouses de l'établissement, etc.

Mais vous l'aurez compris, notre collègue souhaite avant tout « éviter que tout soit tracé et quadrillé ». Ce projet qu'elle a insufflé et qu'elle suit avec autant de passion que de responsabilité professionnelle n'est plus le sien ; il appartient à l'ensemble de la communauté éducative et c'est bien là l'essentiel. Chacun de ses acteurs, élèves ou encadrants, s'est engagé pour contribuer selon ses possibilités à préserver l'environnement. Dans la micro-société que constitue ce lycée, les (futurs) écocitoyens font preuve de cohérence, de résilience, d'autonomie, de sens pratique et collectif pour résoudre les défis qui se présentent à eux.

– – – – – –

Nota : Vous pouvez retrouver Clotsinde Perrot sur notre groupe Facebook pour échanger et lui poser vos questions en direct mais aussi dans cette émission de la Terre au Carré sur France Inter (de la 30ème à 36ème minutes).

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La cécité botanique et le déficit de nature sont un réel problème pour l'avenir, les grands défis de notre siècle étant liés au végétal.

Cet article est publié dans le cadre du Forum national « Activons les sciences en classe ! » organisé en ligne par la Fondation La main à la pâte le 27 mars 2021, dont The Conversation France est partenaire. Retrouvez toutes les informations sur cet événement sur le site activons-les-sciences.fr.


Route, effet de neige, soleil couchant. Musée des Beaux-Arts de Rouen, CC BY-SA

Si l'on vous montre un tableau de Claude Monet (à droite), que voyez-vous ? Deux enfants, marchant sur une route enneigée…

Shutterstock

Et sur la photo suivante ? Un lapin aux aguets, les oreilles dressées… Peu de gens citeront les arbres aux branches dénudées, dans le premier cas, ou les pâquerettes du pré, dans le second.

Si vous êtes dans cette situation, vous êtes atteint de « cécité botanique » (plant blindness en anglais). Chez beaucoup d'enfants, celle-ci se traduit par un manque d'intérêt pour les plantes par rapport aux animaux : un enfant préfèrera toujours élever un lapin plutôt que cultiver une jardinière de pâquerettes…

Ce concept a été mis en évidence en 1998 par James Wandersee et Elizabeth Schussler et est aujourd'hui largement documenté par les scientifiques. C'est le fait de ne pas voir les plantes qui nous entourent et de ne pas prendre conscience de leur statut d'êtres vivants.

Pourtant, l'omniprésence du monde végétal et son importance pour la vie sur Terre ne sont plus à démontrer. Selon des chiffres publiés en 2018, l'ensemble des plantes pèse 450 gigatonnes (Gt) de carbone sur les 550 Gt de la biomasse terrestre totale, soit 82 % ! Et, d'un point de vue qualitatif, les plantes sont indispensables à toute forme de vie sur la planète car, par leur photosynthèse, elles sont une entrée privilégiée du carbone dans les cycles du vivant.

De plus, par leur capacité à stocker la matière organique, les plantes sont de formidables puits de carbone, un levier puissant dans la lutte contre le réchauffement climatique. D'un point de vue alimentaire, elles sont des sources de nourriture pour l'humanité et sont, ou ont été, pour une majorité des civilisations humaines à travers les âges, la base de notre alimentation.

Les origines du mal

La cécité botanique est souvent un corollaire du syndrome de manque de nature (« déficit de nature »), un concept inventé par le journaliste américain Richard Louv en 2004, et largement étudié depuis par les chercheurs en psychologie et sciences cognitives.

En février 2020, une étude publiée dans Frontier Psychology montre que les enfants connectés à la nature sont plus heureux que les autres, et plus à même de développer des comportements « durables ». On voit donc clairement que la cécité botanique et le déficit de nature sont un réel problème pour l'avenir, les grands défis de notre siècle étant liés au végétal (lutte contre les changements climatiques globaux, sécurité alimentaire, nécessité de nouveaux médicaments pour soigner les maladies…). Ces problèmes pourraient avoir à court terme des conséquences désastreuses non seulement sur l'environnement, mais aussi sur la santé humaine.

Quelles sont les racines du syndrome de cécité botanique ? Celle-ci trouverait d'abord son terreau dans les propriétés mêmes des plantes : leur manque de mouvement et leur apparente insensibilité n'attirent pas l'attention, d'autant que le manque de contraste de leurs couleurs fait qu'elles se fondent dans le décor…

Et notre cerveau, bombardé de milliers d'informations quotidiennes, a tendance à filtrer les signaux et à focaliser notre attention sur ce qui est vital ou létal dans l'instant, pour nous. Par leurs propriétés intrinsèques, les plantes font partie des signaux qui sont systématiquement écartés, plus que les animaux… Nous regardons le monde végétal sans le voir !

Le syndrome de cécité botanique prend aussi racine dans l'éducation même des enfants, au contact des premiers éducateurs que sont leurs parents. Effectivement, la (re)connaissance des plantes par les enfants est positivement corrélée à celle de leurs parents, si ceux-ci se considèrent comme essentiels à la transmission de ce savoir. L'implication des parents pourrait donc être un facteur déterminant dans la lutte contre la cécité botanique.

Ensuite, à l'école, l'enseignement des sciences végétales est insuffisamment présent dans les programmes scolaires, et ce même à l'Université dans les filières formant les futurs professeurs. Et, lorsqu'un enseignement de botanique est dispensé, il est souvent jugé trop théorique par les étudiants. Pourtant, là aussi, la tendance serait facile à inverser avec des programmes dédiés à la connaissance de la biodiversité et à la pratique des sciences en classe.

En France, pourtant, les programmes scolaires proposent déjà depuis 2007 un levier efficace, dans les enseignements dits « Éducation à », et parmi elles, l'EDD, « Éducation au développement durable ». Cependant le problème majeur réside sûrement encore dans le manque de temps et d'espace dévolu à cet enseignement, dans la progression annuelle des classes.

Pour le chercheur Jean‑Louis Martinand, « il y a EDD si, et seulement si, ce sont des enjeux de développement humain et de durabilité environnementale qui constituent les « contenus » de cette « éducation », dans un « dispositif pragmatique et démocratique ». Et justement, le dispositif « 1 2 3 Plant'haie » s'inscrit dans ces deux dimensions.

Le dispositif « 1 2 3 Plant'haie »

La Maison pour la science en Auvergne (MPSA) est un service de l'Université Clermont Auvergne, situé à Clermont-Ferrand, sur le campus scientifique. Créée en 2012 par l'université clermontoise, sous l'impulsion de la Fondation la Main à la pâte elle-même sous l'égide de l'Académie des sciences, elle organise et anime, en partenariat avec le rectorat de l'académie de Clermont, des actions de Développement professionnel en sciences destinées aux professeurs des écoles et aux professeurs de collège de l'académie. Les formateurs intervenant dans ces actions sont les enseignants-chercheurs et chercheurs de l'Université, en binôme avec des formateurs de terrain, professeurs du premier et du second degré.

Plantation de la haie de l'école à Orcines (63) par les élèves, les professeurs, en présence de membres des familles et des élus. Author provided

En septembre 2018, la Maison pour la science en Auvergne a créé le dispositif « 1 2 3 Plant'haie ! », en partenariat avec le rectorat et avec le soutien financier de la Fondation Yves Rocher. Impactant les quatre départements auvergnats, le dispositif permet d'implanter une haie champêtre, choisie par les classes, dans les 31 écoles et collèges participants. Il offre également aux professeurs inscrits dans le dispositif de la formation continue en sciences (18 à 24h en présentiel), l'accompagnement de leurs projets de science en classe, et l'apport de matériel pédagogique à leurs classes.

En 2018-2019, la constitution de chaque haie a été choisie par les quelques mille élèves des écoles choisies, à l'issue d'un travail de longue haleine portant sur la connaissance de la biodiversité végétale autour de l'école, le choix des espèces à implanter et les raisons de ces choix. Plus de 800 plants de noisetiers, aubépines, églantiers, érables, prunelliers et autres néfliers… ont rejoint les cours d'école au printemps 2020, plantés par les élèves eux-mêmes.

Toutes les haies, de la plus petite à la plus grande, constituent autant de haies « témoins » de celles qui poussent (ou poussaient !) dans les campagnes des communes concernées.

Le dispositif 1 2 3 Plant'haie à l'échelle de l'Auvergne. Author provided

La haie de l'école, au-delà d'être la concrétisation de ce travail des classes, deviendra au fil des années un véritable objet de science disponible à la porte de la classe, proche et familier des élèves. Elle est un outil évolutif qui s'étoffera avec les années, accueillant de plus en plus de biodiversité, un coin de nature reconstitué dans la cour pour une observation minutieuse de la vie de la haie et de ses fonctionnalités au cours des saisons.

Elle est aussi un outil permettant de convoquer toutes les disciplines de l'école : les sciences bien sûr, avec la biologie des plantes et des animaux, la physique, les technologies, mais aussi les maths, le français par la production d'écrits et d'oraux, sans oublier le bien-vivre ensemble et le bien-être de l'élève qui participe au développement humain de l'EDD.

Un projet qui intègre des partenaires locaux

« 1 2 3 Plant'haies » ne peut survivre que s'il s'appuie sur un réseau de partenaires locaux, relais indispensables à son enracinement sur le terrain. C'est d'abord la communauté éducative au sens large. Au-delà du professeur, il y a le personnel de l'école ou du collège qui met aussi la main à la pâte dans les projets des classes (ATSEM en classes maternelles, cuisinier dans certaines écoles, personnels de direction des établissements…).

haie saint mamet. Author provided

A l'échelle des circonscriptions et des départements, ce sont les équipes pédagogiques des inspections académiques qui assurent la logistique des formations délocalisées dans les départements, et qui accompagnent au plus près les projets de classes.

Dans une optique de coéducation, les familles des élèves sont également les partenaires naturels du projet. Ainsi, le travail d'identification des espèces, les enquêtes menées par les élèves auprès des anciens du village, la plantation elle-même au printemps 2020, tous ces temps ont été l'occasion d'ouvrir ici et là la porte de l'école aux parents ou aux grands-parents, faisant du dispositif un projet intergénérationnel.

Enfin, au-delà de la communauté éducative, les acteurs de la société civile ont été sollicités par les écoles elles-mêmes : les mairies des communes, élus et employés municipaux, des formateurs des Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement (CPIE) ou des membres d'associations « nature », des structures spécialisées accompagnant salariés ou élèves en situation de handicap (ESAT du Marand dans le Puy-de-Dôme, EREA d'Aurillac dans le Cantal), des habitants volontaires et bénévoles des communes… Enfin, la Mission Haie Auvergne a conseillé, supervisé la commande et livré les plants, produits localement par une pépinière auvergnate, pour les 36 haies plantées au printemps 2020. « 1 2 3 Plant'haie » est donc finalement un outil puissant d'intégration de l'école à la société.

The Conversation

La Maison pour la science en Auvergne a reçu des financements de La Fondation Yves Rocher, pour le dispositif « 1 2 3 Plant'haie ».


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salle[BureauVert] est une initiative lancée par le réseau Profs en transition dont l'objectif est de réduire l'impact écologique de nos espaces et usages bureautiques, dans l'univers scolaire évidemment mais aussi bien au-delà dans nos pratiques quotidiennes !

Temps de lecture : 2 minutes

Le réseau Profs en transition est heureux de mettre à disposition de vos salles informatiques ces affiches et fonds d'écran qui rappelleront aux usagers les bases d'une pratique numérique et bureautique vertueuse. Déclinés selon les fameux 5R, ces visuels existent sous formats affiche, 16:9, 4:3 et carré.

Téléchargez ici les versions qui vous conviennent puis amusez-vous à les déployer dans un maximum de salles infos et de postes de travail, le défi [Bureau Vert] est lancé !

Bureau vert affiche

Bureau vert fond écran 16:9

Bureau vert fond écran 4:3

Bureau vert fond écran carré

Pour aller plus loin dans la compréhension des impacts de la pollution numérique, voici un article “état des lieux”. Enfin, pour agir de façon encore plus précise et efficace, nos propositions détaillées sous ce lien !

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Après le succès des deux premières éditions, la formation de deux mois co-conçue par le Campus de la Transition, le mouvement Colibris et la Coopérative des Oasis revient ce printemps. Une expérience « totale » et « transformante » pour les participants qui en ressortent plus conscients, outillés et armés pour s'engager, chacun à leur manière et à leur échelle, dans la Grande Transition. Explications.

Plus que jamais, l'urgence écologique et sociale nous met sous pression et nous confronte à des défis qui dépassent l'entendement individuel. Souvent vécue de façon isolée, cette prise de conscience peut amener à des questionnements profonds sur notre place dans ce monde en pleine mutation et bouleverser nos plans de vie, nos représentations du monde.

Pourquoi le T-Camp ? Une aventure humaine et transformatrice

Le T-Camp aspire humblement à accompagner ce processus grâce un cadre sécurisant, stimulant et transformant : une pédagogie qui parle à la Tête autant qu'au Corps et au Cœur, des enseignements interdisciplinaires et des intervenants inspirants et inspirés, hautement reconnus dans leur domaine de spécialité. Les deux premières éditions nous ont confortés dans l'intuition que c'est par l'expérience et le partage qu'une transformation individuelle peut s'opérer pour ouvrir le champ des possibles vers une transition collective plus juste et plus humaine. Du « je » au « nous », du logique au sensible, des sciences dites dures aux sciences sociales : à la logique du « ou » qui a historiquement dominé l'éducation la coupant d'une partie d'elle-même, le T-Camp promeut la culture du « et » car, à l'image du vivant interconnecté et interdépendant, les savoirs se relient au service d'une vision large, coopérative et non réductrice d'une de ses dimensions.

« Former pour transformer » : une approche pédagogique et académique qui a fait ses preuves

Cette démarche est nourrie par un large projet académique collaboratif, le programme FORTES' qui a d'ailleurs donné lieu à la publication du Manuel de la Grande Transition suite à une demande du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. Structuré en 6 « portes », ce socle pédagogique rassemble un vaste panel de connaissances et de compétences allant de la compréhension du système Terre aux questions d'éthique en passant par les enjeux plus concrets et fondamentaux que sont les enjeux juridiques mais aussi économiques.
Parce que les enjeux de la transition écologique et sociale sont complexes et systémiques, son enseignement ne peut en faire l'économie. C'est notre conviction et notre ambition : fournir aux T-Campeurs les outils critiques et sensibles, théoriques et pratiques à même de leur permettre de « comprendre pour agir ».
Avec aussi, et c'est important de le préciser, une attention active accordée aux émotions et à ce qui traverse, émerge, se déploie en chacun dans l'apprentissage de ces transitions intimes et collectives. Prendre conscience du caractère destructeur de beaucoup d'aspects de nos modes de vie est souvent anxiogène et peut créer un profond mal-être s'il n'est pas accompagné ou si la distorsion avec son environnement est trop grande. Prendre soin du vivant, c'est aussi et d'abord prendre soin de soi et du groupe.

T-Camp 2021 : en ligne & en présence

Dans la continuité de 2020, cette année réserve son lot d'incertitudes, notamment sur le plan sanitaire. Mais il en fallait davantage pour décourager les organisateurs du T-Camp ! Voilà pourquoi une organisation particulière sera mise en place cette année, qui permettra à la promotion de se retrouver aussi bien en ligne qu'en présentiel — c'est une nécessité pour bien appréhender et vivre cette pédagogie Tête-Corps-Cœur.
Tout commencera par deux week-ends à distance, au cours desquels les participants apprendront à collaborer en intelligence collective, facilités par nos intervenants, pour imaginer ensemble une représentation de l'état du monde.
A l'issue de ce socle de connaissances communes, une semaine entière sera consacrée à rencontrer des experts du climat et de la transition en général. L'économiste Alain Grandjean (Carbone 4), la climatologue Marie-Antoinette Mélières, le sociologue Dominique Bourg, le directeur du Shift Project Mathieu Auzanneau et bien d'autres partageront leurs réflexions, afin que chacun puisse parfaire sa représentation de la situation actuelle et commencer à creuser des pistes d'avenir alternatives et encourageantes.
Après deux semaines passées en ligne, il sera temps de se rencontrer pour de vrai ! Selon la spécialité choisie, 35 jeunes se rassembleront au Campus à Forges en Seine-et-Marne, et 20 au château d'Arvieu en Aveyron pour 6 semaines de plus. Avec un seul objectif : Incarner la transition.
Les enseignements se poursuivront dans une perspective d'expérimentation et de recherche de solutions. Egalement, ces semaines en immersion ont vocation à servir de tremplin vers un parcours de vie propre à chacun des participants, en cohérence avec leurs aspirations et la compréhension des enjeux globaux de notre siècle. Au programme : mise en pratique de méthodes de gouvernance et de coopération, exploration de nouveaux récits collectifs, expérimentation de la démarche low-tech

Alors n'hésitez pas : si vous n'attendez que le T-Camp, le T-Camp n'attend que vous !

Pour en savoir plus :
– RDV sur le site officiel du T-Camp
– Téléchargez la plaquette détaillée de la formation
– Venez rencontrer en ligne l'équipe d'organisation et des ancien.nes T-Campeurs qui partageront leur expérience le jeudi 11 février à 18h et le mercredi 24 février à 18h


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un articlerepris du site ingénieurs sans frontières, une publication sous licence cc by sa nc

L'ingénieur·e citoyen·ne : une introduction

Dans notre société, l'ingénieur·e occupe une position d'expert·e de la technique, souvent présentée comme neutre. A l'inverse, l'ingénieur·e citoyen·ne, intégrant les valeurs de justice sociale et environnementale à son action, est un·e médiateur·rice des choix techniques qui participent à la construction de la société.

Une campagne crescendo

La campagne est pensée pour suivre la prise de conscience des élèves-ingénieur·es vis-à-vis de leurs formations (voir frise ci-contre). Ainsi, les actions du début d'année s'appuient notamment sur les campagnes EAD1, comme AlimenTerre ou le Festisol. Ces campagnes sont rattachées aux réflexions du comité sur les formations des ingénieur·es et leurs limites pour répondre aux enjeux sociaux et environnementaux actuels.

Une campagne organisée pour et avec les Groupes Locaux (GL)

Pour mettre en place cette campagne, différents temps forts sont définis sur l'année. Afin d'introduire chacun d'entre eux, une réunion de lancement est organisée avec les groupes intéressés. A la fin du temps fort, lors du Retour d'Expérience, les GL montrent l'impact de leurs actions dans leurs écoles, donnent leur avis, proposent des améliorations etc.

A noter que les GL ne sont pas tenus de suivre strictement la chronologie, ils peuvent l'adapter selon leurs besoins.

Un accompagnement personnalisé peut être mis en place auprès des GL qui le souhaitent2.

Lancement du premier temps fort : l'Apostrophe pour une ingénierie citoyenne

L'Apostrophe, en interpellant par des phrases clivantes, permet de créer une dynamique d'échange à la fois entre les membres du GL et au sein de l'école. Elle se pense comme une introduction au débat sur l'ingénierie citoyenne.
Cet outil a été présenté, courant octobre, aux GL ainsi qu'aux organisations avec lesquelles FormIC souhaite porter son plaidoyer (Ingénieur·es Engagé·es, Together for Earth, Pour un réveil écologique, ...).

Treize groupes intéressés ont été recensés à ce jour mais il est possible de rejoindre la dynamique à n'importe quel moment de l'année.

Ce qui reste à venir

Dès janvier 2021, les GL seront amenés à réfléchir et débattre sur le lien entre la formation et la gouvernance de leur école (l'Observatoire des formations citoyennes3 et différents outils seront alors mobilisés). Cela leur permettra de s'approprier ces thématiques et de perpétuer la dynamique les années suivantes.
Autour d'avril est prévu le week-end de formation sur les thématiques FormIC, ouvert à tou·tes les membres de la fédération et aux organisations listées précédemment.

Finalement, la campagne est pensée pour être au service du plaidoyer, afin de transformer durablement le contenu et la gouvernance des formations en ingénierie. Elle doit permettre d'interpeller son administration, pour ensuite présenter des revendications soutenues nationalement par le comité. D'où la représentation multi-scalaire du plaidoyer ci-contre.

1 Campagnes portées par l'équipe Éducation au Développement d'ISF

2 N'hésitez pas à contacter le comité via l'adresse contact.formic@isf-france.org pour en en savoir plus.

3 Plus d'informations sur : http://observatoiredesformationscitoyennes.org/

5 février 2021
Nathan Coutable et Fédora Accoca-Pidolle, membres du comité FormIC
Thématique
Gouvernance
Catégorie
Échanger et débattre
Campagne
L'ingénieur.e citoyen.ne c'est moi ?
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Enseigner la transition

Avec de nouveaux formats d'ateliers autour de l'alimentation, les enfants comprennent que la manière dont on traite la planète se répercute sur notre santé. Ella Olsson/Unsplash, CC BY

Dans la mesure où les produits ultra-transformés sont associés à des risques significativement accrus de maladies chroniques, veiller à une alimentation saine est un vecteur essentiel de protection de la santé. La prévalence des maladies chroniques est aussi associée à un accroissement des inégalités sociales de santé, les populations les plus défavorisées étant les plus affectées, et consommant le plus d'aliments ultra-transformés. Notons que la prévalence de l'obésité, favorisant le développement d'autres maladies chroniques, est passée de 8,5 à 15,0 % en France entre 1997 et 2012, pour atteindre 17 % en 2015.

En réaction à cette évolution de l'obésité, les pouvoirs publics agissent depuis une vingtaine d'années, notamment à travers la création du Programme National Nutrition Santé. La question d'une éducation à l'alimentation est également émergente : elle est incluse depuis 2016 dans le code de l'éducation et est encouragée par l'avis n°84 du Conseil national de l'alimentation.

L'alimentation humaine est très influencée par les représentations qui lui sont associées : on mange autant ce qui est « culturellement comestible » que ce qui l'est biologiquement. Selon le sociologue Claude Fischler, c'est aussi, en plus de leur culture, l'expérience quotidienne et répétée des enfants avec leur alimentation qui influence leurs représentations alimentaires.

Les enjeux autour de l'éducation à l'alimentation sont donc absolument conséquents : son organisation à l'école publique pourrait permettre aux enfants non seulement d'acquérir des connaissances mais aussi de comprendre, en tant que futurs citoyens, comment leurs choix alimentaires influencent leur santé, ainsi que celle de l'environnement.

L'attention doit cependant être également portée sur son approche pédagogique. En effet, il est connu que les allégations de santé peuvent être inefficaces lorsque celles-ci s'adressent à des populations sans tenir compte de leurs spécificités culturelles. Il s'installe en effet souvent une « distance culturelle » entre les discours de santé publique et les milieux populaires, qui tend à largement limiter leurs effets. Il semble de même que les discours de santé qui relèvent de l'injonction peuvent non seulement être inefficaces, mais de surcroît stigmatiser les populations auxquelles ils s'adressent.

De trop grandes disparités

Ces quelques éléments nourrissent la réflexion à propos de ce que pourrait (et ne doit pas) être une telle éducation à l'alimentation. Mais qu'en est-il réellement aujourd'hui ? Une enquête de terrain sociologique de type qualitative réalisée au sein d'écoles élémentaires de la région Normandie nous a montré que cette éducation est particulièrement compliquée à réaliser pour les enseignants, qui ne disposent pas de formation en la matière.

Elle s'apparente ainsi à diverses formes « d'éducation à », comme « l'éducation au développement durable », ou encore « l'éducation à l'égalité des filles et des garçons ». Celles-ci sont stipulées dans le code de l'éducation, mais ne s'inscrivent pas dans un programme et ne sont pas contrôlées par les inspecteurs de l'éducation. Autrement dit, leur exercice ne dépend que de la bonne volonté des enseignants, de leur sensibilité particulière, mais aussi des ressources dont ils disposent (en termes de temps et d'énergie).

Une multiplication des injonctions d'exercer ces types « d'éducation à » entraîne souvent de la confusion chez les enseignants. Nous avons par exemple pu constater sur le terrain la mise en place d'une « classe du goût » en guise d'éducation à l'alimentation, dans une école située dans un quartier prioritaire : celle-ci servait davantage la finalité d'éduquer au « vivre ensemble » (les enfants étaient chargés de ramener en classe des aliments et plats provenant du pays d'origine de leurs parents), sans questionner les effets que peuvent avoir la nourriture sur la santé.

Ainsi, si l'éducation à l'alimentation a été pensée par le ministère de l'Éducation afin de répondre aux problématiques de santé qui lui sont liées (principalement à celle de l'obésité), il semble que, sur le terrain, les enseignants font comme ils peuvent avec ce qu'ils ont. La plupart des écoles et des enseignants auprès desquels nous avons enquêté n'ont jamais abordé la question de l'alimentation à l'école, faute de manque de temps et d'informations les guidant sur la manière de procéder.

Une réflexion globale

Dans le contexte actuel, nous pensons qu'il faudrait considérer avec plus d'attention la question de l'éducation à l'alimentation, jusqu'à envisager un programme national commun aux différents établissements scolaires.

Nous avons pour notre part mené des expérimentations afin d'identifier des solutions pratiques, à la fois conscientes des avancées en alimentation humaine et des problématiques sociologiques. En nous basant sur les réflexions que nous avons évoquées ci-dessus, nous en sommes arrivés à une « éducation à l'alimentation holistique ».

« Holistique » par le fait que la compréhension des liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement dépend moins de l'acquisition de connaissances particulières et isolées les unes des autres que d'une compréhension générale et englobante. Mais aussi parce qu'une compréhension holistique des enjeux propres à ces liens permet aux enfants de s'impliquer dans le développement d'une réflexion et d'une discussion. La méthode que nous proposons consiste à communiquer aux enfants des phrases d'accroches, simples à comprendre, qui leur permettront de prendre la parole en mobilisant des connaissances dont ils disposent personnellement et qu'ils ont acquises en dehors de l'école.

Cette approche se distingue des slogans actuellement diffusés, dans la mesure où elle permet aux enfants de devenir pleinement acteurs. Par exemple, nous avons proposé à des enfants de 10 ans de deux écoles situées dans des quartiers prioritaires de s'exprimer à propos d'une citation d'Héraclite : « la santé de l'homme est le reflet de la santé de la terre »

Une implication personnelle

Alors qu'ils semblaient, lorsqu'ils étaient interrogés individuellement, peu concernés et intéressés par ces sujets, ils ont là été en mesure de développer une discussion et une réflexion cohérente. L'un expliquait que la terre a besoin des arbres pour respirer, un autre lui répondait que nous en avions aussi besoin, tandis qu'un autre encore évoquait le fait que nous avons besoin des abeilles pour la pollinisation.

Cette discussion contribua à amener l'idée plus générale que la manière dont on traite la planète se répercutera sur notre santé, notamment parce que la qualité de ce qu'on mange en dépend. Les enfants se sentent directement impliqués et concernés par les réflexions développées. L'éducateur, lui, amène à une réflexion globale via des phrases d'accroche, et fournira éventuellement des informations dans des échanges de questions/réponses avec les enfants.

La collaboration de la sociologie, de l'alimentation humaine et des sciences de l'environnement nous a permis de développer un ensemble de réflexions pour une éducation à l'alimentation adaptée aux enjeux sanitaires et sociaux. Nous pensons qu'il est important d'enseigner aux plus jeunes une totalité plutôt que des « parties », notamment à propos des effets de nos choix alimentaires sur la santé globale.

La mise en place d'une réflexion sur les liens entre l'alimentation, la santé et l'environnement permettrait aux enfants de se l'approprier, tandis que l'enseignement d'informations isolées les unes des autres semble inefficace auprès des enfants issues de milieux sociaux défavorisés, qui ne se sentent souvent pas concernés par celles-ci. Nous souhaitons proposer de mieux expérimenter cette approche éducative, si possible à l'échelle nationale et dans le cadre d'un programme.

The Conversation

Anthony Fardet est membre des comités scientifiques/experts de Siga, Wuji & co, MiamNutrition, Complexus Care, centre ERASME Jean Monnet et du Projet Alimentaire Territorial Grand Clermont-PNR Livradois Forez. Il est aussi adhérent aux associations GREFFE et ANIS Etoilé.

Louis Lebredonchel does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.


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Le groupe "Hybridation en coopération ouverte" créé à la sortie du premier confinement sur Riposte Créative Pédagogique montre l'intérêt d'un partage d'expérience, de ressources au face à une crise qui bouleverse les conditions de formation. La vingtaine de webinaires réalisés ou en cours en sont un reflet vivant.

Face à une crise écologique qui qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, voici maintenant la proposition d'un groupe "Transition en coopération ouverte" justifiée à nos yeux par l'urgence de la crise justifie à nos yeux. Ce nouveau groupe en coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) [1] privilégie les productions et contenus réutilisables .

Avec une première rencontre le 25 mai à 17h

De la mutualisation à la coopération ouverte

Depuis 6 ans, Le magazine Innovation pédagogique met en réseau les publications d'une trentaine de sites qui acceptent de partager leur contenu. Au fil des années, la production éditoriale et la notoriété du site se sont accrues comme en rend compte ce graphe des visiteurs mensuels :

Avec la crise du Covid, les échanges d'expériences, réflexions, se sont multipliés avec plus de 200 articles publiés autour de l'hybridation et de la "Riposte Pédagogique". Dans un temps de crise où le monde ne peut plus fonctionner comme avant, l'urgence pousse de nombreuses personnes à coopérer au delà de leur seul établissement.

Pour favoriser cette coopération ouverte, un espace collaboratif "Riposte Créative Pédagogique, a été créé à l'image de Riposte Créative Territoriale [2] initié avec la direction Innovation du CNFPT et d'une dizaine d'autres espaces s'appuyant sur le même outil et la même démarche d'écriture ouverte et de partage des contenus.

Nous y apprenons un partage de ressources, de retours d'expériences au delà de nos établissements [3] avec par exemple le groupe "Hybridation en coopération ouverte" et la vingtaine de webinaires réalisés.

Alors que les publications sur Innovation pédagogique sont proposées à la publication par leur auteur ou via un flux RSS, dans les "Riposte", l'écriture est directe, modifiable et révisable (on peut facilement revenir en arrière) ; c'est un wiki. Et comme à l'école nous n'avons pas écrit à écrire publiquement pour être lu, dans les Riposte nous proposons un petit pas, le plus simple possible, pour écrire, avec l'usage de formulaires, tel celui des fiches ressources.

Les deux espaces sont reliés : les articles d'Innovation Pédagogique sur l'hybridation et en riposte pédagogique à la crise du Covid sont proposés sur Riposte pédagogique. Et les webinaires sont relayés sur Innovation Pédagogique.

Sous le "capot" des Riposte se trouve le logiciel libre yeswiki [1], particulièrement facile à utiliser dans l'esprit d'outil convivial [4] développé par Ivan iIllitch, un outil qui

- augmente l'efficience sans dégrader l'autonomie personnelle ;
- ne suscite ni esclave, ni maître ;
- renforce le pouvoir d'agir

Les bases de données facilement modifiables, fournissent aussi une cartographie lorsque l'adresse d'une initiative est renseignée comme dans Riposte Créative Bretagne.

C'est cette démarche en coopération ouverte [5] que nous proposons pour la création de ce groupe autour de la transition écologique dans l'enseignement supérieur francophone et en formation d'adultes.

Pourquoi un groupe en coopération ouverte autour de la Transition écologique ?

Je reprends ici la page de présentation du groupe dans Riposte Pédagogique.

Ce groupe travaille sur la prise en compte de la transition écologique (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, numérique responsable, résilience .. ) dans l'enseignement supérieur francophone et la formation des adultes. Face à une crise qui touche à l'existence même de la société humaine sur terre, nous faisons ici le choix d'une démarche en coopération ouverte à toutes et tous. L'urgence de la crise justifie à nos yeux une coopération ouverte (pour un monde vivable et désirable) qui privilégie les productions et contenus réutilisables (telles celles sous licences Creative Commons ; pour répondre aux nombreuses questions qui se posent

  • Quelles transformations des contenus enseignés ?
  • Quelles formes pédagogiques qui impliquent les étudiants et relient au territoire ?
  • Quels enseignements spécifiques ?
  • Quelles ressources éducatives libres ?
  • Quels retours d'expériences, bilans, analyses ?

Cette initiative est complémentaire des démarches internes d'établissements ou de consortium qui ont mis ces questions à leur agenda. L'espace gare d'aiguillage est là pour faire le lien vers les autres initiatives rendues publiques (et ne pas refaire ce qui a déjà été fait, en précisant les conditions de leur réutilisabilité ou non).

La particularité de ce groupe en Riposte Pédagogique est son caractère ouvert avec une volonté de partage des ressources et de favoriser la réutilisabilité de ce ce qui existe déjà.

Comme nous le disions dans le préambule, l'urgence de la crise plaide pour un partage où chacun ne refasse pas dans son coin où nous enrichissons des apports des autres et inventons une intelligence collective autour de communs en actes !

Pour quoi faire ?

Espace collaboratif ouvert chacun.e peut y participer selon son envie, et même avec un petit temps disponible (il suffit de quelques minutes pour ajouter une ressource à la base de données par exemple, signaler une ressource à un collègue concerné, ajouter un lien à la gare d'aiguillage).

Que peut-on déjà faire ?

- Rejoindre le groupe transition en coopération ouverte

Pour rejoindre le groupe, il suffit de vous inscrire sur la liste sympa en cliquant ici [2]

-Consulter les articles issus d'Innovation Pédagogique

Une soixantaine d'articles sont proposés autour

Ces pages sont alimentées par les flux RSS associés à des mots clés mis sur les articles d'Innovation pédagogique et la page d'accueil qui présente les 5 derniers articles associés évolue au fil des publications, (d'autres sources pourront être ajoutées).

-Référencer une ressource

La base de données ressources permet de référencer ce que vous pensez être une ressource (retour d'expérience, programme, descriptif d'Unité d'Enseignement etc ..). Dés qu'un certain nombre de ressources seront disponibles elles seront proposées directement dans cet espace (via un filtre sur le mot clé transition).

-Documenter la gare d'aiguillage

Les Ripostes Créative fonctionnent dans un logique d'archipel [6, 7] et n'ont pas vocation à regroupe mais à relier. C'est l'idée de gare d'aiguillage [8] qui renvoie vers les ressources dejà existantes.

La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations à l'animation de projets coopératifs Animacoop [9] est un espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration.

Pour la transition écologique dans l'enseignement supérieur une pagea été créée qu'il reste à documenter !

- Expérimenter un cercle d'apprentissage

L'archipel des Riposte Créative est aussi l'occasion d'un croisement des initiatives et nous pourrons nous inspirer des 10 cercles d'apprentissages mis en place par le CNFPT dans Riposte Créative Territoriale pour apprendre ensemble. Voir aussi le cercle apprenant sur la coopération entre ingénieurs, conseillers pédagogiques mis en place par le groupe hybridation en coopération ouverte (première réunion le 3 mai).

-Proposer un webinaire

Avec de 30 à 100 participants, la quinzaine de webinaires de Riposte Pédagogique ont été à la fois de riches temps de rencontres mais constituent aussi via les enregistrements et les ressources associées une base de contenus utiles sur différentes facettes de la pédagogie dans ce temps de crise.
là aussi une organisation collaborative où chacun.e peut proposer et organiser démultiplie le champs des possibles dans une organisation agile et frugale.

Voilà pour quelques propositions que nous avons déjà pratiquées [10] ; mais un groupe coopératif [9] ne manquera d'en faire émerger de nouvelles idées !

Toutes les coopérations avec des réseaux existants est bienvenue, ce groupe n'a aucune autre ambition que de faciliter la transition écologique dans un fonctionnement par consentement où celui qui a envie de faire fat dans la mesure où il n'y a pas d'objection sur le fond du projet !

Alors à bientôt pour croiser nos envies d'une transition écologique en actes dans l'enseignement supérieur francophone et ne formation des adultes.

Les publications citées

[1] Coopération ouverte pour un monde vivable et désirable, texte élaboré lors desrencontres Co-construire à Tournai, août 2019.

[2] La démarche Riposte Créative Territoriale, est présentée dans le film "Silence de l'innovation" réalisé par Thomas Troadec (54 mn), mars 2021.

[3] Ce que nous apprenons des Riposte Créative, une démarche d'écriture collaborative réutilisable, par Michel Briand et Laurent Marseault, 21 juin 2020.

[4] Le rôle du techno-pédagogue dans un « Riposte créative » espace en coopération ouverte, entretien avec Laurent Marseault et Florent Merlet, 15 avril 2021.

[5] La coopération, un changement de posture : vers une société de la coopération ouverte, diapos commentées et audio de la conférence de Michel Briand au colloque QPES 2019, dans Innovation Pédagogique, juin 2019.

[6] Partage sincère, "tragédie du LSD", fonctionnement en archipel : dialogue autour de la coopération ouverte avec Laurent Marseault, 12 mars 2021.

[7] - Agora des archipels, un espace de rencontres et de partage entre acteurs de la transition qui se retrouvent dans un fonctionnement u, qu'ils soient des individus, des collectifs en archipel.

[8] - La gare d'aiguillage aussi appelée "gare centrale" dans les formations Animacoop espace de partage d'information qui rend visible tous les éléments utiles aux membres d'un collectif pour y agir en collaboration, un exemple de circulation ds flux sur Riposte Creative Bretagne.

[9] Animacoop formation à l'animation de projets coopératifs ]] et aussi Interpole, l'espace ressource de la CIA (Collectif Inter Animacoop).

[10] Créer et animer une "Riposte Creative, formation action autour de la coopération ouverte proposée au CNFPT par Michel Briand et Laurent Marseault et mise en oeuvre pour le département de la Gironde avec Julie Chabaud (février, mars 2021).

Quelques liens autour de la coopération ouverte

-Autour des compétences qui favorisent la coopération : L'état d'esprit collaboratif, « faire avec » et « avoir le souci des communs » : trois pivots pour coopérer par Elzbieta Sanojca dans Innovation Pédagogique, 11 mars 2018.

-La compostabilité : pour un écosystème de projets vivaces par Romain Lalande et Laurent Marseault sur Vecam, 4 mars 2018.

-La coopération ouverte, un concept en émergence, par Elzbieta Sanojca, Michel Briand, dans Innovation Pédagogique, 15 mai 2018.

-E-book Cooptic un manuel à l'usage des animateurs de réseau et les contenus bonifiés par Gatien Bataille dans sa formation cooptic

-Histoires de coopération, une trentaine d'interview d'acteurs de la coopération ouverte sur le blog Coopérations, mars 2019.


Quelques projets en coopération ouverte

-Bretagne Créative
"L'innovation sociale ouverte, c'est donc donner à voir son projet/son idée, échanger avec les autres pour croiser et enrichir les savoirs-faire et compétences. Sources d'efficience et créatrices de lien social sur les territoires, les démarches collaboratives sont une manière de pérenniser et de multiplier ces initiatives tout en favorisant le bien commun."

-Riposte Créative Territoriale
L'objectif ? Co-construire, avec les collectivités territoriales, les réponses formatives innovantes pour faire face à ces défis complètement inédits, en mobilisant l'intelligence collective. Comment développer des modes d'apprentissage dans l'urgence, pour des solutions créatrices de valeur sociale pour le service public territorial et la démocratie locale ?
Notre intention fait écho à l'alerte de Bruno Latour : « Si on ne profite pas de cette situation incroyable pour changer, ce serait gâcher une crise. »

-Riposte Créative Bretagne

« Une marmite ne commence pas à bouillir par le couvercle, mais toujours par le fond ! » Proverbe de Haute-Bretagne un espace collaboratif ouvert pour

  • donner à voir et mutualiser les initiatives en complémentarité des services et groupes mis en place
    -* exprimer des besoins prenant en compte les personnes en précarité, en situation de fragilité et éloignées des services proposés
  • favoriser l'attention, le soin, et une convivialité, et ainsi contribuer au bien vivre ensemble
  • favoriser des transformations créatives solidaires et en transition pour l'après

-Faire ecole ensemble
association - collégiale et à durée de vie limitée - qui facilite le soutien citoyen de la communauté éducative durant l'épidémie de COVID-19. Ses actions s'organisent par programmes et se destinent à être supportés par des coalitions d'organisations pérennes.

-Outils libres
Internet avait été conçu comme un réseau décentralisé, qui donne du pouvoir et de la liberté aux citoyens. Sortir nos informations des gros silos de données pour revenir à des petites structures ouvertes et inter-connectées, c'est possible avec un peu de savoir faire technique et de la bonne volonté. Dans le cadre du mouvement plus global des logiciels libres, et par sa rencontre et collaboration avec l'association Framasoft, Colibris a rejoint le Collectif d'Hébergeurs Alternatifs Transparents Ouverts, Neutres et Solidaires (CHATONS) et met à disposition gratuitement des solutions libres et respectueuses de la vie privée.

-Transiscope
Aujourd'hui, de nombreux d'acteurs de la transition et des alternatives ont entamé un travail de recensement et de cartographie de leurs organisations, actions et écosystèmes.

Dans la majorité des cas, néanmoins, ces informations sont éparpillées sur les sites de chacune de ces organisations et les données ne peuvent pas communiquer entre elles en raison de choix techniques différents : aucune visualisation agrégée n'était jusqu'à présent possible.

Pour permettre de relier ces alternatives, une dizaine de collectifs travaillent depuis deux ans pour développer des outils libres permettant de connecter les différentes bases de données existantes et de les visualiser au même endroit : TRANSISCOPE

-Collectif Yeswiki
L'outil libre facilitant la coopération ouverte.
YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs.

A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité !

YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements.


[1] YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs. A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité. YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements. texte repris de la page d'accueil de YesWiki

[2] Cette liste est hébergée par Infinihébergeur associatif brestois et membre du collectif Chatons (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires)


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Le 29 mars, le groupe de travail "Enseigner la transition écologique dans le supérieur" a rendu son rapport. Missionné par Frédérique Vidal et présidé par Jean Jouzel, ce groupe de travail n'a sorti ses recommandations qu'après huit mois d'attente. La mission de ce groupe de travail a été prolongée par le ministère.

Un article repris du magazine ingénieurs sans frontières, un site sous licence CC by sa

Aujourd'hui, l'enseignement supérieur rencontre de nombreux défis, et en particulier celui de former l'ensemble des étudiant⋅es aux enjeux de la transition écologique et aux réponses à ces enjeux. A ce titre, les écoles d'ingénieur⋅es se doivent également de questionner leurs pratiques et leur approche de la technique afin d'intégrer les enjeux socio-environnementaux dans les cursus de formation.

L'objectif retenu par le groupe de travail est d'avoir, à terme "100% des apprenant⋅es dans le système d'enseignement supérieur français formé⋅es à la transition écologique et cela tout au long de leur parcours" alors qu'aujourd'hui, la formation à la transition écologique est encore très parcellaire dans la plupart des établissements, et loin de concerner l'ensemble des apprenant⋅es.

Pour cela, une évolution à la fois des enseignements proposés, des pratiques pédagogiques et de la politique des établissements d'enseignement supérieur est nécessaire. De nombreuses pistes sont évoquées dans le rapport, entre autre :

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans le référentiel d'accréditation de la Commission des Titres d'Ingénieur (CTI)

En intégrant ces enjeux dans le référentiel d'accréditation de la CTI, il est plus aisé pour les écoles d'ingénieur⋅es d'enclencher une amélioration de leurs pratiques de formation. De plus, cela légitime la nécessaire dispensation d'enseignements traitant de la transition écologique.

La CTI représente un acteur central dans l'écosystème des formations en ingénierie. Une modification en profondeur des formations, ce que doit constituer la prise en compte des enjeux de la transition écologique, doit donc passer par une intégration dans le référentiel d'accréditation.

L'intégration des enjeux de la transition écologique dans les programmes

Qu'il s'agisse de l'adaptation de cours existants ou la création de nouveaux modules, il est essentiel pour la formation de tous⋅tes aux questions de transition écologique de revoir les enseignements délivrés. Il est bien question de formation pour tous⋅tes les étudiant⋅es et non l'ouverture de parcours ouvert seulement à une fraction de la communauté étudiante.

Ingénieurs sans Frontières, promouvant depuis de nombreuses années une vision de l'ingénieur⋅e citoyen⋅ne conscient⋅e du monde qui l'entoure, défend ardemment l'interdisciplinarité et la révélation du sens politique de la technique. L'intégration de tels enseignements montre que la formation des ingénieur⋅es peut évoluer et n'est pas neutre, et que cette intégration devra nécessairement se faire en mobilisant une pluralité de savoirs afin de répondre de manière systémique aux enjeux écologiques.

La participation de la communauté étudiante dans la construction des programmes et de la politique de l'établissement

Si les étudiant⋅es sont un rouage essentiel de l'enseignement supérieur, il⋅elles sont rarement intégré⋅es aux prises de décisions qui les concernent pourtant en premier lieu. Mais ce n'est pas pour cela que les étudiant⋅es s'en désintéressent, en témoignent les sujets traités par des organisations comme Pour un réveil écologique, Ingénieur⋅e⋅s engagé⋅e⋅s, ou encore Ingénieurs Sans Frontières. Par conséquent, afin de s'assurer que les décisions prises soient partagées par tous⋅tes, il apparaît centrale d'impliquer les étudiant⋅es dans la construction des programmes et dans la définition des orientations de l'établissement.

Au travers du programme "Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne", Ingénieurs Sans Frontières s'engage pour repenser les formations, mais également refondre la gouvernance des écoles d'ingénieur⋅es. En mettant en place une gouvernance partagée et une construction démocratique des formations, les étudiant⋅es sont intégré⋅es dans les processus de décision et acteur⋅ices de leur formation et au sein de leur école, développant ainsi un rapport politique à leurs actions.

La mobilisation d'outils et d'une diversité d'acteurs autour de ces questions

La société civile n'a pas attendu ce rapport pour se mobiliser et créer des outils pour sensibiliser et construire des réponses aux enjeux de la transition écologique. Fresque du Climat, guides, Grand Baromètre, etc., les outils ne manquent pas ! Il serait dommageable de ne pas se saisir des travaux préalablement fait.
Dans cette optique, Ingénieurs Sans Frontières agit depuis près de 40 ans sur l'éthique et le rôle de l'ingénieur⋅e dans son environnement. Par le questionnement de la technique et des pratiques de l'ingénieur⋅e, au travers d'outils spécifiquement conçus pour agir auprès d'un public d'étudiant⋅es ingénieur⋅es, il est possible d'ouvrir les horizons des participant⋅es à ces temps dans l'objectif de sensibiliser au rôle joué dans la transition écologique.

Ce rapport, bien qu'intéressant et riche en enseignements et perspectives, risque de finir oublié dans les méandres de l'administration. Comme le soulignent plusieurs organisations (REFEDD, FAGE, UNEF, Pour un réveil écologique) dans leur communiqué, l'absence d'action et de réaction de la part du Ministère pour que les universités et écoles s'emparent de ce sujet, est alarmant. Nous appuyons donc ce message, qui fait sens par rapport aux actions d'ISF de ces dernières années, et qui fait écho à notre programme d'action Former l'Ingénieur⋅e Citoyen⋅ne. Les étudiant⋅es en école ingénieur⋅es peuvent continuer à faire progresser cette thématique au sein de leur école, en s'appuyant notamment sur ce programme d'ISF, et donc sur leur groupe ISF implanté dans leur école.


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Pour Ingénieurs sans frontières, les formations en ingénierie se doivent de transmettre les clés de compréhension d'une controverse sociotechnique et de l'ensemble des discours et des intérêts qui se construisent autour des innovations. Ceci afin de former des ingénieur·es capables de composer en interdisciplinarité et de façon démocratique. Mais il semble nécessaire de lever plusieurs freins dans la gouvernance.

Un articlerepris du site Ingénieurs sans frontières

Au niveau des établissements, la formation est négociée entre différent·es acteur·rices (cf l'infographie en page 2). L'État et les entreprises, qui financent bien plus abondamment les écoles que les inscriptions des étudiant·es, cherchent à produire des ingénieur·es adapté·es à un marché de l'emploi et à des pratiques industrielles à l'origine des problèmes socio-environnementaux. Leur pouvoir est tel qu'il est difficile d'exprimer la notion de "décroissance" dans les classes comme dans les instances de gouvernance des écoles. Cette dépolitisation ne s'arrête pas à leurs portes, elle est aussi visible au niveau national au sein des organismes d'accréditation des diplômes comme la commission des titres d'ingénieur où le premier syndicat des patron·nes de France occupe une place très confortable.

Et pourtant, face à cette forme d'ingénierie qui domine les formations françaises, quelques exceptions montrent que des alternatives sont possibles. L'ENGEES (école de l'eau et environnement à Strasbourg) forme à la co-construction territoriale dans la gestion de la ressource en eau, sous l'impulsion du laboratoire interdisciplinaire GESTE (sociologie, économie, ingénierie). Cependant sa formation technique est assez conventionnelle, invisibilisant les alternatives car modelée pour les besoins de Veolia. A l'inverse, l'ICAM de Lille vient de créer une spécialité Low Tech malheureusement technocentrée et inscrite dans le paradigme de l'économie circulaire industrielle, un capitalisme vert qui défend toujours les intérêts d'une minorité. Enfin, on peut citer un cas plus rare, celui d'APTERIA à Sciences Agro Bordeaux qui forme des ingénieur·es à exercer dans le monde associatif et/ou la fonction publique.

L'une des conditions clés est d'avoir des enseignant·es-chercheur·ses qui s'engagent dans la transformation de la formation, par leurs enseignements et par les instances de gouvernance qu'elles·ils investissent.

Parallèlement à ces transformations marginales, on voit fleurir des initiatives prometteuses qui repolitisent partiellement la question des formations : The Shift Project qui mène le projet Climat en partenariat avec le groupement des INSA ; le collectif interdisciplinaire de chercheur·euses FORTES qui vient de développer son Manuel de la Grande Transition avec le soutien du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; ou encore Pour un réveil écologique qui ouvre un groupe de travail avec le même ministère pour conduire une réflexion sur l'évolution de l'enseignement supérieur. Mais ces alliances peuvent-elles amorcer un changement suffisamment radical ? En tout cas, voici différents freins et leviers que les étudiant·es peuvent contourner et mobiliser dans leur stratégie pour transformer les formations.


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Les T'éduc proposent un rendez-vous régulier à la communauté éducative et aux médiateurs culturels et scientifiques. Ils les invitent à une réflexion collective autour d'un thème avec l'appui et l'expertise d'intervenants et la participation de tous. Ils nourrissent les approches éducatives et la dynamique de projet et incitent à la réflexion autour des nouvelles formes de médiation.

Le monde éducatif doit aujourd'hui prendre part dans la transition écologique et la lutte contre le réchauffement climatique. Si les programmes scolaires commencent tout juste à prendre en compte l'importance de ce défi, des pratiques très riches se développent à tous les niveaux de l'enseignement, à l'école comme dans les musées. La Cité des sciences et de l'industrie a notamment fait de cette question une priorité de sa programmation et des différents lieux ressources qu'elle propose. Et si les sciences sont en première ligne, toutes les disciplines sont concernées.

L'objet de ce T'éduc est de permettre à des acteurs engagés de faire part de leur expérience, de leur combat pour une plus grande intégration des questions climatiques dans l'ordinaire de la classe et pas seulement dans des projets occasionnels. Dépasser les simples « petits gestes éco-citoyens », aborder un sujet anxiogène fortement relayé dans les médias… Un vaste chantier que nous vous proposons d'explorer avec nous.

Avec la participation de (liste complète à venir) :
-Pierre Lena, Membre de l'Académie des sciences, Président d'honneur et co-fondateur de La main à la pâte ;
-Mathilde Tricoire, Responsable pédagogique de l'Office for Climate Education (OCE) ;
-Nicolas Demarthe, Animateur de La main à la pâte, ancien professeur des écoles et formateur.

Un webinaire animé par Marie-Catherine Mérat.


Programmation 2014-2015
Information et inscription : educ-formation@universcience.fr

Avec la collaboration des Cahiers pédagogiques

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- la suite des articles "Enseigner la transition"

Rapports enseignement supérieur et transition

Le Shift est heureux de vous convier au webinaire de présentation de son nouveau rapport intermédiaire : « La résilience des territoires pour tenir le cap de la transition écologique », le jeudi 6 mai de 14h à 18h30. Ces travaux intermédiaires ont été réalisés dans le cadre du projet Stratégies de résilience des territoires, initié au mois de septembre 2020.

Les inscriptions sont ouvertes !

Cette présentation (14h/16h15) sera suivie d'ateliers collaboratifs (16h15/18h30) afin de pouvoir discuter de ces premières conclusions avec toutes les parties prenantes intéressées. Attention : afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers seront réservés à un nombre très limité de participants. Vous pouvez vous y inscrire, mais nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

Comment assister ?

Date : Jeudi 6 mai 2021, en format webinaire, de 14h à 18h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

14h00 – Ouverture de la salle d'attente Zoom et du Live Facebook

14h10 Mot d'introduction

  • Matthieu Auzanneau, Directeur, The Shift Project

14h20 Présentation du rapport intermédiaire : Stratégies de résilience des territoires

  • Laurent Delcayrou, Chef de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Corentin Riet, Chargé de projet « Stratégies de Résilience des territoires »
  • Fiona Mille, Membre des Shifters et contributrice du projet « Stratégies de Résilience des territoires »

15h10 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

15h25 Table-ronde

16h00 Temps de questions-réponses avec le public (via l'onglet Q&R de Zoom)

16h15 Mot de conclusion

Pause de 5 minutes

16h20 – Ateliers collaboratifs

Les participants sélectionnés sont répartis par atelier dans des salles virtuelles, et confiés à un.e animateur.rice pour une durée de 1h30. Afin d'assurer la qualité des discussions, les ateliers sont réservés à un nombre très limité de professionnels du secteur de l'administration publique. Nous nous réservons donc le droit de refuser ou de réaffecter les participants à un autre atelier.

  • Atelier 1 : Mettre en œuvre de premières actions pour la transition écologique et la résilience de son territoire

  • Atelier 2 : Renforcer les capacités des acteurs en faveur de la transition écologique et de la résilience du territoire
  • Atelier 3 : Imaginer ensemble une vision désirable, sobre et résiliente de son territoire
  • Atelier 4 : Faire évoluer son organisation pour mener la transition écologique et bâtir la résilience de son territoire
  • Atelier 5 : Inventer de nouvelles coopérations et solidarités territoriales, de l'immeuble au bassin versant

17h50 – Restitution des ateliers en plénière

18h25 – Conclusion

18h30 – Fin de l'événement

A propos du projet

Avec le projet « Stratégies de résilience des territoires », The Shift Project entend interpeller non seulement les élus, mais aussi l'ensemble des acteurs territoriaux, sur les implications structurelles de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours sur les territoires, et fournir des éléments pour l'action permettant de bâtir des stratégies locales de résilience.

Le projet permettra d'exposer les implications systémiques, de long terme et irréversibles, de la transition écologique et des bouleversements environnementaux en cours et d'illustrer les risques qu'elles font peser selon les territoires et selon les populations. La résilience des territoires sera considérée comme un horizon mobilisateur pour appréhender la complexité et la dimension holistique de ces enjeux et ainsi faciliter le renouvellement des visions et des trajectoires de développement sur les territoires. Le foisonnement actuel d'actions, d'acteurs, d'outils mobilisés en réponse aux problématiques climat-énergie fera l'objet d'un état des lieux critique. Le projet étudiera l'intérêt en termes de résilience territoriale, d'initiatives locales innovantes se réclamant de la transition, très actives sur les territoires ainsi que certains travaux de prospective et de recherche particulièrement inspirants. Tout au long du projet, l'action et le rôle de la Région comme chef d'orchestre des initiatives de transition et d'adaptation au niveau local seront questionnés. Des recommandations spécifiques à destination des acteurs régionaux – mais aussi de l'Etat – seront formulées.

Nous développerons en trois cahiers les messages et principes clefs pour bâtir des stratégies de résilience des territoires à la hauteur de l'enjeu. Considérant la résilience comme un processus de long terme, nous proposerons des pistes d'action pour amorcer le changement sur son territoire.

L'article [Invitation] Présentation rapport intermédiaire « Stratégies de résilience des territoires » & Ateliers (Jeudi 6 mai à 14h) est apparu en premier sur The Shift Project.


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Le Shift publie un nouveau point d'avancement du Plan de transformation de l'économie française (PTEF), sous forme de fiches approfondies pour chaque secteur et chaque chantier transversal du programme.

Ces nouveaux documents mis en ligne aujourd'hui succèdent aux publications déjà partagées depuis le lancement du PTEF : le premier Rapport de la Vision globale_v0, publié en juillet 2020, et le Rapport de Synthèse de la Vision globale_v1 publié quant à lui en octobre 2020.

En 2021, les travaux de recherche continuent, cette fois secteur par secteur, via la consultation et la mobilisation du plus grand nombre d'acteurs possible.

Nous diffusons aujourd'hui une petite vingtaine de fiches qui donnent un aperçu de l'avancement de chaque équipe du PTEF à fin 2020, sachant que bon nombre d'entre elles préparent déjà les rapports sectoriels approfondis qui seront publiés courant 2021-2022. Chacune de ces fiches peut se lire séparément, mais il est probable que vous ayez envie de ne pas limiter votre lecture à un seul secteur, tant ils sont liés les uns aux autres.

L'ensemble du contenu de ces fiches – point de départ, leviers de décarbonation proposés, réalité du secteur ou de l'économie après transformation, données, calculs, etc. – a naturellement vocation à être un objet de débat continu, a fortiori dans la période pré-électorale décisive que nous connaissons.

Votre contribution est donc plus que souhaitable tant sur la recherche que sur la diffusion. Un bon point de départ pour cela est de répondre à notre grande consultation, la Big Review, ou encore de rejoindre l'association des Shifters.

Publication complète

Fiches sectorielles approfondies

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Le 5 novembre dernier, FAImaison a organisé un arpentage du rapport du Shift Project « Déployer la sobriété numérique ». Ce texte se veut un compte-rendu de cet arpentage et des échanges auxquels il a donné lieu.

un article repris du magazine Faimaison, un publication sous licence par défaut CC by sa

Pour rappel, l'arpentage est une méthode d'éducation populaire permettant de lire collectivement un ouvrage : les participants et participantes se
répartissent la lecture de l'ouvrage et résument ensuite au groupe ce qu'elles
ont lu. Ici nous avions décidé que chacun et chacune, à l'issue de sa lecture,
rapporterait au groupe une chose qu'elle a apprise et une chose qui l'a
surprise.

Dans la continuité des deux précédents rapports de The Shift Project, parus en 2018 et 2019, Déployer la sobriété numérique se veut un guide de mise en oeuvre de la sobriété numérique, c'est-à-dire « une prise de conscience de l'impact environnemental du numérique » selon leurs mots.

Dans l'ensemble nous avons tous et toutes été surprises par le ton du rapport :
technique, voire technocratique, il nous a rebutées et nous a donné le
sentiment d'être destiné aux « décideurs » alors que nous aurions souhaité, sur
un sujet aussi important, un document utilisable par les citoyens et citoyennes.

Bien que ce texte pose des questions intéressantes, telles celles de
l'extraction des matières première ou de l'économie de l'attention, il laisse
un goût d'inabouti en bouche, ces sujets étant survolés au profit d'une analyse
majoritairement quantifiée de la consommation électrique d'éventuels systèmes
dits « intelligents ».

L'autre grand absent du rapport est le politique : rédigé à destination des
chefs d'entreprises ou d'institutions, il ne traite que des sujets sur lesquels
ceux-ci s'autorisent à agir et constitue par conséquent plus un outil de
lobbying ou de marketing que de transformation de la société. Il ne conçoit la mise en oeuvre de la sobriété numérique que d'un point de vue vertical et descendant, sans se poser la question de l'appréhension citoyenne de ces enjeux.

Le premier rapport semblait plus prometteur quant à l'état des lieux réalisés

En conséquence, si l'on peut partager les constats desquels part le Shift
Project, dont le rapport fournit d'intéressantes illustrations, il ne nous
semble pas possible de pouvoir utiliser ce dernier afin de construire une
alternative politique au développement actuel de l'informatique.

Références :

Nous avons échangé quelques références au cours de nos discussions.


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Après 5 mois de travail, l'équipe du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle : Intégrer les enjeux socio-écologiques dans les formations du Groupe INSA » (mené en partenariat avec le Groupe INSA) publie son rapport intermédiaire – la méthode, l'état des lieux, le référentiel de connaissances et de compétences –, et organise des ateliers collaboratifs afin de pouvoir en discuter avec toutes les parties prenantes intéressées. Ce projet vise à proposer une méthode pour mieux intégrer les enjeux écologiques dans les formations de l'ingénieur, grâce au cas d'étude du Groupe INSA.

La publication de ce rapport intermédiaire fera l'objet d'une présentation en ligne et d'ateliers collaboratifs le mardi 9 février 2021. Retrouvez dès à présent la page de l'événement ; retrouvez prochainement le compte-rendu de cet événement ainsi que son replay.

Pour en savoir plus sur le projet.

Le rapport intermédiaire est disponible !

A PROPOS DU PROJET :

Mener la transition vers une économie et une société décarbonée, sobre et résiliente implique de mobiliser tous les secteurs de la société. Tous les étudiants doivent être formés aux enjeux énergie-climat. Quant à l'ingénieur du XXIème siècle, il est la cheville ouvrière de la transition écologique et énergétique. Il ou elle, décideur ou technicien, doit intégrer dans ses décisions la raréfaction des ressources disponibles, notamment énergétiques, l'effondrement de la biodiversité, les changements climatiques, et autres enjeux physiques, ainsi que leurs conséquences sociétales. Cependant, ceux-ci demeurent peu formés à ces enjeux.

Le 9 novembre dernier, The Shift Project a présenté au grand public le lancement du projet « Former l'ingénieur du XXIe siècle » qui vise l'intégration des enjeux socio-écologiques au cœur de toutes les formations du Groupe, en partenariat avec celui-ci.

[Si le sujet « Enseignement Supérieur & Recherche » vous intéresse, vous pouvez vous inscrire à la newsletter « Enseignement supérieur » du Shift ! Vous pouvez également retrouver toutes les vidéos des webinaires du projet « Former les ingénieur.e.s aux enjeux climat-énergie » sur notre chaîne Youtube dédiée. ]

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Le Manuel de la Grande Transition est un travail collectif dans sa rédaction et sa conception. Cette belle aventure a réuni 70 enseignants-chercheurs, des étudiants et des professionnels qui ont participés à la réflexion pendant des jours, des semaines et plusieurs mois afin de vous présenter un travail complet et des outils concrets sur la transition écologique et sociale.

Le Manuel de la Grande Transition est également un travail collectif dans sa publication. Vous avez été 143 à contribuer à notre financement participatif sur le site Hello Asso. Sans ces dons, le Manuel ne pourrait avoir fait son apparition sur les étals des librairies de France dès la mi- octobre. Grâce à vous, c'est 20 050 euros qui nous permettent d'amorcer le projet et de commander les premiers livres. Et nous vous adressons à tous et à toutes un grand merci !

La crise du COVID-19, la fermeture des librairies s'en suivant, nous avons eu peur que le public ne puisse se procurer facilement l'ouvrage. Il n'en a rien été puisque vous avez été nombreuses et nombreux à pré-commander, à commander en ligne et à acheter en boutique le Manuel. Et c'est également pour cela aussi que nous vous adressons un GRAND merci ! Pour continuer à lire et à nous soutenir, il est toujours possible de vous procurer l'ouvrage en librairies mais aussi en ligne.

C'est grâce à un même travail collectif que nous pourrons changer, nous former et nous transformer pour faire face aux enjeux du 21ème siècle !

Cécile Renouard, Rémi Beau, Christophe Goupil, Christian Koenig, l'équipe FORTES' et le Campus de la Transition.


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- la suite des articles "Rapports surenseigner la transition"


Numérique responsable

Avez-vous déjà jeté un ordinateur car la carte mère était cassée ou jeté un téléphone car l'écran était brisé ? Si oui, vous vous êtes peut-être demandé si on ne pouvait pas réutiliser des composants plutôt que de tout jeter. La réponse est que c'est possible, mais difficile. Mickaël Bettinelli effectue sa thèse au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, il vient nous expliquer dans binaire pourquoi la réutilisation des composants électroniques est un processus compliqué, et comment l'intelligence artificielle peut faciliter ce processus. Pauline Bolignano

Un articlerepris du blog binaire, une publication sous licence CC by sa

Les produits jetés au quotidien sont des produits qui ne remplissent plus leur rôle, souvent parce qu'une pièce cassée mais aussi parce que nous décidons de renouveler notre matériel électronique au profit de nouveaux produits plus performants. Certains composants de ces produits sont pourtant toujours fonctionnels. Par exemple, la batterie d'un téléphone âgé peut être la seule cause de la panne mais nous jetons l'ensemble du téléphone.

Le recyclage répond partiellement au problème puisqu'il permet de récupérer les matériaux des produits que l'on jette. Malheureusement, tous les matériaux et tous les produits ne sont pas recyclés. Pire, en plus d'être un procédé coûteux, le recyclage ne permet pas toujours de récupérer tous les matériaux des produits que nous recyclons. Prenons l'exemple des batteries de véhicules électriques, on estime pouvoir n'en recycler qu'environ 65% à 93% [1] et cette récupération est complexe à mettre en œuvre. De plus, une batterie de véhicule électrique ne peut plus être utilisée dans l'automobile après 20% de perte de ses capacités. Nous nous retrouvons donc avec un grand nombre de batteries en bon état qui ne peuvent plus être utilisées dans leur application initiale et dont le recyclage est coûteux.

C'est pourquoi de nombreuses études proposent de réutiliser ces batteries pour stocker les énergies renouvelables irrégulières comme l'énergie éolienne ou solaire [2]. Leur réutilisation nous permet à la fois de remplir un besoin et de maximiser l'utilisation des batteries. De manière plus générale, ce procédé est appelé le remanufacturing. C'est une pratique récente et encore peu développée qui consiste à démonter des produits jetés pour remettre à neuf et réintégrer leurs composants fonctionnels dans de nouvelles applications. Il s'agit par exemple de téléphones neufs qui ont été produits à l'aide de composants récupérés sur d'autres modèles défectueux. Puisque les produits remanufacturés n'utilisent pas que des composants neufs, ils ont l'avantage de coûter moins cher à la fabrication et à la vente, mais surtout, ils permettent d'économiser de l'énergie et des matériaux.

Face à la grande quantité et la diversité de composants dont nous disposons, il n'est pas évident pour un humain de les réutiliser au mieux durant le processus de remanufacturing. Aujourd'hui, les entreprises qui pratiquent le remanufacturing utilisent souvent un nombre de composants limité. Les employés peuvent donc les mémoriser et les réutiliser au besoin. Mais avec le développement du remanufacturing, le nombre de composants pourrait vite exploser, rendant l'expertise humaine inefficace à gérer autant de stock.

Pour répondre à ce besoin, ma thèse se concentre sur la conception d'un système d'aide à la décision permettant d'élaborer de nouveaux produits à partir d'un inventaire de composants réutilisables. Un opérateur humain peut interagir avec le système pour lui demander de concevoir des produits possédant certaines caractéristiques physiques spécifiques. Une fois l'objectif entré dans le système, celui-ci cherche parmi les composants disponibles ceux qui sont utilisables pour répondre au besoin de l'utilisateur. Mais attention, les composants nécessaires à l'utilisateur ne sont pas forcément tous disponibles dans l'inventaire ! Il doit donc être capable de faire un compromis entre ce que veut l'utilisateur et ce qu'il peut réaliser.

Pour réaliser ce système d'aide à la décision, nous nous aidons des systèmes multi-agents, un sous domaine de l'intelligence artificielle. Un système multi-agent est composé d'une multitude de programmes autonomes, appelés agents, capables de réfléchir par eux même et de communiquer ensemble. Comme chez les humains, leur capacité de communication leur permet de s'entraider et de résoudre des problèmes complexes. Dans le cadre de notre système d'aide à la décision, chaque composant de l'inventaire est représenté comme un agent. Leur problème va être de former des groupes dont l'ensemble des membres doit représenter un produit le plus proche possible de la demande utilisateur. Par exemple, si un utilisateur demande au système de lui concevoir un tout nouveau téléphone portable avec 64Go de mémoire, les agents qui représentent des composants mémoire vont former un groupe ensemble jusqu'à être le plus proche possible des 64Go. Ils peuvent ensuite s'assembler avec un écran, une batterie, un boîtier, etc. Une fois tous les composants du téléphone présents dans le groupe, le système d'aide à la décision peut proposer à l'utilisateur ceux qui ressemblent le plus à sa demande. Si l'utilisateur est satisfait, il peut alors acheter les composants proposés. Ces derniers iront ensuite à l'assemblage pour construire le produit physique.

Avec le développement du remanufacturing, nous pouvons espérer que les produits soient conçus de manière à être réparés et leurs composants réutilisés. Dans ce cas, l'avantage de ce système d'aide à la décision sera sa capacité à gérer une grande quantité de composants issus d'une grande diversité de produits. On pourrait alors imaginer concevoir des produits en mêlant des composants issus d'objets très différents comme dans le cas de la réutilisation des batteries de véhicules électriques pour le stockage des énergies renouvelables, et ainsi réduire de plus en plus notre impact environnemental.

Mickaël Bettinelli, doctorant au laboratoire LCIS de l'Université Grenoble Alpes, Grenoble INP.


[2] DeRousseau, M., Gully, B., Taylor, C., Apelian, D., & Wang, Y. (2017). Repurposing used electric car batteries : a review of options. Jom, 69(9), 1575-1582.


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The Shift Project publie ce mardi 30 mars 2021 une note d'analyse sur l'impact environnemental du numérique et le déploiement de la 5G. Cette nouvelle étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial, établis par le Shift en 2018, et de formuler des propositions pour le déploiement d'une « 5G raisonnée », par opposition à une 5G de masse.

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment relancer le débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

  1. Téléchargez la note d'analyse complète (47p.)
  2. Téléchargez la synthèse (8p.)

Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G

Contexte et constats

Comment rendre le numérique compatible avec la trajectoire 2°C ? Quelles débats instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir et d'affiner notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont contribué, notamment grâce à la production de chiffres, à une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Depuis, les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements ont été lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire nous a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Le contexte du déploiement en cours de la 5G sur nos territoires constitue une véritable occasion de réfléchir ensemble à une trajectoire compatible avec les contraintes énergie-climat pour nos usages numériques et à l'adaptation de nos mécanismes de prises de décisions face à l'ampleur de nos choix technologiques et de leurs implications.
Les débats sur nos choix technologiques ne concernent pas une adhésion ou non à la technologie en tant que telle. Pour qu'ils soient bénéfiques, les débats doivent questionner ce qui motive les directions que nous donnons à notre système connecté, ce qui les justifient et les actions à mettre en place à l'échelle de la société. Revenir sur la cristallisation du débat concernant la5G va permettre de démontrer la nécessité de construire une discussion collective
plus large et plus efficace sur nos choix technologiques, autour d'une gouvernance concertée au service d'objectifs explicites.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

Objectifs clés de la note

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner et piloter un système numérique pertinent basé sur des choix technologiques réfléchis et raisonnés ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos modes de vie et nos choix technologiques pour aboutir à une gouvernance du numérique compatible avec la contrainte climatique et énergétique.

Pour rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Sur la base de ces constats, nous formulons ainsi trois propositions majeures afin de rendre notre système numérique résilient :

  • Bâtir une nouvelle gouvernance du numérique
    • Au niveau national, initier et harmoniser les objectifs de décarbonation et les outils d'évaluation et suivis quantitatifs.
    • Au niveau des territoires, donner aux élus les moyens d'organiser la concertation de la
      société civile pour déterminer les usages prioritaires et modalités de déploiement.
    • Au niveau européen, développer des organes de gouvernance cohérents et d'une ampleur adaptée aux infrastructures de l'Union, à ses usages et ses acteurs économiques.
  • Inventer les nouveaux modèles économiques
    • Sortir de la rentabilisation des services par les volumes de données massifs.
    • Rentabiliser les usages construits sur la modularité, l'après-première vie et l'allongement de la durée de vie des terminaux, matériels et équipements réseaux.
  • Développer les outils d'un pilotage du numérique
    • Fixer des objectifs quantifiés et normatifs pour le numérique, dont l'atteinte assure la comptabilité avec la trajectoire 2°C.
    • Développer des outils robustes d'évaluation de l'impact énergie et carbone.
    • Développer les outils de suivi permettant de mesurer les effets de la gouvernance numérique et de l'ajuster pour atteindre les objectifs.

L'article Impact environnemental du numérique : tendances à 5 ans et gouvernance de la 5G – Publication de la nouvelle étude du Shift sur le numérique est apparu en premier sur The Shift Project.


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Le Shift est heureux de vous inviter au webinaire de présentation de sa nouvelle étude « Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? », le mardi 30 mars de 18h à 20h30. Cette étude se propose notamment de mettre à jour les scénarios prospectifs des impacts du numérique mondial et de formuler des propositions pour une « 5G mesurée ».

Comment rendre le numérique compatible avec les Accords de Paris ? Quelles questions instruire sérieusement et quels acteurs mobiliser pour un système numérique résilient ? Comment nous saisir aujourd'hui du débat sur la 5G pour construire une gouvernance numérique adaptée et efficace ?

Comment assister

Date : Mardi 30 mars 2021, en format webinaire, de 18h à 20h30.
Connexion : rdv sur Zoom et en direct sur notre page Facebook.
Inscription : gratuite et facultative, elle se fait via le formulaire en ligne.
Replay : Dans le cas où vous ne pourriez assister à ce webinaire, sachez qu'un replay de cette vidéo-conférence sera disponible sur notre page Facebook (directement après l'événement) et sur notre chaîne Youtube (quelques jours après l'événement).

Programme

17h50 – Accueil Zoom et ouverture du live Facebook

18h Mot d'introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project

18h15 Présentation de l'étude sur la 5G

  • Hugues Ferreboeuf, Chef de projet Numérique, The Shift Project
  • Maxime Efoui-Hess, Coordinateur de projet Numérique, The Shift Project

19h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

19h15 Table-ronde/Réactions à la présentation*

20h00 Temps d'échange (Questions/réponses) avec le public

20h20 Conclusion

20h30 – Fin de l'événement

* Intervenant.e.s à confirmer

A propos de l'étude

Depuis 2018, nos travaux sur le numérique nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation. Dans notre dernier rapport (octobre 2020), nous proposions des mesures très opérationnelles pour mettre en œuvre la sobriété numérique.

Nous publions cette fois une note d'analyse ayant pour objectifs de :

  • Consolider le travail de chiffrage de l'impact environnemental mondial du numérique via une mise à jour de nos scénarios de 2018 ;
  • Utiliser le déploiement de la 5G comme illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner un choix technologique et assurer sa pertinence ;
  • Comprendre en quoi la cristallisation du débat sur la 5G démontre la nécessité de construire une discussion collective plus large et plus efficace sur nos choix technologiques.

Constats

Les enchères sur la 5G ont eu lieu, et les premiers déploiements sont lancés en France. Parallèlement, la crise sanitaire a rappelé avec force que les technologies numériques font partie intégrante des services essentiels de notre société.

Dans ce contexte, nous avons mis à jour nos scénarios prospectifs de 2018. Nos résultats confirment les tendances identifiées, à savoir une part du numérique dans les émissions mondiales non négligeable (3 à 4 %) et une dynamique préoccupante de la croissance de ses impacts (+ 6 %/an), incompatible avec la trajectoire 2°C.

Les progrès technologiques sur l'efficacité énergétique n'ont jamais suffi à compenser l'augmentation des usages. Le constat est donc indéniable : l'impact du numérique ne fera qu'augmenter si nous ne nous donnons pas les moyens de le piloter.

En l'absence de réinvention des comportements et des modèles d'affaires, le déploiement des nouvelles générations de réseaux (dont la 5G imminente) et le développement des usages associés (IoT, IA, edge computing, progression des usages vidéo très haute résolution sur mobiles) accentueront cette tendance.

Le déploiement de la 5G : une manifestation grandeur nature d'un numérique insoutenable

Avec une augmentation moyenne de 34 % par an sur la période 2013-2019, la consommation électrique associée à nos usages mobiles dans le monde représente en effet 1,5 fois celle de nos usages fixes. Ils sont ainsi au cœur des enjeux posés par les tendances insoutenables déjà identifiées en 2018 (confirmée dans cette mise à jour), or ce sont bien elles qui motivent aujourd'hui le déploiement de notre 5ème génération de réseaux mobiles.

Sur la 5G, un constat fait consensus : son déploiement en masse sur les territoires entraînera une augmentation de la consommation énergétique associée (production et utilisation des terminaux et infrastructures).

Pour une “5G mesurée”

Pour rendre la 5G soutenable, c'est à dire compatible avec les Accords de Paris, il sera impossible de la déployer en masse. Alors où déployer et pourquoi ? Comment déployer une “5G mesurée”, par opposition à une 5G de masse ?

Le débat sur le moratoire et son résultat ont déclenché le déploiement des premières briques d'infrastructures, mais n'ont pas répondu aux deux questions qui doivent structurer nos choix : le « pourquoi » et le « comment » déployer la 5G. Traiter ces questions, du cadre de pertinence et des modalités de déploiement, est indispensable à rendre la 5G soutenable.

Dès lors, à quels usages se limiter (e-santé, Industrie 4.0, etc.) et comment les choisir ? Ces questions ne pourront être adressées qu'à la condition d'une nouvelle méthode de concertation, et donc d'une nouvelle gouvernance.

Rendre le système numérique européen résilient : il nous faut un plan

Ce qu'a démontré le débat sur la 5G en 2020, c'est que nos mécanismes de régulation numérique ne sont pas conçus pour gérer des questions de cette ampleur. Il est indispensable de construire une nouvelle gouvernance du numérique, française puis européenne, qui mobilise tous les acteurs indispensables au pilotage de nos réseaux.

Nous formulons ainsi 3 propositions majeures :

  • Construire une nouvelle gouvernance du numérique (Arcep, société civile, FR-EU-territoires)

– Initiée et orchestrée par les pouvoirs publics,
– Appuyée sur les régulateurs comme l'Arcep, pivots de la gouvernance des réseaux,
– Impliquant la représentation citoyenne et la société civile, premier échelon pour identifier nos usages prioritaires.

  • Inventer des modèles économiques compatibles avec la diminution des impacts (Opérateurs, Services, Fabricants)

– Construits par les opérateurs, fournisseurs de services et fournisseurs d'équipements, qui connaissent les réalités opérationnelles.

  • Développer les outils d'un pilotage soutenable

– Définir des objectifs quantitatifs ;
– Développer des outils d'évaluation des impacts ;
– Ajuster la gouvernance pour les atteindre.

Sans réflexion de cette nature, nos politiques et stratégies de déploiement des outils numériques resteront les opportunités gâchées d'une transition numérique qui, bien qu'omniprésente, échouera à contribuer à relever les défis physiques et sociétaux de ce siècle.

L'article [Invitation] Webinaire – Rendre le numérique soutenable : quel déploiement pour la 5G ? (Mardi 30 Mars) est apparu en premier sur The Shift Project.


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Nous sommes confrontés à la désinformation sur les réseaux sociaux. Le sujet est tout sauf simple : qu'on modère trop et on porte atteinte à la liberté d'expression ; pas assez, et on laisse les fakenews se propager et mettre en cause les valeurs de notre société. Alors, qui doit dire le vrai du faux et selon quels principes ? Emmanuel Didier, Serena Villata, et Célia Zolynski nous expliquent comment concilier liberté et responsabilité des plateformes. Serge Abiteboul & Antoine Rousseau
Cet article est publié en collaboration avec theconversation.fr.

Un articlerepris du blog binaire

L'élection présidentielle aux États-Unis a encore une fois mis la question des fausses nouvelles au cœur du débat public. La puissance des plateformes et notamment celle des réseaux sociaux est devenue telle que chaque événement d'importance engendre depuis quelques temps des discussions sur ce problème. Pourtant, il semble que les analyses produites à chacune de ces occasions ne sont pas capitalisées, comme s'il n'y avait eu ni réflexions, ni avancées au préalable. Nous voudrions montrer ici la pérennité de certaines conclusions auxquelles nous étions parvenues concernant la modération de la désinformation pendant le premier confinement.

En effet, durant la crise sanitaire engendrée par l'épidémie de SARS-CoV-2, l'isolement des individus en raison du confinement, l'anxiété suscitée par la gravité de la situation ou encore les incertitudes et les controverses liées au manque de connaissance sur ce nouveau virus ont exacerbé à la fois le besoin d'informations fiables et la circulation de contenus relevant de la désinformation (émis avec une claire intention de nuire) ou de la mésinformation (propagation de données à la validité douteuse, souvent à l'insu du propagateur). Les plateformes ont alors très vite accepté le principe qu'il leur fallait modérer un certain nombre de contenus, mais elles ont été confrontées à deux difficultés liées qui étaient déjà connues. Premièrement, ce travail est complexe car toute information, selon le cadre dans lequel elle est présentée, la manière dont elle est formulée ou le point de vue de son destinataire, est susceptible de relever finalement de la mésinformation ou de la désinformation. Deuxièmement, le fait de sélectionner, de promouvoir ou de réduire la visibilité de certaines informations échangées sur les plateformes numériques entre en tension avec le respect des libertés d'information et d'expression qu'elles promeuvent par ailleurs.

Quelles sont donc les contraintes qui s'imposent aux plateformes ? Quelles sont les mesures qu'elles ont effectivement prises dans ces conditions ? Le présent texte s'appuie sur le bulletin de veille rédigé dans le cadre d'un groupe de travail du Comité national pilote d'éthique du numérique (CNPEN) [1] qui nous a permis de mener une dizaine d'auditions (par visioconférence) avec, entre autres, les représentants de Facebook, Twitter et Qwant ainsi que le directeur des Décodeurs du Monde. Il est apparu que les difficultés posées par la modération des fausses nouvelles pouvaient être regroupées en trois catégories. D'une part, celles qui sont associées aux algorithmes, d'autre part celles qui relèvent du phénomène de la viralité et, enfin, celles posées par l'identification et les relations avec des autorités légitimes.

Les algorithmes en question

Bien sûr, les mécanismes de lutte contre la désinformation et la mésinformation développés par les plateformes reposent en partie sur des outils automatisés, compte tenu du volume considérable d'informations à analyser. Ils sont néanmoins supervisés par des modérateurs humains et chaque crise interroge le degré de cette supervision. Durant le confinement, celle-ci a été largement réduite car les conditions de télétravail, souvent non anticipées, pouvaient amener à utiliser des réseaux non sécurisés pour transférer de tels contenus, potentiellement délictueux, ou à devoir les modérer dans un contexte privé difficilement maîtrisable. Or les risques d'atteintes disproportionnées à la liberté d'expression se sont avérés plus importants en l'absence de médiation et de validation humaines, seules à même d'identifier voire de corriger les erreurs de classification ou les biais algorithmiques. En outre, l'absence de vérificateurs humains a compliqué la possibilité de recours normalement offerte à l'auteur d'un contenu ayant été retiré par la plateforme. Ces difficultés montrent clairement l'importance pour la société civile que les plateformes fassent plus de transparence sur les critères algorithmiques de classification de la désinformation ainsi que sur les critères qu'elles retiennent pour définir leur politique de modération, qu'ils soient d'ordre économique ou relèvent d'obligations légales. Ces politiques de modération doivent être mieux explicitées et factuellement renseignées dans les rapports d'activité périodique qu'elles sont tenues de publier depuis la loi Infox de décembre 2018 (v. le bilan d'activité pour 2019 publié par le CSA le 30 juillet 2020 [2] et sa recommandation du 15 mai 2019 [3]). Plus généralement, il apparait qu'une réflexion d'ampleur sur la constitution de bases de données communes pour améliorer les outils numériques de lutte contre la désinformation et la mésinformation devrait être menée et devrait aboutir à un partage des métadonnées associées aux données qu'elles collectent à cette fin (voir dans le même sens le bilan d'activité du CSA préc.)

La responsabilité de la viralité

L'ampleur prise à ce jour par les phénomènes de désinformation et de mésinformation tient à l'accroissement de mécanismes de viralité qui se déploient à partir des outils offerts par les plateformes. La viralité est d'abord l'effet du modèle économique de certains de ces opérateurs, qui sont rémunérés par les publicitaires en fonction des interactions avec les utilisateurs qu'ils obtiennent et ont donc intérêt à générer des clics ou toute autre réaction aux contenus. Elle relève ensuite du rôle joué par leurs utilisateurs eux-mêmes dans la propagation virale de la désinformation et de la mésinformation (que ces derniers y contribuent délibérément ou par simple négligence ou ignorance). La lutte contre la désinformation doit donc nécessairement être l'affaire de tous les utilisateurs, responsables de devenir plus scrupuleux avant de décider de partager des informations et ainsi de contribuer à leur propagation virale. Cette remarque va d'ailleurs dans le même sens que le programme #MarquonsUnePause désormais promu par l'ONU [4]. Mais ceci n'est possible que si les plateformes mettent à disposition de leurs utilisateurs un certain nombre d'informations et d'outils afin de les mettre en mesure de prendre conscience, voire de maîtriser, le rôle qu'ils jouent dans la chaîne de viralité de l'information (voir également sur ce point les recommandations du CSA formulées dans le bilan d'activité préc.). En ce sens, les plateformes ont commencé à indiquer explicitement qu'une information reçue a été massivement partagée et invite leurs utilisateurs à être vigilants avant de repartager des contenus ayant fait l'objet de signalement. Mais il serait possible d'aller plus loin. Plus fondamentalement, il est important que les pouvoirs publics prennent des mesures permettant de renforcer l'esprit critique des utilisateurs, ce qui suppose tout particulièrement que ceux-ci puissent être sensibilisés aux sciences et technologies du numérique afin de mieux maîtriser le fonctionnement de ces plateformes et les effets induits par ces mécanismes de viralité. La création d'un cours de « Science numérique et technologie » obligatoire pour toutes les classes de seconde va dans ce sens [5].

La légitimité

Enfin, troisièmement, si la modération des contenus et le contrôle de la viralité jouent un rôle prépondérant dans le contrôle pragmatique de la désinformation et de la mésinformation, ces opérations ne peuvent, in fine, être accomplies sans référence à des autorités indépendantes établissant, ne serait-ce que temporairement, la validité des arguments échangés dans l'espace public. Sous ce rapport, une grande difficulté provient du fait que les plateformes elles-mêmes sont parfois devenues de telles autorités, en vertu de l'adage bien plus puissant qu'on pourrait le croire selon lequel « si beaucoup de monde le dit, c'est que cela doit être vrai ». Pourtant, les plateformes n'ont bien sûr aucune qualité ni compétence pour déterminer, par exemple, l'efficacité d'un vaccin ou le bienfondé d'une mesure de santé publique. Elles sont donc contraintes de se fier à d'autres autorités comme l'État, la justice, la science ou la presse. Depuis le début de la crise sanitaire, de nombreuses plateformes se sont ainsi rapprochées, en France, de différents services gouvernementaux (en particulier du Secrétariat d'État au numérique ou du Service d'information du gouvernement). Pourtant, dans le même temps, elles se sont éloignées d'autres gouvernements, comme en atteste leur modération des contenus publiés par Jamir Bolsonaro ou Donald Trump. En l'occurrence, on peut légitimement se réjouir de ces choix. Ils n'en restent pas moins arbitraires dans la mesure où ils ne reposent pas sur des principes explicites régulant les relations entre les plateformes et les gouvernements. À cet égard, une réflexion d'ensemble sur la responsabilité des plateformes ainsi que sur le contrôle à exercer s'agissant de leur politique de modération de contenus semble devoir être menée. À notre sens, ce contrôle ne peut être dévolu à l'État seul et devrait relever d'une autorité indépendante, incluant les représentants de diverses associations, scientifiques et acteurs de la société civile dans l'établissement des procédures de sélection d'informations à promouvoir, tout particulièrement en période de crise sanitaire.

par

Emmanuel Didier, Centre Maurice Halbwachs, CNRS, ENS et EHESS

Serena Villata, Université Côte d'Azur, CNRS, Inria, I3S

& Célia Zolynski Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, IRJS DReDIS


[1] Comité national pilote d'éthique du numérique, Enjeux d'éthique dans la lutte contre la désinformation et la mésinformation. Bulletin de veille n°2, Juillet 2020. https://www.ccne-ethique.fr/sites/default/files/cnpen-desinformation-v2020-10-01.pdf


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The Shift Project a présenté le 15 octobre dernier le troisième volet de ses travaux sur l'impact environnemental du numérique. Le rapport « Déployer la sobriété numérique » et sa synthèse sont disponibles sous ce lien.

Nos deux premiers rapports, « Lean ICT – Pour une sobriété numérique » (2018) et « Climat : l'insoutenable impact de la vidéo en ligne » (2019), nous ont permis de définir notre vision du concept de sobriété numérique. Les constats ainsi établis ont alimenté, notamment grâce à la production de chiffres, une prise de conscience de l'importance de l'empreinte environnementale du numérique, de son augmentation préoccupante et des raisons systémiques qui conduisent à cette situation.

Ce troisième rapport vise à proposer des cadres méthodologiques opérationnels pour mettre en place la sobriété numérique : dans les stratégies et politiques publiques, dans l'entreprise, dans les systèmes d'usages du domaine privé.

Ce nouveau rapport a été présenté au grand public lors d'un webinaire, le 15 octobre au soir, en présence de nombreux acteurs de l'écosystème du numérique. Retrouvez ci-dessous le replay de l'événement, ainsi que les supports de présentation sous ce lien.

Programme de la visio-conférence

Introduction

  • Jean-Marc Jancovici, Président, The Shift Project (TSP)
  • Raphaël Guastavi, Chef de Service adjoint, Service Produits et Efficacité Matière, Ademe

Présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique »

  • Hugues Ferreboeuf, directeur du groupe de travail, TSP
  • Maxime Efoui, coordinateur du projet, TSP
  • Laurie Marrauld, co-pilote du groupe de travail, TSP / EHESP
  • Céline Lescop, co-pilote du groupe de travail, TSP / AXA

Réactions

  • Giovanni D'Aniello, Group CTO, AXA
  • Agnès Catoire, membre de la Convention citoyenne pour le climat
  • Henri d'Agrain, Délégué Général, Cigref
  • Arnaud Gueguen, Consultant et formateur, membre du groupe de travail

Questions-réponses avec le public – Animé par Jean-Marc Jancovici

L'article Conférence de présentation du rapport « Déployer la sobriété numérique » [Compte-rendu – 15 octobre 2020] est apparu en premier sur The Shift Project.


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